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Lucien Bornert, L’Oeil de feu

La collection Jean-François publiée par les Editions Fleurus / Gautier-Languereau compte environ 86 titres édités entre 1951 et 1962. Grand-chabar la cité du serpent à plumes.jpgSachem-la-brocante a évoqué cette collection destinée à la jeunesse avec le livre de Roger Bulliard, Nanouk. Les Peuples du Soleil ont aussi traité de cette collection avec La Cité du Serpent à plumes de Jacques Chabar.


Dans L’Oeil de feu, de Lucien Bornert, le jeune Robert (dit Bob) Richard est le vainqueur d’un tournoi de boxe. Alors qu’un avenir de champion du noble art semble se dessiner, Bob réalise son chèque et renonce à une prometteuse carrière. Il offre à sa grand-mère la plus grande part de sa fortune nouvelle afin de la mettre à l’abri du besoin ne gardant que de quoi partir à la recherche de son père. Monsieur Richard après la découverte d’un vieux manuscrit est parti en quête d’un trésor en Amazonie:


"Il était hanté par une idée dont il avait parlé souvent à sa mère, devant le petit Bob extasié. Il avait rapporté d’Allemagne une série de photos d’un vieux manuscrit sur lequel les siècles avaient passé et qui s’était montré plus résistant que bien des monuments de pierre.
- Tu vois, maman, avait-il dit, grâce à ce film pris avec mon Leica des pages essentielles de ce vieux manuscrit, je parviendrai à un trésor. Je l’ai découvert, au milieu de restes calcinés, dans une bibliothèque allemande incendiée par un bombardement. Un moine voyageur y conte qu’il existe un culte barbare en haute Amazonie, et qu’il a foulé le sol du temple le plus riche du monde. D’après lui, il est entièrement tapissé d’énormes plaques d’or fin ; toutes les statues sont également en or. Il est tellement bien caché, paraît-il, qu’on peut passer cent fois dans la région sans le découvrir. Mais le moine a établi une carte si bien détaillée qu’il semble impossible de se tromper. Le temple est gardé par des Indiens cruels détestant les curieux, et le pauvre voyageur fut laissé pour mort, mais il parvit à ramper vers un fleuve, à s’éloigner du territoire de ces sauvages et à panser ses blessures. Je retrouverai ce temple, et ce sera pour moi la gloire et la fortune !" (p. 22-23)
Depuis quatre ans Bob et sa Grand-mère attendent le retour de Jacques Richard…
L’argent permet donc à Bob de se rendre en Amazonie sur les traces de son père. Sur L’Aigle des mers, le bateau qui l’emmène au Brésil, il se lie d’amitié avec le breton Le Clech. Le Clech au cours d’une pêche au thon chute dans la mer et ne doit la vie qu’au courage de Bob qui plonge au milieu des requins. Gravement touché, Le Clech ne survit pas à la perte de ses deux jambes.
Arrivé sur le sol américain, Bob s’offre les services de Jimmy, jeune pilote américain. Malheureusement, l’avion connaît une avarie et s’écrase. Une nouvelle fois Bob fait preuve de courage. Perdus dans la jungle, les deux amis sauvent la vie d’Olmo, un membre de la tribu inconnue des Kratjacoas, poursuivit par les terribles Chavantes.
Olmo les conduit dans son uba (pirogue) vers son village mais lors de la traversée de rapides, l’uba se retourne et ses occupants sont éjectés. Ce sont les Kratjacoas qui découvrent les deux jeunes Blancs auprès de l’uba d’Olmo. Pour eux, il n’y a pas de doute, Bob et Jimmy ont volé Olmo et peut-être s’en sont-ils débarrassés. Le supplice risque d’être affreux.
Attachés à une sorte de totem, les deux jeunes gens voient les meilleurs archers rivaliser d’adresse en attendant de décocher la flèche qui mettra un terme à leur calvaire. Au moment ou Xartis, chef de la tribu et père d’Olmo, s’apprête à lancer sa flèche à pointe d’or, le jeune Indien survient et, après avoir raconté ce qui s’est réellement passé, fait libérer Bob et Jimmy. Malheureusement, les Kratjacoas craignent que leur repaire soit découvert et refusent de laisser partir les deux jeunes aventuriers. Bob et Jimmy sont émerveillés par les ornements portés par le chef, une plaque pectorale, des bijoux, un masque, le tout en or le plus pur. Il y a de toute évidence un mystère à résoudre.
Bob, déjouant la surveillance de ses hôtes, découvre l’entrée d’un temple souterrain qui correspond précisément à la description continue dans le manuscrit du moine. Avec Jimmy, il contraint un Indien à les guider mais ils se retrouvent pris au piège… et sont faits prisonniers dans la même cellule qu’un vieil homme Blanc : le père de Bob !
Le bonheur est de courte durée car Jacques Richard doit être sacrifié à l’idole Orikal quand elle fumera. Enchaîné, Jacques le peut fuir mais Bob et Jimmy eux le peuvent et ensuite rejoindre le village des Kratjacoas. Il faut que Bob résolve le mystère de l’idole fumante pour libérer son père ; en effet si l’idole fume mais ne tue pas la victime sacrificielle c’est que cette victime est en fait élue par le dieu. La date du sacrifice approche et Bob se tourmente car il n’arrive pas à éclaircir le mystère. Par hasard, dans des herbes hautes, il découvre une sorte de cristal placé juste au-dessus de la statue d’Orikal : faisant loupe la pierre fait tout d’abord fumer l’idole puis, une fois un être placé dans ses bras, consumer la victime.
Bob décide donc de faire fumer Orikal puis de retirer le cristal annihilant toute possibilité que son père soit tué. L’augure ayant parlé, le sacrifice est organisé et les deux jeunes gens découvrent la salle principale du temple:
"C’était grandiose, colossal… une construction de Titans. La grotte mesurait quelque trois ou quatre cent mètres de long pour autant de large et s’élevait à plus de cent mètres, pour autant qu’on puisse le voir à la faible lueur des torches….
Cependant, malgré ces proportions gigantesques, la statue d’Orikal surgissait de l’ombre comme un bloc monolithique, brutale et barbare. Sur la surface bronzée de l’idole, les lueurs des torches allumaient de curieux reflets.
Tous se placèrent en cercle autour du colosse et le chant s’accéléra. Sa cadence augmenta encore, puis ecore, au point d’atteindre une insupportable frénésie. Et brusquement sur un geste de Xartis, ce fut le silence absolu, un silence sépulcral.
Bob, malgré une curieuse oppression, regardait autour de lui. Il vit aux murs des plaques d’un mètre carré en or massif enrichies de pierres rutilant de mille feux. Une vraie grtotte des Mille et une Nuits.
Le moine voyageur avait raison : les ancêtres des Kratjacoas avaient rassemblé là un trésor incalculable." (p. 116)
Conformément au plan de Bob, quand son père est présenté à l’idole, rien ne se passe. Après un temps fort long, le sorcier décrète qu’Orikal refuse de brûler l’homme blanc : il faut donc « l’honorer à l’égal des plus grands » (p. 117). Jacques Richard passe alors du statut de victime à celui d’élu.
Les trois hommes restent encore quelques mois parmi les Kratjacoas et finissent par fuir (avec la bienveillance de leurs geôliers qui comprennent la nécessité de retrouver leur famille). Le cristal se révèle être un énorme diamant qui permet à Jacques et de reprendre une industrie qui devient florissante et à Jimmy de créer un aérodrome. Parfois la nostalgie d’une vie simple apparaît…

 

bornert l'oeil de feu.jpg

 

Lucien Bornert, L’Oeil de feu, collection Jean-François,
Editions Fleurus/Gautier-Languerau, 1960,
illustrations de Pierre Magnin

Commentaires

  • c'est un trés bel article!
    une question: comment est tu devenu un passionné de ce peuples?

  • @ grande pirogue: je suis plus passionné par les fictions les mettant en scène que par les peuples véritables. Je suis frappé par la place qu'ils ont dans l'imaginaire occidental. Par exemple, la France n'a pas colonisé ces territoires inca, maya ou aztèque et pourtant des tas d'auteurs écrivent sur eux.
    Pour l'origine, je pense que les Mystérieuses cités d'or ne doivent pas y être pour rien:)
    De plus comme je l'ai écrit il y a peu, j'ai accumulé des milliers de livres surtout des romans en tout genre. Une illumination un jour m'a conduit à découvrir un thème pour une petite part d'entre eux, ces peuples précolombiens. J'ai commencé à en rassembler un certain nombre, à en discuter sur des forums puis j'ai créé ce blog. Ca ne s'est pas arrangé :)
    L'idée au départ était d'ordonner ma collection et ensuite d'écrire un livre sur le thème. Pour l'ordre c'est un peu raté alors je ne sais pas si le livre verra le jour.

  • merci de ta réponse
    j'éspére qu'un jour tu auras l'occasion d'écrire ce livre
    je passes de plus en plus de temps à te lire et j'en suis trés content car c'est vachement intéressant!

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