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candide

  • Voltaire, Candide ou l'Optimisme

    voltaire candide disque.jpgAlors que Londres est inondée ce soir sur TF1 (adaptation du roman Flood de Richard Doyle, qui n'a rien à voir avec Londres engloutie de Richard Jefferies paru en VO en 1885), je lis quelques chapitres de Candide. C'est beaucoup plus sérieux que Les Mémoires de Capu Sumac.

     

    voltaire candide 1.jpgEn effet plusieurs chapitres de ce conte philosophique traitent des peuples sud-américains. Voltaire n’a aucune prétention à l’authenticité quant aux lieux, peuples, mœurs, cités représentés. L’Eldorado voltairien est une utopie de tolérance et de liberté et non une œuvre à caractère géographique. Quittant le Paraguay dirigé par les Jésuites après avoir tué un officier de la Compagnie de Jésus (le frère de Cunégonde), Candide flanqué de son valet Cacambo (péruvien né au Tucuman), ils fuient à travers l’Amérique du Sud. Entendant des cris de femmes, Candide tire sur deux singes qui lui semblaient menaçants. Or, les femmes viennent pleurer les primates et les dénoncent aux Oreillons. A leur réveil, ils se trouvent « entourés d'une cinquantaine d'Oreillons tout nus, armés de flèches, de massues et de haches de caillou : les uns faisaient bouillir une grande chaudière ; les autres préparaient des broches, et tous criaient : « C'est un jésuite, c'est un jésuite ! nous serons vengés, et nous ferons bonne chère ; mangeons du jésuite, mangeons du jésuite ! » » (Chapitre Seizième).

    Prouvant qu’ils sont des ennemis des Jésuites, Candide et Cacambo sont libérés et poursuivent leur périple, cherchant à rejoindre la Cayenne (l’actuelle Guyane). Perdus, ils découvrent une petite barque et se laissent porter par une rivière. Ils parviennent miraculeusement au pays d’ Eldorado. L’or et les pierres précieuses se ramassent à la pelle sur les chemins et les habitants du pays les méprisent totalement. Candide et son valet rencontrent quelques gueux, des marchands, font bonne chère dans une hôtellerie qui, comme toutes les autres sont payées par le gouvernement et un vieillard âgé de 172 ans. Ce dernier leur apprend l’histoire du royaume : « Je suis âgé de cent soixante et douze ans, et j'ai appris de feu mon père, écuyer du roi, les étonnantes révolutions du Pérou dont il avait été témoin. Le royaume où nous sommes est l'ancienne patrie des Incas, qui en sortirent très imprudemment pour aller subjuguer une partie du monde, et qui furent enfin détruits par les Espagnols.
    « Les princes de leur famille qui restèrent dans leur pays natal furent plus sages ; ils ordonnèrent, du consentement de la nation, qu'aucun habitant ne sortirait jamais de notre petit royaume ; et c'est ce qui nous a conservé notre innocence et notre félicité. Les Espagnols ont eu une connaissance confuse de ce pays, ils l'ont appelé El Dorado, et un Anglais, nommé le chevalier Raleigh, en a même approché il y a environ cent années ; mais, comme nous sommes entourés de rochers inabordables et de précipices, nous avons toujours été jusqu'à présent à l'abri de la rapacité des nations de l'Europe, qui ont une fureur inconcevable pour les cailloux et pour la fange de notre terre, et qui, pour en avoir, nous tueraient tous jusqu'au dernier.
    » (Chapitre dix-huitième).

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    François Marie Arouet dit Voltaire, Candide ou l’Optimisme,
    Traduit de l'allemand de M. le docteur Ralph avec les additions qu'on a trouvées dans la poche du docteur, lorsqu'il mourut à Minden, l'an de grâce 1759, Genève, 1759 (édition Princeps)