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[Dimanche poétique] Auguste Génin, Poèmes aztèques

Alexis Manuel Auguste Génin est né en 1862 au Mexique, d'un père français et d'un mère belge. Après ses études à Paris, il retourne au Mexique en 1879. Parallèlement aux affaires commerciales, il publie dans de nombreux périodes (journaux français au Mexique ou journaux en France) des articles sur tous les aspects de la vie du Mexique. 

Chargé d'une mission par le gouvernement français en 1892, il envoie, à partir de 1893, de nombreuses collections précolombiennes au Musée du Trocadéro (fondé en 1878, ce musée devient le Musée de l'Homme en 1937).

L'oeuvre littéraire d'Auguste Génin est couronnée en 1924 par le Prix de la Langue Française à l'étranger.

Auguste Génin meurt en 1932.

Parmi ses oeuvres, on trouve une histoire des Aztèques en vers sobrement intitulée Poèmes aztèques (1890)

JEUNES FILLES AZTÈQUES
A LOUIS LE JEUNE

Autour des puits frais, près de la maison, 
Sourire à la bouche et mains aux épaules,
Les vierges Mexis sur le vert gazon
Dansent sous les saules.

Leurs longs cheveux noirs flottent dans le vent,
L'écharpe à leur cou met de blanches ailes,
Elles vont sautant et se poursuivant 
Comme des gazelles.

 

Sous leur jupe rouge on voit leurs pieds nus,
Nus comme leurs bras et leur doux visage ;
Leurs seins tout petits battent contenus
Par un court corsage.

 

Les hauts agaves et les maïs verts
Encadrant le groupe en ses simples poses ;
De larges flamants passent dans les airs
En bataillons roses.

 

Les oiseaux des bois gazouillent, joyeux,
Et font un orchestre aux danseuses brunes ;
Le soleil scintille au fond de leurs yeux
Comme en des lagunes.

 

Le soleil couchant semble un disque d'or,
Les ombres déjà descendent perfides ;
Dans l'herbe, pourtant, reposent encor Les canthares vides.

 

Vierges aux yeux noirs, laissez les chansons,
Les jeux et les ris, refermez vos ailes,
Car, dans l'ombre on voit sous les grands buissons,
Flamber des prunelles :

 

De jeunes guerriers, de plaisir tremblants,
Viennent épier vos secrètes grâces ;
O vierges ! craignez les propos galants
Et cachez vos traces.

 

Il est presque nuit, songez au retour,
Au ciel vont briller les lampes nocturnes ;
Dans le bassin clair allez tour à tour,
Emplir d'eau vos urnes....

 

Canthare à l'épaule et cambrant les reins,
Les vierges s'en vont blanches sous leurs voiles;
Et, bientôt, on voit en leurs noirs écrins
Luire les étoiles....

 

Mexico, Octobre 1886.

 

Auguste Génin, Poèmes aztèques, Fischbacher, 1890

 

Sources: gallica.bnf.fr

Dans le cadre du dimanche poétique...

Sur une idée de Celsmoon.

Avec Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, DF, Esmeraldae, Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya, Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L'or des chambres, Violette, claudialucia, Séverine, Maggie, Sev, Naolou.

Commentaires

  • J'aime beaucoup! C'est très évocateur (surtout après la belle émission vue hier! )

  • @ Mango: à la vérité j'ai hésité à publier un extrait concernant les sacrifices humains mais je me suis dit que, pour un dimanche poétique, les courts corsages seraient plus seyants :)

  • Oui, la jupe rouge, les longs cheveux noirs et les hauts agaves sont exotiques mais plus séduisants que les sacrifices humains!

  • cela me fait penser aux "Merveilleuses Cités d'Or" !

  • Une découverte fort intéressante! Merci pour cet instant de poésie.

  • Voilà une jolie manière de découvrir un peuple !

Les commentaires sont fermés.