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fuegiens

  • Marcel Allain, Les Vagabonds de la Terre de feu

    Marcel Allain est resté célèbre pour la série Fantômas qu'il commença à écrire avec Pierre Souvestre en 1911. Sa féconde carrière ne s'arrête pas là, il reprit Fantômas après la mort de Pierre Souvestre et écrivit des centaines d'ouvrages.

    Celui qui nous intéresse aujourd'hui s'intitule Les Vagabonds de la Terre de feu, paru dans la collection Oeil de Faucon en 1941. allain les vagabonds de la terre de feu002.jpg
    Cette collection éditée pendant la seconde guerre mondiale (entre 1941 et 1942) par la Société Française d'Editions et de Publications Illustrées comprend 37 volumes au départ de 64 pages puis de 48 pages. On y trouve de l'aventure maritime, de l'aventure exotique et même de la science-fiction. Les couvertures sont illustrées par R. Dansler qui publia dans cette même collection La Princesse de la jungle déjà chroniqué sur ce blogue.
    La Société Française d'Editions et de Publications Illustrées éditait d'autres séries comme la collection Sphinx (romans policiers) ou Coeur de femme (romans d'amour) auxquelles Marcel Allain livra plusieurs titres.


    Un jeune homme est victime d'une forme de captation d'héritage, il est aidé par une femme qu'il prend au début pour une ennemie et doit affronter un homme qui cherche à mettre la main sur un coffret contenant l'héritage du jeune homme, qui se révèle être une concession d'un fabuleux champ pétrolifère.
    Très bien mais et la Terre de feu alors? L'intrigue s'y déroule justement. En revanche les Fuégiens sont fort peu présents. Nous noterons la crainte qu'ils font naître dans l'esprit de notre jeune héros :
    "La Terre de Feu! La terre de désolation! ...
    Il évoque les indigènes redoutables; les Feugiens cannibales!
    " (p. 11)

    Plus loin dans le fascicule, la jeune femme est victime d'un tir:
    "Ah! l'abominable chose: à l'épaule de la jeune fille une flèche s'est fichée... un flèche... l'arme silencieuse des Feugiens!
    Une peuplade de terribles indigènes les suivrait-elle donc? Un des féroces guerriers qui hantent ces terres a-t-il donc ajusté cette femme?
    " (p. 21)

    L'image est assez loin de celle évoquée par Georges Simenon quand il écrivait sous pseudonyme Les Voleurs de navire. Pourtant, nous remarquerons qu'une fois encore la Terre de Feu est celle des naufrageurs.
    Les Feugiens (comme l'écrit Marcel Allain) n'apparaîtront plus qu'une fois encore (p. 30-31). Commandés par le terrible ennemi du jeune homme, ils ne pourront sauver le captateur d'héritage et les deux jeunes gens se marieront: jeunes, beaux et riches!


    allain les vagabonds de la terre de feu001.jpg

    Marcel Allain, Les Vagabonds de la Terre de Feu,
    collection Oeil de Faucon, n°7,
    Société Française d'Editions et de Publications Illustrées,
    sans date (1941)

  • Jules Verne, Le Phare du bout du monde

    verne le phare du bout du monde 2.jpgL’intrigue du roman Le Phare du bout du monde se déroule… au bout du monde. Plus précisément sur « L’Île des États, nommée aussi Terre des États, […] située à l’extrémité sud-est du nouveau continent » (chapitre II). Mais où est-ce ? Jules Verne, toujours très didactique, nous renseigne: « C’est le dernier et le plus oriental fragment de cet archipel magellanique que les convulsions de l’époque plutonienne ont lancé sur ces parages du cinquante-cinquième parallèle, à moins de sept degrés du cercle polaire antarctique. ».

    "Malgré les dangers très sérieux que courent leurs embarcations, en traversant le détroit de Lemaire, les Fuégiens y viennent quelquefois faire de fructueuses pêches" On apprend encore que "pendant la belle saison, les Fuégiens ou Pécherais y font de rares apparitions, lorsque le gros temps les oblige à y relâcher."

    Ces peuples sont présentés comme tout à fait pacifiques : "Il n’est pas inutile de répéter que la sécurité des trois gardiens paraissait être complète, si isolée que fût l’Île des États, à quinze cents milles de Buenos-Ayres, d’où pouvaient seulement venir le ravitaillement et les secours. Les quelques Fuégiens ou Pécherais qui s’y transportaient parfois pendant la belle saison n’y faisaient point un long séjour, et ces pauvres gens sont, au surplus, tout à fait inoffensifs. La pêche achevée, ils avaient hâte de retraverser le détroit de Lemaire et de regagner le littoral de la Terre de Feu ou les îles de l’archipel."

    L’île n’est pas si tranquille : elle abrite aussi des pilleurs d’épaves (qui sont aussi des naufrageurs) : "Ce n’était qu’un ramassis de gens originaires du Sud-Amérique. Cinq d’entre eux étaient de nationalité argentine ou chilienne. Quant aux autres, vraisemblablement des natifs de la Fuégie, recrutés par Kongre, ils n’avaient eu qu’à traverser le détroit de Lemaire pour compléter la bande, sur cette île qu’ils connaissaient déjà pour y être venus pêcher pendant la belle saison. "(chapitre IV)

     

    La récolte précolombien est très faible comme souvent chez Jules Verne qui s'est peu intéressé à ces peuples.

     

    Jules Verne, Le Phare du bout du monde, nombreuses éditions.

     

  • Georges Sim, Les Voleurs de navires

    Si Georges Simenon est surtout connu pour la série des Maigret (et l'on lira avec profit Les Nombreuses vies de Maigret de Jacques Baudou), il fut aussi un gros producteur d'ouvrages ressortissant de la littérature populaire. Romans sentimentaux, mélodrames, proto-science-fiction, romans d'aventures,... la palette est large. Malheureusement pour nous peu de romans du premier Simenon (celui avant Maigret) mettent en scène des Précomlobiens ou leurs descendants. Nous retiendrons tout de même Les Voleurs de navires publié par Tallandier dans lequel apparaissent des habitants "indigènes" de la Terre de Feu. Simenon sacrifie aux stéréotypes du temps (j'ose dire: pour notre plus grand plaisir):

    "- Vous croyez que ce ne sont pas des sauvages?
    - Peut-être des Fuégiens, car ce sont eux que l'on rencontre le plus souvent dans l'archipel. Ils ne sont pas méchants. ce sont des hommes arriérés, sans culture, mais ce sont des hommes quand même et sans doute..." (p. 33)
    Le personnage est interrompu par une clameur qui annonce une bonne volée de sagaies. Il a sans doute été entendu :-D

    Simenon décrit ainsi les Fuégiens:
    "Un Européen [...] ne peut contenir un sentiment de gêne extrême en apercevant pour la première fois les habitants de la Terre de Feu, qui ne sont ni des Indiens, ni des Esquimaux, mais qui ont la peau blanche, à peine plus rougeâtre que la nôtre" (p. 34)

    Rassurons-nous les Fuégiens sont bien vite remis à leur place: ce sont des monstres (de petits monstres de la taille d'un enfant de quatorze ans) et mieux: "Les femmes étaient plus laides que les hommes, avec le nez très épaté, les lèvres épaisses, et presque toutes portaient sur leur dos un ou deux bébés." (p. 35)
    Pourtant les Fuégiens ne sont pas de mauvaises gens. Ils aideront les héros à lutter contre une bande de pirates dont le chef veut devenir maître du monde (rien de moins).

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    Georges Sim, Les Voleurs de navires,
    "Grandes Aventures et voyages excentriques", n° 153,
    éditions Tallandier, avril 1927
    Réédition: Les Romans d'aventures de Georges Sim, n° 1,
    Librairie Tallandier, 1954