03.01.2008

H. de Graffigny, Prisonnier des Patagons

Les Romans pour la jeunesse étaient édités par Rouff, l'un des grands éditeurs populaires avec Tallandier et Ferenczi par exemple.
Quelques numéros de la collection de 1948 retiendront notre attention.
C'est le cas de Prisonnier des Patagons, roman (de 32 pages) au texte serré comme toujours, heureusement que c'était édité pour la jeunesse car la taille miniscule des caractères demande de bonnes lunettes quand on commence à prendre un peu d'âge.

L'histoire est classique: Louis Herbin, jeune chimiste parti chercher fortune aux Amériques (en Argentine pour être précis), sportif accompli, sauveur d'un jeune Italien grâce à ses talents en savate, s'embarque sur un navire vers le sud de l'Argentine. Une tempête dévie la route du cargo. Louis Herbin et son jeune ami italien débarquent dans une contrée hostile, sont attaqués par des Puelches, le jeune italien est tué et Louis Herbin réduit en esclavage. Son savoir lui permet de s'attirer l'estime de certains Patagons - mais aussi la haine d'autres qui voient d'un mauvais oeil ce Blanc prendre de l'importance dans la tribu. Louis n'a qu'une idée: fuir. Il y parvient in extremis à la dernière page!

Quelques beaux portraits d'Indiens cruels, sanguinaires et tyranniques mais maniant habilement les boléadoras , les valeurs françaises portées haut et fort par Louis Herbin, la fuite finale et des réflexions sur civilisation et barbarie qui fleurent bon une idéologie désuète et surannée.

 

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H. de Graffigny, Prisonnier des Patagons,
Romans pour la jeunesse, n° 24,
Editions Rouff, 1948.

07.12.2007

Maurice Limat, La Montagne aux vampires

Une nouvelle oeuvre de Maurice Limat, celle-ci fut publiée par Ferenczi, spécialiste de la "Petite Librairie".

Des Vampires, voraces chauves-souris et non émules du comte Vlad Tepes dit Dracula (quoique...), ont élu domicile à proximité de l’hacienda de la Navidad dans la pampa argentine au pied des Andes et s’attaquent aux hommes blancs et à leur bétail.
Santiago el Gaucho, à qui le propriétaire de l’Hacienda refuse la main de sa fille Carmen, part en jurant de ne revenir que quand « l’espèce des vampires du mont Antiriga sera détruite » (p. 6). Bel exemple de suicide amoureux…

Sur la route, il rencontre sept « Araucans, ces Indiens féroces » qui nous sont ainsi décrits : « C’étaient d’admirables cavaliers, montant des chevaux nus, portant le classique casque de plumes et brandissant, qui une carabine vieux modèle, qui une lance, qui une sorte de tomahawk » (p. 7). Santiago, as de la gâchette, a tôt fait de mettre en déroute la petite troupe mais doit s’enfuir quand de nouveaux Araucans apparaissent, cette fois équipés d’arcs, arme qu’ils manient avec art. Arrivé le lendemain au pied du mont Antiriga, Santiago traverse, c’est classique, une cascade qui masque l’entrée d’une grotte. Le voici donc à l’intérieur du terrible mont. Les vapeurs sulfureuses font naître dans l’esprit de Santiago qu’il s’agit d’ « un volcan inactif depuis des siècles, et qui gardait un foyer dans ses flancs » (p. 14). « Dans les entrailles du mont infernal » (p. 15), la chaleur monte, ce qui explique que les vampires, originaires des forêts tropicales brésiliennes, puissent survivre sous un climat plus froid. Santiago lutte contre les chauves-souris qui infestent les tunnels du mont et les extermine.

Cheminant dans « la continuation de l’ancienne cheminée volcanique » (p. 18), il parvient sur une sorte de plateau au centre duquel l’attend un vieux sorcier, le Vampire Rouge, entouré de vampires obéissants. Le Grand Sorcier des Araucans est celui qui a ramené les vampires sur ces terres, qui les a nourris (ce qui explique pourquoi coule dans les veines des vampires du sang araucan [sic] ) et dresser pour attaquer les Visages-Pâles. Santiago, qui ne fait pas dans le détail, abat le sorcier d’une balle en pleine tête. De retour à l’Hacienda, Santiago doit la défendre contre la colère des Araucans après la mort de leur sorcier. Grâce à l’aide de militaires argentins appelés à la rescousse, les Indiens sont mis en déroute (c’est une habitude). La prime touchée par Santiago pour avoir débarrassé la région des vampires lui permet d’acheter une hacienda et du bétail. Le Gaucho est devenu propriétaire. Plus rien ne s’oppose au mariage avec Carmen, fille de l’haciendero Antonio Sanchez.

 

Comme souvent dans ces récits se déroulant dans la pampa argentine (voir par exemple Dans les Pampas. Les Jeunes Colons de G.A. Henty), l’esthétique « western » (voir aussi des fascicules purement western mettant en scène des peuples du soleil comme ceux de la série Texas Jack) l’emporte mais les éléments araucans (costumes, mœurs, sorcellerie,…) donnent une délicieuse ambiance exotique certes un tout petit peu différente du traditionnel Far west mais si peu. M'enfin, il s’agit du premier numéro de la, mythique !, collection Le Petit roman d’aventures publiée par Ferenczi. Rien que pour cela la mention est méritée !

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Maurice Limat, La Montagne aux vampires,
Le Petit roman d'aventures, n° 1,
Ferenczi, 10 février 1936.
Illustration de Georges Vallée.