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  • Lucie Dufresne, L'Homme-ouragan

    En faisant des recherches sur internet, je suis tombé sur cette critique du livre de Lucie Dufresne (voir ci-dessous). Je connais la référence depuis un bon bout de temps mais je n'ai toujours pas acheté l'ouvrage (publié au Canada). J'en profite pour lancer un appel aux lecteurs d'outre-atlantique qui auraient des références d'ouvrages, des reproductions de couvertures,... d'oeuvres susceptibles de m'intéresser.

    L'idée que les Vikings soient descendus bien plus bas que le Vinland a été plusieurs fois exploitée par les auteurs soit de fiction historique soit de d'oeuvres ressortissant plus des littératures de l'imaginaire. Sur ce blog, on peut trouver les références des deux tomes du roman de Pierre Bameul, Pour nourrir le soleil, (La Saga d’Arne Marsson et Le Choix des destins) uchronie dans laquelle des Vikings organisent une armée indienne (des Cheerokees semble-t-il) et créent l'empire aztèque.

    La chronique retient deux grands textes consacrés au Vinland la Saga d'Erik le Rouge et la Saga des Groenlandais rédigées environ 250 ans après la colonisation du Groënland.

    L'intérêt du livre de Lucie Dufresne semble donc (difficile de se faire une opinion sans avoir lu l'ouvrage) tenir dans l'ancrage historique (contrairement à ceux de Pierre Bameul où l'intérêt est plus du côté du développement d'une civilisation à travers le temps et des conséquences de la divergence initiale).

    "Que les Vikings aient multiplié les parties de pêche au large des côtes nord-américaines, et ce, quelques siècles avant que l'Espagne de Colomb s'enorgueillisse naïvement d'avoir découvert un nouveau continent, plus personne ne le conteste. En revanche, avancer qu'un fils d'Erik le Rouge soit devenu, au terme d'une téméraire exploration et d'un fabuleux concours de circonstances, le grand Quetzalcoatl, puissant empereur des Toltèques, ça fait davantage froncer les sourcils. À partir de cette prémisse folle mais historiquement plausible, Lucie Dufresne a développé un premier roman qui ne passe pas inaperçu.

    Ari, fils de Le Rouge et de la druidesse Grimhildr, est promis depuis sa naissance à un destin extraordinaire. Destin qu'il force un peu lorsque, tout jeune encore, il s'embarque en cachette sur un bateau qui, depuis une colonie viking établie au Vinland (quelque part au bord de Terre-Neuve), va longer la côte vers le sud. Une exploration qui vire au cauchemar: après avoir vu la mort de près sur un océan démonté, Ari se retrouve à la dérive sur une coque éventrée, aux côtés du seul autre survivant de l'équipée, Melkolf, un esclave chrétien qui ne fait que se plaindre depuis qu'on l'a déraciné d'Irlande.

    Vous devinez la suite: pour les imberbes Toltèques, peuple du plateau central de l'actuel Mexique, ce naufragé à la barbe rousse flanqué d'un colosse hirsute ne peut être un homme comme les autres. Rapidement promu homme-dieu par ceux qui l'ont recueilli, Ari va réaliser que sa malchance a tout de la bonne fortune. Et si le scénario pourrait être celui d'un film de Disney, on ne peut s'empêcher de penser, comme lecteur, au bien réel et troublant parallèle historique évoqué dans les documents promotionnels de L'Homme-ouragan: à l'apogée de Tollan, capitale des Toltèques, soit vers le tournant du premier millénaire, un dieu conquérant à la barbe rousse aurait bel et bien régné avec faste...

    Fort calée en histoire de l'Amérique précolombienne - elle est l'auteure d'une thèse de doctorat sur les Mayas -, Lucie Dufresne n'est pas avare de détails. On découvre, les yeux ronds, la formidable organisation sociale des Toltèques, leur civilisation dont on dirait volontiers qu'elle était alors la plus évoluée du monde, si les sacrifices humains n'y étaient pas chose courante. Les cérémonies sacrificielles, que les deux compagnons observent de plus en plus près au fil de l'ascension politique d'Ari, leur donneront d'ailleurs bien des haut-le-cœur.

    L'Homme-ouragan a les défauts de ses qualités, des charmes qui en font aussi les limites. Si on sent bien le projet de mettre de la chair autour de cette incursion fort documentée dans l'univers des Toltèques, 500 pages s'avèrent peu de choses pour intriquer une véritable psychologie des personnages et un portrait de civilisation. Mais on touche là aux limites propres à un genre, celui de la fiction historique, et Lucie Dufresne n'en parvient pas moins à faire résonner en nous son hypothèse, qui ne manque pas d'exciter l'imaginaire parce que vachement crédible. "

    source: http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=10&article=29572

    Lucie Dufresne, L'Homme-ouragan,VLB éditeur, 2003, 528 pages