Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Jean Ray

  • Jean Ray, "Josuah Güllick, prêteur sur gages"

    ray les contes du whisky champs elysées.jpgJean Raymond Marie de Kremer (08/07/1887 - 17/09/1964) est plus connu sous le pseudonyme de Jean Ray. Il a aussi signé sous de nombreux autres pseudonymes: Abrosius, Acker, Newton Baralong, B. Bachelor, Alix R. Bantam, Leslie Bram-Westlock, Gérard Bryne, Philip Clayson Jr, Martin J. Cross, Alphonse Denouwe, Eustache Gill-Banks, Lizzie Hattle, Telka-G. Haigh, W. Morton Haigh, Larssen Hegel, Warton Hepburns, Benjamin Herscher, Fritz Ichauson, Sidney Irving, W. W. Kolman, Lower Ritchard, John S. Meril, Marius Motin, Matt O’Monroy, Beryl Orths, William Preston, Werner Price, John M. Ray, John R. Ray, King Ray, Harold D. Raynes, Walt Reeves, Axel Reiss, Baldwin Ross-Marden, Alice Sauton, John Sailor, Sedgemoor, Richard Sherman-Wheel, Harry V. Smiles, J. White Stewart, R. M. Temple, S. Tombs, Reginald Turner, J. Terrence Vannes, Gustave Vigoureux, Harry D. Whale, Philip Waters Jr, Ethel M. Wright, Albin D. Young... On dénombre pas moins de 9300 contes et nouvelles et 5000 reportages, chroniques, critiques et textes divers plus des recueils, des romans,...

    Maître de l'école fantastique belge, il aurait aussi été navigateur, trafiquant d'armes, aventurier, pirate, ... Une vie bien remplie en somme.

    Son texte "Joshua Güllick, prêteur sur gages" recueilli dans Les Contes du Whisky (son premier recueil édité en 1925) a une destinée particulière car c'est l'un des quatre textes de Jean Ray publiés dans la revue américaine Weird Tales (un pulp de l'époque classique, voir point bibliographique en fin de notice).

    ray les contes du whisky.jpgJoshua Güllick est un prêteur sur gages particulièrement avare et dur avec sa clientèle. Dans sa sombre et étroite boutique, le destin de ses clients n'est guère brillant. Il est régulièrement maudit par celles et ceux qui passent le seuil de son antre. Un jour, un homme revenu du Mexique, ruiné par un de ces nombreux changements de gouvernement dont l'Amérique latine est le théâtre, lui demande une faveur: permettre que sa soeur meurt avec au cou une chaînette et une petite croix, déposée contre un prêt, comme leur mère et leur grand-mère avant elle. Joshua Güllick est intraitable et demande deux livres et quatorze shillings. L'homme n'a pas cette somme mais l'un de ses doigts est orné d'une bague qui suscite la convoitise du prêteur sur gages. L'homme cède mais prévient Joshua Güllick que cette bague, qu'il a lui même reçue d'un Indien, si elle est mal acquise ... Le prêteur ne veut rien entendre - ni même écouter la voix de sa conscience qui tente de le retenir - et la bague d'origine aztèque se retrouve à son annulaire droit. Sa main se met alors à agir seule, vengeant tous les pauvres gens floués par Joshua Güllick en jetant au feu les billets à échéance, brûlant les livres de comptes. Sa main gauche essaie bien de couper la main ensorcelée mais en vain. A une heure tardive, alors que les créances ont toutes été consumées, la main droite rédige le testament de Joshua Güllick, délivrant tous ses débiteurs. Il se révolte, les deux mains luttent et la main gauche finie arrachée. Résigné, le prêteur sur gages laisse sa main restante saisir le colt qui monte lentement vers la tempe.

    WeirdTale- J.Flanders 04 35.jpgLa nouvelle a été adaptée en 1964, quelques mois avant la mort de l'auteur, en spectacle chorégraphique sous le titre La bague (création mondiale Création mondiale: 10 janvier 1964, Théâtre Royal de la Monnaie (Bruxelles), chorégraphie : Milko Sparemblek, musique : Serge Kaufmann, programme présenté par Jean Ray en personne).

    Notice bibliographique:

    "Joshua Güllick, prêteur sur gages" , in Les Contes du Whisky, Renaissance du livre, 1925.
    Plusieurs rééditions (j'ai utilisé l'édition Le Masque Fantastique de 1980, illustration n°2).

    Le texte a été traduit sous le titre "Aztec Ring" dans Weirds Tales d'avril 1935 (illustration n° 3).

    Pour en savoir plus:
    la critique de Jacques Van Herp publié dans Fiction n°150 ( mai 1966)
    un site très complet sur Jean Ray 

    Illustration n°1: Editions Atalante (Bruxelles), 1946

    Je remercie tout particulièrement Jean-Yves de m'avoir signalé "Aztec Ring" et de m'avoir guidé dans mes recherches pour retrouver le titre français.

  • Jean Ray, On a tué Mr Parkinson

    Il y a quelques temps, je parlais de Jean Ray, auteur fantastique (dans tous les sens du terme) et "auteur" de nombreux épisodes d'Harry Dickson.
    J'ajoute à la liste des épisodes dans lesquels il est question de peuples précolombiens: On a tué Mr Parkinson. J'y reviendrai... (à suivre, comme dans tout bon roman populaire qui se respecte ^___^ )

    917338130.jpg

    Jean Ray, On a tué Mr Parkinson (Harry Dickson, n°175), Plusieurs rééditions

  • Jean Ray, Le Temple de fer (Harry Dickson)

    Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, sous la plume de Jean Ray, connaît des aventures multiples. Certaines nous intéressent directement comme Le Temple de fer.

    05a83835c59a1f165f6daded46c64834.jpg

    Le Dr Pereiros, vénézuélien, a tenté d'arracher à l'orbe terrestre une fusée afin de rencontrer les Sélénites. Ce fut un échec. Retiré depuis plusieurs années, après avoir essuyé les sarcasmes de ses confrères pour avoir atterri dans un pommier, il réapparaît. Pereiros enlève Harry Dickson afin de lui demander de l'aide.
    Des années auparavant, après des études en Europe, le Dr Pereiros regagna l'Amérique du Sud et choisit "le Brésil comme terre d'expérience" attiré par "la soif des richesses". Il partit "à la recherche des temples disparus, ou plutôt ensevelis, de la région des forêts vierges." (pp. 36-37).
    Un soir, un bolide apparut dans le ciel. Non sans difficulté, Pereiros parvint à extraire l'être semblant être le pilote de l'"énorme olive de métal". La créature humanoïde possdait un "corps amorphe et mal équarri! Sa tête était colossale, ses bras horribles, ses jambes, comme atrophiées, lui permettaient seulement de ramper. Le corps avait une consistance flasque et en même temps résistante comme le cuir bouilli. Une continuelle viscosité en suintait, qui permet à l'être de séjourner dans des températures atroces, même dans la flamme, à la façon des salamandres" (p. 38).
    Dans le "vaisseau" se trouvaient "une cale littéralement bondée d'or, et même de lourdes sphères de platine pur!" (p. 40).
    Pourtant pas plus de Sélénites dans cette histoire que de Solariens.

    Il y a de l'Aztèque caché là-dessous! (bouh le mauvais jeu de mots :oD )

    Les derniers des Cricklewell, famille anglaise maudite, échappèrent à la potence et émigrèrent en Amérique du Sud.
    "Il paraît qu'il s'enfoncèrent dans les régions mystérieuses [du Brésil]. Avez-vous entendu dire que des tribus mystérieuses, descendant des Aztèques et héritiers de leur vaste civilisation, y vivaient encore"
    "Je vois les Cricklewell arriver parmi ces survivants des âges fabuleux.
    On les accueille bien, ils y vivent, ils y font souche. Ils sont intelligents, entreprenants, cruels. Saviez-vous que les Aztèques faisaient subir à certains enfants destinés à leurs temples d'étranges mutilations, qui en faisaient des monstres effroyables, destinés à jetter l'effroi dans le coeur et l'esprit des fidèles?
    - Je ne l'ignore pas, et l'histoire en connaît quelques exemples.
    - Mais ces déformations tendaient aussi à développer le volume de leur crâne, à amplifier leurs cerveaux, à en faire de terribles surhommes" [...]
    - Devenus grands et puissants, ils règnent sur les tribus mystérieuses; deux d'entre eux - peut-être même qu'ils ne furent jamais que deux - ont conçu l'idée de quitter leur patrie d'adoption, de regagner leur ancien domaine, peut-être de se venger de l'opprobre de leurs pères. 
    Un appareil volant est construit [...]
    L'un d'eux s'en empare et fuit.[...]
    Il a emporté de l'or dont il connaît la valeur. les Aztèques en possédaient à foison, nous le savons" (p. 60).

    Harry Dickson parvient évidemment à mettre hors d'état de nuire les terribles monstres...
    La déformation des crânes est évoquée par Gaston Leroux dans L'Epouse du soleil, mais cette fois au sujet des Incas.

    dadc5c12c680393aa1b31b0c01b8e9ec.jpg

    Jean Ray, Le Temple de Fer, Harry Dicskon, fascicule n°93 (1928)
    Plusieurs rééditions
    Les citations renvoient à l'édition Librio, n° 115, 1996

  • Jean Ray et les Précolombiens

    Jean Ray (1), sous sa signature, sous celle de John Flanders ou sans aucune signature, a écrit plusieurs oeuvres qui mettent en scène des peuples précolombiens. Certains sont indiqués dans l'incontournable Encyclopédie de l'Utopie des Voyages extraordinaires et de la Science Fiction de Pierre Versins.

    Citons donc:
    * Les Gardiens du gouffre, Harry Dickson (une aventure qui conduit le détective dans les montagnes du Pérou, Harry Dickson s'enfonce dans un monde souterrain dans lequel survit une civilisation oubliée de tous)
    * Le Temple de Fer, Harry Dickson, (il existe une version BD pour ceux qui aiment les images)

     

    (1) Pourquoi est-ce que je parle de Jean Ray? Parce que je lis en ce moment toutes les aventures du détective Harry Dickson que je possède (ah ben non j'ai pas tout non plus :-( ).