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Henry Lion Oldie, La Voie de l'épée (trilogie)

La science fiction soviétique, et maintenant russe ou même plus largement d’Europe de l’est, fait partie des marges géographiques des littératures de l’imaginaire. Quand on pense à quelques pays dont la production est importante viennent à l’esprit les Etats-Unis (la liste serait bien trop longue), la Grande Bretagne (avec Arthur Clarke, Brian Aldiss, Ian Watson, Stephen Baxter, etc., etc.), la France (petite pointe de chauvinisme) ou même l’Allemagne (la plus grande série de SF de tous les temps Perry Rodhan, Marcus Hammerschmitt,…).
La Russie ou l’URSS a pourtant une production science-fictionnelle propre. Les Editions en langue étrangère de Moscou ont par le passé donné accès à cette part de l’imaginaire. De plus, plusieurs anthologies furent consacrées à ce domaine par Jacques Bergier pour Marabout Science-fiction ou par Leonid Heller pour Le Livre d’or de la science-fiction soviétique (éditions Presses Pocket). La science-fiction slave contemporaine reste pourtant méconnue en France car peu traduite.
L’explosion de l’URSS n’a pas éteint l’inspiration des auteurs et les éditions Keruss viennent de terminer la traduction des trois volumes de La Voie de l’épée de d’Henri Lion Oldie (pseudonyme collectif de Dmitri. E. Gromov et Oleg S. Ladyjenski). La récente parution de cette trilogie (2007 pour le premier volume, 2008 pour les deux autres) offre donc la possibilité d’approcher une littérature qui mérite d’être découverte (par moi en premier lieu car finalement je m’aperçois de mon inculture dans ce domaine).
Ayant gagné l’ensemble lors d’un concours, il me revient donc de donner mon avis sur cette œuvre. Je ne suis pas particulièrement porté sur la Fantasy (c’est moins que l’on puisse dire, je reste poli). Pourtant, j’ai été fort agréablement surpris. On est à des lieues des stéréotypes mille fois rebattus que l’on trouve habituellement dans ce genre. Bien sûr un empire est menacé par des hordes de barbares (et là c’est un peu cliché) mais le traitement diffère de la plupart des séries (et là c’est agréable).

L’intrigue nous plonge dans les arcanes de l’émirat de Kabir (l’empire russe fut aussi oriental et cet Orient rêvé n’est pas exactement le même que celui de l’Occident). Les auteurs semblent prendre un malin plaisir à nous livrer des noms plus compliqués les uns que les autres (Shèshez Abu-Salim,…). Cet exotisme est fort plaisant une fois que l’on a plongé dans l’œuvre. Hommes et armes possèdent une âme (on s’en doutait un peu pour les premiers, c’est plus rares pour les secondes) et chacun pense dominer l’autre.
C’est au départ un monde pacifique mais il est menacé : des meurtres ont lieu (sacrilège !) et Chen Ankor est chargé de l’enquête, pour cela il lui faut apprendre à tuer. Quelque chose du thriller donc. Les auteurs avancent : « thriller philosophique ». Chen Ankor doit se marier mais des événements (forcément imprévus) l’en empêchent. Phase sentimentale. Les sociétés secrètes ne sont pas oubliées. Il lui faut aussi défendre le monde (civilisé) contre les nomades (barbares). Phase épopée. Et les barbares agissent-ils vraiment par eux-mêmes ? Phase réflexion. Tout se mêle sans s’emmêler.

Le lecteur est emporté loin, dans un imaginaire qui lui parle. Forcément. Et l’on est loin, très loin de la Fantasy habituelle trop marquée par les tropes anglo-saxons. L’œuvre est dense, les chevauchées et les batailles superbes, ce pourrait donc (juste) être de la Fantasy bien écrite. Pourtant la slavitude (rien à voir avec le fétichisme de l’esclavage, mais c’est l’attitude slave) des auteurs ne doit pas être pour rien dans les développements philosophiques et psychologiques qui nous font réfléchir sur la violence dans la société. Peut-on vivre sans violence ?

Sur le site Russkaya Fantastika, consacré à la littérature fantastique et de science fiction russe, on peut lire une interview des auteurs.

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Henry Lion Oldie, La Voie de l'épée (trilogie),
volume 1: Kabir, 2007;
volume 2: Meilan, 2008;
volume 3: Shoulma, 2008,
Editions Keruss (Québec). Traduction de Pavel Zakharov

Commentaires

  • Ça donne envie......mais où sont passés mes frères du sud?

  • @ Grand-Sachem-la-Brocante:
    Il n'y a pas dans ces ouvrages de frères du Sud de Grand-Sachem-la-Brocante. Ce sont des frères bien plus éloignés, par delà la grande mer.
    Cette chronique fait partie des petites escapades littéraires que je m'octroie parfois.

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