Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Maurice Limat, Les Forçats de l'espace (Summer Star Wars)

summer star wars.jpgAvant d’œuvrer dans la collection Anticipation du Fleuve Noir, Maurice Limat (1914-2002) écrivit un nombre considérable de romans, fascicules, nouvelles, touchant à tous les genres.

Les Forçats de l’espace est paru dans la collection Mon Roman d’aventures (n°319) en 1954. La SF d’outre-Atlantique déferle alors en France et plusieurs auteurs français rivalisent d’imagination pour offrir aux lecteurs des récits à l’américaine. Ce fascicule a été réédité en 2003 par Apex en compagnie de 19 autres textes de SF de Maurice Limat paru dans la collection Mon Roman d'aventures.

Le bagne spatial fait partie des topos science-fictionnels. On le trouve aussi bien dans Les Bagnes de l’espace de François Lourbet (collection Anticipation, éditions Daniber, 1960) que dans le troisième épisode de la série cinématographique Alien (avec la planète-prison Fiorina 161).

Ici des forçats sont à bord d’un astrobagne (l’AB33) du XXIIe siècle, un vaisseau de liaison vers une petite planète minière. Eric, membre d’une race née de l’union entre des indigènes martiens et les premiers pionniers Terriens, a été proscrit pour avoir dirigé une révolte martienne contre la tyrannie terrienne. Il est avec Daphné, sa femme terrienne ralliée à la cause martienne, Worax, un gnome à la force herculéenne, Sibul un escroc vénusien.

Une explosion dans les « super-turbo-réacteurs électroniques » (je cite) empêche l’AB33 de poursuivre sa route. L’ingénieur de bord ayant été tué lors de l’accident, seul Eric est en mesure de réparer mais il refuse. Le lieutenant Kimer fait venir Daphné pour contraindre Eric à effectuer les réparations : le jeune homme cède. Cependant un météore frappe le vaisseau, déstabilisant tout le bâtiment, Daphné et Eric en profitent pour disparaître. S’étant emparé des clefs des geôles spatiales, ils libèrent les forçats : révolte à bord de l’astrobagne !

Les mitraillettes désintégrantes entrent en action.

Kimer, une nouvelle fois, use du chantage après s’être rendu maître du quartier des femmes et de Daphné. Eric propose que tous les forçats soient déposés sur une petite planète en échange de la réparation. Mais dès que l’AB33 est en état de fonctionnement, le commandant adjoint fait entrer en action à nouveau les mitraillettes désintégrantes, la mitraillade atomique décime les rangs des forçats. Seule la fuite peut assurer le salut d’Eric, Daphné et du fidèle Worax. S’échappant à bord d’une nacelle parachute, ils espèrent atteindre un petit astre et à cet instant « un choc formidable les jeta les uns sur les autres. Par le hublot, une clarté insensée les éblouit dix secondes, tandis qu’en dépit de la faible atmosphère, un bruit effrayant se répercutait jusqu’à eux » (p 31) : Worax, avant de quitter l’AB33 a jeté une clé anglaise sur un turbo-réacteur électronique !

« L’astrobagne n’existait plus. Ce n’était pas une perte. De tels engins, avec de tels équipages, étaient la honte du monde interstellaire » (p. 32)

Voici donc nos trois amis atterrissant sur une planète inconnue, promesse de liberté et d’espoir.

On a souvent reproché à Maurice Limat le caractère réactionnaire de son œuvre (c'est l'une des thèses de l'essai Pourquoi j'ai tué Jules Verne de Bernard Blanc). Ici, pourtant dans ce petit space opera, il affirme des positions humanistes et antitotalitaires...

mrav319.jpg

Maurice Limat, Les Forçats de l'espace,
Mon roman d'aventures, n° 319, Editions Ferenczi, 1954


 

Quelques chroniques d'oeuvres de Maurice Limat publié par Les Peuples du Soleil:
Les Amazones du Grand Fleuve (série romanesque historique en fascicules)
La Montagne aux Vampires (aventure extraodinaire avec vampires - chauve-souris- et araucans)
L'Ile maudite (petit roman d'amour et d'aventures)



Commentaires

  • ah la la ! un super-turbo-réacteur électronique c'est fragile tout de même. heureusement on a fait des progrès depuis. ;)
    une panne, un chantage, une collision avec un météore, une révolte, une fuite et l'explosion de l'AB33... que de rebondissements en 32 pages et quel rythme haletant ! (un évènement toutes les 5 pages, waouh, ça c'est un roman d'aventure)

  • @ Lhisbei: ça déchire plus qu'Asimov hein! :)

  • Salut Férocias !

    Ca m'a l'air terrible. J'ai le souvenir de certains romans de Limat au FNA. Les jurons des protagonistes étaient impayables, du genre "par Tau Céti" ou "par Bételgeuse IV". On n'a pas fait mieux depuis.

    Mais il est vrai que les "super-turbo-réacteurs électroniques" ont l'air de déchirer.

    A+

  • bonjour
    je revient avec grand plaisir après des mois d'absence!
    et je constate avec un certain plaisir que ton blog est toujours aussi intéressant!
    j'aime beaucoup ces articles faisant référence à la SF
    amitiés!

  • @ PROTON: salut à toi! Content que tu passes dans le coin. je vais chroniquer quelques oeuvres de Sf de ce type jusqu'à la fin (officielle) de l'été (i.e. le 22 septembre)

  • @ Cyril: ravi de te voir. j'espère que tout va bien pour toi et que le Titanic continuera à nous faire voyager dans le temps!

  • Les mitraillettes désintégrantes sont bien effrayantes mais pour écraser une révolte naissante. J'adore la couverture, où l'on voit une Daphnée (je suppose que c'est elle) dans la position de la femme terrorisée

  • @ Val : en ce temps-là les femmes savaient tenir leur rang et leur maison. Maintenant c'est plus pareil, ça change ça change...

    Autrefois pour faire sa cour
    On parlait d'amour
    Pour mieux prouver son ardeur
    On offrait son coeur
    Aujourd'hui, c'est plus pareil
    Ça change, ça change
    Pour séduire le cher ange
    On lui glisse à l'oreille
    (Ah? Gudule!)

    {Refrain 1:}
    Viens m'embrasser
    Et je te donnerai
    Un frigidaire
    Un joli scooter
    Un atomixer
    Et du Dunlopillo
    Une cuisinière
    Avec un four en verre
    Des tas de couverts
    Et des pell' à gâteaux

    Une tourniquette
    Pour fair' la vinaigrette
    Un bel aérateur
    Pour bouffer les odeurs

    Des draps qui chauffent
    Un pistolet à gaufres
    Un avion pour deux
    Et nous serons heureux

    Autrefois s'il arrivait
    Que l'on se querelle
    L'air lugubre on s'en allait
    En laissant la vaisselle
    Aujourd'hui, que voulez-vous
    La vie est si chère
    On dit: rentre chez ta mère
    Et l'on se garde tout
    (Ah! Gudule)

    {Refrain 2:}
    Excuse-toi
    Ou je reprends tout ça.
    Mon frigidaire
    Mon armoire à cuillères
    Mon évier en fer
    Et mon poêl' à mazout
    Mon cire-godasses
    Mon repasse-limaces
    Mon tabouret à glace
    Et mon chasse-filous

    La tourniquette
    A faire la vinaigrette
    Le ratatine-ordures
    Et le coupe-friture

    Et si la belle
    Se montre encore rebelles
    On la fiche dehors
    Pour confier son sort

    {Coda:}
    Au frigidaire
    À l'efface-poussière
    À la cuisinière
    Au lit qu'est toujours fait
    Au chauffe-savates
    Au canon à patates
    À l'éventre-tomates
    À l'écorche-poulet

    Mais très très vite
    On reçoit la visite
    D'une tendre petite
    Qui vous offre son coeur

    Alors on cède
    Car il faut bien qu'on s'entraide
    Et l'on vit comme ça
    Jusqu'à la prochaine fois

    :D :D

Les commentaires sont fermés.