07.11.2009

Capitaine Ricardo, Les Ecumeurs du Napo

Les Ecumeurs du Napo est un fascicule de la série Victor Vincent et correspond à ce genre que l’on appelle récit de jungle. Le lecteur émerveillé découvre des contrées dans lesquelles la main de l’homme blanc n’a jamais posé le pied. On presque. Parce que pour des forêts vierges, elles sont fort fréquentées. On y trouve des indigènes hostiles, des chercheurs d’or, des métis inquiétants et nos valeureux héros qui ont le chic pour choisir des destinations de vacances plus dangereuses que Koh Lanta.

Si Victor Vicent est souvent d’un niveau consternant, cet épisode est particulièrement consternifiant (n’ayons pas peur des mots). Passons sur la présence mêlée d’Argentins, de Yumbos et d’Incas dans la forêt amazonienne. C’est la géographie qui est la plus malmenée Dans les fascicules de la collection, se trouvent de nombreuses notes de bas de page (pas moins de 20 pour Les Ecumeurs du Napo, ce qui est beaucoup pour un texte qui ne comporte que 32 pages). Elles traduisent quelques termes espagnols : "Sangre della Madona" : "par le sang de la Madone" ; donnent des indications lexicographiques comme "Chacas : endroit cultivé par les Indiens Yumbos" (des Indiens de l’Equateur)… Pourtant on apprend des choses bizarres : "Quichua : idiome des Quichuas. Indiens du Guatemala qui fondèrent autrefois un empire puissant" et tout ceci pour des paroles par Chito l’Inca. Le Guatemala, rappelons-le, est situé en Amérique Centrale alors que l’Empire Inca s’est étendu du sud de la Colombie jusqu’au sud du Chili actuels soit à 2000 km au bas mot du Guatemala.

De même le régime du fleuve Amazone est assez farfelu dans le fascicule. Voici donc de l’éducatif qui rate ses effets !

 

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Capitaine Ricardo, Les Ecumeurs du Napo,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 186,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950)

 

05.11.2009

Capitaine Ricardo, Le Jardin des supplices

Sous ce titre qui semble emprunté à Octave Mirbeau, le Capitaine Ricardo nous conte la vie politique agitée et sanglante de la petite République de San José (capitale San José), île assez grande, peuplée de 20.000 habitants, située dans le Pacifique entre l’Amérique centrale et les Iles Galapagos.

Du temps de sa prospérité, San José était dirigée par le bon président élu (ce qui pas si courant) Felipe Armaro jusqu’à ce que deux riches planteurs décident de le renverser en l’assassinant lui et sa famille afin de mettre la main sur les richesses du pays. La fille aînée, Carmen, parvient à s’échapper et promet de se venger.

Jaime Bribato et Esteban Querillo souhaitent se débarrasser du général Espirito qui les a conduits au pouvoir mais le complot est éventée par les espions du général qui fait exécuter ses anciens maîtres.

Au Pérou, Carmen Armoro requiert l’aide de Victor Vincent et de ses amis et grâce à la population de San José, lasse des exactions d’Espirito, ils renversent le dictateur. Guidés par Carmen, les habitants vont pouvoir vivre en paix et retrouver la prospérité.

Ah ! le charme des révolutions sud-américaines ! Mais nulle trace de peuples précolombiens là dedans!

Plus j'en lis et plus je trouve cette collection de fascicules confondante de médiocrité. Et dans le cas qui nous intéresse même le dessin est raté (regardez bien le visage de celui qui est étranglé).

Notons tout de même que ces illustrations sont de Fred Funcken qui travailla pour les périodiques Spirou et Tintin. Il n'était pas dans un bon jour.

 

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Capitaine Ricardo, Le Jardin des supplices,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 221,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950)

Nouveautés Octobre 2009 depuis l'Atelier du Carnoplaste

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En juin dernier dans un billet je parlais de l'éditeur associatif Le Carnoplaste qui s'est donné comme but d'éditer de nouvelles aventures aux héros d'hier. C'est avec plaisir que j'indique les nouveautés d'octobre 2009.

 

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Nouveautés Octobre 2009 depuis l'Atelier du Carnoplaste.

Fascicule Harry Dickson No. 185
Le Dieu inhabité
Le Dieu inhabité s’ouvre sur l’assassinat d’un personnage bien connu des lecteurs de la série. Qui est le criminel ? Cette femme folle de rage (qui se dissimule dans le crâne d’un pauvre gosse) ? Cet artisan-prothésiste (qui n’aime pas la gabegie policière) ? Ce philantrope (qui amasse les pauvres comme marchandise dans son entrepôt) ? Ce policeman (à l’oreille factice) ? Ce médecin-légiste (qui pratique ses autopsies sur des vivants) ? Ce chinois (couvert de tatouages) ? Cet abbé (hypnotiseur) ? Ce professeur (qui égorgea ses laborantins) ? Ou ces étranges plumes, qui mèneront Harry Dickson... à la morgue...?
Par Isidore Moedúns (strapasson) et Robert Darvel (gratte-papier)
Format : 20 x 27 cm - 36 pages - Couverture quadri - Impression offset
ISBN 978-2-35790-006-6 - Dépôt légal Octobre 2009 - © Le Carnoplaste 2009 – Tous droits réservés.

Hebna Calde Scènes de Crime
Livraison N° 1 des Archives du Détective Hebna Calde
Contient Crimes avec : Fait étrange - Treize pas - Vampire-fantôme - Coquillage - Assassin - Lycanthrope - Deux femmes - Trois roses - Percheron - Rivière - Goule - Calotype - Mort - Longeron - Chapeau - Main - Harengs - Trois coups - Iules - Preuve - Epouvante - Postures - Navaja. (Ce sera tout pour cette livraison, merci).
Ainsi que le Grand Feuilleton tiré de ces mêmes Archives
Le rivage des Vampires
Episode 1 : "Le village hypnotisé"
20 x 27 cm - 40 pages - Couverture & illustrations intérieures Leo Raget - ISBN 978-2-35790-007-3
Dépôt légal octobre 2009 - © Le Carnoplaste 2009 – Tous droits réservés.

Hebna Calde Scènes de Crime
Livraison N° 2 des Archives du Détective Hebna Calde
Contient Crimes avec : Singe - Fakir - Lit & corbeaux - Machinerie - Osier & phosphore - Ectoplasmes - Siamoises & vertueux - Etrange putréfaction - Double-huit - Heure - Apport technique - Scaphandre - Pendaison – Morgue - Longitude act - Sicaire Bas-Normand – Anamorphose - Topknots - Stries obituaires - Parapluie - Lords Occultes. (Ce sera tout pour cette autre livraison, merci).
Ainsi que la suite du Grand Feuilleton tiré de ces mêmes Archives
Le rivage des Vampires
Episode 2 : "Des histoires invraisemblables"
20 x 27 cm - 40 pages - Couverture & illustrations intérieures Leo Raget - ISBN 978-2-35790-008-0
Dépôt légal octobre 2009 - © Le Carnoplaste 2009 – Tous droits réservés.

On peut admirer les couvertures ici : www.lecarnoplaste.fr - et acheter dans l'élan ici ou là, ainsi qu'indiqué en page "commande" dudit site.

04.11.2009

Capitaine Ricardo, Le Fils du Soleil

Au Pérou, le criminel Huan l’Oriental fuit la police aux abords du lac Titicaca. Alors que tout semble perdu pour lui, i les réfugie dans une crevasse, chute et se retrouve dans une grotte qu’il explore pour finalement découvrir des Incas fanatisés par un Grand Prêtre priant pour le retour du Fils du Soleil qui rendra la liberté au royaume des Incas.

Grâce à des bombes fumigènes, Huan réalise la première partie de la prophétie (le Fils du Soleil renaîtra du tonnerre et dans un nuage) et avec sa maîtrise de la catalepsie acquise lors d’un voyage en Inde il triomphe facilement de l’épreuve de la mort de trois jours. Il peut rêver du rang de roi et même de celui de maître du Monde ! (rien que cela !)

Pour fêter ce retour inespéré, le Grand Prêtre exige le sacrifice d’une jeune vierge de pur sang inca.

Maria, accompagne de sa mère Thérésa, attend le retour de son fiancé Felipe quand elle est enlevée pour le sacrifice. Apprenant le rapt, Felipe se lance à la poursuite des ravisseurs tandis que Thérésa court prévenir la police.

Felipe découvre le repaire des fanatiques, se glisse parmi eux et grâce aux bombes fumigènes qu’il a subtilisé à Huan, à libérer Maria. Mais ils vont être repris.

Non loin de là, Victor Vicent, Jenny, Morrison (il s’appelle pour de vrai Jim Morrisson !) et Epervier Volant, nos quatre intrépides héros, font du tourisme. Ils viennent au secours de Thérésa menacée par un jaguar. Ni une ni deux, mis au courant du danger qui menace Maria et Felipe, nos héros s’en vont les secourir. Au moment où les Incas vont reprendre les deux fiancés, ils sauvent Maria mais Felipe reste au pouvoir des fanatiques. Alors qu’ils mettent les femmes à l’abri, ils se retrouvent piégés dans une galerie hermétiquement close qui commence à se remplir d’eau !

Comment vont-ils se sortir de ce mauvais pas ?

Je n’en sais rien car le fascicule s’arrête là, annonce une suite ( La Montagne d’argent) que je ne possède pas. C’est un petit peu le problème avec ces interminables collections de fascicules (Les Nouvelles aventures de Victor Vincent en compte près de 400 !) : on les rassemble peu à peu, au petit bonheur la chance, et elles restent longtemps parcellaires.

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Capitaine Ricardo, Le Fils du Soleil,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 191,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950)

03.11.2009

Des nouvelles des Moutons Electriques (Novembre 2009)

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Le directeur littéraire des Moutons Electriques nous informe:

C'est traditionnel : les fins d'années des Moutons électriques sont plutôt réservées à notre Bibliothèque rouge (qui a dit que nous ne pensons pas à vos cadeaux de Noël, hein ?). Mais à première vue, on pourrait penser qu'il n'y a guère de rapport entre les trois volumes que nous publions cette fois : entre les monstres de Cthulhu, les héros XVIIIe de Jane Austen et la pensée magique de Harry Potter. Pourtant, notre collection poursuit l'exploration du monde de la fiction — et son étude de l'intérieur, en brossant les portraits des « grands hommes » de la littérature populaire comme s'ils avaient existé. Et ainsi, la Bibliothèque rouge écrit peu à peu une sorte d'histoire secrète du monde, prenant au matériau du roman policer, du roman historique et du fantastique. La Bibliothèque rouge souhaite montrer de cette manière, sous une forme à la fois érudite, astucieuse et réjouissante, comment l'imaginaire populaire nous parle de la réalité, de notre rapport à celle-ci, de la pertinence des « mauvais genres » de la littérature…

Ce mois-ci, donc, après les Nombreuses vies de Cthulhu de Patrick Marcel, qui inaugurait le principe de volumes de la collection non plus seulement centrés sur un unique héros, mais explorant une œuvre ou une thématique entière, puis des Nombreux mondes de Jane Austen d'Isabelle Ballester (comprenant une très belle nouvelle de John Kessel, qui remporta tout récemment les prix Nebula et Shirley Jackson, tout en étant aussi nominée au prix Hugo, excusez du peu !), ce mois-ci enfin, voici venir le temps des Nombreuses vies de Harry Potter, de votre serviteur. Passionné de longue date par les littératures du merveilleux, j'ai décidé cette fois d'aborder le domaine de la fantasy pour la jeunesse, cet univers en expansion où l'on fréquente des écoles de magie, où l'on apprend l'art du vol en balai et celui des potions magiques...

De la jeunesse du roi Arthur à celle de l'élève Potter, en passant par Isabelle, Tim Hunter, Johnny Maxwell, Narnia et j'en passe, autant d'apprentissages de la magie, autant de héros orphelins confrontés à un réel soudainement autre...

Et des Autres, il en est également question dans le roman que nous sortons à la fin du mois : Regarde le soleil de James Patrick Kelly. Une oeuvre négligée par les éditeurs français jusqu'à présent, et qui nous a marqués par sa force, par sa beauté, par son propos alliant de manière très originale des préoccupations d'architecture à une civilisation extra-terrestre. Un roman véritablement passionnant, pour un sense of wonder peu commun.

Enfin, repoussé d'un mois afin de suivre le perfectionnisme de l'auteur, arrivera en fin de mois notre nouveau tirage de luxe, soit l'édition définitive de la trilogie Poupée aux yeux morts par Roland C. Wagner, en un unique gros volume, dans le texte définitif.

Bonnes lectures,

André-François Ruaud, directeur littéraire, le 2 novembre 2009

02.11.2009

Robert Moreau, Trompette chez les Incas

Robert Moreau est un dessinateur français né en 1928 et mort en 2006. Il a publié de nombreuses histoires humoristiques pour la jeunesse dans des périodiques. Il a collaboré à Coq Hardi puis a notamment créé Touchatou, Les petites chipies, Dicky le fantastic et Trompette. Ce dernier est un gentil éléphant héros de treize histoires qui mène notre sympathique éléphantidé à travers le monde. Il visite le Far West (ça devrait plaire à Grand-Sachem-la-brocante !), Bornéo, le Japon, le Tyrol,… et bien sûr des pays d’Amérique du Sud (Mexique et Pérou).

Publié en épisodes dans Femmes d’aujourd’hui en 1966-1967, Trompette chez les Incas est repris en volume en 1983 aux Editions du Hennin/Albin Michel. Ce volume est venu récemment enrichir ma collection grâce aux bons soins de Grand-Sachem-la-brocante.

Trompette accompagne deux explorateurs-cinéastes venus au Pérou faire des prises de vues des trésors archéologiques incas. Ils sont poursuivis par deux malandrins qui souhaitent mettre la main sur le trésor des Incas.

Trompette et ses amis passent par tous les passages obligés de ces récits pour la jeunesse. On y trouve le gag du lama cracheur...


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... les terribles Indiens anthropophages...


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...les ruines incas perdues au milieu de la jungle...


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...les brigands filous, les piranhas et autres boas, la civilisation inca survivante...


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...les barques en jonc tressé du lac Titicaca et les ruines du temple situé sur la grande île du lac Titicaca.

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L’ensemble est joyeux. Les Indiens anthropophages sont de sacrés blagueurs, pas plus cannibales que n’importe quel civilisé, l’un deux indique même qu’il a passé ses bacs à Paris, qu’il a fait médecine et qu’il est abonné à Femmes d’aujourd’hui (quand on vous dit qu’ils sont parfaitement civilisés !). Les clins d’œil sont amusants comme celui-ci à l’incontournable série écrite par Henri Vernes : Bob Morane.


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Une petite plongée en enfance somme toute, ce qui est fort agréable.

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Robert Moreau, Trompette chez les Incas,
Editions du Hennin/Albin Michel, 1983

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30.10.2009

XXX, Mister No, Make-Make

Les lecteurs de ce blog ont déjà rencontré le personnage de Mister No. Si la plupart de ses aventures se déroulent en Amazonie , le pilote ne s'interdit pas d'en franchir les frontières. Nous le retrouvons sur l'Ile de Pâques confronté à la survivance de pratiques pascuanes un peu barbares certes  mais le sacrifice humain est parfois nécessaire.

 

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Les coiffes, tout comme le cérémonial d'ailleurs, rappelle furieusement les civilisations précolombiennes. Et si le mystère du peuplement de cette île isolée du monde était enfin résolu?

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XXX, Make-Make, Mister No,n° 75,
Editions Aventures et Voyages, mars 1982


Consultez les autres billets consacrés à Mister No

25.10.2009

XXX, La fée des mines

Le blog Les Peuples du Soleil vous propose un nouveau tarzanide. Le phénomène des tarzanides est du genre important : près d’une cinquantaine a été publiée rien que dans les petits formats français et l’on ne compte pas les romans, fascicules, films relevant de ce genre.

L’intrépide Agar se retrouve comme par magie propulsé vers les sommets sauvages de la cordillère de la Costa en Bolivie (dans l’épisode précédent, il était Indonésie : un grand voyageur donc que ce sous-Tarzan sensé vivre en Afrique).

Dans le désert d’Atacama, Tinga (la Jane de notre Tarzan), Agar et la panthère Kan cheminent, malheureusement Tinga chute et se fait une entorse. Au même moment des Indiens Cholos guettent un convoi qui transporte Dolorès, la fée des mines, atteinte de la fièvre du désert. Les Cholos préviennent leur chef Le Grand Condor de l’arrivée du convoi.

L’escorte du chariot rencontre Kan et tente de l’abattre mais Agar l’en empêche. Les chevaux tirant le chariot s’emballe, il est arrêté grâce à l’intervention d’Agar. Les Cholos sont en embuscade. Pour se motiver, ils lancent quelques incantations dont nous retiendrons : "Gloire aux mânes d’Acupanazac ! Gloire aux anciens ! " et encore "Ils seront immolés dans les tombeaux d’or pur des anciens" (p. 131).

L’oncle de Dolorès explique qu’il est à la recherche de gisements d’antimoine et que la fée des mines lui sert de secrétaire.

Les Cholos passent à l’attaque ! L’escorte est vite débordée. Tinga est enlevée tandis qu’Agar entraîne Dolorès vers les flancs de la montagne.

Ailleurs, les prisonniers des Cholos sont conduits dans d’antiques cachots incas.

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Le Grand Condor est furieux de constater que la fée des mines n’y est pas. Il rencontre l’oncle José dans un ancien temple inca souterrain: ce dernier le reconnaît. Le Grand Condor est un aventurier félon qui avait dépossédé José de plans de gisements d’antimoine et de wolfran (vous ne savez pas ce que c’est ? moi non plus, manifestement ça n’existe pas). Le Grand Condor souhaite épouser Dolorès (c’est classique) selon les rites de ses alliés Cholos, descendants des Incas.

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Les Cholos retrouvent Dolorès. Notons ici une incohérence, problème, inattention… que sais-je ? la vignette représente bien la brune Dolorès qui assiste épouvantée au combat entre Agar et un aigle mais il est fautivement indiqué Tinga alors qu’elle croupit dans un cachot.

Le Grand Condor s’apprête à faire sacrifier son ennemi José, Tinga, et Garta, le fidèle Indien avant de s’unir à Dolorès.

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C’est alors que José projette de la poussière d’antimoine dans la pièce pour faire apparaître la lumière du soleil dans le temple obscur. L’effet est immédiat : les superstitieux Cholos déguerpissent. Le Grand Condor tente de les rattraper, glisse, chute et se tue.

L’histoire s’arrête là.

Ces bandes dessinées présentent des particularités éditoriales parfois surprenantes, témoins de la faible importance qu’on leur accordait. Ainsi le passage d’un épisode à l’autre est brutal car il manque une page de présentation (présente dans l’édition originale) sans doute pour des raisons de calibrage éditorial. De plus, les textes ont été remaniés (d’où l’incohérence signalée plus haut) entre l’édition originale (1949) et cette réédition. Enfin, le nom du personnage principal a été modifié : lors de la création de la série par Georges d’Estève (Stev’son) et Robert Bagage (sous le pseudonyme de Robba, avec deux B, à ne pas confondre avec Roba le père de Boulet et Bill) dessinateur et fondateur des éditions Impéria, notre héros s’appelait Targa. Pourquoi avoir modifié son nom ? peut-être pour faire croire à l’originalité de cette nouvelle série. Plusieurs dessinateurs ont participé à la série et j'ignore qui est celui qui nous intéresse dasn le cas présent.

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XXX, La fée des mines, Kalar n° 219,
Editions Impéria et Co, 1982, p. 123-150

09:25 Publié dans Aventures, BD | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, inca, aventure, tarzan, incas, bolovie, tarzanide | | | Digg! Digg

24.10.2009

Gaston Leroux, L'Epouse du Soleil (50ème )

Le Blog Les Peuples du Soleil vous propose aujourd’hui le cinquantième et dernier épisode du grand roman de Gaston Leroux L’Epouse du Soleil.

ÉPILOGUE

Il faut à cette histoire un épilogue, à cause que nous n’avons pas eu l’occasion de reparler, dans le dernier chapitre, d’Oviedo Huaynac Runtu, ex-commis à la banque franco-belge de Lima, dernier roi des Incas.

Après mille aventures mystérieuses dans les Andes, que nous raconterons peut-être un jour et où la police du bon Natividad le traqua, lui et tous les Indiens qui avaient soutenu la révolte de Garcia, Oviedo Runtu demanda à traiter.

Il eut la vie sauve, à condition qu’il incitât les derniers rebelles à faire leur soumission. Condamné par un tribunal militaire à l’exil perpétuel, l’astuce de Natividad lui valut la grâce et ce fut encore l’ancien commissaire de Callao qui lui procura une place à Punho, dans une succursale de la banque franco-belge.

Là, Natividad put surveiller tous ses gestes à loisir et constater qu’il ne faisait plus rien pour ressusciter le merveilleux Raymi. Oviedo Runtu mourut fort bourgeoisement après avoir épousé une dame de Lima qui avait fait le voyage du lac Titicaca pour voir le dernier roi des Incas. Ils se marièrent et les voyageurs qui passaient par Punho et auxquels on montrait le couple royal souriaient quand on leur disait que le roi gagnait, derrière le grillage de son administration, cent cinquante soles par mois.

Un jour que l’on s’amusait du petit train de maison de la veuve du roi, que l’on nommait par dérision la Coya, celle-ci raconta que, s’ils avaient voulu, ils auraient été les époux les plus riches de la terre, mais les trésors des Incas, disait-elle, appartiennent aux morts et aux dieux et il est défendu d’y toucher. Alors on lui demanda si elle les avait vus, ces trésors.

Elle répondit que son mari les lui avait montrés et elle raconta des histoires fabuleuses sur les richesses du Temple de la Mort que personne, naturellement, ne crut (voir note de bas de page : 1).

Ainsi personne ne croyait les soldats de Pizarre quand ils racontaient qu’au Pérou ils ferraient leur cavalerie avec des fers d’argent !

 

 

(1) L’auteur anonyme des Antiy y monumentos del Peru, M. S., nous dit textuellement :

« C’est une assertion très avérée et généralement admise qu’il existe une salle secrète dans la forteresse de Cuzco où se trouve caché un immense trésor, composé des statues en or de tous les Incas. Une dame qui a visité cette salle, Dona Maria de Esquivel, femme du dernier Inca, vit encore, et je l’ai entendue raconter comment elle y fut conduite.

« Don Carlos, mari de cette dame, ne vivait pas convenablement à son rang. Dona Maria lui faisait quelquefois des reproches, déclarant qu’elle avait été trompée en épousant un pauvre Indien sous le titre pompeux de seigneur ou d’Inca. Elle le disait si souvent que Don Carlos s’écria une nuit : « Madame, voulez-vous savoir si je suis riche ou pauvre ? Vous verrez qu’aucun seigneur et aucun roi du monde ne possède un plus grand trésor que moi. » Lui couvrant alors les yeux d’un mouchoir, il la fit tourner deux ou trois fois, et, la prenant par la main, il la conduisit à une petite distance avant de retirer le bandeau.

« En ouvrant les yeux, quelle fut sa surprise ! Elle avait fait à peu près deux cents pas, et descendu un étage assez court et elle se trouvait dans une grande salle quadrangulaire où elle vit, rangées sur des bancs autour du mur, les statues des Incas, chacune de la taille d’un enfant de douze ans, toutes en or massif !

« Elle vit aussi beaucoup de vases d’or et d’argent. En effet, dit-elle, c’était un des plus magnifiques trésors du monde entier ! »

FIN

 

23.10.2009

Gaston Leroux, L'Epouse du Soleil (49ème épisode)

Le Blog Les Peuples du Soleil vous propose aujourd’hui le quarantième-neuvième épisode du grand roman de Gaston Leroux L’Epouse du Soleil. Il comporte en fait deux épisodes car le cinquantième eut été fort court.Demain sera mis en ligne le dernier épisode de ce grand feuilleton dont la publication a commencé le 6 août dernier.


IMAGINONS QUE NOUS AVONS RÊVÉ

Et maintenant ils riaient, ils pleuraient de surprise et de bonheur, et tout ce monde s’embrassait. En vain, les deux vénérables dames voulurent-elles entraîner Marie-Thérèse et la soustraire à toutes ces démonstrations, Marie-Thérèse leur fit comprendre que la joie générale était encore le meilleur médicament contre de si affreux souvenirs. « C’est un mauvais rêve ! fit-elle… imaginons-nous que nous avons fait un mauvais rêve !… »

– Oui ! il nous faut imaginer cela, appuya le marquis. J’ai vu Veintemilla et je lui ai tout raconté ; il nous prie de nous imaginer que nous avons fait un mauvais rêve ! Il nous le demande patriotiquement. En revanche, il a promis de nous aider dans la liquidation de notre entreprise de guano et dans la vente de nos concessions. Le mariage de Marie-Thérèse et de Raymond aura lieu en France, si personne n’y voit d’inconvénient ; nous ne reviendrons que plus tard essayer le siphon de l’ingénieur Ozoux dans les mines antiques du Cuzco, quand nous serons à peu près sûrs que ceux qui tenteront de les fréquenter ne risqueront plus défaire d’aussi mauvais rêves !

– Ah ! si on m’écoutait, je vous prie de croire que l’on verrait bientôt clair dans les couloirs de la nuit ! s’exclama Natividad… mais non, c’est toujours le même système… on ne veut rien voir, on se bouche les yeux !… même après une aventure aussi effroyable où nous avons failli tous laisser notre peau. Veintemilla, qui devrait mater une bonne fois les Indiens, Veintemilla vous demande de croire que vous avez fait un mauvais rêve !…

Et le pauvre Natividad leva vers le plafond des bras désenchantés.

– Monsieur Natividad, vous êtes un mauvais esprit, déclara le marquis. J’ai, du reste, une triste nouvelle à vous annoncer. Vous n’êtes plus Inspector superior de Callao ! Vous êtes dégommé, mon cher Monsieur Natividad !

Natividad se laissa tomber sur une chaise, la bouche ouverte, ne trouvant pas un mot pour qualifier la joie avec laquelle un homme pour lequel il avait tout risqué lui annonçait son malheur.

Il était si comique ainsi que tout le monde éclata de rire. Il se leva alors, furieux, et se dirigea vers la porte à grands pas. Il suffoquait d’indignation. Ça lui apprendrait à quitter, pendant des semaines, Jenny l’ouvrière !

– Pas si vite ! lui cria le marquis ; pas si vite, mon cher Monsieur Natividad ! Si j’ai une triste nouvelle à vous annoncer, j’en ai également une excellente. Vous êtes nommé Inspector superior de Lima !

Natividad retomba sur une chaise, mais cette fois éperdu de joie.

– C’est un rêve ! gémit le brave homme.

Et, cette fois, il ne savait comment remercier le marquis grâce auquel se trouvait réalisé le plus beau rêve de sa vie.

– Mais enfin ! finit-il par s’écrier… j’aurais pu être mort !…

– Oh ! répliqua en souriant le marquis, la nomination que m’a remise le président de la République n’est valable, évidemment, que dans le cas où vous seriez vivant !… Allons, puisqu’ils ne vous ont pas mangé, vous allez pouvoir les surveiller, vos Indiens !…

– Chut ! fit Natividad en qui renaissaient les qualités prudentes du magistrat. Qu’on n’en sache rien !…

La voix de François-Gaspard se fit entendre :

– Nous allons rentrer en France, mon cher marquis. Est-ce que je pourrai parler dans… mes… conférences ?…

– Vous raconterez que vous avez fait un rêve, mon cher académicien, pendant lequel vous sont apparues toutes les splendeurs et toutes les horreurs des cérémonies du vieux Pérou.

– Et nous ? croirons-nous jamais que nous avons fait un rêve ? demanda tout bas Raymond à Marie-Thérèse en fixant tristement ce pauvre visage qui attestait, lui, que la réalité était encore bien proche.

– Quand les couleurs nous seront revenues… lui répondit Marie-Thérèse qui contemplait, le cœur serré, la pâle figure de son fiancé… Tout de même, continua-t-elle, quand je me retrouve ici, dans ces bureaux, en train de prendre le thé, à côté de ma bonne tante et de la vieille Irène, de me faire gâter par vous tous, quand je revois ces bons registres verts sur lesquels je me suis tant pliée pour aligner des chiffres, et ce copie-de-lettres qui attend encore la réponse au correspondant d’Anvers, tu sais, mon Raymond : « Pour ce prix-là, vous n’aurez que du guano phosphaté à quatre pour cent d’azote, et encore ! »… oui, quand je vois ce cadre domestique, où joue mon petit Christobal, quand je nous revois tous vivants après le Temple de la Mort, je ne puis m’empêcher, par moments, de me dire : « N’ai-je pas rêvé ?… »

TRAGIQUE RÉALITÉ

À ce moment, Natividad prenait congé du marquis et ouvrait la porte du bureau. Il recula soudain avec une exclamation étouffée.

Un corps soutenu par la porte venait de s’allonger sur le carreau du magasin. Et ce corps était le cadavre d’un Indien. Marie-Thérèse, qui le reconnut la première, tomba à genoux : « Non ! Non ! Raymond, s’écria-t-elle, nous n’avons pas fait un rêve !… »

Et elle pleura sur Huascar qui s’était traîné jusqu’à ce seuil d’où elle l’avait chassé et qui mourait, un couteau dans le cœur.

La fin de notre feuilleton sera publié demain!

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