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Léo Gestelys, Le voyage sans retour (Summer Star Wars)

summer star wars.jpgDans le cadre de l'opération Summer Star Wars lancé par Mr Lhisbei, le blog Les Peuples du Soleil prend un peu de hauteur avec la chronique d'un Space Opera. Il ne s'agit pas d'une fiction mettant en scène des Précolombiens mais d'un voyage vers Mars assez inattendu pour nos protagonistes.
D'autres billets seront publiés jusqu'à la fin de l'été (le 22 septembre) dans le cadre de ce challenge littéraire.

Le Voyage sans retour, signé Léo Gestelys, s’ouvre sur la chute d’un objet non identifié quelque part dans la campagne provençale sous les yeux ébahis de quelques paysans. Des curieux, alertés par le bruit, arrivent. Parmi eux se trouve André Bressier, jeune journaliste aux Nouvelles Mondiales et sa ravissante fiancée. Plus audacieux, le journaliste s’approche.

Dans ce paysage champêtre, la fusée apparaît comme tout à fait mrav286.jpgincongrue: « Il s’agissait bien d’une sorte de fusée faite d’un métal bleuâtre et extrêmement brillant. Des sortes d’ailerons l’accompagnaient. Sa pointe, ténue, s’érigeait verticalement, tandis que l’avant disparaissait, enfoui profondément dans la terre. ». André Bressier ramasse à proximité de la fusée « une sorte de rouleau, fait du même métal que la fusée ». On pourrait croire à une tentative d’exploration ou d’invasion de la Terre. Il n’en est rien et c’est même plutôt le contraire…

Grâce à sa découverte André Bressier est en mesure d’expliquer le phénomène : l’étui récupéré contient la relation du voyage du jeune docteur Eric Davrenay et de son assistante Denise, disparus sans laisser de trace pendant l’été 1951, vers… Mars ! Le couple a en fait été enlevé par des Martiens qui les ont emmenés sur leur planète !

Gestelys nous livre quelques beaux morceaux de conjecture pour meubler le long voyage vers Mars comme les repas quotidiens : « A trois reprises, durant ces périodes que je m’obstinais à nommer des jours, une minuscule trappe s’ouvrait dans la paroi métallique et je recevais ce qui devait nous servir de nourriture, en l’espèce, des comprimés dont le goût n’tait pas désagréable et qui apaisaient à la fois la faim et la soif. »

… le risque représenté par ce voyage à travers l’espace…

« Je savais que notre voyage se poursuivait dans ces espaces sidéraux où la température s’abaisse jusqu’aux environs du zéro absolu, c’est-à-dire environ 273 sous zéro. Je savais que, hors de notre abri, les rayons infrarouges et ultraviolets auraient tôt fait de nous carboniser, je savais que l’engin qui nous portait devait être une de ces fusées interplanétaires, mais tellement perfectionnée que je finissais par me demander si elle ne venait pas d’un monde autre que le nôtre » …

et surtout la rencontre avec les Martiens télépathes.

« J’avais donc affaire à un peuple de muets. Telle était la pensée qui m’était venue quand, brusquement, dans mon cerveau, des mots, des phrases se formèrent et je connus que les habitants de Mars étaient arrivés à un stade où il n’est plus besoin de la parole pour se faire comprendre. Les pensés s’entre-pénétraient dans une sorte de suggestion semblable à celle que recherchent certains magnétiseurs. Transmission du contenu mental d’un cerveau à un autre cerveau et moi-même e bénéficiais de cette prodigieuse communion psychique. »

Court roman publié sous la forme d'un fascicule de 32 pages, Le Voyage sans retour appartient bien au genre de la space opérette(1).

 


(1) L'opérette est d'ailleurs un support utilisée dans la fiction conjecturale trop souvent dénigré. Il suffit de savoir que Docteur Ox de Jacques Offenbach sur un livret de d'Arnold Mortier et Philippe Gille est une adpatation de une Fantaisie du Docteur Ox de Jules Verne et qu'elle fut représentée en 2008 dans le cadre de l'inauguration de l'Espace Jules Verne de la Maison d'Ailleurs pour s'en convaincre.

 

Commentaires

  • Très intéressant, même si tu en parles souvent je commence à prendre conscience de cet iceberg qu'est la SF française d'avant-guerre, ce "merveilleux scientifique" que la science fiction a éclipsé et dont il ne reste que de rares auteurs comme Verne, petite partie émergée du monument.

  • Pour preuve que l'anticipation ancienne ce n'est pas que Jules Verne et que la partie immergée de l'iceberg est tout aussi volumineuse que passionnante. J'avais déjà évoqué le "cas" Verne dans une étude consacrée au fameux prix "Jules Verne" sur mon blog "Sur l'autre face du monde".Les éditions Ferenczi et sa collection "Mon roman d'aventure" constitue une réserve assez conséquente de textes relevant de notre domaine bien que composée en grande partie d'ouvrages publiés après guerre.

  • Space opérette voila qui nous change du space opéra :) Merci de ta participation plus qu'originale au summer star wars ;)

  • @ Guillaume44: je vais en chroniquer d'autres de ces petits Space Op' des années 1930 à 1950 qui n'ont rien à envier aux pulps américains de la même époque.

  • @ Boutel: j'aime beaucoup cette collection que je ne possède pas encore entièrement mais cela viendra. Les récits de SF sont intéressants car on oscille entre anticipation ancienne à la française et SF à l'américaine.

  • @ Lhisbei: d'autres vont venir du même acabit :)

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