18.12.2009
Kirk Mitchell, The Germanicus trilogy
Il n'est pas dans mes habitudes de présenter des oeuvres non traduites en français, ce n'est pas par chauvinisme, juste parce que je m'intéresse aux implications précolombiennes dans l'imaginaire français et aussi parce que je lis trop lentement en anglais. Il m'arrive pourtant de déroger à cette règle de conduite. C'est le cas avec The Germanicus trilogy de Kirk Mitchell composée de Procurator (1984), New Barbarians (1986) et Cry Republic (1989).
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16.12.2009
Régis Messac, Micromégas
Cette chronique porte mal son titre à vrai dire car il ne s’agit pas pour moi de chroniquer cette réédition du rare Micromégas*, essai de Régis Messac, un des pionniers de l’étude de la science-fiction en France, mais de parler de ses orientations de recherches.
Dans ses « réflexions préliminaires », on peut lire :
« L’histoire littéraire reste encore, dans son ensemble, l’histoire des grands écrivains, et la critique de leurs chefs-d’œuvres […] On trouvera […] ici avant tout une collection de textes se rapportant à un même sujet, ou tout au moins à un même courant d’idées. Ce genre d’étude, quelquefois appelé thématologie**, d’un mot assez barbare, est peu pratiqué et pas du tout estimé dans notre beau pays. […] Il y a des oeuvres littéraires, les unes goûtées par certaines catégories de lecteurs, les autres par d’autres catégories. Ces catégories peuvent être nombreuses ou restreintes, influentes ou au contraire dépourvues de prestige social. On peut étudier les relations entre l’auteur et son public, entre l’œuvre littéraire, phénomène social, et sa diffusion, autre phénomène social. L’histoire littéraire est une branche de la sociologie, tout comme l’histoire tout court. Quant au génie, c’est un mythe à mettre au rancart avec le phlogistique*** de Van Helmont » (p. 15-16)
Je discutais justement avec Serge Lehman de l’approche thématique choisie par Pierre Versins et Jacques Van Herp. Serge Lehman reproche à ces deux chercheurs d’avoir privilégié les thèmes et leurs origines sur les qualités des textes. C’est parfois injuste car Pierre Versins livre régulièrement dans son encyclopédie des avis tout à fait définitif quant au style de tel ou tel auteur et Jacques Van Herp dans la défunte revue A&A dirigée par Francis Valéry a lui aussi donné des avis littéraires sur des œuvres d’anticipation ancienne. Il n’en reste pas moins que la Littérature étant passée du culte de l’imitation à celui de l’originalité, les approches thématiques restent difficilement conciliables avec l’idée de génie littéraire.
En même temps, Serge Lehman n'a pas tort en tant qu'éditeur: les lecteurs sont plus à la recherche de bonnes histoires que d'exploitations plus ou moins plates ou laborieuses d'un thème, ce qui condamne certaines oeuvres au plus total des oublis (sauf quand quelque archéologue littéraire les fait resurgir).
Je crois que mes orientations de recherches sont claires sur ce point là au moins.
Pour ceux qui sont intéressés par une étude du thème de l'infiniment grand et de l'infiniment petit en littérature, Micromégas de Régis Messac est tout à fait incontournable.
Quatrième de couverture:
Avec Micromégas, écrit en 1935, Régis Messac se consacre à l'étude des oeuvres littéraires traitant de l'homme en face du très grand et du très petit, de l'homme qui change de dimensions sans cesser d'être un être humain.
De Platon aux magazines anglais de la première moitié du XXe siècle, de Lamartine à Jules Lermina, aucun aspect de la question n'est abordé sans être mis en relation avec le développement de la science et l'évolution des théories scientifiques. À travers son étude, Messac nous révèle la cohorte d'idées fausses qu'emmagasine ou que véhicule le roman scientifique, notamment à propos du changement d'échelle qui bouleverse la structure des lois physiques.
Cette littérature n'est en fait que de pure fantaisie. Notre organisation est liée à nos dimensions ; il ne peut y avoir d'homme de la taille d'une fourmi ni de fourmi de la taille d'un homme. Messac, cependant, fait une distinction entre deux catégories d'auteurs : ceux qui laissent se développer leur imagination au gré de la science, et ceux qui, comme Rabelais, Swift, Voltaire ou Wells utilisent le genre comme un artifice qui leur permet d'exposer des idées hardies.
Comme la plupart des travaux de Messac, cette histoire d'un genre littéraire est aussi captivante que les meilleurs ouvrages de littérature scientifique.

Régis Messac, Micromégas,
Imprimerie La Laborieuse, 1936
(Edition numérotée limitée à 500 exemplaires, 98 pages),
réédition Editions Ex Nihilo, 2008
* Le titre de l'essai fait référence au conte philosophique de Voltaire.
** C'est à dire l'étude des thèmes en littérature.
*** Fluide calorique qui, dans la théorie de Stahl et de ses successeurs, servait à expliquer la combustion. Aujourd'hui, considérée comme une théorie fumeuse (la blague est facile, je sais).
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15.12.2009
Le Météore n° 6
Le Météore n° 6 vient de sortir. 52 pages consacrées à la science-fiction populaire dans lesquelles on trouve:
- deux interviews de Jean-Marc Lofficier et Jean-Michel Archaimbault à propos des ouvrages publiés chez Rivière Blanche qui continuent l'oeuvre de Maurice Limat,
- une critique de L'Ile sur le toit du monde (le roman de Ian Cameron publié chez Plein Vent et le film réalisé par Robert Stevenson - sic! - et produit par les studios Disney),
- Michel Vannereux entame un gros dossier consacré au Cycle du temps dans la série Bob Morane, puis
- nous rappelle que la science-fiction allemande ne se limite pas à Perry Rhodan avec un article sur la série D.A.S. (Département Anti-espionnage Scientifique) publiée au Fleuve Noir et repris chez Eons (la série reste en partie inédite en français comme le montre la bibliographie complète en fin d'article),
- toujours au rayon des inédits en français, voici encore une analyse de Fortress of Solitude, une aventure de Doc Savage,
- pour finir on retrouve un nouvel épisode de la bande dessinée Guy L'Eclair: tournage sur Pluton.
On peut se procurer les numéros du Météore sur le site Stellarque.

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1ère rencontre des blogueurs de l'imaginaire (Sèvres décembre 2009)
Samedi 12/12 avait lieu la première rencontre des blogueurs de l’imaginaire à Sèvres dans le cadre des 6ème rencontres de l’imaginaire. Nous nous sommes retrouvés à dix sur les marches du SEL (le lieu des rencontres). Mon bonnet péruvien relègue bien loin le souvenir de cette citation d’Henri IV : "Ralliez-vous à mon panache blanc" - quelle rigolade - rien ne vaut le bonnet péruvien à pompons!
Chacun se présente. En fait, pour moi, c’est une première ce genre de rencontre IRL de blogueurs. Cela m’était arrivé de rencontrer des forumeurs ou bien des contacts électroniques. Ainsi on se vannait (en fait c’est surtout moi qui me faisais vanner) dans une liste de discussion pour la rédaction d’un livre. Le directeur de l’ouvrage, rencontré aussi à Sèvres il y a deux ans s’étonnait que je ne connaisse pas vraiment (stadire IRL) l’autre collaborateur du livre : deux ans de forum commun sans jamais se voir, une proposition de collaboration et je le vois toujours avec plaisir, admiratif de sa grande connaissance de l’anticipation ancienne. Ce fut le cas avec d’autres contributeurs à des forums.
Nous voici donc à la recherche d’un lieu où nous sustenter (il fait frisquet). Nous recherchons longuement, demandons conseil à Isil (régionale de l’étape) pour finalement traverser la rue (oui tout bêtement) vers un restaurant japonais (vous ne pouvez pas le manquer, il est en face du SEL, je me souviens que ce fut un restaurant chinois avant, j’y avais dîné un soir avec les VIP comme VIP lors des 4ème rencontres de l’imaginaire de Sèvres).
On discute (beaucoup et ce ne sont pas les blogueurs les plus bavards, El JC comprendra ;) ), mange (Isil se révèle gourmande), boit du thé, de la bière ou de l’eau. La SF est de toutes les conversations. Et vient le problème de la conservation ou de la restauration des livres. Docteur Mabuse (chineur invétéré comme moi) et moi-même nous offusquons comiquement devant le traitement que certain-e-s réservent à leurs livres (nous on dit pièces de collection). Le résumé de tout cela est bien difficile : les idées, les bons mots, les avis plus ou moins définitifs fusent dans la bonne humeur générale. Je crois que tout le monde était content.
Le temps passe vite. Trop vite. Il faut aussi songer à aller voir les auteurs, les illustrateurs tout cela. Nous nous quittons donc, le salon nous attend. Promis, on remet ça l’an prochain !
Me voici désormais sur le salon. Finalement c’est très pro pour moi : rencontre avec Serge Lehman puis Fabrice Colin, les co-scénaristes de La Brigade chimérique (nous parlons bien sûr de George Spad et avec Serge d’anticipation ancienne, il présente un amateur de SF ancienne et moi-même à son éditrice).
Rencontre avec André-François Ruaud (mon patron pour la Bibliothèque Rouge), nous discutons d’un futur ouvrage concernant les lieux disparus et imaginaires, je propose de faire des notules sur des pays imaginaires d’Amérique du Sud : du San José à l’empire des Musus, de quelques cités mayas inconnues à Païtiti, de la cité Z recherchée par Fawcett au San Theodoros de Tintin il y a de quoi faire. Toujours pour la collection la Bibliothèque Rouge, je conviens avec Jacques Baudou de faire un article sur Johnny Métal, l’une des premières créations de Léo Malet, pour le volume qu’il écrit sur Nestor Burma.
Un arrêt au stand de la Société des Amis de Régis Messac pour feuilleter et acheter quelques ouvrages reprenant des articles introuvables de cet important critique du roman policier et de science-fiction (dès les années 1930!) puis quelques mots échangés avec Michel Vannereux qui me remet mon numéro 6 du Météore (au sommaire toujours aussi riche) et il est temps de partir.
Sèvres : à l’année prochaine !
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11.12.2009
Les 1ères rencontres des blogueurs de l'imaginaire à Sèvres ( J - 1 )
Petite piqûre de rappel avant demain!
Demain 12 décembre auront lieu les 6es rencontres de l'imaginaire de Sèvres (région parisienne). A cette occasion, j'ai proposé qu'une réunion des blogueurs intéressés par les littératures de l'imaginaire*
(* pas d'exclusive non plus, si vous n'êtes pas blogueur/euse, on vous accueille aussi hein!)
Dominik, stephane et sa bande, Don Lo et son patron, Joseph Altairac, El JC, Martlet, Georges et Isil devraient être de la partie. D'autres attendent un peu pour confirmer leur présence (Guillaume44 ?).
Le rendez-vous.
Je propose 12h00/12h30 devant le hall du SEL après la conférence consacrée à l'uchronie, si vous ne connaissez pas le SEL, ce n'est pas grave, c'est le lieu où se tient le salon, vous y passerez forcément.
Un signe distinctif serait le bienvenu. Pour ma part ce sera un bonnet péruvien (évidemment!).
N'hésitez pas à faire passer le message sur vos blogs*, forums, comptes facebook, twitter,... (euh... et tenez moi au courant que l'on trouve comment gérer le flux des internautes en folie à faire pâlir d'envie les auteurs en dédicace ;) ).
Il est encore temps de s'inscrire!
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10.12.2009
Arnauld Pontier, Sur Mars, récit de voyage
Il est l'heure de s'enivrer!
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps,
enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse!
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Baudelaire, Envivrez-vous.
Je vais faire une confidence, qui n'étonnera sans doute personne: je lis tous les jours. Pas un jour sans ouvrir un livre, en tourner les pages, à m'abreuver de mots. Il y a un côté baudelairien à cet enivrement permanent mais ce n'est pas la question.
Mes lectures présentées sur ce blog sont retenues pour leur thématique (je suis loin de ne lire que des fictions mettant en scène des peuples précolombiens, je ne suis pas à ce point monomaniaque). Les livres que je lis proviennent le plus souvent de rencontres, de hasard. Pour ce qui concerne les fictions mettant en scène des peuples précolombiens mon esprit est constamment en éveil que j'arpente une brocante, rende visite à un ami bouquiniste, flâne dans une librairie,... Quelques amis nourrissent aussi par leurs envois ma manie de collectionneur.
Ce n'est pourtant pas d'une fiction précolombienne que je vais vous entretenir aujourd'hui mais d'un récit de voyage vers Mars. Ah!, se dit l'amateur de science-fiction (pensant peut-être au trajet de L'Inca de Mars), Mouef se dit l'amateur de récit de voyage, encore des élucubrations, Bof se dit l'amateur de Littérature (la vraie de vraie avec un grand L) encore de la littérature de gare.
Eh bien tout le monde a faux.
Je pourrais bien sûr souligner combien le thème de ce blog est développé dans le roman d'Arnauld Pontier, relevant les passages où le narrateur parle des pistes de Nazca, du cosmonaute maya de Palenque (p. 14, ça vous fait deux références d'un coup), ou bien quand il mentionne les sphères précolombiennes du delta du Diquis découvertes dans la forêt du Costa Rica en 1930 (p. 117) ou encore quand il contemple sur Mars la sonde Viking I et se sent comme l'explorateur découvrant "un temple inca dans une jungle impénétrable" (p. 129).
Dans ce cas, le tour de la question serait fait et le principal passé sous silence. Car le sujet de ce récit de voyage est assez éloigné du thème de ce blog.
Dans une interview donnée au site Mars & Sf , Arnaul Pontier explique pourquoi il a écrit cet ouvrage. L'auteur est un globe-trotter, dès son plus jeune âge il a vécu au Laos, en Algérie. Les éditions Nicolas Chaudun lui proposèrent d'écrire un récit de voyage: c'est donc un récit de voyage vers et sur Mars en 2016-2017. Pas de méchants Martiens, pas d'extraodinaire aventaure mais le récit de la première expédition humaine (tout à fait humaine) vers la planète rouge qui hante notre inconscient collectif depuis que le rêve lunaire a été brisé réalisé. Et c'est bien à cela que le narrateur est confronté: il a rêvé enfant, adolescent, jeune adulte de ce voyage vers Mars. La réalité est autre. Il n'est pas dans ces fascicules populaires dans lesquels apparaît Tintin, le vrai le premier, pas celui d'Hergé, celui de RM Nizerolles né dans une première série en 1911-1913 et repris en 1935 dans Voyages extraordinaires d'un Petit Parisien dans la stratosphére, la lune et les planétes ni dans ces bandes dessinées petit format Météor, Aventures Fiction, Sidéral ou Atom Kid. Non il est sur Mars et il travaille comme géologue. Et que l'on imagine pas ces multinationales que l'on trouve dans Moon 44. Non, un scientifique. De l'anticipation. Pas de la science-fiction au sens populaire du terme, pas du merveilleux scientifique. Le rêve de Mars, de ses habitants, de ses canaux, de ses satellites-bibliothèques meurt avec l'exploration comme la route de l'ouest vers les Indes est mort avec l'Amérique. Mais si du merveilleux: les paysages martiens, la rêverie de la possibilité du voyage, de l'exploration, la frontière de l'humanité repoussée. Et de la science, cette science qui a quelque chose de Jules Verne (qu'un essayiste qualifie de Poète de la science). "Regarde de tous tes yeux, regarde!"
Et puis il y a le poids du scaphandre, des autres dans le monde confiné de Mars, le poids d'avoir à personnifier toute l'humanité qui pèse sur le narrateur. Et dans un phare du bout du système solaire, il découvre l'amour. Humain, profondément humain, le premier qui posa maladroitement le pied sur Mars... Le rêve n'est plus de parvenir sur Mars mais d'y installer une part de l'humanité. "La science-fiction précède souvent la science" (p.57)

Arnauld Pontier, Sur Mars, récit de voyage (en terre rouge),
Editions Nicolas Chaudun, Mars 2009.
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07.12.2009
Le Rocambole n° 49/50 : Vingt cinq ans après
Le Rocambole n° 48-49 est paru !
Ce double et exceptionnel numéro correspond aux 25 ans de l’Association des Amis du Roman Populaire (créée en 1984). D’où le titre du dossier : Vingt-cinq ans après...
Sous ce titre, Le Rocambole rappelle les différentes étapes des recherches dans le domaine de la littérature populaire, en partant des travaux publiés dans les années 1950 et retrace, à partir de 1984 de manière très détaillée, les nombreuses activités, les diverses manifestations et surtout les publications de chercheurs souvent isolés et en dehors des lieux de recherches institutionnels. Les exemples de Maurice Dubourg et de Francis Lacassin sont ici mentionnés. Le bilan est plus qu’encourageant et il invite et incite à poursuivre les chantiers ouverts. Ce dossier présente également un ensemble de réflexions théoriques et des exemples de recherches. C’est un véritable manuel du chercheur en littérature populaire qui est ici édité.
Dans ce même numéro du Rocambole, le lecteur trouve de belles "Révélations de Rocambole" sur la « Série Blonde », première collection du Fleuve Noir, sur le sous-genre « Eros et guerre » (avec reproduction de quelques couvertures...) et les éditions Grand Damier avec leurs multiples collections. Et des "Révélations" sur B. R. Bruss et Roger Vilatimo aussi, et quelques démasquages.
Et encore un complément au dossier "Eugène Sue à l’étranger" (n°42), avec un texte rare de Sue publié en préface à un roman espagnol.
Et une étude de Maïa Peyré sur le cycle "La Roue du temps". Et le sixième épisode du feuilleton théorique de Colas Duflo sur Fantômas : "Le Policier apache, ou le péritexte éditorial populaire".
Et trois récits de Marie Aycard publiés en 1840 et 1842 !
Découvrir Le Rocambole, acheter un numéro ou s'abonner, c'est PAR ICI
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06.12.2009
Achdé & Widenlocker, Le Secret de Tanzania
L’expédition spatiale conduite par le capitaine Flash Bourbon et composée de Mac Rackotte, Philet O’Fish et Sohntapee accompagné de l’électronicien Blackay Decker et de James, petit fils d’O’Fish arrive à destination : Tanzania, la "septième planète à droite dans la galaxie du Phacochère" qui recèle "en son sein les mystérieux vestiges de la civilisation paztèque" (p. 6).
Dès le début, on l’aura compris, le ton est humoristique. Il y a quelque chose du Marsupilami dans cet album, d’ailleurs dédié à André Franquin.
Débarquant pour ce qui être une exploration des plus mouvementées, nos héros s’enfoncent dans la jungle. Leur but est de retrouver "les ruines de l’antique Popocomlabatl et de secourir les membres de la précédente expédition" (p. 10), l’équipe Byron à laquelle appartenait les parents de James.
Malheureusement, le vol subluminique ne permet pas d’aller si vite que cela et 76 ans se sont écoulés au lieu des dix ans de voyage prévus. Il semble bien qu’ils soient seuls sur Tanzania et que les chances de retrouver Byron et ses amis soient proches de zéro.
Dès le premier matin les voici aux prises avec les Woks, sorte de primates géants aussi bêtes que méchants. James est mis à l’abri. Heureusement, Flash Bourbon arrive à temps. Il ordonne de quitter Tanzania avant qu’il ne soit trop tard car des pirates de l’espace, des Kaboums, ont été repérés, laissant le petit fils de O’Fish sur la planète.
Mais les pirates n’ont qu’une idée : mettre la main sur l’enfant coûte que coûte.
James, après avoir pleuré, est recueilli par de gentils kangorilles qui l’emmènent à leur village. Il y retrouve le cuisinier de l’expédition Byron, qu’un accident de caisson de sommeil réveilla 20 ans après les autres. Il raconte à James l’histoire de ses parents qui découvrirent les trésors de la cité endormie de Popocomlabatl, témoins des technologies avancées que les Pastèques, proches des antiques civilisations sud-américaines, détenaient. Etrangement, aucun signe n’est resté des habitants hormis un squelette humanoïde et un médaillon.
En juin 2152, les membres de l’expédition furent enlevés par des pirates et disparurent à jamais. Ce n’est qu’en 2172 que le cuisinier, surnommé Papypo se réveilla et fut adopté par les kangorilles.
Papypo propose d’héberger James dans une maison pastèque. En passant devant le temple dont l’entrée est inviolée depuis 400.000 ans, James s’approche de la porte monumentale malgré les mises en garde de Papypo. Un kikouzébi, une sorte de singe, d’abord hostile, adopte James : c’est un signe que seul l’ancien cuisinier décrypte.
Pendant des années Papypo s’occupe de l’éducation de l’enfant. Le jour de ses seize ans, il emmène James devant le temple et lui montre le médaillon que le kikouzébi insère dans la porte dévoilant un vaisseau spatial. James est désormais le Woker, chargé d’accomplir une antique prophétie. Retrouvera-t-il ses parents ? Quels liens a-t-il avec les Pastèques ? Pourquoi est-il si précieux aux yeux des Kaboums ? Quel destin lui promet la prophétie ?
La suite se trouve dans Les 7 tonnerres de Sonautone que je ne possède pas et pour cause: il ne semble pas avoir été publié!
L’idée de transporter dans l’espace des civilisations d’inspiration précolombienne est relativement courante. On en trouve par exemple dans la collection Fleuve Noir Anticipation, qui propose de belles statues mayas flottant dans l’espace intersidéral dans le roamn de Daniel Piret Le Navire-Planète, c’est aussi un motif utilisé par Harry Harrison dans L'Univers captif, histoire d’arche stellaire à bord de laquelle l’organisation sociale est calquée sur celle des Aztèques.
Les Précolombiens essaiment partout dans la galaxie! Et comme le dit Buzz l’éclair: "Vers l'infini et même au-delà!"

Achdé & Widinlocker, Le Secret de Tanzania,
série Woker, n°1, Editions Dargaud, 1997
08:40 Publié dans BD, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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03.12.2009
Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessoneau, La Brigade Chimérique
Si j'ai déjà évoqué longuement George Spad (voir "le dossier George Spad" dans la colonne de gauche), je n'ai pas véritablement parlé de La Brigade Chimérique, la série de bande dessinée avec Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario, Gess au dessin et Céline Bessoneau à la couleur.
Pourquoi n'y a -t-il pas de super-héros en France dignes des Superman, Batman et autres Spiderman? Bonne question. En fait, et je vais un petit m'éloigner du sujet, il y a bien eu des super-héros comme Le Nyctalope de Jean de la Hire, et des super-méchants comme Fantômas ou Zigomar.
La Brigade Chimérique est une série de BD en 12 épisodes qui met en scène ces héros oubliés. Elle est basé sur le roman signé George Spad intitulé L'Homme Chimérique (je renvoie au site de la Société des Amis de George Spad afin d'avoir de plus amples informations sur la série initiale) et ses séquelles.
Les auteurs de la BD font revivre un monde certes mais aussi et surtout nous rappelle la formidable floraison de héros (parfois tout à fait improbables) qui virent le jour entre les deux guerres et qui trouvent ici une seconde jeunesse.
Les Editions L'Atalante proposent la petite vidéo ci-dessous pour faire connaître cette saga qui s'impose comme l'une des meilleures séries BD SF de l'année. La vidéo a été réalisée par Soledad Ottone et diffusée dans le cadre de l'exposition consacrée à La brigade chimérique lors des Utopiales 2009.
22:35 Publié dans BD, Littérature populaire, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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28.11.2009
Guy d'Antin, Les Oiseaux de foudre
Grâce à Ignatz Mouse du forum A propos de littérature populaire m'a indiqué un titre que je ne connaissais pas. Il s'agit de Les Oiseaux de foudre. Pour ce qui est de la signature dans l'édition française, c'est un peu compliqué, nous allons y venir.
Voici le petit résumé d'Ignatz:
Arrivés sur place, Barnes et son équipe se retrouvent au milieu d'une deuxième guerre : l'ami destitué était en fait descendant des rois incas et seul gardien du trésor de ces rois. Un faction rivale inca menée par des prêtres au sein d'une population cachée dans une vallée perdue mais "protégée par des cellules photo-électriques" dans les Andes ( la vallée des Ailes de la Mort ) veut récupérer ce trésor : ils utilisent les Ailes de la Mort, des missiles téléguidés déguisés en condors géants.
extrait :
"Et tous comprirent que ces descendants des incas avaient atteint un haut degré de connaissances et d'ingéniosité en mécanique et en chimie, la preuve de leur talent était patente"
( p. 191 )
Autre extrait qui, lui, me pose un problème sachant que Guy D'Antin est également traducteur des Doc Savage ( Monk Morton est ici un aviateur ennemi de Bill Barnes. ) :
"Monk... était un individu d'aspect repoussant, avec des bras trop longs, semblables à ceux d'un singe, une tête sphérique, hérissée de sourcils proéminents et flanquée d'une machoire étrange - l'ensemble lui avait valu son simiesque surnom de Monk l'rorang"
Pour ceux qui ne connaissent pas Doc Savage, il s'agit de la description de Monk, un des amis du Doc.
La collection Aventures dans laquelle est paru ce titre se contentait de traduire des pupls américains (ces ouvrages de peu de prix aux couvertures souvent colorées) pendant les années 1930.
Pour la paternité du texte, il va falloir suivre un peu:
> en France, il est signé Guy D'Antin, probalement le nom du traducteur.
> aux Etats-Unis, le texte est paru sous le titre "Wings of Death" signé George L. Eaton dans le pulp "Bill Barnes Air Adventures" en mars 1934.
> George L. Eaton est un pseudonyme collectif utilisé par les éditions Street & Smith.
> Pour ce roman, le pseudonyme maison cache le nom de l'auteur qui est le Major Malcolm Wheeler-Nicholson.
Vous avez suivi?

Guy d'Antin, Les Oiseaux de foudre, Jacques Barnès, chevalier du ciel,
collection Aventures, sans nom d'éditeur, fin années 1930
08:40 Publié dans Aventures, Littérature populaire, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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