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littérature jeunesse - Page 2

  • P. Ventura & G-P Ceserani, A la découverte des Mayas

    Il est des jours où l’on des petits bonheurs dont ceux qui en sont la cause l’ignorent, ou du moins ils ne le mesurent pas exactement. Avec Grand Sachem la Brocante nous nous envoyons des livres que nous chinons l’un pour l’autre. A lui les Indiens du Nord, à moi ceux du Sud (j’en ai beaucoup qui dorment dans des cartons). Dernièrement, il m’a fait parvenir A la découverte des Mayas de P. Ventura et G.-P. Ceserani (adaptation française de Rémi Simon). Bon très bien direz-vous : l’histoire de John Lloyd Stephens et Frederick Catherwood qui explorèrent et firent connaître les cités Mayas à partir de 1839. Fort bien : ce n’est pas une fiction. En même temps quand Grand-Sachem m’a indiqué le titre, j’en étais à peu près certain. Il m’avait parlé des illustrations et les illustrations sont toujours très utiles pour égayer un blog. J’ouvre donc l’enveloppe, déplie le papier bulles qui protège les deux ouvrages envoyés par Grand-Sachem, regarde la couverture de A la recherche des Mayas et là un grand sourire se dessine sur mon visage : je connais ce trait, ce dessinateur ! C’est un petit bonheur. Quand j’étais enfant, j’avais reçu en cadeau plusieurs volumes de la collection Voyages publiée par Fernand Nathan : Le Voyage de Marco Polo, Le Voyage de Christophe Colomb, les Voyages de James Cook. Je passais des heures à les lire, à regarder les images, observer les cartes. A rêver en somme. Ces livres sont quelque part chez moi. Grand-Sachem m’a donné envie de les rechercher et de m’y replonger.

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  • Téa Stilton, La Cité secrète

    Téa Stilton est la sœur du célèbre rédacteur en chef de L’Echo du rongeur (journal de l’Ile des Souris) Geronimo Stilton.

    Diplômée du collège de Raxford, elle y dispense des cours tout en étant l'envoyée spéciale de L'Echo du rongeur et s’est liée d’amitié avec l’Australienne Nicky, la Française Colette, la Chinoise Violet, la Péruvienne Paulina et la Tanzanienne Paméla. Ces six souris forment les Téa Sisters.

    En revenant d’une excursion dans le parc national de l’Ile des Souris, Téa reçoit un message de Paulina partie à Cuzco (Pérou) lui racontant la dernière aventure des autres Téa Sisters. Plusieurs jours auparavant, après avoir reçu reçu un coup de téléphone Paulina a demandé au recteur l’autorisation de quitter le collège de Raxford pour porter secours à l’un de ses amis. Ni une, ni deux les autres souris l’accompagnent ! En effet, Gonzalo Quantayacapa, archéologue comme son père a disparu en recherchant la cité secrète des Incas ! Parti sur ses traces dans les Andes, le professeur Quantayacapa ne donne plus de nouvelles.
    Arrivées au Pérou, elles se dirigent vers Machu Picchu. Sur la route, elles rencontrent des Indiens terrorisés par un condor bien étrange. Elles finissent par tomber par hasard sur le professeur Quantayacapa toujours à la recherche de son fils.
    Il faut maintenant éloigner vos enfants de l’écran afin que l’histoire ne leur soit pas dévoilée avant qu’ils ne la lisent.
    *Mode spoiler on*
    tea stilton002.jpgLes Téa Sisters retrouveront Gonzalo qui a bien découvert la cité secrète des Incas. Le professeur Manadunca, archéologue cupide, lui a volé ses carnets et c’est lui qui pilote un planeur camouflé en condor afin d’éloigner les curieux. Les Téa Sisters découvrent le trésor : il ne s’agit pas d’or, de pierres précieuses ou d’objets de valeur mais d’une multitude de témoignages de la grandeur et de la vie quotidienne des incas. Cette salle du trésor « ressemblait à un incroyable musée qui révélait au monde d’aujourd’hui, plus de cinq cents après, l’image d’un monde d’hier, disparu depuis des siècles » car dans cette salle : « les Incas ont conservé ici toute leur histoire et toute leur civilisation ! tout leur savoir ! » constatent Violet et Paulina.
    « - Il avait raison, le professeur Quantayacapa ! C’est la connaissance qui est le plus grand trésor ! dit Paméla » (p. 164-165)
    * Mode spoiler off*

    Le personnel romanesque n’évite pas les stéréotypes (1) : Colette la Française est coquette et toujours en retard, Violet la Chinoise est précise et aime le thé, Nicky l’australienne goûte les grands espaces, Paméla la Tanzanienne est sportive,… L’appareil pédagogiqutea stilton001.jpge est de qualité et la lectrice (car il s’agit bien d’une série pour les filles à partir de 8 ans) apprendra beaucoup de choses sur la géographie et l’histoire péruviennes. Une partie est insérée dans l’histoire, une autre est constituée d’encarts, de pleines pages et d’un petit dossier en fin de volume dans lequel on trouvera quelques pages sur l’Empire Inca ainsi que des recettes de cuisine, du vocabulaire quechua ou des conseils de beauté !
    Si les multiples polices de caractère peuvent énerver ou désarçonner un lecteur adulte, les tests menés sur des cobayes de la famille montrent qu’elles sont très appréciées des enfants.

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    Téa Stilton, La Cité secrète, Téa Stilton n° 3,
    éditions Albin Michel Jeunesse, 2008




    (1) La série Géronimo Stilton et son dérivé Téa Stilton sont d’origine italienne. Aucun nom d’auteur n’apparaît, il semble donc qu’il s’agisse d’un pseudonyme collectif.

  • L'Amérique du Sud dans Le Petit Français illustré 1890

    petit écolier001.jpgComme je l'indiquais il y a quelques jours en signalant un entrefilet consacré à la grippe, j'ai dépouillé l'année 1890 de Le Petit Français illustré, journal des écoliers et des écolières, publié par Armand Colin & Cie. Destiné aux écoliers et écolières de la fin du XIXe siècle, le ton est férocement anti-allemand et aussi anti-britannique (l'Entente cordiale entre la France et le Royaume-Unine sera signée qu'en 1904, les historiens savent cela). Espérant glaner quelque mention de peuples précolombiens, j'ai été déçu: la récolte a été très maigre. Sur les 630 pages environ qui constituent la collection des numéros 45 à 96, je n'ai pu extraire qu'un représentant des habitants d'Amérique du Sud et encore ne s'agit-il que d'un nandou (dans une série d'articles qui court sur plusieurs numéros consacrée à l'autruche et aux autres grands oiseaux in numéro 89):

     

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    Il y a bien cette courte question géographique dans la page Variétés du n° 91 (22 novembre 1890): Quel est le marin français qui a découvert le Brésil, et en quelle année?*

    Les mentions les plus longues de la partie sud du continent américain se trouvent dans le feuilleton Voyage du matelot Jean-Paul en Australie (anonyme: signé H. de V. ). Le jeune Jean-Paul, à peine revenu de la France d'Amérique (malheureusement l'épisode se trouve dans le tome I, année 1889 et je ne le possède pas, peut-être y-a-t'il mention des possessions françaises aux Antilles et en Amérique du Sud) s'embarque pour l'Australie. Pour cela, il doit doubler le Cap Horn. Après la traversée de l'Océan Atlantique, il arrive dans la baie de Rio de Janeiro, cabote le long de la côte argentine, fait relache à Buenos-Ayres et longe la Terre de Feu. Quelques gravures témoignent de ce périple.

    Une du numéro 62 (3 mai 1890):

     

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    Détail de l'image, vue de Buenos-Ayres:

     

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    La Terre de Feu, Ile du roi George:

     

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    Pour finir un petit clin d'oeil à Grand-Sachem-la-brocante avec cette gravure illustrant le feuilleton Les Frères d'armes qui nous narre les exploits de deux Français participant à la guerre d'Indépendance des Etats-Unis contre la Grande Bretagne et dans lequel apparaissent quelques Indiens du Nord. Les fourbes Anglais (sujets de la perfide Albion) utilisent des Indiens (dont la tribu n'est pas mentionnée) pour s'emparer de nos deux héros pendant leur sommeil. En présence d'un capitaine anglais, M. d'Aubrac ne peut que protester:
    "- C'est un guet-apens, Monsieur! Vos alliés les Indiens doivent leurs succès à la trahison."


    Au final, le plus intéressant est une fantaisie intitulée Jadis chez Aujourd'hui qui n'a rien à voir avec les peuples précolombiens et dont je parlerai sur le forum de BDFI.

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    * réponse dans le numéro 92: Le Brésil fut découvert suivant la tradition la plus répandue par un Dieppois, Paulmier de Gonneville, en janvier 1504.
    Cependant si l'on en croit une autre tradition qui semble appuyée d'assez bonnes preuves, le Brésil aurait été découvert dès 1488 par un autre Dieppois, Jean Cousin, qui aurait ainsi vu l'Amérique quatre avant Christophe Colomb.

     

    PS genre private joke et excuses tout ça tout ça: des liens, bordel, des liens car j'ai omis de signaler que mes essais de publication sur le Post.fr m'ont été inspiré par Nicolas J.

  • Grippe A H1N1 : enfin un remède efficace

    petit écolier001.jpgEn dépouillant l'année 1890 du périodique Le Petit Français illustré, journal des écoliers et des écolières, publié par Armand Colin & Cie, à la recherche de quelque mention de peuples précolombiens, je suis tombé sur un entrefilet intitulé "A propos de l'influenza" à la page Variétés du numéro 58, 5 avril 1890 qui à une certaine résonnance avec l'actualité sanitaire du début du XXIe siècle.

     

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    A propos de l'influenza. - Sous le nom d'influenza, une épidémie de grippe a fait cet hiver son tour de France, et même son tour du monde, et, à ce propos, on a rappelé les épidémies du même genre que nous avions eu à subir. En 1776, la grippe fut particulièrement meurtrière à Paris. Un grand médecin de l'époque recommanda comme une précaution utile contre la maladie de ne pas sortir à jeun. Le lendemain matin, son domestique disparaissait lui emportant 25 louis. Arrêté et interrogé, le domestique s'avoua l'auteur du vol; mais il s'excusa en disant qu'il n'avait fait qu'obéir aux prescriptions de la faculté, puisque son maître un éminent docteur, défendait de sortir sans avoir pris quelque chose!

     


    Ne connaissant pas le destin de ce domestique, on ne peut garantir l'efficacité complète du remède qu'il avait choisi.

    Pour les amateurs de pandémies de fiction, on peut se référer (et compléter) la recension en cours sur la Base de Données Francophone de l'Imaginaire).

  • Selection littérature jeunesse chez Lisez Jeunesse

    L'imaginaire précolombien? Parfois on tombe dedans petit. Ce fut sans doute mon cas. Bien sûr Les Mystérieuses Cités d’Or qui furent déclinées en quelques livres comme Le Secret d’Esteban jouèrent un rôle important dans la naissance de ma *névrose* précolombienne mais je me souviens aussi très bien des albums rouges abondamment illustrés de la collection La Vie privée des Hommes (éditions Hachette). Un des volumes, illustré par Pierre Joubert, avait pour titre: Au temps des Mayas, des Aztèques et des Incas. Ce titre est toujours édité (enfin me semble-t-il) mais le bleu a supplanté le rouge de mon enfance (je sens que certains pourraient faire des commentaires sur cette transformation chromatique).

    Version rouge:

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    Version bleue:

     

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    La librairie en ligne Lisez Jeunesse propose plusieurs titres pour la jeunesse (disponible eux, pas comme les trois quarts des ouvrages que je chronique sur ce blog) ressortissant de l'imaginaire précolombien. Les ouvrages sont de qualité et montrent une image plutôt authentique des civilisations maya, aztèque et inca (pas comme les trois quarts des ouvrages que je chronique sur ce blog*).

    Pour faire découvrir les Mayas à vos enfants: voir la sélection Lisez Jeunesse

    Pour faire découvrir les Aztèques à vos enfants: voir la sélection Lisez Jeunesse

    Pour faire découvrir les Incas à vos enfants: voir la sélection Lisez Jeunesse

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    Pourquoi acheter sur des librairies comme Lisez jeunesse alors qu'il y a de grands sites comme Amazon, la Fnac ou Alapage?

    Parce que les grandes enseignes ne peuvent offrir à leurs clients un contact direct avec des libraires passionnés. Franchement, vous ne vous sentez pas plus humains chez votre boulanger de quartier que lors de votre passage en caisse à l'hypermarché de la zone commerciale nord (ou sur ou est ou ouest à votre convenance)? De même que je n'achète les productions des Moutons Electriques ou d’Encrage qu'en direct (n'oublions pas les productions de Filaplomb), je préfère les sites de libraires ou de bouquinistes à taille humaine comme Librys ou Livrokaz.

     

    * Tiens me semble avoir déjà écrit cela quelque part ;-)

  • Lieutenant X (Vladimir Volkoff), Corinne et l'As de Trèfle

    Ce que j’aime avec les blogs, c’est que l’on fait des (re-)découvertes inattendues.
    Ainsi Dominik a-t-il déposé un commentaire sur un sujet qui n’a pas grand-chose à voir avec le thème de mon blog.
    Je visite donc le blog de Dominik et comme souvent j’utilise le mode de recherche : amerique site:http://dominikvallet.over-blog.com/ .
    Tiens, un des résultats de recherche a pour titre "Langelot - Little Brother : humeurs" et la description indique : "Leur mission les emmène au Costa Verde, petite république d'Amérique Centrale, puis au Mexique où Charif se fait descendre. Désemparée, Corinne décide de ... "(oui, c’est tronqué, c’est Google tout de même !).

    Langelot a forcément attiré mon attention, j’ai écrit un article sur ce personnage du Lieutenant X (qui fut démasqué et dont le nom réel est Vladimir Volkoff, le célèbre écrivain), dans Les Nombreuses vies de James Bond repris dans Le Dico des héros. Dans cet article, j’évoque rapidement Corinne Ixe, autre membre du SNIF (le Service national d'information fonctionnelle), une aspirante, sous le n° 252, fille du chef du service. Le blog de Dominik me rappelle qu’il faut que je consacre une chronique au deuxième volume des aventures de Corinne, intitulé Corinne et l’As de trèfle. Tout le problème sera de retrouver le livre. La couverture est pourtant évocatrice pour un amateur de fictions mettant en scène des peuples précolombiens non ?

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    On peut se procurer la réédition dont l'illustration de couverture est tout aussi évocatrice sur le site des Editions du Triomphe ICI

     

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    Lieutenant X, Corinne et l’As de Trèfle,
    collection Bibliothèque verte,
    éditions Hachette, 1983,
    réédition, Editions du Triomphe, 2009.

  • Lucien Bornert, L’Oeil de feu

    La collection Jean-François publiée par les Editions Fleurus / Gautier-Languereau compte environ 86 titres édités entre 1951 et 1962. Grand-chabar la cité du serpent à plumes.jpgSachem-la-brocante a évoqué cette collection destinée à la jeunesse avec le livre de Roger Bulliard, Nanouk. Les Peuples du Soleil ont aussi traité de cette collection avec La Cité du Serpent à plumes de Jacques Chabar.


    Dans L’Oeil de feu, de Lucien Bornert, le jeune Robert (dit Bob) Richard est le vainqueur d’un tournoi de boxe. Alors qu’un avenir de champion du noble art semble se dessiner, Bob réalise son chèque et renonce à une prometteuse carrière. Il offre à sa grand-mère la plus grande part de sa fortune nouvelle afin de la mettre à l’abri du besoin ne gardant que de quoi partir à la recherche de son père. Monsieur Richard après la découverte d’un vieux manuscrit est parti en quête d’un trésor en Amazonie:


    "Il était hanté par une idée dont il avait parlé souvent à sa mère, devant le petit Bob extasié. Il avait rapporté d’Allemagne une série de photos d’un vieux manuscrit sur lequel les siècles avaient passé et qui s’était montré plus résistant que bien des monuments de pierre.
    - Tu vois, maman, avait-il dit, grâce à ce film pris avec mon Leica des pages essentielles de ce vieux manuscrit, je parviendrai à un trésor. Je l’ai découvert, au milieu de restes calcinés, dans une bibliothèque allemande incendiée par un bombardement. Un moine voyageur y conte qu’il existe un culte barbare en haute Amazonie, et qu’il a foulé le sol du temple le plus riche du monde. D’après lui, il est entièrement tapissé d’énormes plaques d’or fin ; toutes les statues sont également en or. Il est tellement bien caché, paraît-il, qu’on peut passer cent fois dans la région sans le découvrir. Mais le moine a établi une carte si bien détaillée qu’il semble impossible de se tromper. Le temple est gardé par des Indiens cruels détestant les curieux, et le pauvre voyageur fut laissé pour mort, mais il parvit à ramper vers un fleuve, à s’éloigner du territoire de ces sauvages et à panser ses blessures. Je retrouverai ce temple, et ce sera pour moi la gloire et la fortune !" (p. 22-23)
    Depuis quatre ans Bob et sa Grand-mère attendent le retour de Jacques Richard…
    L’argent permet donc à Bob de se rendre en Amazonie sur les traces de son père. Sur L’Aigle des mers, le bateau qui l’emmène au Brésil, il se lie d’amitié avec le breton Le Clech. Le Clech au cours d’une pêche au thon chute dans la mer et ne doit la vie qu’au courage de Bob qui plonge au milieu des requins. Gravement touché, Le Clech ne survit pas à la perte de ses deux jambes.
    Arrivé sur le sol américain, Bob s’offre les services de Jimmy, jeune pilote américain. Malheureusement, l’avion connaît une avarie et s’écrase. Une nouvelle fois Bob fait preuve de courage. Perdus dans la jungle, les deux amis sauvent la vie d’Olmo, un membre de la tribu inconnue des Kratjacoas, poursuivit par les terribles Chavantes.
    Olmo les conduit dans son uba (pirogue) vers son village mais lors de la traversée de rapides, l’uba se retourne et ses occupants sont éjectés. Ce sont les Kratjacoas qui découvrent les deux jeunes Blancs auprès de l’uba d’Olmo. Pour eux, il n’y a pas de doute, Bob et Jimmy ont volé Olmo et peut-être s’en sont-ils débarrassés. Le supplice risque d’être affreux.
    Attachés à une sorte de totem, les deux jeunes gens voient les meilleurs archers rivaliser d’adresse en attendant de décocher la flèche qui mettra un terme à leur calvaire. Au moment ou Xartis, chef de la tribu et père d’Olmo, s’apprête à lancer sa flèche à pointe d’or, le jeune Indien survient et, après avoir raconté ce qui s’est réellement passé, fait libérer Bob et Jimmy. Malheureusement, les Kratjacoas craignent que leur repaire soit découvert et refusent de laisser partir les deux jeunes aventuriers. Bob et Jimmy sont émerveillés par les ornements portés par le chef, une plaque pectorale, des bijoux, un masque, le tout en or le plus pur. Il y a de toute évidence un mystère à résoudre.
    Bob, déjouant la surveillance de ses hôtes, découvre l’entrée d’un temple souterrain qui correspond précisément à la description continue dans le manuscrit du moine. Avec Jimmy, il contraint un Indien à les guider mais ils se retrouvent pris au piège… et sont faits prisonniers dans la même cellule qu’un vieil homme Blanc : le père de Bob !
    Le bonheur est de courte durée car Jacques Richard doit être sacrifié à l’idole Orikal quand elle fumera. Enchaîné, Jacques le peut fuir mais Bob et Jimmy eux le peuvent et ensuite rejoindre le village des Kratjacoas. Il faut que Bob résolve le mystère de l’idole fumante pour libérer son père ; en effet si l’idole fume mais ne tue pas la victime sacrificielle c’est que cette victime est en fait élue par le dieu. La date du sacrifice approche et Bob se tourmente car il n’arrive pas à éclaircir le mystère. Par hasard, dans des herbes hautes, il découvre une sorte de cristal placé juste au-dessus de la statue d’Orikal : faisant loupe la pierre fait tout d’abord fumer l’idole puis, une fois un être placé dans ses bras, consumer la victime.
    Bob décide donc de faire fumer Orikal puis de retirer le cristal annihilant toute possibilité que son père soit tué. L’augure ayant parlé, le sacrifice est organisé et les deux jeunes gens découvrent la salle principale du temple:
    "C’était grandiose, colossal… une construction de Titans. La grotte mesurait quelque trois ou quatre cent mètres de long pour autant de large et s’élevait à plus de cent mètres, pour autant qu’on puisse le voir à la faible lueur des torches….
    Cependant, malgré ces proportions gigantesques, la statue d’Orikal surgissait de l’ombre comme un bloc monolithique, brutale et barbare. Sur la surface bronzée de l’idole, les lueurs des torches allumaient de curieux reflets.
    Tous se placèrent en cercle autour du colosse et le chant s’accéléra. Sa cadence augmenta encore, puis ecore, au point d’atteindre une insupportable frénésie. Et brusquement sur un geste de Xartis, ce fut le silence absolu, un silence sépulcral.
    Bob, malgré une curieuse oppression, regardait autour de lui. Il vit aux murs des plaques d’un mètre carré en or massif enrichies de pierres rutilant de mille feux. Une vraie grtotte des Mille et une Nuits.
    Le moine voyageur avait raison : les ancêtres des Kratjacoas avaient rassemblé là un trésor incalculable." (p. 116)
    Conformément au plan de Bob, quand son père est présenté à l’idole, rien ne se passe. Après un temps fort long, le sorcier décrète qu’Orikal refuse de brûler l’homme blanc : il faut donc « l’honorer à l’égal des plus grands » (p. 117). Jacques Richard passe alors du statut de victime à celui d’élu.
    Les trois hommes restent encore quelques mois parmi les Kratjacoas et finissent par fuir (avec la bienveillance de leurs geôliers qui comprennent la nécessité de retrouver leur famille). Le cristal se révèle être un énorme diamant qui permet à Jacques et de reprendre une industrie qui devient florissante et à Jimmy de créer un aérodrome. Parfois la nostalgie d’une vie simple apparaît…

     

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    Lucien Bornert, L’Oeil de feu, collection Jean-François,
    Editions Fleurus/Gautier-Languerau, 1960,
    illustrations de Pierre Magnin