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Thierry Crouzet, La Tune dans le caniveau

 

tune250.jpgIl y a peu de temps, isacrouzet m'a laissé un commentaire sur le billet La Grève des bourgeois (fantaisie de Clément Vautel parue en 1919) pour me demander comment me contacter par courriel. J'ai répondu mais je n'ai pas (pas encore?) reçu de courriel. La curiosité m'a poussée à cliquer sur le pseudo utilisé et me voila arrivé sur un billet invitant à lire La Tune dans le caniveau, issue de "l'expérience inédite". Suivant @crouzet sur Twitter, consultant régulièrement son blog, suivant par ailleurs Nicolas Ancion qui a participé à cette aventure pendant 48 heures (voir son billet sur l'expérience), je connaissais la novella.

Je propose donc cet après-midi, une autre expérience: le commentaire à chaud d'une lecture, au fil de cette lecture.

Une sorte de liveTwitt sur blog !

C'est parti!

 

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Il y a peu de temps, isacrouzet m'a laissé un commentaire sur le billet La Grève des bourgeois (fantaisie de Clément Vautel parue en 1919) pour me demander comment me contacter par courriel. J'ai répondu mais je n'ai pas (pas encore?) reçu de courriel. La curiosité m'a poussée à cliquer sur le pseudo utilisé et me voila arrivé sur un billet invitant à lire La Tune dans le caniveau, issue de "l'expérience inédite". Suivant @crouzet sur Twitter, consultant régulièrement son blog, suivant par ailleurs Nicolas Ancion qui a participé à cette aventure pendant 48 heures (voir son billet sur l'expérience), je connaissais la novella.

Je propose donc cet après-midi, une autre expérience: le commentaire à chaud d'une lecture, au fil de cette lecture.

Une sorte de liveTwitt sur blog !

C'est parti!

 

Premier seuil (au sens que lui donne Gérard Genette): la couverture.
Le numérique permet de s'en moquer un peu de la couverture. Une illustration, le titre en gros, le caniveau en rouge, un fond un peu glacial.
Tiens une explication de l'auteur sur Dailymotion 

 


L'expérience inédite
envoyé par tcrouzet1. - Découvrez plus de vidéos créatives.

Je sens que je ne vais pas mettre seulement 30 minutes pour ma lecture moi :-)

Page de garde classique: les autres livres de l'auteur + la mention de son site/blog tcrouzet.com

Page suivante: dédicace à Isabelle, une belle dédicace je trouve d'ailleurs: " Cette histoire a commencé par un rêve d'Isabelle"

Page suivante (Monsieur Crouzet: c'est pas numéroté!): définition du mot Tune (ou thune) avec rappel historique et citation d'une chanson de Brassens. mais c'est pas sourcé... Je chercherai plus tard.

 

Paris et ses caniveaux qui emmènent loin de la ville la somme des déjections des habitants. Réseaux, entrelacs, triage,... ça ressemble à Internet (je vais sans doute raconter n'importe quoi car c'est écrit au fil de la lecture: l'auteur a le droit de se moquer, le lecteur de se tromper).

Le réseau est au coeur de nos vies. On ne peut y échapper.

Tiens Thierry Crouzet a sa page sur Wikipedia. C'est ICI (là, en digressant, je vais mettre trois plombes à lire le livre :) )

 

Page 2 (du texte): plongée dans l'anticipation. Ca sent le cyberpunk.
Je crois à la ville comme seul lieu principal de vie des humains.
Crouzet intègre des éléments comme les imprimantes 3D dont il parle sur son blog. 

 

La grève générale débute. Tiens les anciennes stations d'épuration ont été transformées en musées d'art contemporain. Je ne sais pas trop ce que pense Thierry Crouzet de l'art contemporain. On peut lire cela de différentes manières. Je crois que la lecture en live amène à s'arrêter sur des détails, et que je risque de perdre non pas le fil mais de vue la structure globale du récit.

 

Première personnage: Extase qui se rend dans le 6e arrondissement de Paris qui a fait sécession. elle est déguisée.
Les immeubles bourgeois sont assiégés et les biens des bourgeois pillés (je comprends pourquoi le commentaire a été laissé sur  mon bilelt 
 La Grève des bourgeois )

Description d'Extase et éloge de l'individualité. On retrouve les orientations de Thierry Crouzet. Serait-ce la porte-parole de l'auteur? A suivre!

Noam: pseudo sur internet de celui qui veut mettre à bas l'esclavage moderne, c'est à dire le salariat. Un classique de l'anarchisme et des associationnistes:

 

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ou bien encore chez les marxistes:

 

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Le caractère science-fictionnel s'affirme avec le voyage dans la Lune et la mention des transhumanistes.

Extase privilégie l'action. La procrastination, très peu pour elle. C'est pourtant l'un des maux du net.

Les rebelles sont présentés de manière péjorative. On sait que Thierry Crouzet n'a pas apprécié (c'est le moins qu'on puisse dire) le mouvement contre la réforme de retraite, reprochant aux manifestants de se tromper de combat.

Violente attaque contre les banquiers.
Je crois que cela ne va pas plaire à l'auteur mais il y a une sorte de fond marxiste dans ces premières pages. 

 

Dans l'immeuble, Extase pénètre dans un appartement du sixième étage soigneusement décrit. Ca sent l'appartement bourgeois tendance bohème.

Plantage de lecture? Une bibliothèque avec de vrais livres de Noam.

"Quelle idée de te déguiser en riches.
Noam ricana.
- C'est plus facile d'être clandestin parmi eux que parmi les pauvres. Ils ne font attention à personne." 

Un des lieux sauvegardés par les enragés (et par les riches d'ailleurs), véritable havre de paix, est un bistrot! Il y a dans le bistrot cette idée de lieu de convivialité par dessus les différences sociales (même si je vais plus au bistrot du coin qu'au Fouquet's :) )

 

Noam et Extase s'enfoncent dans les entrailles de la ville. c'est un des lieux communs de la littérature populaire (et lieu commun n'a pas de signification péjorative pour moi). 

De jolis mots comme "lymphe". L'auteur a du style même s'il ne rechigne pas parfois au topos (tiens ça fait deux termes de littéraire à flinguer ça :D ).

 

La connexion ,toujours la connexion. Crouzet n'est pas l'auteur du Peuple des connecteurs pour rien. On se laisse emporter par le récit même si mon mode de lecture est un peu particulier aujourd'hui.

 

L'envers du monde est sous nos pieds. Là encore, une idée que l'on trouve dans les romans populaires du XIXe et dans pas mal de films (culture populaire!)

Les riches acceptent à cause de l'insurrection le revenu de vie (le dividende universel?) mais refusent de remettre en cause le droit à la propriété. Noam est déçu. Crouzet disait que Noam n'était pas de gauche ni de droite. Il va me falloir explorer cette voie pour comprendre.

Noam: une image de ce que peut être un blog d'idées: écouter l'autre pour développer sa pensée, la modifier en temps réel.

Noam défend des idées comme la dématérialisation comme remède. Ne plus avoir de propriété, s'immerger dans le réseau, remettre en cause les hiérarchies. Oui, un côté cyberpunk mais du côté d'une utopie.

Ce sont les riches qui sont matérialistes car ils sont possédants. les pauvres n'ont pas besoin de l'être car ils n'ont rien. Les riches ont réussi à rendre les pauvres matérialistes en leur imposant une idéologie. Critique du consumérisme? Le grenelle de l'environnement, c'est donner aux riches un espace de croissance en taxant les pauvres.

 

Pour Extase, la vie du réseau n'est pas suffisante. elle a besoin d'amour, de relations.

Une citation "La fiction n’avait que peu de poids par rapport à la réalité, pourtant la réalité aurait été vide sans la fiction. L’une et l’autre s’alimentaient et engendraient la culture. En démêlant le vrai du faux, on perpétrait d’autres vérités et d’autres mensonges."

Tiens, plantage de ma part, les livres papier sont stockés au loin. Il n'y en a plus en usage. Mais "là où on brûlera des livres, on brûlera des hommes."

 

Nouvelle mention de la téléréalité. Vivre par procuration? Non vivre. Eteindre la télé. Ca va plaire à Eric ;-) je m'aperçois que ça va faire un billet politique s't'affaire :)

 

Je lis: "—Les riches – j’emploie un vocable qui n’est pas le mien pour mieux me faire comprendre – acceptent d’instaurer le revenu de vie. Un frisson retenu parcourut l’assemblée des académiciens. Il s’amplifia en clameur de joie dans les quartiers de Paris et de toutes les villes d’Occident. Se battre, manifester, avait payé. "
Je sens que Thierry Crouzet a tendu un piège ici. Ca n'a pas manqué, il suffisait de passer à la page suivante. Noam le révolutionnaire vs Extase la réformatrice et l'affirmation du nécessaire saltationnisme.

Petit cours d'économie et de pensée complexe (pour tout suivre, il faut lire le blog de Thierry Crouzet) et cette affirmation: "Le communisme n’a pas fait mieux que le libéralisme pour nous rendre égaux devant l’argent."

Ca devient terrible pour la gauche là: "Que les pauvres rentrent chez eux. La fête est finie. Que tout redevienne comme avant. Au mieux, nous pouvons construire des services publics – éducation, santé, transport – pour que les plus pauvres bénéficient d’un confort acceptable. Le socialisme n’a pas d’autre vertu que de nous faire avaler la loi de Pareto. " Je vais y revenir ensuite.

"l’utopie ici et maintenant." Ah bah, Noam m'a devancé là :)

La critique de la Tune (qui donne son titre à la nouvelle): concept de riches dans lequel les pauvres ne peuvent se retrouver. La vie est ailleurs. En fait Crouzet critiquait ceux qui manifestait contre la réforme des retraites mais a-t-il vu que parmi eux certains remettaient globalement en cause le système avec des slogans parfois un peu simplistes peu-être comme "la retraite on s'en fout, on veut pas bosser du tout"?
Citation:" 
La tune n’est précieuse que pour celui qui ignore les dimensions non économiques de l’existence et refuse le partage des expériences. La tune n’est qu’un concept de riches; tournez-leur le dos."

 

Le discours de Noam se termine par une rafale de mitraillettes. Il ne s'agisait en fait que d'un "doppelgänger" (un sosie en quelque sorte). Tout le monde accuse l'autre camp d'avoir commis l'attentat contre Noam. En fait aucun des camps n'avait à y gagner, ni à y perdre.

Extase rentre chez elle. Le simulateur de richesses est désactivé. Pourquoi Noam a-t-il hacké les éditions Larousse (disparues depuis longtemps)? Et si seule la révolution culturelle était intéressante?

 

FIN

 

La lecture terminée, voici le temps de quelques réflexion à chaud. 
La nouvelle ne révolutionnera pas le petit monde de la SF mais ce n'et pas le but de l'auteur. Peut-on parler d'apologue? Oui sans doute. Thierry Crouzet profite (ou utilise) de la fiction pour transmettre ses idées. Noam n'est ni de gauche, ni de droite car il ne se reconnait pas dans ces étiquettes qui visent seulement selon lui à conserver un ordre établi ou à établir un nouvel ordre tout aussi mauvais que le précédent.
Il y a sans doute une part d'utopie dans l'oeuvre de Crouzet qui fera sourire de chaque côté de l'échiquier politique.  
Alors Vladimir Boukosvski "L'une des leçons que l'on peut tirer du siècle dernier est que toutes les utopies finissent par établir leur propre goulag.",  , Philippe Curval "Il n'y a rien de plus ennuyeux que l'utopie.", José Bové "L'utopie est la matrice de l'histoire et la soeur jumelle de la révolte." ou 
Oscar Wilde:  "Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies."

Pour télécharger l'ouvrage de Thierry Crouzet, rendez-vous ICI



Commentaires

  • faut que je lise le truc

  • C'est en téléchargement sur son blog.

  • Ta lecture est utile!
    Cette critique de l'argent par Crouzet est bien dans l'air du temps. Personnellement, j'aime lire le blog de Zoupic ou celui de Paul Jorion, qui abordent ces sujets de façon très intéressante.

  • @ Eric: merci de ton passage et de ton commentaire. Il me semble que la société sans argent ne peut se limiter qu'à un cercle restreint. Small is beautiful?

  • J'ai lu (un peu vite) le bouquin de Jorion qi s'appelle l'Argent, justement. Et il définit trois phases de l'évolution humaine: 1) époque de la force brute 2) époque de l'argent, où l'argent atténue la brutalité de la force, mais la laisse encre sensible (quand t'a pas de thune, t'es mal) 3) époque d'après, qui reste à définir _ le mieux est de jeter un oeil à ce livre de Paul Jorion...

  • Ta lecture est interactive est superintéressante... Souvent je me dis que je devrais le faire et j'y renonce.

    Tu me donnes du grain pour la prochaine version de la nouvelle, l'expérience se continue...

  • Très contente d'avoir laisser un commentaire au bon endroit ici. Merci pour la lecture interactive ! Après l'avoir rêvée, j'ai dû la lire 30 fois, cette nouvelle, et je découvre des choses que j'avais pas vues ! Merci !

  • @ tcrouzet: Avec Nicolas Ancion, lors de son expérience d'écriture d'un roman en 24 heures, avait proposé les différentes étapes d'écriture. Là c'est le lecteur qui découvre un texte et livre au fil du texte ses impressions.

  • @ isacrouzet: l'expérience était intéressante. Je me suis aussi aperçu que les 140 caractères de Twitter étaient trop courts :)

  • @ tous: et puis mon billet est plain de fôtes de frappes :))))

  • On s'en fiche des fautes dans ce genre d'exercice... je vois que mon commentaire aussi est fautif. Mais j'ai la tête dans les nuages à cause de la fièvre et je ne ferai pas mieux cette fois. Dès que j'ai un peu de force, je parle de ton expérience.

  • @ tcrouzet: avec plaisir! Prompt rétablissement.

  • @ tcrouzet: l'expérience de la publication et de la vente directe est tentante pour moi d'un coup je trouve :)

  • L'exercice de lecture en direct était fort intéressant :)

  • @ Guillaume44: merci! En fait c'est un mode de lecture très différent que celle où l'on commente tout au fur et à mesure sans connaître la suite.

  • J'ai pas encore tout lu : je suis sous le choc d'avoir vu Crouzet sans sa casquette. Bon ok je sors. Euh, non, je m'y remets.

  • [live commentaire] Mince, mais tu vas faire du spoiler ? Dois-je poursuivre la lecture du billet, ou lire le livre par moi-même ? [/live commentaire]

  • @ See Mee: euh, oui c'est plus que du spoiler d'ailleurs! Vas lire le livre plutôt!

  • "Je crois que la lecture en live amène à s'arrêter sur des détails, et que je risque de perdre non pas le fil mais de vue la structure globale du récit."
    C'est une réflexion intéressante, ça ! est-ce que le faire d'écrire sur ta lecture amplifie un phénomène qui coule tout seul quand on lit sans réfléchir au fait qu'on est en train de lire ?

  • Quand tu lis sans t'arrêter tu saisis le sens global. Quand tu lis en t'arrêtant à chaque page pour commenter, tu commentes des détails.

  • "il y a une sorte de fond marxiste dans ces premières pages." Ah, la remarque dont parlait Crouzet dans un de ses derniers billets venait donc de toi !

  • @ See Mee: oui je le pense mais je crois qu'il n'a pas compris ce que je voulais dire. J'ai écrit "fond marxiste", il a compris "marxiste". Il faudrait que je commente ce point d'ailleurs

  • "lieux communs", "lymphe", "connexion" : Ferocias relève les mots, et s'attache à ce que l'on comprenne bien ceux qu'il emploie. Un autre lecteur aurait-il relevé ce genre de choses ?

    @Ferocias : non, mais j'avais parfaitement compris, hein, l'histoire des détails !

  • @ see Mee: je lirai tes commentaires demain moi. Dodo. (c'est bizarre le live commenter tout de même) ;)

  • "Les riches ont réussi à rendre les pauvres matérialistes en leur imposant une idéologie." Mince, j'ai pensé cela avant de l'avoir lu. Cela signifie-t-il que 1) la démonstration de Crouzet est prévisible ? 2) je pense et interprète le récit du récit de la même manière que celui qui le raporte ?

  • "Pour Extase, la vie du réseau n'est pas suffisante. elle a besoin d'amour, de relations". Ah, la fameuse opposition du lien froid au lien chaud ! Le réseau apporte-t-il de véritables relations, et peut-il déboucher sur l'amour ? D'après "Autant en emporte le flux", l'auto-fiction de Arf, je dirais oui.

    @Ferocias : bonne nuit, j'essaie de continuer !

  • Cela devient un politique, là, et je commence à perdre le fil. Déjà, lire du Crouzet, la manière qu'il a de dérouler sa pensée, il faut suivre... mais quand ce ne sont que des fragments rapportés en live par un autre, on n'est pas certain d'en capter vraiment la moelle.

  • "Au mieux, nous pouvons construire des services publics – éducation, santé, transport – pour que les plus pauvres bénéficient d’un confort acceptable". Tiens, un sujet qui me concerne à plus d'un chef ! Je ne vois pas pourquoi le service public serait réservé aux nécessiteux !!! Cette notion va bien plus loin de l'accès économique aux services. le service public, c'est sensé être ce qui soude la nation, au-delà même de la question de la solidarité, non ? A commencer par l'éducation...

  • J'ai rien compris à la fin, du moins à ce qu'en rapporte Ferocias, dans les conditions de son dispositif de live-lecture. Je m'embrouille dans les raccourcis, les blancs, au point de ne pas savoir ce qu'est (toujours selon ferocias), la position de l'auteur face au sujet qu'il traite. Il y a sans doute une trop forte déperdition, avec ce procédé, car sans doute aurait-il été plus clair s'il avait pris le temps de se poser.

  • "Thierry Crouzet profite (ou utilise) de la fiction pour transmettre ses idées". Comme cel, en live, la première chose qui me vient à l'esprit est la "Zone du dehors", de Damasio. Je me demande si Crouzet l'a lu, et ce qu'il en pense(rait). C'est une œuvre de jeunesse, maladroite (l'auteur le dit lui-même), mais passionnante sur la question de la société (démocratique) de contrôle qui se profile avec les TIC.
    J'en profite pour faire du teasing : interview de Damasio à venir chez moi prochainement !

  • Belle brochette de citations pour finir, qui mériteraient un débat passionné dans lequel je ne vais pas me lancer, ce serait abuser !
    Fin du live-comment. J'ai un peu la gêne en songeant à tous ces pauvres commentateurs qui ne comprendront peut-être pas que je me sois livrée à ce jeu avec l'ami Ferocias...

  • Intéressant la lecture sur la lecture :-) La version 2 va pas tarder à arriver :-)

  • @ See Mee: forcément l'exercice est compliqué. J'ai commenté ma lecture, tu commentes ta lecture de ma lecture. Trop de strates, trop de blancs, des arrêts sur ce qui m'intéresse, pas forcément sur ce qui est intéressant. Il y a des points qui sont évidents pour moi, sur lesquels je passe car je lis, d'autres sur lesquels j'ai envie de m'arrêter, de développer. On y perd le fil de l'intrigue mais on y gagne en prise de recul.

  • @ tcrouzet:*mode rigolo on* bon ça doit en faire de l'affichage de pages tout ça d'un coup *mode rigolo off*
    C'est intéressant l'accumulation des strates de lecture. Je suis certain que de lire une seconde version aura des conséquences différentes sur ceux qui ont lu la version 1 puis 2 et ceux qui ne liront que la seconde.
    Ceux comme moi se diront: tiens, qu'a-t-il modifié,... alors que les autres se laisseront emporter par un ouvrage sans même peut-être savoir qu'il y a une version précédente.

  • @tcrouzet : Je vais tâcher d'aller la lire en direct, celle-là !

    @Ferocias : Tiens, intéressant ce que tu dis : "Il y a des points qui sont évidents pour moi, sur lesquels je passe car je lis". Je crois qu'il y a une différence entre "commenter" et "présenter". Si tu avais souhaité présenter le livre à tes lecteurs, tu aurais peut-être essayé de transmettre ces évidences, pour t'assurer qu'elles soient bien comprises, qu'ils ne passent pas à côté, dans un soucis de vulgarisation (= trio objet de la lecture / "écrivant" médiateur / lecteurs du blog) ? Là, en commentant, le lecteur avait probablement moins d'importance au moment où tu produisais ce contenu (= duo, car en se focalisant sur sa lecture l'écrivant en néglige son lecteur final) ?

    En tous cas, cette expérience me porte à penser que restituer une lecture mérite un travail secondaire (ou au moins d'être parvenu au terme du texte), qui consiste à justement prendre du recul sur celle-ci, reconsidérer les valeurs des différentes émotions et réflexions qu'elle a générée (sur le coup l'émotion d'une phrase va prendre des proportions qu'on relativisera au vu de l'ensemble), relier le sens du début de la lecture à ce que l'on a compris du sens de ce qui vient après, et opérer la synthèse de tout cela (pas une synthèse littéraire, mais plutôt comme le ferait un système digestif).

  • @ See Mee: quand on chronique un livre on se met en situation d'auteur de chronique. Ici j'étais en situation de lecteur.

  • Il faut que te t'envoie la nouvelle version du texte qui a tenu compte de quelques critiques exposées ici-même...

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