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brunner

  • Le pillage du passé

    L’année de la célébration du quatrième centenaire de la victoire de l’Invincible Armada sur la marine anglaise, le licencié de la Société du Temps Don Miguel de Navarro est invité chez une aristocrate. Quand son hôte, la Marquesa di Jorque, affirme : « … je suis captivée par les ancienne civilisations, celle de Mexico, par exemple, qui a produit de tels chefs-d’œuvre d’or et de plumes ! » – Sans oublier cette amusante habitude de sacrifier des êtres humains en leur arrachant le cœur pour le leur montrer qaund ils sont encore vivant ! … ajouta Don Miguel d’un ton amer. » (p. 20-21)
    Pour prouver que tout ne pouvait être mauvais chez les Aztèques, elle lui présente un splendide masque dans un exceptionnel état de conservation : « C’était un magnifique buste de guerrier aztèque en feuilles d’or repoussées. Le visage carré et grimaçant faisait vingt bons centimètres de large, la coiffure était deux fois aussi haute, et, sur les côtés, les plaques d’épaules dépassaient d’au moins trente-cinq centimètres. » (p. 22-23)
    Malheureusement pour sa propriétaire, il s’agit d’un objet de contrebande temporelle qu’il convient de confisquer. Au terme de son enquête, Don Miguel remet en place le précieux masque dans l’atelier du artiste Nezahualcoyotl. A son retour, « en lui, vibrait encore le souvenir de cette vaste cité de Texcoco écrasée par la lumière des Tropiques, où il s’était retrouvé, vêtu de des culottes effrangées de l’époque » (p. 61-62). Encore a-t-il pu assister à une immolation Tezactlipoca. Ce voyage temporel lui inspire cette réflexion : « Malgré tous leurs talents, leur maîtrise de l’architecture, et leur organisation sociale, ces gens-là étaient des sauvages, habitués aux sacrifices humains les plus barbares. Ils comprenaient peut-être les mouvements des planètes, mais ils n’ont jamais utilisé la roue, excepté pour les jouets d’enfants. Nous leur sommes largement supérieurs, pourtant nous avons aussi nos défauts. […] nous gaspillons peut-être des merveilles. » (p. 63-64)

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    John Brunner, « Le pillage du passé » in A Perte de temps (Titre original : Times without number, 1969), collection Galaxie-bis n° 106, OPTA, 1984