17.12.2009

Des merveilles méconnues...

« Il y a ainsi, perdus dans l’océan du domaine public, quantité d’ouvrages amusants, émouvants, inattendus, qui mériteraient cent mille fois plus d’être édités – nous voulons dire réédités – que bien des nouveautés prétentieuses pour lesquelles les éditeurs ignorants ou naïfs payent des droits d’auteurs exorbitants »

Régis Messac, « Polydore Marasquin au royaume des singes de Léon Gozlan, aux Œuvres représentatives » in Les Romans de l’homme-singe, Editions Ex-Nihilo, 2007, p. 93.

 

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Illustration: José de Alencar, Indiens et Aventuriers du Brésil, Le Livre National, Romans d'aventures et d'exploration, n°39, Librairie Illustrée, sans date

16.12.2009

Régis Messac, Micromégas

Cette chronique porte mal son titre à vrai dire car il ne s’agit pas pour moi de chroniquer cette réédition du rare Micromégas*, essai de Régis Messac, un des pionniers de l’étude de la science-fiction en France, mais de parler de ses orientations de recherches.

Dans ses « réflexions préliminaires », on peut lire :

« L’histoire littéraire reste encore, dans son ensemble, l’histoire des grands écrivains, et la critique de leurs chefs-d’œuvres […] On trouvera […] ici avant tout une collection de textes se rapportant à un même sujet, ou tout au moins à un même courant d’idées. Ce genre d’étude, quelquefois appelé thématologie**, d’un mot assez barbare, est peu pratiqué et pas du tout estimé dans notre beau pays. […] Il y a des oeuvres littéraires, les unes goûtées par certaines catégories de lecteurs, les autres par d’autres catégories. Ces catégories peuvent être nombreuses ou restreintes, influentes ou au contraire dépourvues de prestige social. On peut étudier les relations entre l’auteur et son public, entre l’œuvre littéraire, phénomène social, et sa diffusion, autre phénomène social. L’histoire littéraire est une branche de la sociologie, tout comme l’histoire tout court. Quant au génie, c’est un mythe à mettre au rancart avec le phlogistique*** de Van Helmont » (p. 15-16)

Je discutais justement avec Serge Lehman de l’approche thématique choisie par Pierre Versins et Jacques Van Herp. Serge Lehman reproche à ces deux chercheurs d’avoir privilégié les thèmes et leurs origines sur les qualités des textes. C’est parfois injuste car Pierre Versins livre régulièrement dans son encyclopédie des avis tout à fait définitif quant au style de tel ou tel auteur et Jacques Van Herp dans la défunte revue A&A dirigée par Francis Valéry a lui aussi donné des avis littéraires sur des œuvres d’anticipation ancienne. Il n’en reste pas moins que la Littérature étant passée du culte de l’imitation à celui de l’originalité, les approches thématiques restent difficilement conciliables avec l’idée de génie littéraire.
En même temps, Serge Lehman n'a pas tort en tant qu'éditeur: les lecteurs sont plus à la recherche de bonnes histoires que d'exploitations plus ou moins plates ou laborieuses d'un thème, ce qui condamne certaines oeuvres au plus total des oublis (sauf quand quelque archéologue littéraire les fait resurgir).

Je crois que mes orientations de recherches sont claires sur ce point là au moins.

Pour ceux qui sont intéressés par une étude du thème de l'infiniment grand et de l'infiniment petit en littérature, Micromégas de Régis Messac est tout à fait incontournable.

Quatrième de couverture:

Avec Micromégas, écrit en 1935, Régis Messac se consacre à l'étude des oeuvres littéraires traitant de l'homme en face du très grand et du très petit, de l'homme qui change de dimensions sans cesser d'être un être humain.
De Platon aux magazines anglais de la première moitié du XXe siècle, de Lamartine à Jules Lermina, aucun aspect de la question n'est abordé sans être mis en relation avec le développement de la science et l'évolution des théories scientifiques. À travers son étude, Messac nous révèle la cohorte d'idées fausses qu'emmagasine ou que véhicule le roman scientifique, notamment à propos du changement d'échelle qui bouleverse la structure des lois physiques.
Cette littérature n'est en fait que de pure fantaisie. Notre organisation est liée à nos dimensions ; il ne peut y avoir d'homme de la taille d'une fourmi ni de fourmi de la taille d'un homme. Messac, cependant, fait une distinction entre deux catégories d'auteurs : ceux qui laissent se développer leur imagination au gré de la science, et ceux qui, comme Rabelais, Swift, Voltaire ou Wells utilisent le genre comme un artifice qui leur permet d'exposer des idées hardies.
Comme la plupart des travaux de Messac, cette histoire d'un genre littéraire est aussi captivante que les meilleurs ouvrages de littérature scientifique.

 

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Régis Messac, Micromégas,
Imprimerie La Laborieuse, 1936
(Edition numérotée limitée à 500 exemplaires, 98 pages),
réédition Editions Ex Nihilo, 2008

* Le titre de l'essai fait référence au conte philosophique de Voltaire.
** C'est à dire l'étude des thèmes en littérature.
*** Fluide calorique qui, dans la théorie de Stahl et de ses successeurs, servait à expliquer la combustion. Aujourd'hui, considérée comme une théorie fumeuse (la blague est facile, je sais).

15.12.2009

Le Météore n° 6

Le Météore n° 6 vient de sortir. 52 pages consacrées à la science-fiction populaire dans lesquelles on trouve:
- deux interviews de Jean-Marc Lofficier et Jean-Michel Archaimbault à propos des ouvrages publiés chez Rivière Blanche qui continuent l'oeuvre de Maurice Limat,
- une critique de L'Ile sur le toit du monde (le roman de Ian Cameron publié chez Plein Vent et le film réalisé par Robert Stevenson - sic! - et produit par les studios Disney),
- Michel Vannereux entame un gros dossier consacré au Cycle du temps dans la série Bob Morane, puis
- nous rappelle que la science-fiction allemande ne se limite pas à Perry Rhodan avec un article sur la série D.A.S. (Département Anti-espionnage Scientifique) publiée au Fleuve Noir et repris chez Eons (la série reste en partie inédite en français comme le montre la bibliographie complète en fin d'article),
- toujours au rayon des inédits en français, voici encore une analyse de Fortress of Solitude, une aventure de Doc Savage,
- pour finir on retrouve un nouvel épisode de la bande dessinée Guy L'Eclair: tournage sur Pluton.

On peut se procurer les numéros du Météore sur le site Stellarque.

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07.12.2009

Le Rocambole n° 49/50 : Vingt cinq ans après

Le Rocambole n° 48-49 est paru !

 

Ce double et exceptionnel numéro correspond aux 25 ans de l’Association des Amis du Roman Populaire (créée en 1984). D’où le titre du dossier : Vingt-cinq ans après...

Sous ce titre, Le Rocambole rappelle les différentes étapes des recherches dans le domaine de la littérature populaire, en partant des travaux publiés dans les années 1950 et retrace, à partir de 1984 de manière très détaillée, les nombreuses activités, les diverses manifestations et surtout les publications de chercheurs souvent isolés et en dehors des lieux de recherches institutionnels. Les exemples de Maurice Dubourg et de Francis Lacassin sont ici mentionnés. Le bilan est plus qu’encourageant et il invite et incite à poursuivre les chantiers ouverts. Ce dossier présente également un ensemble de réflexions théoriques et des exemples de recherches. C’est un véritable manuel du chercheur en littérature populaire qui est ici édité.

Dans ce même numéro du Rocambole, le lecteur trouve de belles "Révélations de Rocambole" sur la « Série Blonde », première collection du Fleuve Noir, sur le sous-genre « Eros et guerre » (avec reproduction de quelques couvertures...) et les éditions Grand Damier avec leurs multiples collections. Et des "Révélations" sur B. R. Bruss et Roger Vilatimo aussi, et quelques démasquages.
Et encore un complément au dossier "Eugène Sue à l’étranger" (n°42), avec un texte rare de Sue publié en préface à un roman espagnol.
Et une étude de Maïa Peyré sur le cycle "La Roue du temps". Et le sixième épisode du feuilleton théorique de Colas Duflo sur Fantômas : "Le Policier apache, ou le péritexte éditorial populaire".
Et trois récits de Marie Aycard publiés en 1840 et 1842 !

Découvrir Le Rocambole, acheter un numéro ou s'abonner, c'est PAR ICI

Léo Gestelys, Les Naufragés de la Nueva-Espana

Avec un titre comme celui des Naufragés de la Nueva-Espana, les espoirs de trouver quelques descendants des Incas, Aztèques ou Mayas sont permis. Le début qui se déroule dans un port du Chili renforce encore l’impression. Plus loin on découvrira une pyramide, un autel, de l’or, une grotte recelant un fabuleux filon aurifère et quelques sauvages mal intentionnés.

Malheureusement, dès le départ, la bateau prend un mauvais itinéraire, faisant route vers le Pacifique, pour une sombre histoire d’arnaque à l’assurance maritime est coulé, le capitaine sauve quelques hommes (dont deux fieffés coquins) et une passagère de dernière minute fuyant une méchante belle famille qui l’accuse d’avoir écourté la vie de son mari. La pyramide est un vestige des anciens cultes maoris (un maraë )et l’or n’a rien d’Inca. Les sauvages sont tout à fait sauvages et ne supportent pas que l’on viole les tabous, les méchants sont punis et l’amour entre le capitaine et sa jolie passagère triomphe.

A ranger du côté des faux amis.

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Léo Gestelys, Les Naufragés de la Nueva Espana,
collection Mon Roman d'aventures, n°180,
Editions Ferenczi, 1952

03.12.2009

Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessoneau, La Brigade Chimérique

Si j'ai déjà évoqué longuement George Spad (voir "le dossier George Spad" dans la colonne de gauche), je n'ai pas véritablement parlé de La Brigade Chimérique, la série de bande dessinée avec Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario, Gess au dessin et Céline Bessoneau à la couleur.

Pourquoi n'y a -t-il pas de super-héros en France dignes des Superman, Batman et autres Spiderman? Bonne question. En fait, et je vais un petit m'éloigner du sujet, il y a bien eu des super-héros comme Le Nyctalope de Jean de la Hire, et des super-méchants comme Fantômas ou Zigomar.

La Brigade Chimérique est une série de BD en 12 épisodes qui met en scène ces héros oubliés. Elle est basé sur le roman signé George Spad intitulé L'Homme Chimérique (je renvoie au site de la Société des Amis de George Spad afin d'avoir de plus amples informations sur la série initiale) et ses séquelles.

Les auteurs de la BD font revivre un monde certes mais aussi et surtout nous rappelle la formidable floraison de héros (parfois tout à fait improbables) qui virent le jour entre les deux guerres et qui trouvent ici une seconde jeunesse.

Les Editions L'Atalante proposent la petite vidéo ci-dessous pour faire connaître cette saga qui s'impose comme l'une des meilleures séries BD SF de l'année. La vidéo a été réalisée par Soledad Ottone et diffusée dans le cadre de l'exposition consacrée à La brigade chimérique lors des Utopiales 2009.

 


28.11.2009

Guy d'Antin, Les Oiseaux de foudre

Grâce à Ignatz Mouse du forum A propos de littérature populaire m'a indiqué un titre que je ne connaissais pas. Il s'agit de Les Oiseaux de foudre. Pour ce qui est de la signature dans l'édition française, c'est un peu compliqué, nous allons y venir.

Voici le petit résumé d'Ignatz:

Arrivés sur place, Barnes et son équipe se retrouvent au milieu d'une deuxième guerre : l'ami destitué était en fait descendant des rois incas et seul gardien du trésor de ces rois. Un faction rivale inca menée par des prêtres au sein d'une population cachée dans une vallée perdue mais "protégée par des cellules photo-électriques" dans les Andes ( la vallée des Ailes de la Mort ) veut récupérer ce trésor : ils utilisent les Ailes de la Mort, des missiles téléguidés déguisés en condors géants.

extrait :
"Et tous comprirent que ces descendants des incas avaient atteint un haut degré de connaissances et d'ingéniosité en mécanique et en chimie, la preuve de leur talent était patente"
( p. 191 )


Autre extrait qui, lui, me pose un problème sachant que Guy D'Antin est également traducteur des Doc Savage ( Monk Morton est ici un aviateur ennemi de Bill Barnes. ) :

"Monk... était un individu d'aspect repoussant, avec des bras trop longs, semblables à ceux d'un singe, une tête sphérique, hérissée de sourcils proéminents et flanquée d'une machoire étrange - l'ensemble lui avait valu son simiesque surnom de Monk l'rorang"

Pour ceux qui ne connaissent pas Doc Savage, il s'agit de la description de Monk, un des amis du Doc.

La collection Aventures dans laquelle est paru ce titre se contentait de traduire des pupls américains (ces ouvrages de peu de prix aux couvertures souvent colorées) pendant les années 1930.

Pour la paternité du texte, il va falloir suivre un peu:

> en France, il est signé Guy D'Antin, probalement le nom du traducteur.
> aux Etats-Unis, le texte est paru sous le titre
"Wings of Death" signé George L. Eaton dans le pulp "Bill Barnes Air Adventures" en mars 1934.
> George L. Eaton est un pseudonyme collectif utilisé par les éditions Street & Smith.
> Pour ce roman, le pseudonyme maison cache le nom de l'auteur qui est le Major Malcolm Wheeler-Nicholson.

Vous avez suivi?

 

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Guy d'Antin, Les Oiseaux de foudre, Jacques Barnès, chevalier du ciel,
collection Aventures, sans nom d'éditeur, fin années 1930

14.11.2009

Capitaine Ricardo, Les Chasseurs de tête

Je n'ai pas grand chose à dire sur ce fascicule du Capitaine Ricardo car je n'en possède que l'image... ce qui ne m'empêche pas de la faire partager:

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Capitaine Ricardo, Les Chasseurs de têtes,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 44,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950, sans doute 1946)

07.11.2009

Capitaine Ricardo, Les Ecumeurs du Napo

Les Ecumeurs du Napo est un fascicule de la série Victor Vincent et correspond à ce genre que l’on appelle récit de jungle. Le lecteur émerveillé découvre des contrées dans lesquelles la main de l’homme blanc n’a jamais posé le pied. On presque. Parce que pour des forêts vierges, elles sont fort fréquentées. On y trouve des indigènes hostiles, des chercheurs d’or, des métis inquiétants et nos valeureux héros qui ont le chic pour choisir des destinations de vacances plus dangereuses que Koh Lanta.

Si Victor Vicent est souvent d’un niveau consternant, cet épisode est particulièrement consternifiant (n’ayons pas peur des mots). Passons sur la présence mêlée d’Argentins, de Yumbos et d’Incas dans la forêt amazonienne. C’est la géographie qui est la plus malmenée Dans les fascicules de la collection, se trouvent de nombreuses notes de bas de page (pas moins de 20 pour Les Ecumeurs du Napo, ce qui est beaucoup pour un texte qui ne comporte que 32 pages). Elles traduisent quelques termes espagnols : "Sangre della Madona" : "par le sang de la Madone" ; donnent des indications lexicographiques comme "Chacas : endroit cultivé par les Indiens Yumbos" (des Indiens de l’Equateur)… Pourtant on apprend des choses bizarres : "Quichua : idiome des Quichuas. Indiens du Guatemala qui fondèrent autrefois un empire puissant" et tout ceci pour des paroles par Chito l’Inca. Le Guatemala, rappelons-le, est situé en Amérique Centrale alors que l’Empire Inca s’est étendu du sud de la Colombie jusqu’au sud du Chili actuels soit à 2000 km au bas mot du Guatemala.

De même le régime du fleuve Amazone est assez farfelu dans le fascicule. Voici donc de l’éducatif qui rate ses effets !

 

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Capitaine Ricardo, Les Ecumeurs du Napo,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 186,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950)

 

05.11.2009

Capitaine Ricardo, Le Jardin des supplices

Sous ce titre qui semble emprunté à Octave Mirbeau, le Capitaine Ricardo nous conte la vie politique agitée et sanglante de la petite République de San José (capitale San José), île assez grande, peuplée de 20.000 habitants, située dans le Pacifique entre l’Amérique centrale et les Iles Galapagos.

Du temps de sa prospérité, San José était dirigée par le bon président élu (ce qui pas si courant) Felipe Armaro jusqu’à ce que deux riches planteurs décident de le renverser en l’assassinant lui et sa famille afin de mettre la main sur les richesses du pays. La fille aînée, Carmen, parvient à s’échapper et promet de se venger.

Jaime Bribato et Esteban Querillo souhaitent se débarrasser du général Espirito qui les a conduits au pouvoir mais le complot est éventée par les espions du général qui fait exécuter ses anciens maîtres.

Au Pérou, Carmen Armoro requiert l’aide de Victor Vincent et de ses amis et grâce à la population de San José, lasse des exactions d’Espirito, ils renversent le dictateur. Guidés par Carmen, les habitants vont pouvoir vivre en paix et retrouver la prospérité.

Ah ! le charme des révolutions sud-américaines ! Mais nulle trace de peuples précolombiens là dedans!

Plus j'en lis et plus je trouve cette collection de fascicules confondante de médiocrité. Et dans le cas qui nous intéresse même le dessin est raté (regardez bien le visage de celui qui est étranglé).

Notons tout de même que ces illustrations sont de Fred Funcken qui travailla pour les périodiques Spirou et Tintin. Il n'était pas dans un bon jour.

 

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Capitaine Ricardo, Le Jardin des supplices,
collection Les Nouvelles aventures de Victor Vincent, n° 221,
Editions G. Van Loo, sans date (années 1945-1950)

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