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Interview exclusive de Corinne Guitteaud

guitteaud corinne.jpegCorinne Guitteaud est née en 1976. En 1998, elle commence à publier, au Fleuve Noir sa première trilogie (Les Portes du Temps). Plusieurs autres trilogies seule ou en collaboration vont naître chez Fleuve Noir, aux éditions Atalante et chez Voy’[el] la maison de d'édition lancée par Corinne en 2007.
guitteaud la vague.jpgCorinne Guitteaud explore tous les genres de l'imaginaire (science-fiction, space opera, fantasy,...). Elle publie aujourd'hui un recueil de nouvelles: La Vague. Dans ce recueil, "Mon Empire pour un cheval" met en scène des Précolombiens. J'ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois Corinne (lors de salons consacrés à la Science-Fiction, en l'invitant à rencontrer des lecteurs, en organisant une séance de dédicaces et aussi pour des raisons professionnelles).
On peut retrouver Corinne et ses textes sur son blog et sur Voy’[el].
Corinne Guitteaud a gentiment accepté de répondre aux questions du blog Les Peuples du Soleil.

1/ Tu participes à des tas de conventions, salons,…, tu es très facilement accessible, tu offres nouvelles et extraits de livres sur ton site. Pour la construction de GeMs, tu souhaitais encourager l’interactivité avec le lecteur. Tu as un rapport privilégié avec tes lecteurs.

Cela me paraît normal d'être proche de mes lecteurs, j'écris pour eux (et pour moi aussi, certes) et c'est toujours un véritable plaisir de leur dédicacer un livre. C'est quand même une sacrée chance que des gens veuillent lire mes histoires.

2/ Beaucoup d'auteurs français de SF s’expriment politiquement (Wagner, André-François Ruaud, Ayerdhal ou encore Dantec…). Tu restes toujours discrète sur ce point.


Je ne souhaite pas influencer mes lecteurs dans ce domaine, ni utiliser les romans de SF que j'écris pour leur dire de voter à gauche ou à droite. Les thèmes que j'aborde concernent plus généralement l'humanité et les querelles politiques m'ennuient profondément. Je me sens même mal à l'aise, parfois, en compagnie des auteurs que tu cites, quand je les vois si enflammés dans leur combat, quand moi, je reste effectivement sur ma réserve.

3/ Ta sensibilité écologique est manifeste. La science-fiction est-elle un moyen de passer un message ?


Oui, je l'utilise comme d'autres avant moi se sont servis du conte philosophique. J'écris pour m'amuser, pour amuser les autres, mais pourquoi pas aussi pour les faire réfléchir. Mon fantasme ? Qu'un de mes romans conduisent un futur génie à trouver une technologie révolutionnaire... Hum... Je ne doute de rien, mais c'est un fantasme, après tout.

4/ Quelles sont tes influences ?

Mes influences sont très variées, elles vont des auteurs classiques (si mes lecteurs ne savent pas combien j'aime Victor Hugo, c'est à désespérer !) à des noms plus connus en SF : Clarke, Bordage et d'autres, tellement d'autres que je lis. Cela peut aussi venir du cinéma ou d'un article que j'ai lu.

5/ Si on définissait ton œuvre par les mots "écologie", "religiosité", "poésie", en serais-tu satisfaite ?


En plein dans le mille. L'écologie tient une grande place dans la quasi totalité de mes romans (c'est peut-être moins évident avec ceux de Fantasy), je m'enguirlande avec Dieu à peu près tous les jours, donc je me venge bien quand j'écris et dès que je peux citer du Hugo dans un de mes livres, je ne me prive pas.

6/ Tu n’es plus seulement auteure. Tu as publié toi-même plusieurs livres. Comment en es-tu venue à la fonction d’éditrice ?

Houla... Tout commence dans une jolie petite ville de l'Oise en 2007. Je viens de recevoir une énième lettre de refus pour les Chevaliers Trinitaires et, la mort dans l'âme, je m'en vais en informer mes lecteurs sur le forum de quazar-millenium.net à l'époque. Ils chouinent. Peut-être un lance-t-il l'idée "tu n'as qu'à les publier toi-même" ou alors, j'ai entendu des voix (séquelles de mes séjours fréquents à Orléans, je suppose). Du coup, j'ai cherché sur la Toile, vu plusieurs sites, regardé comment on mettait en page, contacté finalement un imprimeur et Les Chevaliers Trinitaires, guitteaud les chevaliers trinitaires.jpgpuisque c'est de leur faute, autant les citer, sont parus en petit tirage de 25 exemplaires. Mais la qualité ne me plaisait pas vraiment, la couv. était trop souple. J'en parle lors d'un festival, à Brocéliande, on me répond "Essaie Lulu." Et là, révélation, livres mieux imprimés, jusqu'à l'été 2008 où les tarifs chez Lulu explosent, la révolte gronde, certains lancent quelques infos détonantes dont cette histoire de nouveau statut qui se prépare pour 2009, celui d'auto-entrepreneur. Je me dis que je vais tenter le coup, je passe par-dessus les épaules de Lulu pour contacter directement leur imprimeur. Il s'agit d'ailleurs de celui de Rivière Blanche, LSI. Mon anglais au clavier étant meilleur qu'à l'oral, je me lance dans l'aventure, avec l'idée farfelue de ne plus seulement publier mes livres, mais aussi d'autres auteurs. En janvier, j'adopte le nouveau statut d'autoentrepreneur, le numéro SIRET en poche, je vais frapper à quelques portes. Et Voy'[el] a pris un nouvel essor et dispose désormais d'un distributeur (Calibre) et d'un diffuseur (Actua Libria).

7/ Internet a-t-il changé ton rapport à l'écriture et à l'édition?

Pour l'écriture, Internet m'est indispensable, quand je travaille, Word et Firefox sont ouverts, dès que j'ai un doute, je farfouille sur la Toile (et souvent, ça m'entraîne sur une autre idée, etc...) J'aime bien fouiner, ça vient de mon côté historienne, je suppose.
Pour l'édition, tout ou presque s'est fait par internet : déjà, l'inscription comme autoentrepreneur, puis la prise de rendez-vous avec Calibre. Je travaille avec un imprimeur en Angleterre, sans Internet, ce serait impossible. Bref, je suis une cyber-auteur !

8/ Tu as écrit plusieurs trilogies seule ou en collaboration. Ce n’est pas la première fois que tu publies des nouvelles (L’Ange aux ailes mécaniques) mais on te connaît surtout pour ces œuvres longues. Dans une interview d’ActuSF on te demandait : « On a l’impression que le roman est un format trop exigu pour ton écriture. Il faut des trilogies ». Et voici un nouveau recueil de nouvelles. Ca change quoi de se faire nouvelliste ?


Cela me permet comme ça d'exploiter des idées qui me paraissent plutôt bonnes, mais que je sens insuffisantes pour donner un roman. C'est aussi un autre rapport à l'écriture. Je pense que cela me permet de progresser et d'aller directement à l'essentiel.

9/ Dans le recueil
La Vague, à l’image de ton œuvre, tu explores de nombreux genres de l’imaginaire (science-fiction, Fantasy, uchronie). C’est un côté touche-à-tout, une volonté d’abolir les frontières entre les genres ou bien une indifférence aux classements génériques ?

Cela vient de mon envie d'envoyer les étiquettes valdinguer. Je m'amuse beaucoup à sauter d'un genre à l'autre, je ne vois pas pourquoi je devrais juste écrire du space opera ou de la fantasy. Donc je m'amuse à passer de l'un à l'autre et c'est assez réjouissant.

10/ La nouvelle "Mon Empire pour un cheval" m’intéresse particulièrement du fait du thème qu’elle aborde. Le destin des Précolombiens t’intéresserait donc ?

Pour tout dire... je traînais cette idée depuis un moment et c'est le cheval qui m'intéresse dans la nouvelle. Je le vois comme un facteur commun à l'essor des civilisations. Partout, en Chine, en Europe et dans le Nouveau Monde, quand il y sera importé, il joue un rôle essentiel pendant l'histoire. Par contre, là où il n'a pas été apprivoisé, les civilisations se sont faites engloutir par celles qui l'avaient domestiqué : l'Afrique subsaharienne, l'Amérique Latine à l'arrivée des conquistadors.Decouverte_Amerique.jpg
Et en même temps, comme je fais des recherches pour un autre roman (intitulé... Viracocha et surnommé Le Machin, tellement je me demande où ça va me mener), j'avais accumulé pas mal de documentations, du fait aussi de la préparation des nouveaux programmes en Bac Pro, avec la partie sur la Renaissance. Dès que j'ai eu ce fameux programme en main et que j'ai lu le titre du premier thème en Histoire, ça a fait tilt.

11/ Les Précolombiens ont une place importante dans l’imaginaire européen en général et français en particulier. Victimes chez Montaigne, bons sauvages pour les philosophes des Lumières, sacrificateurs de jeunes vierges pendant le second empire colonial français, sensibilité anti colonialiste à l’indigénisme… A travers ces différentes représentations les peuples aztèque, maya, inca continuent de fasciner.


Moi ce qui me fascine, ce sont les points communs avec l'autre côté de l'Atlantique : les pyramides, les mythologies... Et tout ce qu'on a perdu à cause de la bêtise des conquistadors qui ont brûlé tous ces codex... Qu'avons-nous donc oublié par leur faute ?

12/ La revanche des peuples précolombiens est un thème plusieurs fois traités par les auteurs de SF : Nanotikal de Marcus Hammerschmitt, la BD Luxley de Valérie Mangin et Francisco Ruizgé (une revanche avant que la catastrophe n’arrive) ou bien encore La Guerre des Mayas d’André-F. Boisson (pour citer quelque chose d’inconnu du commun des mortels). Tu pars de beaucoup plus avant dans le temps dans "Mon Empire pour un cheval".

Pour faire une uchronie, il faut trouver un point de divergences, j'avais déjà quelques connaissances sur la domestication du cheval, j'ai précisé certains points en me penchant notamment sur la raison pour laquelle le cheval était absent du continent américain avant l'arrivée henriet l'uchronie.jpgdes Espagnols. Cela m'a donc obligé, effectivement, à remonter assez loin. Et encore, j'ai biaisé, car la date de la domestication du cheval n'est pas certaine, elle se base uniquement sur des tombes dans lesquels on a retrouvé des chevaux et/ou des harnachements pour les monter. Je me suis donc glissé dans la brèche, d'autant que j'avais besoin que cela coïncide avec l'ouverture du détroit de Béring.

13/ Les rapports entre Indiens et Européens dans "Mon Empire pour un cheval" ne sont au départ pas fondamentalement différents de ce qu’ils ont été dans notre réalité : violence, incompréhension mutuelle, guerre, conquête, convoitise,… N’est-ce pas un peu pessimiste ?

En ce moment, je ne suis pas du tout optimiste concernant l'humanité. Mais alors pas du tout du tout. Je ne vois pas les choses s'arranger, loin de là. En plus, le système de pensée sur lequel reposaient les puissances européennes au moment des Grandes Découvertes me paraît justement être le point de départ de toute la suffisance que je constate aujourd'hui. Le rapport à la nature change, l'Homme se croit de plus en plus supérieur. C'est le début de la fin.

14/ On trouve des nombreuses références dans la nouvelle.

Parfois, j'en glisse sans m'en rendre compte. Mais il y en a une, notamment, qui a donné naissance à la scène qui me paraît centrale dans cette nouvelle, c'est la "légende" (j'avoue avoir longtemps cru que c'était vrai, honte à moi) comme quoi la dernière charge de cavalerie a eu lieu en Pologne, contre les chars allemands. En apprenant que c'était une légende, je me suis dit que je voulais la rendre réelle dans ce texte et imaginer donc ce que ça pourrait donner... en appelant Léonard à la rescousse.

15/ La part de l’homme d’exception (Qôri, Léonard de Vinci, Charles de Habsbourg) est importante. Le retour des Grands Hommes face au temps long de l’Histoire ?


Non, plutôt la prof qui se disait, en écrivant ce texte, qu'elle mettrait bien au point une séquence pour les 2nde Bac Pro et du coup, a laissé  de vinci.jpgjouer les grandes figures pour servir de repère à ses élèves. Même s'il s'agit d'une nouvelle ancrée dans une réalité parallèle, j'ai voulu la rendre la plus familière possible. J'ai lu quelques nouvelles de Divergences 001 (Flammarion) et rapidement, j'ai perdu trop de repères et j'ai imaginé mes élèves à la place. Qôri est ici un personnage totalement fictif que j'ai voulu opposer à des personnages historiques, pour faire aussi réfléchir mes élèves sur la différence. J'espère avoir le temps de préparer cette séquence pour la rentrée, ça serait amusant.

16/ Les inventions (domestication du cheval par les Mayas, machines de guerre de Léonard de Vinci) changent le destin du monde.

de vinci helicopter.jpgOui, à plus d'un titre. J'ai ainsi plein d'idées d'uchronies dont Isabelle (Wenta) et moi avons discuté en écoutant la conférence lors du lancement d'Ukronie, chez Flammarion. On a commencé à délirer dans notre coin, elle sur la tapisserie de Bayeux, moi en lui racontant "Mon Empire pour un cheval", que j'étais en train de terminer. De toute façon, l'humanité n'aurait pas inventé le feu, nous ne serions pas là pour en discuter.

17/ Tu as souvent raconté que tu avais commencé par écrire des romans historiques. L’uchronie est-elle une forme de retour aux sources ?


D'une certaine façon. C'est un jeu que j'utilise en même temps que je suis en train de préparer mes cours pour ce fameux nouveau programme. Hier, j'étais en train de me demander ce qui se serait passé si La Pérouse était revenu de son voyage... Louis XVI aurait-il gagné un prestige suffisant pour qu'on ne lui coupe pas la tête ? Du coup, aurions-nous gardé la Louisiane ? Et le Québec ?

18/ L'uchronie, ça demande beaucoup de recherches?

L'air de rien, oui. Il faut diverger, tout en restant cohérent. J'ai vérifié les dates de tous les personnages, pour ne pas en faire intervenir certains trop tôt, car la divergence ne s'y prêtait pas, l'Europe a progressé de son côté telle que nous la connaissons, c'est l'Amérique qui diverge.

19/ D’autres uchronies en projet ?


J'aimerais bien écrire un recueil entier (et y adjoindre "Mon Empire pour un cheval") qui s'intitulerait Renaissances Uchroniques. J'ai déjà le synopsis d'une nouvelle qui s'intitule "L'Affaire Gutenberg", j'ai dû gratter aussi quelques lignes sur une autre, "Si Je t'Oublie, ô Utopie", imaginant ce qui se serait passé si Catherine d'Aragon avait donné un fils à Henry VIII d'Angleterre et je voudrais trouver deux ou trois autres idées pour un recueil de la taille de La Vague.

20/ Reviendras-tu aux Précolombiens ?

Dans Viracocha, ils tiennent une place importante, mais je ne veux pas en dire plus. Ce n'est pas pour rien que je l'appelle Le Machin, ce projet, vu dans quoi je me suis lancée, ça n'a rien d'évident. Disons qu'il y est question de réalité parallèle. Je vais encore écrire un roman inclassable pour lequel les éditeurs me répondront : "Nous avons le regret de vous informer que, bien que faisant preuve de qualités certaines, nous avons décidé de ne pas retenir votre manuscrit, car il ne correspond pas à notre ligne éditoriale, blablabla..." Dommage. Je n'ai pas créé Voy'el pour en faire un refuge face aux "méchants" éditeurs. Je voudrais bien travailler avec d'autres et apprendre d'eux. Chaque rencontre avec un éditeur a été un enrichissement, que cette rencontre se soit bien ou mal passée.

Merci à Corinne d'avoir pris un peu de son temps pour répondre à ces questions et retrouvez le recueil La Vague sur le site des édtions Voy[el]

Commentaires

  • Merci mâme Guitteaud et m'sieur Férocias pour cette plaisante et intéressante interview.
    Juste un peu de perplexité sur un point : mêler écologie, Dieu et not'Totor en faisant de l'uchronie, ce n'est pas faire de la politique militantiste à notre époque? ;)

  • Je n'ai pas mélangé tout ça dans l'uchronie "Mon Empire pour un cheval," mais dans mes autres romans (Le Crépuscule des Anges traite plus de Dieu que d'écologie, mais s'inspire du poème L'Ange Liberté), comme la Trilogie Atlante.

  • c'est trop bon de pouvoir discuter avec des gens comme ça!
    bravo!
    c'est personne est très jeune en plus!
    vraiment c'est un plaisir de découvrir des gens comme ça!
    moi j'ai rencontré l'auteur d'un livre qui me tient à coeur: Gérard Pioufrre, mais c'est plus simple d'aller voir mon blog car j'y est mit un petit mot:
    http://titanicperso.over-blog.com/article-32048932.html

    en tout cas bravo pour ton blog très instructif!

  • Quelles interview ! ça change des 5 questions avec 3 lignes de réponse par question. :-) les réponses sont intéressantes (surtout celles très pragmatiques de sur le volet édition)

  • > Corinne,
    Oui, j'avais bien compris que ce n'était pas dans le même roman. :)
    Je voulais juste pointer des thèmes qui ne peuvent pas aujourd'hui n'avoir aucune connotation politique forte, écologie et religion. L'uchronie, outre son aspect ludique historique, est aussi une démarche politique, non? Il s'agit bien de créer des alternatives qui bouleversent le monde, et c'est en jouant sur l'apparition ou non de ceux qui ont eu du pouvoir au point de gouverner des peuples entiers.

    Mais ce n'était qu'une partie de l'interview (pas le tout, hein?!) qui m'avait un peu surprise, je ne voyais pas tous les auteurs cités comme étant des écrivains "engagés" (même s'ils peuvent exprimer leurs opinions de citoyen d'une façon parfois fougueuse!). Victor Hugo était certainement bien plus "engagé", enfin je crois. Bref, je me suis demandée ce que tu/vous voulais/vouliez dire (j'hésite, je ne suis pas une habituée des blogs). La question du féroce Férocias était aussi ambigüe.

    En tout cas, merci de m'avoir répondu!

  • @ Cirroco: pour les auteurs Wagner, André-François Ruaud, Ayerdhal, Dantec tu penses sans doute à AFR non?
    Sur son blog, il y a tout de même un lien vers le site du Front de Gauche...

  • @ Cirocco L'homme politique chez Victor Hugo est justement l'aspect qui me plaît le moins. Ses poèmes engagés sont ceux qui m'intéressent le moins, justement. Mais évidemment, je suis citoyenne et évidemment, j'ai des opinions politiques donc quelque part, ça doit quand même transparaître. Néanmoins, je n'ai pas le même engagement que les auteurs cités. Roland nous a tenu en haleine sur FB avec la loi Hadopi et je l'en remercie, d'ailleurs. Je regardais ce débat d'un peu loin, ses interventions ont fait que j'ai commencé à m'y intéresser de plus près. Maintenant, il faut aussi reconnaître que j'ai un devoir de réserve du fait de ma profession d'enseignant. Ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque de m'exprimer davantage.

    @ grande pirogue : Des auteurs de SF francophone que je connais, la plupart me semblent plutôt accessibles. Maintenant, j'ai peut-être l'avantage aussi d'être de l'autre côté de la table de dédicaces, en quelque sorte. Mais il m'arrive régulièrement, durant les festivals, de me réserver un petit moment pour passer du côté des lecteurs et leur courir après pour qu'ils me signent un livre ;).

    @ Lhisbei : J'avais dit à Ferocias qu'il pouvait me couper au montage, j'ai quand même été sacrément bavarde.

  • Il a bien fait de ne pas couper; c'est beaucoup plus intéressant comme ça :-)

  • @ Lhisbei : Merci
    * de partager mon avis sur la non coupure du texte.
    * pour le lien dans ta blogroll (même si ça ne compte pas pour le classement Wikio ;) )

  • c'est pas fait pour compter c'est fait pour alléger mes signets de firefox ;-)

  • @ FFFerocias Je ne pensais pas seulement à AFR, non. Je pensais effectivement que RCW et lui ne cachent pas leurs sympathies mais qu'elles ne transparaissent pas d'une façon "militante" dans ce qu'ils écrivent. Qu'il y ait des liens politisés, c'est comme faire prof et syndicaliste, au hasard, ça ne fait pas forcément un enseignant donnant des cours orientés (pas bien, pas beau) mais un citoyen militant, oui.
    (Pour Dantec, je n'en lis plus depuis trop longtemps, pareil pour Ayerdhal, je suis très en retard, je reste sur les souvenirs des trilogies parues au FNA que j'avais bien aimées, aucune réminiscence de hard politique.)

    @ Corinne, merci encore de répondre. Voir ma réponse ci-dessus à FFF pour ma distinction entre écriture engagée et écriture où transparait logiquement l'opinion de celui qui tient la plume. La pétition Hadopi n'est pas un très bon exemple au sens où elle rassemble des personnes de tous bords unis pour la défense des droits de l'homme.
    Bug Jargal était quand même bien sympathique pour une première oeuvre, non?

  • Je le trouve... pompeux, Victor, quand il parle politique. Parfois il s'embarque dans des choses très ronflantes, comme dans Cromwell où je décroche rapidement. Je le préfère poète et pas dans tous ses recueils, encore une fois. Mais, en tant que lectrice, je ne vais pas forcément fuir un roman, parce que je sais l'auteur engagé. A ce moment-là, qu'il m'annonce ouvertement la couleur. S'il me dit qu'il m'embarque pour une aventure pour Mars et que le rouge devient politique, le livre risque de me tomber des mains. 70% du roman Aqua TM m'a plu dans ce qu'il présentait les conséquences du réchauffement climatique sur la société humaine. Les 30% qui présentaient les Américains comme les méchants de l'histoire avec de relents d'anti-Bush dedans m'ont laissé au pire agacée, au mieux indifférente. Je voulais m'évader, regarder par le grand bout de la lorgnette; l'Humain et pas forcément le Français ni le militant qui comme l'Américain ou le Bush, peut avoir ses défauts.
    En me relisant je découvre que du coup, je prends aussi une position politique. Maintenant, le jour où un lecteur viendra me dire : Mademoiselle, quand vous écrivez, ça se sent que vous êtes de gauche ou de droite, plutôt que "ça se sent que vous avez lu tel ou tel roman", je m'inquiéterai vraiment.

  • Bonjour,

    Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

    Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

    La Page No-22: LÉONARD ET LE SOLEIL !

    THÉORÈME DU SCEAU : LÉONARD DE VINCI DÉCOUVRE LES MATHS DU SOLEIL !

    Cordialement

    Clovis Simard

  • Bonjour,

    Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

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    Cordialement

    Clovis Simard

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