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Livre - Page 5

  • Jessica Sow Nue et Book in the machine!

    Sous la nue , Jessica Sow et Richard Virenque ne sont pas annoncés mais sait-on jamais...

    Amateurs de cyclisme , de maillots à pois , de mannequin et tous les autres qui n'aiment pas les trois précédents, précipitez vous, partez de Saint Barth et venez vous éclater les yeux dans la plus petite librairie de Picardie:

    Book in the machine, la librairie aléatoire tenue par Hervé offre une nano-exposition en ce moment et parfois des concerts.

     

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    C'est le genre de billet posté rapidement pour voir quel peut être l'impact d'un buzz qui est lancé sur internet en terme de visiteurs  (euh, désolé ce n'est pas celui qui concerne la nano-exposition du collectif Zavatta).

     

  • Continents Perdus et des Civilisations Fantastiques

    Lu sur le blog du Répertoire de la Science-fiction (RSF Blog)(et hop un lien pour le prochain Wikio ;) ), cet appel à textes:

    Les Editions de l’Oeil du Sphinx (EODS), sous le pilotage de Richard D. Nolane, lancent un appel à textes en vue de réaliser une anthologie de nouvelles sur le thème des Continents Perdus et des Civilisations Fantastiques.

    Cette opération est soutenue par l’association l’Oeil du Sphinx (AODS) et les librairies Atelier Empreinte (Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains).

    - Le thème : L’Atlantide, l’Ile de Pâques, Mu, Glozel, les Extraterrestres dans l’Antiquité, les cartes des Anciens Rois des Mers, Stonehenge, etc. Tout ce qui vous a fait fantasmer à la lecture de Robert Charroux, Rider Haggard, Jimmy Guieu, Erich von Däniken, Jacques Bergier, Charles Hapgood, Denis Saurat, Colin Wilson, Graham Hancock et tant d’autres explorateurs du Passé Fantastique !

    - L’esprit : rédiger une fiction (pas un essai : nous sommes dans le domaine de l’imaginaire !) relevant d’un genre laissé au choix de l’auteur : policier, historique, science fiction, fantastique, etc. L’action peut évidemment soit se dérouler au temps de la civilisation concernée, soit aujourd’hui, soit à tout autre période historique. La seule contrainte est que le thème de l’anthologie constitue le centre de l’intrigue et non un de ses aspects annexes.

    - La forme : un texte sous format word ou rtf (8.000 mots/50.000 caractères + espaces environ pour un maximum recommandé, mais on ne refusera pas un bon texte plus long... !)

    - Date limite de soumission : 30 septembre 2010.

    - Conditions : Chaque auteur retenu recevra trois exemplaires de l’ouvrage en guise de rémunération, avec la possibilité de se procurer d’autres exemplaires auprès de l’éditeur avec une réduction de 40%, port inclus. Par ailleurs, l’Atelier Empreinte remettra un prix spécial à trois des contributions. Ce prix spécial Atelier Empreinte prendra la forme de chèques cadeaux d’une valeur de 100 € chacun permettant aux lauréats de retirer des ouvrages en librairie.

    - Contrat : La maison d’édition conservera l’exclusivité des textes durant une année, fin de mois, à compter de la date d’impression mentionnée en fin de volume, sauf en cas de réédition dans cet intervalle, auquel cas les auteurs seront avertis des nouvelles conditions. Passé ce délai (au cours duquel la législation standard en vigueur sur les droits d’auteur sera appliquée), les auteurs recouvreront la totalité de leurs droits sur leur texte, à commencer par l’entière liberté de les faire reparaître ailleurs à la condition unique de mentionner la première publication par L’œil du Sphinx. Enfin, une fois son texte parti à la composition pour l’imprimerie, il ne sera plus possible à l’auteur de le retirer du volume, ceci pour des raisons techniques évidentes. Soumettre un texte signifie donc accepter les clauses qui précèdent et ce paragraphe de l’Appel à textes vaut contrat. Mais ne jamais perdre de vue que cette entreprise est avant tout guidée par le plaisir littéraire et non les règles de l’édition commerciale qui n’aurait jamais accepté de se lancer dans un tel projet…

    Les textes sont à envoyer de préférence sous forme de fichier électronique à Richard D. Nolane à l’adresse suivante : gordon_pacha[at]hotmail.com.
    un envoi par courrier est aussi possible. Plus de renseignement sur Millénaire, le blog de Richard D. Nolane.

  • Des nouvelles des Moutons Electriques

    Ci-dessous, l'éditorial de juillet 2009 du site des Moutons Electriques. Bonne lecture!

    Éditorial — Juillet 2009

    Au moment de rédiger ces lignes, l’équipe des Moutons se prépare à se rendre au salon de Dijon : le festival L'Écrit de la fée, qui va compter parmi les invités rien moins que neuf petits moutons électriques — Ugo Bellagamba, Julien Bétan, David Calvo, Raphaël Colson, Jérôme Goffette, Jean-Philippe Jaworski, Nicolas Le Breton, Jonas Lenn et André-François Ruaud. Une jolie manière de célébrer le cinquième anniversaire des Moutons électriques, n'est-ce pas ? Car les Moutons ont cinq ans ce mois-ci, eh oui. Le festival se déroulera les samedi 4 et dimanche 5 juillet 2009, IUT de Dijon, Campus universitaire. Conférences, lectures, dédicaces, expositions... Venez donc nous rencontrer.

    Cinq ans, déjà. Notre sixième été. Pour fêter cela, et outre quelques ajouts sur le site, l’idée nous est venue il y a quelques mois de concocter une anthologie spéciale, un petit bijou à tirage limité, simplement pour le plaisir : Glissements. Avec neuf gentils auteurs, une belle jaquette créée par Sébastien Hayez, et une mise en page intérieure un peu arty-arty… Elle est là, elle est arrivée — après un menu retard, provoqué par une « erreur d’aiguillage » du transporteur. Il n’en reste déjà plus beaucoup d’exemplaires disponibles, en vérité je vous le dis.

    Et puis, comme nous avons la passion des beaux livres, un nouvel hardcover se profile déjà pour l'automne : l'édition définitive de la trilogie Poupée aux yeux morts par Roland C. Wagner, en un unique gros volume, dans le texte définitif établi par l’auteur — la souscription est ouverte.

    Nos autres actualités de cet été ? Tancrède bien sûr, par Ugo Bellagamba. Un roman prenant et touchant, à la foi solaire et douloureux, une uchronie à l'évolution subtile depuis le cadre historique de la Première Croisade jusqu'à une toute autre histoire... Du bruit et de la fureur, mais aussi des dilemmes moraux, des décors superbes, une « histoire secrète » aussi riche qu’intrigante...

    Enfin, l’été c'est aussi le Yellow Submarine nouveau, Jeu est un autre. Maintenant repris par Nicolas Lozzi, YS propose pour son 134e numéro (eh oui, excusez du peu) un joli dossier sur le ludique et la science-fiction : on y lira des articles d'auteurs tels que Jean-Philippe Jaworski, Fabrice Colin et David Calvo, un entretien avec Alain Damasio, mais aussi des papiers de spécialistes ou de passionnés du jeu comme Rémi Sussan, Sébastien Genvo, Raphaël Colson, Julien Annart et Philippe Ros ; le tout sous une superbe couverture du photographe Patrick Imbert. Il est particulièrement satisfaisant de voir une aussi vieille aventure se poursuivre ainsi, dans la passion et l'érudition.

    Bonnes lectures,

    André-François Ruaud, directeur littéraire, le 2 juillet 2009

  • Bertrand Houette , Titikaka

    C'est aujourd'hui, 2 juillet 2009, que paraît le nouveau roman de Bertrand Houette, Titikaka aux éditions Timée. Il y a quelques mois, j'avais parlé de Punchao et Bertrand Houette avait eu la gentillesse de venir dialoguer sur ce blog.

    La présentation de l'éditeur:

    1533, Sanctuaire du lac Titicaca : une série d'accidents déciment l'une (et une seule) des quarante-deux ethnies vivant sur ce territoire sacré, les Cayambis. Sur la péninsule de Copacabana, les îles du Soleil et de la Lune, la malédiction qui semble frapper ce peuple est-elle une manifestation du courroux divin ou plutôt un plan concerté par des ennemis ? Entre guerre civile et révolte contre les Espagnols, le jeune Anka, chargé de la protection de Yurak, unique rescapée des Cayambis, découvrira la vérité.

    Dès que je l'aurai lu, je le chroniquerai bien évidemment avec plaisir!

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    Bertrand Houette, Titikaka,
    Timée-éditions, 2 juillet 2009

  • Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo

    Atahualpa Yupanqui (1908 - 1992) était le pseudonyme de Héctor Roberto Chavero. Célèbre auteur-compositeur-interprète-guitariste argentin, son opposition à Perón, et aux militaires qui lui succédèrent, lui valut la prison et l’exil, notamment en France (il est mort à Nice). "Son pseudonyme, choisi dès l'adolescence, est formé d'Atahualpa, le dernier empereur inca, assassiné par les conquistadores de Francisco Pizarro, et de Yupanqui, "le Grand Méritant", cacique suprême des indiens quechuas." (source Wikipedia). Son père est d’origine quechua et sa mère basque. Toute son œuvre est inspirée par l’indianité.

    Son œuvre n’est pas seulement musicale. Il a publié une petite dizaine de livres dont Cerro Bayo dans lequel il relate la vie (difficile) et les coutumes des Indiens vivant sur le versant argentin de la Cordillère des Andes.

    Cerro Bayo sous titré Vida y costumbres montañesas dans la version originale (Vie et coutumes de la montagne) paraît en 1943 et est traduit en 1953 par Louise Mamiac pour les Éditeurs français réunis (qui publient aussi des auteurs comme Pablo Neruda, Paul Eluard, Vladimir Maïakovski, Jorge Amado,…).

    En 1988, Messidor réédite Cerro Bayo sous le titre Horizons de pierre.

     

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    Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo, Les Editeurs Français Réunis, 1953

  • Les Moutons Electriques : Le catalogue 2009-2010

    Les Moutons Electriques, éditeur, ont cinq ans. Je suis leur actualité en qualité de lecteur (surtout), d'auteur (ben oui, je ne fais pas que bloguer ici dans la vie) et associé (mais alors là ça devient infinitésimal).
    Le catalogue 2009-2010 vient de paraître: il est tout beau! On peut le télécharger ICI.
    Au sommaire les collections, les revues et les ouvrages disponibles. Ma collection préférée reste sans nul doute La Bibliothèque Rouge mais on trouvera plaisir à lire les numéros de Fiction, les essais (j'ai beaucoup apprécié Orphée aux étoiles, les voyages de Poul Andersonpar Jean-Louis Brèque et Solutions non satisfaisantes, une anatomie de Robert A. Heinlein par Ugo Bellagamba et Eric Picholle), les livres rangés sur les rayons de la Bibliothèque Voltaïque ou de la Bibliothèque des miroirs (avec le désormais fameux Space Opera). Bien sûr, on prendra aussi une bonne dose de romans et recueils de nouvelles. Et je ne vous dis pas tout!

    On peut retrouver toute l'actualité des Moutons Electriques et une bibliothèque virtuelle comptant désormais 31 épisodes sur le site officiel.

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  • Interview exclusive de Corinne Guitteaud

    guitteaud corinne.jpegCorinne Guitteaud est née en 1976. En 1998, elle commence à publier, au Fleuve Noir sa première trilogie (Les Portes du Temps). Plusieurs autres trilogies seule ou en collaboration vont naître chez Fleuve Noir, aux éditions Atalante et chez Voy’[el] la maison de d'édition lancée par Corinne en 2007.
    guitteaud la vague.jpgCorinne Guitteaud explore tous les genres de l'imaginaire (science-fiction, space opera, fantasy,...). Elle publie aujourd'hui un recueil de nouvelles: La Vague. Dans ce recueil, "Mon Empire pour un cheval" met en scène des Précolombiens. J'ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois Corinne (lors de salons consacrés à la Science-Fiction, en l'invitant à rencontrer des lecteurs, en organisant une séance de dédicaces et aussi pour des raisons professionnelles).
    On peut retrouver Corinne et ses textes sur son blog et sur Voy’[el].
    Corinne Guitteaud a gentiment accepté de répondre aux questions du blog Les Peuples du Soleil.

    1/ Tu participes à des tas de conventions, salons,…, tu es très facilement accessible, tu offres nouvelles et extraits de livres sur ton site. Pour la construction de GeMs, tu souhaitais encourager l’interactivité avec le lecteur. Tu as un rapport privilégié avec tes lecteurs.

    Cela me paraît normal d'être proche de mes lecteurs, j'écris pour eux (et pour moi aussi, certes) et c'est toujours un véritable plaisir de leur dédicacer un livre. C'est quand même une sacrée chance que des gens veuillent lire mes histoires.

    2/ Beaucoup d'auteurs français de SF s’expriment politiquement (Wagner, André-François Ruaud, Ayerdhal ou encore Dantec…). Tu restes toujours discrète sur ce point.


    Je ne souhaite pas influencer mes lecteurs dans ce domaine, ni utiliser les romans de SF que j'écris pour leur dire de voter à gauche ou à droite. Les thèmes que j'aborde concernent plus généralement l'humanité et les querelles politiques m'ennuient profondément. Je me sens même mal à l'aise, parfois, en compagnie des auteurs que tu cites, quand je les vois si enflammés dans leur combat, quand moi, je reste effectivement sur ma réserve.

    3/ Ta sensibilité écologique est manifeste. La science-fiction est-elle un moyen de passer un message ?


    Oui, je l'utilise comme d'autres avant moi se sont servis du conte philosophique. J'écris pour m'amuser, pour amuser les autres, mais pourquoi pas aussi pour les faire réfléchir. Mon fantasme ? Qu'un de mes romans conduisent un futur génie à trouver une technologie révolutionnaire... Hum... Je ne doute de rien, mais c'est un fantasme, après tout.

    4/ Quelles sont tes influences ?

    Mes influences sont très variées, elles vont des auteurs classiques (si mes lecteurs ne savent pas combien j'aime Victor Hugo, c'est à désespérer !) à des noms plus connus en SF : Clarke, Bordage et d'autres, tellement d'autres que je lis. Cela peut aussi venir du cinéma ou d'un article que j'ai lu.

    5/ Si on définissait ton œuvre par les mots "écologie", "religiosité", "poésie", en serais-tu satisfaite ?


    En plein dans le mille. L'écologie tient une grande place dans la quasi totalité de mes romans (c'est peut-être moins évident avec ceux de Fantasy), je m'enguirlande avec Dieu à peu près tous les jours, donc je me venge bien quand j'écris et dès que je peux citer du Hugo dans un de mes livres, je ne me prive pas.

    6/ Tu n’es plus seulement auteure. Tu as publié toi-même plusieurs livres. Comment en es-tu venue à la fonction d’éditrice ?

    Houla... Tout commence dans une jolie petite ville de l'Oise en 2007. Je viens de recevoir une énième lettre de refus pour les Chevaliers Trinitaires et, la mort dans l'âme, je m'en vais en informer mes lecteurs sur le forum de quazar-millenium.net à l'époque. Ils chouinent. Peut-être un lance-t-il l'idée "tu n'as qu'à les publier toi-même" ou alors, j'ai entendu des voix (séquelles de mes séjours fréquents à Orléans, je suppose). Du coup, j'ai cherché sur la Toile, vu plusieurs sites, regardé comment on mettait en page, contacté finalement un imprimeur et Les Chevaliers Trinitaires, guitteaud les chevaliers trinitaires.jpgpuisque c'est de leur faute, autant les citer, sont parus en petit tirage de 25 exemplaires. Mais la qualité ne me plaisait pas vraiment, la couv. était trop souple. J'en parle lors d'un festival, à Brocéliande, on me répond "Essaie Lulu." Et là, révélation, livres mieux imprimés, jusqu'à l'été 2008 où les tarifs chez Lulu explosent, la révolte gronde, certains lancent quelques infos détonantes dont cette histoire de nouveau statut qui se prépare pour 2009, celui d'auto-entrepreneur. Je me dis que je vais tenter le coup, je passe par-dessus les épaules de Lulu pour contacter directement leur imprimeur. Il s'agit d'ailleurs de celui de Rivière Blanche, LSI. Mon anglais au clavier étant meilleur qu'à l'oral, je me lance dans l'aventure, avec l'idée farfelue de ne plus seulement publier mes livres, mais aussi d'autres auteurs. En janvier, j'adopte le nouveau statut d'autoentrepreneur, le numéro SIRET en poche, je vais frapper à quelques portes. Et Voy'[el] a pris un nouvel essor et dispose désormais d'un distributeur (Calibre) et d'un diffuseur (Actua Libria).

    7/ Internet a-t-il changé ton rapport à l'écriture et à l'édition?

    Pour l'écriture, Internet m'est indispensable, quand je travaille, Word et Firefox sont ouverts, dès que j'ai un doute, je farfouille sur la Toile (et souvent, ça m'entraîne sur une autre idée, etc...) J'aime bien fouiner, ça vient de mon côté historienne, je suppose.
    Pour l'édition, tout ou presque s'est fait par internet : déjà, l'inscription comme autoentrepreneur, puis la prise de rendez-vous avec Calibre. Je travaille avec un imprimeur en Angleterre, sans Internet, ce serait impossible. Bref, je suis une cyber-auteur !

    8/ Tu as écrit plusieurs trilogies seule ou en collaboration. Ce n’est pas la première fois que tu publies des nouvelles (L’Ange aux ailes mécaniques) mais on te connaît surtout pour ces œuvres longues. Dans une interview d’ActuSF on te demandait : « On a l’impression que le roman est un format trop exigu pour ton écriture. Il faut des trilogies ». Et voici un nouveau recueil de nouvelles. Ca change quoi de se faire nouvelliste ?


    Cela me permet comme ça d'exploiter des idées qui me paraissent plutôt bonnes, mais que je sens insuffisantes pour donner un roman. C'est aussi un autre rapport à l'écriture. Je pense que cela me permet de progresser et d'aller directement à l'essentiel.

    9/ Dans le recueil
    La Vague, à l’image de ton œuvre, tu explores de nombreux genres de l’imaginaire (science-fiction, Fantasy, uchronie). C’est un côté touche-à-tout, une volonté d’abolir les frontières entre les genres ou bien une indifférence aux classements génériques ?

    Cela vient de mon envie d'envoyer les étiquettes valdinguer. Je m'amuse beaucoup à sauter d'un genre à l'autre, je ne vois pas pourquoi je devrais juste écrire du space opera ou de la fantasy. Donc je m'amuse à passer de l'un à l'autre et c'est assez réjouissant.

    10/ La nouvelle "Mon Empire pour un cheval" m’intéresse particulièrement du fait du thème qu’elle aborde. Le destin des Précolombiens t’intéresserait donc ?

    Pour tout dire... je traînais cette idée depuis un moment et c'est le cheval qui m'intéresse dans la nouvelle. Je le vois comme un facteur commun à l'essor des civilisations. Partout, en Chine, en Europe et dans le Nouveau Monde, quand il y sera importé, il joue un rôle essentiel pendant l'histoire. Par contre, là où il n'a pas été apprivoisé, les civilisations se sont faites engloutir par celles qui l'avaient domestiqué : l'Afrique subsaharienne, l'Amérique Latine à l'arrivée des conquistadors.Decouverte_Amerique.jpg
    Et en même temps, comme je fais des recherches pour un autre roman (intitulé... Viracocha et surnommé Le Machin, tellement je me demande où ça va me mener), j'avais accumulé pas mal de documentations, du fait aussi de la préparation des nouveaux programmes en Bac Pro, avec la partie sur la Renaissance. Dès que j'ai eu ce fameux programme en main et que j'ai lu le titre du premier thème en Histoire, ça a fait tilt.

    11/ Les Précolombiens ont une place importante dans l’imaginaire européen en général et français en particulier. Victimes chez Montaigne, bons sauvages pour les philosophes des Lumières, sacrificateurs de jeunes vierges pendant le second empire colonial français, sensibilité anti colonialiste à l’indigénisme… A travers ces différentes représentations les peuples aztèque, maya, inca continuent de fasciner.


    Moi ce qui me fascine, ce sont les points communs avec l'autre côté de l'Atlantique : les pyramides, les mythologies... Et tout ce qu'on a perdu à cause de la bêtise des conquistadors qui ont brûlé tous ces codex... Qu'avons-nous donc oublié par leur faute ?

    12/ La revanche des peuples précolombiens est un thème plusieurs fois traités par les auteurs de SF : Nanotikal de Marcus Hammerschmitt, la BD Luxley de Valérie Mangin et Francisco Ruizgé (une revanche avant que la catastrophe n’arrive) ou bien encore La Guerre des Mayas d’André-F. Boisson (pour citer quelque chose d’inconnu du commun des mortels). Tu pars de beaucoup plus avant dans le temps dans "Mon Empire pour un cheval".

    Pour faire une uchronie, il faut trouver un point de divergences, j'avais déjà quelques connaissances sur la domestication du cheval, j'ai précisé certains points en me penchant notamment sur la raison pour laquelle le cheval était absent du continent américain avant l'arrivée henriet l'uchronie.jpgdes Espagnols. Cela m'a donc obligé, effectivement, à remonter assez loin. Et encore, j'ai biaisé, car la date de la domestication du cheval n'est pas certaine, elle se base uniquement sur des tombes dans lesquels on a retrouvé des chevaux et/ou des harnachements pour les monter. Je me suis donc glissé dans la brèche, d'autant que j'avais besoin que cela coïncide avec l'ouverture du détroit de Béring.

    13/ Les rapports entre Indiens et Européens dans "Mon Empire pour un cheval" ne sont au départ pas fondamentalement différents de ce qu’ils ont été dans notre réalité : violence, incompréhension mutuelle, guerre, conquête, convoitise,… N’est-ce pas un peu pessimiste ?

    En ce moment, je ne suis pas du tout optimiste concernant l'humanité. Mais alors pas du tout du tout. Je ne vois pas les choses s'arranger, loin de là. En plus, le système de pensée sur lequel reposaient les puissances européennes au moment des Grandes Découvertes me paraît justement être le point de départ de toute la suffisance que je constate aujourd'hui. Le rapport à la nature change, l'Homme se croit de plus en plus supérieur. C'est le début de la fin.

    14/ On trouve des nombreuses références dans la nouvelle.

    Parfois, j'en glisse sans m'en rendre compte. Mais il y en a une, notamment, qui a donné naissance à la scène qui me paraît centrale dans cette nouvelle, c'est la "légende" (j'avoue avoir longtemps cru que c'était vrai, honte à moi) comme quoi la dernière charge de cavalerie a eu lieu en Pologne, contre les chars allemands. En apprenant que c'était une légende, je me suis dit que je voulais la rendre réelle dans ce texte et imaginer donc ce que ça pourrait donner... en appelant Léonard à la rescousse.

    15/ La part de l’homme d’exception (Qôri, Léonard de Vinci, Charles de Habsbourg) est importante. Le retour des Grands Hommes face au temps long de l’Histoire ?


    Non, plutôt la prof qui se disait, en écrivant ce texte, qu'elle mettrait bien au point une séquence pour les 2nde Bac Pro et du coup, a laissé  de vinci.jpgjouer les grandes figures pour servir de repère à ses élèves. Même s'il s'agit d'une nouvelle ancrée dans une réalité parallèle, j'ai voulu la rendre la plus familière possible. J'ai lu quelques nouvelles de Divergences 001 (Flammarion) et rapidement, j'ai perdu trop de repères et j'ai imaginé mes élèves à la place. Qôri est ici un personnage totalement fictif que j'ai voulu opposer à des personnages historiques, pour faire aussi réfléchir mes élèves sur la différence. J'espère avoir le temps de préparer cette séquence pour la rentrée, ça serait amusant.

    16/ Les inventions (domestication du cheval par les Mayas, machines de guerre de Léonard de Vinci) changent le destin du monde.

    de vinci helicopter.jpgOui, à plus d'un titre. J'ai ainsi plein d'idées d'uchronies dont Isabelle (Wenta) et moi avons discuté en écoutant la conférence lors du lancement d'Ukronie, chez Flammarion. On a commencé à délirer dans notre coin, elle sur la tapisserie de Bayeux, moi en lui racontant "Mon Empire pour un cheval", que j'étais en train de terminer. De toute façon, l'humanité n'aurait pas inventé le feu, nous ne serions pas là pour en discuter.

    17/ Tu as souvent raconté que tu avais commencé par écrire des romans historiques. L’uchronie est-elle une forme de retour aux sources ?


    D'une certaine façon. C'est un jeu que j'utilise en même temps que je suis en train de préparer mes cours pour ce fameux nouveau programme. Hier, j'étais en train de me demander ce qui se serait passé si La Pérouse était revenu de son voyage... Louis XVI aurait-il gagné un prestige suffisant pour qu'on ne lui coupe pas la tête ? Du coup, aurions-nous gardé la Louisiane ? Et le Québec ?

    18/ L'uchronie, ça demande beaucoup de recherches?

    L'air de rien, oui. Il faut diverger, tout en restant cohérent. J'ai vérifié les dates de tous les personnages, pour ne pas en faire intervenir certains trop tôt, car la divergence ne s'y prêtait pas, l'Europe a progressé de son côté telle que nous la connaissons, c'est l'Amérique qui diverge.

    19/ D’autres uchronies en projet ?


    J'aimerais bien écrire un recueil entier (et y adjoindre "Mon Empire pour un cheval") qui s'intitulerait Renaissances Uchroniques. J'ai déjà le synopsis d'une nouvelle qui s'intitule "L'Affaire Gutenberg", j'ai dû gratter aussi quelques lignes sur une autre, "Si Je t'Oublie, ô Utopie", imaginant ce qui se serait passé si Catherine d'Aragon avait donné un fils à Henry VIII d'Angleterre et je voudrais trouver deux ou trois autres idées pour un recueil de la taille de La Vague.

    20/ Reviendras-tu aux Précolombiens ?

    Dans Viracocha, ils tiennent une place importante, mais je ne veux pas en dire plus. Ce n'est pas pour rien que je l'appelle Le Machin, ce projet, vu dans quoi je me suis lancée, ça n'a rien d'évident. Disons qu'il y est question de réalité parallèle. Je vais encore écrire un roman inclassable pour lequel les éditeurs me répondront : "Nous avons le regret de vous informer que, bien que faisant preuve de qualités certaines, nous avons décidé de ne pas retenir votre manuscrit, car il ne correspond pas à notre ligne éditoriale, blablabla..." Dommage. Je n'ai pas créé Voy'el pour en faire un refuge face aux "méchants" éditeurs. Je voudrais bien travailler avec d'autres et apprendre d'eux. Chaque rencontre avec un éditeur a été un enrichissement, que cette rencontre se soit bien ou mal passée.

    Merci à Corinne d'avoir pris un peu de son temps pour répondre à ces questions et retrouvez le recueil La Vague sur le site des édtions Voy[el]