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[Cinéma] Michel Zimbacca et Jean-Louis Bédouin, L'Invention du Monde

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Du côté du Mexique, il se passe parfois des choses surréalistes. L'activité sacrificielle aztèque peut y faire penser, tout comme les multiples soubresauts de la Méso-Amérique. De plus les anciennes civilisations précolombiennes ont laissé des oeuvres qui interrogent. Les surréalistes se sont emparés de ces oeuvres, on le sait moins que pour le cas de l'Art Nègre, mais c'est un fait.

Un DVD qui vient de paraître rappelle cet apport précolombien au surréalisme.

 

Dans la collection Les Surréalistes et le cinéma, une série de trois courts métrages réalisés par Michel Zimbacca et Jean-Louis Bédouin permet d'en retrouver les traces.

Tous ces films étaient jusqu'à maintenant inédits en vidéo.

Présentation de l'éditeur:

L'invention du monde (26'-1952) 

Scénario et réalisation : Michel Zimbacca et Jean-Louis Bédouin, commentaire : Benjamin Péret.

Ce sont les forces de ton inconscient dont tu as peuplé le monde et qui, tel un boomerang, ricochent sur toi pour ton bonheur ou ton malheur. Tu t’y prends comme dans un filet que tu as toi-même lancé… L’Invention du monde, Benjamin Péret, 1952*

Poème cinématographique exaltant la diversité de création de la pensée primitive, une inspiratrice de la poétique surréaliste.

La première de L’Invention du monde a lieu en 1952 à la Cinémathèque française - en présence de Langlois, Franju et du groupe surréaliste au grand complet - et enthousiasme le public (dont Jean Rouch). Quelque temps plus tard, le film sort en salles en première partie du film américain Les cinq survivants (d’un conflit nucléaire de grande ampleur et où il est question de recréer, sur les ruines de l’ancien, un monde nouveau !). Absent des histoires du cinéma, L’Invention du monde est devenu depuis quasiment invisible. Copie restaurée par les Archives françaises du film.

Production : L’Âge du cinéma (Zimbacca & Bédouin)

Musique : documents Ethnologie musicale du musée de l’Homme (Mexique, Japon, Bali, Brésil, Aborigènes d’Australie, Pygmées, Amérindiens, Vaudou…)

Voix : Gaston Modot, Roger Blin, François Valorbe, Thérèse Eliot, Dominique Chautemps, Doudou Ndiaye, Douta Secx, Jacques Winsberg…

Documents : Musée de l’Homme Paris, British Museum, Musées de Bale, Brême, Berlin, Hambourg, Leyde, Mexico, Brooklyn, Chicago, New-York, Ottawa, Saint-Louis, Santa Fé, Sidney… et collections particulières (André Breton, Claude Lévi-Strauss, Benjamin Péret, J. B. Brunius, Man Ray…)

Objet : suivre l’évolution de la pensée primitive, telle que nous pouvons la représenter à partir des divers créations plastiques qui nous ont été conservées.

Synopsis : L’homme se transforme et recréé ce qu’il choisit de représenter.

Chaque civilisation repose ainsi sur un ensemble de mythes et de symboles où s’expriment les désirs et les interrogations de l’esprit en même temps que s’y reflète l’image des nécessités naturelles. On a tenté de retrouver le fil perdu dans le labyrinthe de ces mythes et de ces symboles qui se superposent et s’enchaînent les uns aux autres depuis les temps les plus reculés, s’inscrivant dans la forme et la décoration des objets familiers comme dans les signes et les cérémonies magiques.

Le Totémisme : Tous les êtres sortent de la terre, à commencer par les ancêtres. Ils se répandent dans la forêt où les totems commémorent les principaux faits de leur vie légendaire, d’où découle celle des clans, et les premières alliances qu’ils conclurent avec les forces naturelles.

Le Masque : Il est l’émanation et la manifestation de l’esprit de l’ancêtre, auquel s’identifie celui qui le porte au cours des danses rituelles. C’est par son truchement que prennent part active à la vie de la tribu : le requin aux Nouvelles-Hébrides, la baleine blanche et le saumon en Alaska, le corbeau et l’oiseau tonnerre en Colombie britannique, les divers esprits qui président aux phénomènes atmosphériques : arc-en-ciel, pluie, éclairs et la croissance du maïs, chez les Indiens de l’Arizona. Mais il arrive que l’homme se rencontre lui-même. Le masque devient alors miroir, réfléchissant ses traits, qui se transforment au rythme de ses impulsions profondes pour disparaître enfin dans ce visage sans ride que les Aztèques ont donné à la divinité de la mort : un crâne de cristal de roche.

Cependant les personnages peints par Gauguin dans une de ses toiles tahitiennes s’interrogent : « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? »

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L’Action : « Au commencement était l’action » … Un pêcheur lance son harpon dans la mer, d’où surgissent deux personnages qui apparaissent comme l’image primordiale de la division de l’univers en deux principes opposés : un homme et une femme portant chacun des poissons pour symbole de leur sexe. Ce symbole indien rappelle celui du zodiaque, qu’on retrouve sur des poteries péruviennes et dont le développement aboutit à la figure du serpent à deux têtes, signe de la force vitale. En affrontant les deux têtes du serpent, l’homme rétablit le cycle de la vie qu’il avait interrompu en y plongeant son javelot. Il se rend ainsi Maître de la vie et de la mort, tel le dieu Quetzalcóatl.

Mythe de Quetzalcóatl : C’est « le serpent emplumé » des anciens mexicains, le dieu de la mort et de la renaissance, la personnification de la planète Vénus. Il descend dans le monde souterrain, subit une série d’épreuves, rencontre les principaux dieux, se sacrifie pour renaître en étoile du matin après avoir incarné celle du soir et devient enfin au zénith le soleil dévorant, aux plumes de colibri.

Sacrifice de la princesse : A son tour se lève sur le ciel austral la planète Vénus, née du sacrifice d’une princesse boschimane, dont la mort a pour but de provoquer la pluie, indispensable à l’existence de la tribu.

Le Couple : L’union de l’homme et de la femme s’insère dans la même évolution cosmique.

Des oiseaux et des serpents sont aux prises. Un homme les réconcilie selon l’ordre qu’il en reçoit des dieux, afin que les uns et les autres puissent le servir. Le serpent lui communique l’énergie et l’oiseau l’enlève d’îles en îles, à la rencontre de sa compagne. Le couple se dédouble à l’infini jusqu’à devenir celui du dieu et de la déesse aux multiples bras et aux mille attributs, source inépuisable de toute vie.

Quetzalcolatl, le serpent emplumé - version non restaurée (8'-1952) 

Le mythe de Quetzalcóatl, dieu aztèque de la mort et de la renaissance, évoqué à travers le codex Borgia. (3e bobine de L’Invention du monde) – unique copie au monde, non restaurée.

 

Sommaire complet:

3 courts métrages + 2 entretiens.
L'invention du monde (26'-1952) & Quetzalcolatl, le serpent emplumé - version non restaurée (8'-1952) et Ni d'éve ni d'adam (10'-1969) 
Entretien avec André Breton (26'-1960) 
Entretien avec Michel Zimbacca (45'-2009)
Vo française - Durée total 115'

 

Le site de l'éditeur Choses Vues

 

Commentaires

  • ça ne semble pas être très facile à regarder....

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