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argentine

  • Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo

    Atahualpa Yupanqui (1908 - 1992) était le pseudonyme de Héctor Roberto Chavero. Célèbre auteur-compositeur-interprète-guitariste argentin, son opposition à Perón, et aux militaires qui lui succédèrent, lui valut la prison et l’exil, notamment en France (il est mort à Nice). "Son pseudonyme, choisi dès l'adolescence, est formé d'Atahualpa, le dernier empereur inca, assassiné par les conquistadores de Francisco Pizarro, et de Yupanqui, "le Grand Méritant", cacique suprême des indiens quechuas." (source Wikipedia). Son père est d’origine quechua et sa mère basque. Toute son œuvre est inspirée par l’indianité.

    Son œuvre n’est pas seulement musicale. Il a publié une petite dizaine de livres dont Cerro Bayo dans lequel il relate la vie (difficile) et les coutumes des Indiens vivant sur le versant argentin de la Cordillère des Andes.

    Cerro Bayo sous titré Vida y costumbres montañesas dans la version originale (Vie et coutumes de la montagne) paraît en 1943 et est traduit en 1953 par Louise Mamiac pour les Éditeurs français réunis (qui publient aussi des auteurs comme Pablo Neruda, Paul Eluard, Vladimir Maïakovski, Jorge Amado,…).

    En 1988, Messidor réédite Cerro Bayo sous le titre Horizons de pierre.

     

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    Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo, Les Editeurs Français Réunis, 1953

  • Marcel Allain, Les Vagabonds de la Terre de feu

    Marcel Allain est resté célèbre pour la série Fantômas qu'il commença à écrire avec Pierre Souvestre en 1911. Sa féconde carrière ne s'arrête pas là, il reprit Fantômas après la mort de Pierre Souvestre et écrivit des centaines d'ouvrages.

    Celui qui nous intéresse aujourd'hui s'intitule Les Vagabonds de la Terre de feu, paru dans la collection Oeil de Faucon en 1941. allain les vagabonds de la terre de feu002.jpg
    Cette collection éditée pendant la seconde guerre mondiale (entre 1941 et 1942) par la Société Française d'Editions et de Publications Illustrées comprend 37 volumes au départ de 64 pages puis de 48 pages. On y trouve de l'aventure maritime, de l'aventure exotique et même de la science-fiction. Les couvertures sont illustrées par R. Dansler qui publia dans cette même collection La Princesse de la jungle déjà chroniqué sur ce blogue.
    La Société Française d'Editions et de Publications Illustrées éditait d'autres séries comme la collection Sphinx (romans policiers) ou Coeur de femme (romans d'amour) auxquelles Marcel Allain livra plusieurs titres.


    Un jeune homme est victime d'une forme de captation d'héritage, il est aidé par une femme qu'il prend au début pour une ennemie et doit affronter un homme qui cherche à mettre la main sur un coffret contenant l'héritage du jeune homme, qui se révèle être une concession d'un fabuleux champ pétrolifère.
    Très bien mais et la Terre de feu alors? L'intrigue s'y déroule justement. En revanche les Fuégiens sont fort peu présents. Nous noterons la crainte qu'ils font naître dans l'esprit de notre jeune héros :
    "La Terre de Feu! La terre de désolation! ...
    Il évoque les indigènes redoutables; les Feugiens cannibales!
    " (p. 11)

    Plus loin dans le fascicule, la jeune femme est victime d'un tir:
    "Ah! l'abominable chose: à l'épaule de la jeune fille une flèche s'est fichée... un flèche... l'arme silencieuse des Feugiens!
    Une peuplade de terribles indigènes les suivrait-elle donc? Un des féroces guerriers qui hantent ces terres a-t-il donc ajusté cette femme?
    " (p. 21)

    L'image est assez loin de celle évoquée par Georges Simenon quand il écrivait sous pseudonyme Les Voleurs de navire. Pourtant, nous remarquerons qu'une fois encore la Terre de Feu est celle des naufrageurs.
    Les Feugiens (comme l'écrit Marcel Allain) n'apparaîtront plus qu'une fois encore (p. 30-31). Commandés par le terrible ennemi du jeune homme, ils ne pourront sauver le captateur d'héritage et les deux jeunes gens se marieront: jeunes, beaux et riches!


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    Marcel Allain, Les Vagabonds de la Terre de Feu,
    collection Oeil de Faucon, n°7,
    Société Française d'Editions et de Publications Illustrées,
    sans date (1941)

  • Madame Brassey, Le Tour du monde en famille

    Le Tour du Monde en Famille, voyage de la famille Brassey dans son yacht Le Sunbeam raconté par la mère a été plusieurs édité par Alfred Mame et fils à la fin du XIXe siècle.
    L’ouvrage se présente sous la forme d’un gros et beau cartonnage agrémenté de 82 gravures sur bois.
    Il ne s’agit pas d’une fiction mais du récit de ce long voyage en famille (mais en yacht d'un confort tout à fait supportable tout de même !  - voir les reproductions des gravures ci-dessous) qui dura 46 semaines (du 1er juillet 1876 au26 mai 1877) au cours desquelles la famille parcourut 35 400 milles en consommant 350 tonnes de charbon.
    L’intérêt pour nous se limitera donc aux gravures. La circumnavigation emmène nos voyageurs le long des côtes sud-américaines où ils rencontrent quelques beaux types indiens.

    p. 12 : Le Sunbeam toutes voiles dehors (Chapitre I "Adieux à la « vieille Angleterre »" )

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    p. 13 : Salle à manger du Sunbeam (Chapitre I "Adieux à la « vieille Angleterre » ")
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    p. 113: Patagons (Chapitre VIII " Du Rio de la Plata à Punta-Arenas - Détroit de Magellan)

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    p. 115: Habitant de la Terre-de-Feu (Chapitre VIII " Du Rio de la Plata à Punta-Arenas - Détroit de Magellan)

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    p. 126: Les Fuégiens manquèrent l'amarre, et le yacht poursuivit sa route, accompagné de leurs malédictions (Chapitre IX " De Punta-Arenas à la Baie de Lota)

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    p. 135: Scène de marché à Valpareiso (Chapitre X " Le Chili" )

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    Je ne résiste pas et vous fait partager l'interprétation assez personnelle de l'illustrateur concernant le lion de mer:

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    Madame Brassey, Le Tour du Monde en Famille, voyage de la famille Brassey dans son yacht Le Sunbeam raconté par la mère, traduit de l'anglais par M. Ricahrd Viot,
    Alfred Mame et Fils Editeurs (Tours), 4e édition, 1896,
    illustré de 82 gravures sur bois.

     

     

  • H. de Graffigny, Prisonnier des Patagons

    Les Romans pour la jeunesse étaient édités par Rouff, l'un des grands éditeurs populaires avec Tallandier et Ferenczi par exemple.
    Quelques numéros de la collection de 1948 retiendront notre attention.
    C'est le cas de Prisonnier des Patagons, roman (de 32 pages) au texte serré comme toujours, heureusement que c'était édité pour la jeunesse car la taille miniscule des caractères demande de bonnes lunettes quand on commence à prendre un peu d'âge.

    L'histoire est classique: Louis Herbin, jeune chimiste parti chercher fortune aux Amériques (en Argentine pour être précis), sportif accompli, sauveur d'un jeune Italien grâce à ses talents en savate, s'embarque sur un navire vers le sud de l'Argentine. Une tempête dévie la route du cargo. Louis Herbin et son jeune ami italien débarquent dans une contrée hostile, sont attaqués par des Puelches, le jeune italien est tué et Louis Herbin réduit en esclavage. Son savoir lui permet de s'attirer l'estime de certains Patagons - mais aussi la haine d'autres qui voient d'un mauvais oeil ce Blanc prendre de l'importance dans la tribu. Louis n'a qu'une idée: fuir. Il y parvient in extremis à la dernière page!

    Quelques beaux portraits d'Indiens cruels, sanguinaires et tyranniques mais maniant habilement les boléadoras , les valeurs françaises portées haut et fort par Louis Herbin, la fuite finale et des réflexions sur civilisation et barbarie qui fleurent bon une idéologie désuète et surannée.

     

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    H. de Graffigny, Prisonnier des Patagons,
    Romans pour la jeunesse, n° 24,
    Editions Rouff, 1948.

  • Maurice Limat, La Montagne aux vampires

    Une nouvelle oeuvre de Maurice Limat, celle-ci fut publiée par Ferenczi, spécialiste de la "Petite Librairie".

    Des Vampires, voraces chauves-souris et non émules du comte Vlad Tepes dit Dracula (quoique...), ont élu domicile à proximité de l’hacienda de la Navidad dans la pampa argentine au pied des Andes et s’attaquent aux hommes blancs et à leur bétail.
    Santiago el Gaucho, à qui le propriétaire de l’Hacienda refuse la main de sa fille Carmen, part en jurant de ne revenir que quand « l’espèce des vampires du mont Antiriga sera détruite » (p. 6). Bel exemple de suicide amoureux…

    Sur la route, il rencontre sept « Araucans, ces Indiens féroces » qui nous sont ainsi décrits : « C’étaient d’admirables cavaliers, montant des chevaux nus, portant le classique casque de plumes et brandissant, qui une carabine vieux modèle, qui une lance, qui une sorte de tomahawk » (p. 7). Santiago, as de la gâchette, a tôt fait de mettre en déroute la petite troupe mais doit s’enfuir quand de nouveaux Araucans apparaissent, cette fois équipés d’arcs, arme qu’ils manient avec art. Arrivé le lendemain au pied du mont Antiriga, Santiago traverse, c’est classique, une cascade qui masque l’entrée d’une grotte. Le voici donc à l’intérieur du terrible mont. Les vapeurs sulfureuses font naître dans l’esprit de Santiago qu’il s’agit d’ « un volcan inactif depuis des siècles, et qui gardait un foyer dans ses flancs » (p. 14). « Dans les entrailles du mont infernal » (p. 15), la chaleur monte, ce qui explique que les vampires, originaires des forêts tropicales brésiliennes, puissent survivre sous un climat plus froid. Santiago lutte contre les chauves-souris qui infestent les tunnels du mont et les extermine.

    Cheminant dans « la continuation de l’ancienne cheminée volcanique » (p. 18), il parvient sur une sorte de plateau au centre duquel l’attend un vieux sorcier, le Vampire Rouge, entouré de vampires obéissants. Le Grand Sorcier des Araucans est celui qui a ramené les vampires sur ces terres, qui les a nourris (ce qui explique pourquoi coule dans les veines des vampires du sang araucan [sic] ) et dresser pour attaquer les Visages-Pâles. Santiago, qui ne fait pas dans le détail, abat le sorcier d’une balle en pleine tête. De retour à l’Hacienda, Santiago doit la défendre contre la colère des Araucans après la mort de leur sorcier. Grâce à l’aide de militaires argentins appelés à la rescousse, les Indiens sont mis en déroute (c’est une habitude). La prime touchée par Santiago pour avoir débarrassé la région des vampires lui permet d’acheter une hacienda et du bétail. Le Gaucho est devenu propriétaire. Plus rien ne s’oppose au mariage avec Carmen, fille de l’haciendero Antonio Sanchez.

     

    Comme souvent dans ces récits se déroulant dans la pampa argentine (voir par exemple Dans les Pampas. Les Jeunes Colons de G.A. Henty), l’esthétique « western » (voir aussi des fascicules purement western mettant en scène des peuples du soleil comme ceux de la série Texas Jack) l’emporte mais les éléments araucans (costumes, mœurs, sorcellerie,…) donnent une délicieuse ambiance exotique certes un tout petit peu différente du traditionnel Far west mais si peu. M'enfin, il s’agit du premier numéro de la, mythique !, collection Le Petit roman d’aventures publiée par Ferenczi. Rien que pour cela la mention est méritée !

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    Maurice Limat, La Montagne aux vampires,
    Le Petit roman d'aventures, n° 1,
    Ferenczi, 10 février 1936.
    Illustration de Georges Vallée.