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Ernest Grandidier, Voyage dans l'Amérique du Sud, Pérou et Bolivie (1861)

Après avoir dérogé au caractère francophone des fictions chroniquées sur ce blog en présentant The Germanicus Trilogy de Kirk Mitchell, voici une nouvelle entorse à la ligne éditoriale des Peuples du Soleil avec un extrait de Voyage en Amérique du Sud, Pérou et Bolivie d'Ernest Grandidier (1833-1912) publié en 1861 chez Michel Lévy Frères (éditeur aussi des oeuvres complètes et définitives d'Alexandre Dumas à la même époque).

Le petit extrait suivant de l'introduction d'un ouvrage qui se veut didactique est assez éclairant (peut-être pour notre époque aussi d'ailleurs) sur les liens entre imaginaire, géographie, histoire quand on traite des pays d'Amérique du Sud, notamment ceux où se développèrent l'Empire Inca:

Par un privilège spécial, l'Amérique n'a rien perdu de son premier prestige : elle nous apparaît toujours entourée d'une brillante auréole, et son nom seul suffit encore pour nous fasciner. L'attrait puissant qui s'attache à tout pays lointain et inconnu contribue à surexciter notre curiosité naturelle; l'imagination s'enflamme aisément au récit d'exploits incroyables et d'aventures merveilleuses; et c'est à travers son prisme que la fiction nous fait voir le Nouveau Monde.

Cette terre, que les conquêtes des Cortez et des Pizarre ont rendue à jamais célèbre, est du reste bien digne d'attirer notre attention et offre un vaste champ à nos études et à nos recherches, sans mériter toutefois d'une manière aussi exclusive la renommée et les éloges dont l'Europe entière a retenti lors de sa découverte. Il semblait qu'une ère nouvelle de grandeur et de prospérité venait de s'ouvrir pour l'Espagne; on racontait les choses les plus invraisemblables sur les peuples et sur les richesses du nouveau continent : dans l'ignorance des faits, ces récits ne rencontraient ni incrédules ni contradicteurs. La fièvre de l'or travaillait tous les esprits; l'Amérique était une idole que l'on encensait à l'envi : une divinité n'eut jamais tant d'adorateurs. Mais à ces espérances et à ces éloges exagérés devaient succéder bientôt de cruelles déceptions ; ce qui sort des bornes de la vérité finit souvent par tomber dans l'opinion publique au-dessous même de son mérite réel. (p. 1-2)

Et plus loin ces mots:

Malgré les obstacles, la vérité finira par se faire jour au milieu de ce chaos, si chaque voyageur veut bien lui apporter le tribut sincère de ses observations ; c'est la ligne de conduite que je me suis tracée. Laissons aux poëtes la carrière de l'imagination: embellir la nature, donner aux hommes et aux choses des proportions gigantesques, employer le langage de la fiction, tel est le lot de la poésie et du roman ; mais le voyageur doit, avant tout, être vrai dans son récit. (p 3)

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Ernest Grandidier, Voyage en Amérique du Sud, Pérou et Bolivie,
Michel Lévy Frères, 1861

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