Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le livre d'occasion est-il un livre?

L’écrivain Nicolas Ancion interpelle ses lecteurs avec cette question qui peut paraître absurde : le livre d’occasion est-il un livre ? , précisant : "pourquoi exclut-on systématiquement les ventes de seconde main des études qui cherchent à prendre le pouls du marché livre ?"
Il me semble qu’il y a deux façons de voir les choses :
> l’aspect économique (au sens de marché: "système d'échanges réunissant un nombre d'acteurs économiques important" (déf. Wikipédia)): quand on prend le pouls du marché du livre, on parle chiffres (nombre de romans sortis pour la rentrée littéraire pas exemple), tirage (nombre d’exemplaires de tel ouvrage, telle collection ou tel éditeur), chiffre d’affaire. C’est la méthode la plus aisée car on peut s’appuyer sur la comptabilité des éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires.
Certaines pratiques n’entrent pas dans le cadre de ce marché : prêt d’ouvrages entre ami-e-s, swaps chers aux blogueurs littéraires, service de presse, vol (mais c'est illégal, rappelons-le),  emprunt en bibliothèque.
> l’aspect pratique de la lecture : c’est beaucoup plus difficile. La pratique de la lecture ne se mesure pas à la seule aune des ventes de livres neufs. Combien de livres neufs achetés et jamais ouverts ? Mon expérience des brocantes me dit que la part n’est pas négligeable. Il m’arrive souvent d’acquérir pour quelques pièces ce type d’ouvrages, parfois fort anciens (les pages non coupées indiquent assez que le livre n’a jamais été lu).

Les bouquinistes participent eux-aussi à un marché mais qui n’est pas le même que celui du neuf (même si j’en connais qui mélangent avec bonheur les deux). Comment le mesurer? bouquiniste.jpgIls achètent et vendent des livres. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. La comptabilité des bouquinistes, souvent sous le statut de la micro-entreprise, est très simplifiée. Son étude ne pourrait pas permettre de mesurer quoique ce soit (à part pour définir une assiette fiscale).


Une étude sur les pratiques culturelles des Français conduite par l’INSEE et publiée en février 2003 indique que 58% des Français avaient lu au moins un livre dans les 12 derniers mois (le chiffre est identique pour 2005). Plus la ville est importante, plus le taux est important. Idem, plus la catégorie socio-professionnelle, le niveau de vie et le niveau scolaire sont élevés, plus les sondés sont lecteurs.
Les jeunes ne lisent plus ?
L’enquête montre au contraire que la part de jeunes lecteurs restent stables depuis un demi-siècle (alors que la concurrence des autres activités culturelles se renforcent). Ce qui change c’est la part de jeunes lecteurs réguliers (qui lisent au moins une fois tous les quinze jours) a tendance à s’effriter alors que la part des lecteurs occasionnels augmente.

Bref, ceci nous éloigne de la question de départ : pourquoi exclut-on systématiquement les ventes de seconde main des études qui cherchent à prendre le pouls du marché livre ?

Parce que on ne peut pas le mesurer.


Je vais essayer de mesurer les parts respectives de livres NEUFS et d'OCCASION àn prenant comme échantillon les dix derniers titres cités sur mon blog :
- Gaston Leroux, L’Epouse du Soleil (je le possède dans plusieurs éditions différentes mais j’utilise ici une édition électronique)
- Galaxies Science fiction n° 5 NEUF, revue à laquelle je suis abonné
- Lucien Bornert, L’Oeil de feu , édition ancienne, résultat d’un échange avec une internaute
- Félix Molinari, Le Dernier Inca , petit format ancien (BD), résultat d’un échange avec une internaute
- Bertrand Houette, Titikaka , NEUF, envoi de l’auteur car il apprécie mon blog et que l’on converse régulièrement par courriel
- René de Luc, Woluka, l’intrépide, édition ancienne que je crois avoir acheté chez un ami bouquiniste (à moins qu’il ne soit le résultat d’un échange avec une internaute ?)
- José Moselli, la Fin d’Illa , édition en revue (in Fiction) ancienne, occasion achetée sur le net
- Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo: achat chez un autre ami bouquiniste
- Le Rocambole, n° 47 , NEUF, revue à laquelle je suis abonné
- Madame de K., Le Chasseur de légendes , NEUF, livre gagné à un concours organisé par les éditions Filaplomb
Je n’ai pas lu que cela, je me limite à ce que j’ai chroniqué ici, mais la proportion pour l'occasion  est plus importante dans ma bibliothèque. Donc :

2 NEUFS ACHETES (et encore sont-ce des revues);
1 NEUF GAGNE;
1 NEUF RECU ;
1 LIVRE ELECTRONIQUE;
2 LIVRES reçus au terme d’un échange;
2 LIVRES d’OCCASION ACHETES chez des bouquinistes;
1 OUVRAGE (revue) acheté à un particulier.
4 NEUFS, 6 OCCASIONS

Autre classement possible : 5 achetés, 5 résultant d’un circuit non marchand.

Alors comment mesurer cela ?

Commentaires

  • La même complexité est présente dans les chiffres répertoriés dans les enquêtes. Dans le nombre de livres vendus, faut-il établir des sous-catégories (livre prescrit scolaire, guide de voyage, poésie pointue et dictionnaire sont tous des livres achetés ?) Bien sûr, la réalité est complexe et peut se découper selon de nombreuses catégories pertinentes. Ce que je pense encore, c'est que les études du marché du livre neuf devraient être commanditées par le secteur professionnel lui-même et que celles qui sont financées par un service public ne devraient pas exclure le marché de seconde main (où l'on retrouve tous les types de livres, selon les lieux, juste comme pour les livres neufs). Merci pour ce joli rebond, en tout cas !

  • trés beau sujet sur les livres!
    vraiment tu les jours je lit un livre une revue une Bd et depuis que je suis tout petit!

  • @ Nicolas Ancion: Merci pour le commentaire. Je vais approfondir ma réflexion sur la question de l'existence réelle du livre de seconde main.
    1/ Je pense que le marché du livre d'occasion (celui qui est vendu) est difficilement quantifiable. Je vais donner un exemple. Comme je l'indique, je connais pas mal de bouquinistes. Ils sont le plus souvent sous un statut (la micro-entreprise) qui ne demande pas une comptabilité très détaillée comme pour les EURL ou SARL. Ils ne savent pas forcément ce qu'ils vendent. Parfois ils achètent en masse des livres (l'acte d'achat fait partie du marché), pour une part ces livres vont à la poubelle (ou dans ma bibliothèque pour certains) car ils ne sont pas intéressants à la revente.
    2/ Les éditeurs publient des chiffres. Comme associé des Moutons Electriques, j'ai accès aux chiffres de cet éditeur. Il y a les mises en place (qui n'équivalent pas aux ventes), les stocks chez les diffuseurs/distributeurs... Les chiffres réels de vente sont connus des mois après.
    3/ Toi comme moi mélangeons livre au sens d'"objet marchand" et livre en tant qu'"objet de lecture". Ce n'est pas exactement la même chose et pourtant ils semblent indissociables pour les gros lecteurs que nous sommes.

  • @ grande pirogue: Merci pour le compliment. La lecture est une bonne maladie :)

  • il parait que tu sais qq chose sur certains timbres!
    j'éspére que tu vas ma le dire!

  • @ Grande Pirogue: Pour les timbres estampillés Batum, voir ce lien: http://glaforge.free.fr/weblog/index.php?itemid=69

Les commentaires sont fermés.