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george spad

  • Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessoneau, La Brigade Chimérique IV

    brigade chimerique marque page.jpgAlors que le dernier numéro du Rocambole vient de sortir, évoquant en plusieurs pages Renée Dunan, femme écrivain d'avant 1940, auteur de quelques ouvrages ressortissant de l'anticipation anicenne (j'y reviendrai sans doute), je viens de recevoir le tome IV de La Brigade Chimérique. Les lecteurs réguliers de ce blogue savent tout l'intérêt que je porte à cette magnifique série.

    Quel rapport entre les deux? Les liens qui existaient entre Renée Dunan et George Spad et leur possible-probable collaboration dans l'écriture de L'Homme Chimérique qui a servi de matériau de base aux scénaristes de La Brigade Chimérique.

    Serge Lehman est un fin connaisseur de l'anticipation ancienne. Il fut l'anthologiste de Chasseurs de chimères, l'âge d'or de la science-fiction française. Dans ce volume fort paru aux éditions Omnibus, on trouve des textes essentiels choisis par les envrion 3.000 oeuvres qui constituent le fonds anticipation ancienne francophone (et pour beaucoup malheureusement méconnus): Les Xipéhuz de J.-H. Rosny Aîné (auteur de La Guerre du feu); La Roue fulgurante de Jean de La Hire; La Découverte de Paris d'Octave Béliard; Le Péril bleu de Maurice Renard; Anthéa de Michel Epuy; Les Dieux rouges de Jean d’Esme; Après la grande migration de Claude David ; Par-delà l’univers de Raoul Brémont; Le Peseur d’âmes de André Maurois; Les Signaux du soleil de Jacques Spitz; Apparition des surhommes de B.R. Bruss. Il faudrait écrire un article complet pour vanter toutes les qualités de cette anthologie. Soulignons simplement que l'exhumation de ces textes permet de montrer l'originalité de l'école française science-fictionnelle.

    Fabrice Colin a été plusieurs fois évoqué ici pour son premier roman de SF, Projet oXatan qui emprunte à l'imaginaire précolombien.

    La Brigade Chimérique en arrive à son quatrième tome. Chaque tome compte deux épisodes. Nous avons ici l'épisode 6 "Politique internationale" et le 7 "H-A-V-russe".
    Disons-le d'emblée: c'est toujours aussi bon!

    Dans l'épisode 6, le Nyctalope (qui est sans doute historiquement le premier super-héros du monde, né en 1908-1909 - sous la plume de Jean de la Hire - soit 30 ans avant Superman) a quitté Paris. A l'Institut du Radium, Irène Joliot-Curie aimerait en profiter pour introduire la Brigade Chimérique au CID (la base du Nyctalope située sous Montmartre). Mais la graphomanie de George Spad commence à poser de sérieux problèmes et, pendant ce temps, Félifax l'homme-tigre (un héros créé en 1929 par Paul Féval fils - son père est l'auteur du Bossu en 1857 ou des Habits Noirs 1863-1875 par exemple) effectue une mission de reconnaissance aux frontières de l'épouvante (il ne faut pas en dire plus, c'est mis en scène de manière tout à fait glaçante dans le 7ème épisode).

    Dans l'épisode 7, le Docteur Mabuse (génie du crime créé par le Luxembourgeois Norbert Jacques et popularisé par les films de Fritz Lang), le Werewolf (un nazi loup garou) et l'Ange Bleu (les références cinématographiques foisonnent!) unissent leurs efforts pour accueillir un mystérieux visiteur alors qu'à Moscou le Nyctalope et L'Accélérateur tentent de négocier avec "Nous Autres" (du nom d'un roman de science-fiction de Ievgueni Zamiatine paru en 1920). En quelques pages, toute l'horreur nazie est dessinée. Effroyable.

    Il reste maintenant à patienter pour connaître la suite de l'histoire. Tiens, je me relire l'intégrale des quatre volumes déjà parus!

    Ah oui, j'oubliais: mais que va faire le lecteur qui n'y connaît rien à l'anticipation ancienne dans une pareille galère de lecture?

    1/ Ce n'est pas une galère du tout si l'on ne découvre pas toutes les références implicites (il doit bien m'en manquer aussi).
    2/ La série est scénarisée dans la grande tradition des feuilletonistes et donc parfaitement accessible à tout un chacun.
    3/ L'univers graphique créé par Gess s'inspire du cinéma expressionniste allemand et du Bauhaus: maginfique.
    4/ La documentation est très travaillée: costumes, décors, personnages, contexte,...
    5/ Les volumes I-II-III sont sélectionnés pour Le Grand Prix de l'Imaginaire 2010, catégorie BD (remise des prix fin mai).
    6/ Je vous redis que c'est bien

    Ca fait donc six bonnes raisons de se précipiter pour l'acquérir!

    brigade chimérique IV.jpg

    A lire: Une autre critique sur le blogue de Rom1.

  • Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessoneau, La Brigade Chimérique IV

    Le site de L'Atalante indique que le volume IV de la série La Brigade Chimérique paraîtra le 25 mars 2010.
    Les deux nouveaux épisodes ont pour titre:

    - Épisode 6: Politique internationale
    - Épisode 7 : H-A-V Russe

    La couverture a déjà été dévoilée...

    Pour la découvrir:

    Lire la suite

  • Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessoneau, La Brigade Chimérique

    Si j'ai déjà évoqué longuement George Spad (voir "le dossier George Spad" dans la colonne de gauche), je n'ai pas véritablement parlé de La Brigade Chimérique, la série de bande dessinée avec Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario, Gess au dessin et Céline Bessoneau à la couleur.

    Pourquoi n'y a -t-il pas de super-héros en France dignes des Superman, Batman et autres Spiderman? Bonne question. En fait, et je vais un petit m'éloigner du sujet, il y a bien eu des super-héros comme Le Nyctalope de Jean de la Hire, et des super-méchants comme Fantômas ou Zigomar.

    La Brigade Chimérique est une série de BD en 12 épisodes qui met en scène ces héros oubliés. Elle est basé sur le roman signé George Spad intitulé L'Homme Chimérique (je renvoie au site de la Société des Amis de George Spad afin d'avoir de plus amples informations sur la série initiale) et ses séquelles.

    Les auteurs de la BD font revivre un monde certes mais aussi et surtout nous rappelle la formidable floraison de héros (parfois tout à fait improbables) qui virent le jour entre les deux guerres et qui trouvent ici une seconde jeunesse.

    Les Editions L'Atalante proposent la petite vidéo ci-dessous pour faire connaître cette saga qui s'impose comme l'une des meilleures séries BD SF de l'année. La vidéo a été réalisée par Soledad Ottone et diffusée dans le cadre de l'exposition consacrée à La brigade chimérique lors des Utopiales 2009.

     


  • De quelques vérités à (r)établir sur George Spad

    Dans un article publié sur le site de la Société des Amis de George Spad, Jean Breuil lance des affirmations qui ne peuvent que faire réagir les chercheurs un peu sérieux. Plutôt que de répondre par un long article, je vais tenter de démêler le vrai du faux paragraphe par paragraphe.

    « Comme René Daumal, Antonin Artaud, Louis Aragon, George Spad eut des démêlés avec le "Pape du surréalisme" André Breton comme plus tard Salavador Dali ou Simon Hantaï. »

    Très franchement comment comparer George Spad, avec ces artistes parfaitement connus ? Le sujet que l’on étudie a toujours tendance à paraître central mais il faut aussi savoir raison garder.

    Que George Spad / Henriette Blanche Perrier ait rencontré André Breton, peut-être mais aucun ouvrage de référence (que ce soit du domaine des études sur le surréalisme ou bien sur la littérature populaire) ne mentionne cette rencontre(*). C’est tout de même assez étrange de souhaiter ensuite rétablir la vérité : sur quelles sources ?

    Dans son ouvrage biographique Recuerdos del surrealismo (réédité par les éditions El Tucan de Virginia en 1997 avec une préface de Lourdès Andrade, p. 118) [...]".

    Le livre sur lequel s’appuie Jean Breuil ne semble pas même exister ( je ne l'ai pas trouvé dans le catalogue bibliographique de la bibliothèque nationale du Mexique), ce qui est pour le moins gênant pour prouver quoi que ce soit. La confusion est habilement entretenue en intégrant une maison d’édition et un préfacier bien réels. Il semble bien que nous soyons là du côté de la pure fantaisie ou bien du fantasme. A trop vouloir prouver... Pourtant nous ne condamnerons pas totalement le passage qui suit :

    Ce n'est pas la fréquentation de la littérature populaire qui gênait Breton - on le sait les surréalistes furent friands du grand roman en trente-deux épisodes Fantômas ou encore des fameux italiques de Gaston Leroux - mais son acceptation d'un contrat (plutôt confortable) avec l'éditeur Louis Querelle pour la rédaction d'un épisode de la série Le Nyctalope de Jean de la Hire.

    [...]

    Pour voir paraître cette aventure du Nyctalope, ce sont pas moins de cinq ans qui s'écoulent après la précédente (La Croisière du Nyctalope, 1936). Jean de la Hire avait intimé l'ordre à Louis Querelle de changer d'illustrateur et à George Spad de réviser sa copie.

    Ici se dessine une piste intéressante. George Spad / Henriette Blanche Perrier a travaillé pour les éditions Louis Querelle à plusieurs reprises, cela est bien établi. Nous avons vu son rôle dans la création de L’Homme Chimérique (nous y reviendrons), sans doute est-ce elle qui rédigea (seule cette fois) Les Pirates du Radium ainsi que d’autres épisodes publiés de manière éparses à la fois dans des périodiques et sous forme de volumes (la bibliographie n’est pas complète) et elle a aussi commis au moins un fascicule contenant une survivance inca (La Vallée sacrée des Incas dont nous avons parlé dans un précédent article) ainsi que d'autres relevant de la littérature sentimentale. Que Jean de la Hire (ou son éditeur) cherchât un nègre littéraire, cela est tout à fait plausible. George Spad / Henriette Blanche Perrier pouvait être une sérieuse candidate.

    Nous voici donc dans la partie la plus intéressante de l’article (et sans doute celle qui repose sur des preuves qui pourraient devenir tangibles).

    L'épisode parut finalement en 1941 sous le titre La Croix du sang aux Editions R. Simon (illustration ci-dessus) sous la seule signature de Jean de la Hire (sans déterminant sur la couverture) […] alors que George Spad avait intitulé le manuscrit Le Nyctalope contre tous les périls (le titre est moranien à souhait, Henri Vernes s'en souviendra comme il donnera comme caractéristique à son célèbre aventurier d'être lui aussi nyctalope). Il est amusant de constater que le volume est précédé d'une étude sur le roman littéraire et le roman populaire par Marcel de Bare qui semble être... Jean de la Hire lui-même. Rendons tout de même justice à La Hire: l'ouvrage a été profondément remanié avant publication, nous sommes plus face à un co-autoriat qu'à un pur travail de nègre littéraire.

    Le procès de Breton porte moins sur le genre littéraire que sur le fond de l'oeuvre: le Nyctalope est un personnage dans lequel Jean de La Hire investit peu à peu un esprit cocardier qui n'est pas du goût des surréalistes. Ils n'avaient peut-être pas tort vu le destin de Jean de la Hire pendant l'Occupation allemande...

    La conclusion revient sur un terrain pour le moins glissant. Les procès de Breton ont été publics, les victimes comme l’accusateur n’hésitant jamais à faire connaître les griefs des uns et des autres. En revanche que le surréalisme condamne un héros de la trempe du Nyctalope, c’est fort probable (et pour les raisons indiquées par Jean Breuil).

    Alors quels furent les rapports entre George Spad / Henriette Blanche Perrieret le mouvement surréaliste ? Sans doute une sorte de compagnonnage (obscur pour le moins) dans le sillage de Renée Dunan (et ici la question du lesbianisme est posée mais s’il devait être avéré, il serait plutôt du côté de l’expérience que du dévouement corps et âme à Lesbos) et le passage fut éphémère (pour ne pas dire fugace), il en reste quelques poèmes (je ne sais pas exactement combien) qui mériteraient peut-être qu’on s’y intéresse pour constater la manière utilisée par George Spad / Henriette Blanche Perrier dans la poésie surréaliste.
    Enfin, quel fut le destin de George Spad / Henriette Blanche Perrier pendant la guerre ? Fut-elle protégée par ses relations avec Jean de La Hire ?

    Ce qui est enthousiasmant avec la littérature populaire, c’est qu’à chaque fois que l’on répond à une question de nombreuses autres surgissent!


    * On nous a tout de même signalé une lettre de George Spad / Henriette Blanche Perrier dans laquelle elle parle d’une lettre à André Breton (vous me suivez ?) mais rien ne prouve que cette dernière lettre fut envoyée.

    PS : Nous reviendrons prochainement sur L’Homme Chimérique, les parts respectives de Renée Dunan et de Henriette Blanche Perrier dans l'inspiration et la rédaction, l’histoire de sa redécouverte, l’intrigue et ses suites.

  • George Spad, La Vallée sacrée des Incas

    Depuis quelques temps le nom de George Spad refait surface. Cet auteur bien oublié de la vieille science-fiction française (à une époque où elle avait pour nom "merveilleux scientifique" ou "anticipation") mérite pourtant notre attention à plus d’un titre (et notamment pour le sujet qui occupe ce blog). Grâce à Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario et à Gess aux images et à la conception graphique, George Spad est devenu(e) un personnage de la série La Brigade Chimérique comme d’autres auteurs, pensons à Jules Verne ou bien à Conan Doyle qui apparaissent dans de nombreux romans.
    A partir de quelques éléments en notre possession, nous allons tenter de mieux faire connaître cet auteur et son oeuvre. Il s'agit d'une ébauche. Toute aide sera la bienvenue.

    Un auteur énigmatique

    Il nous faut tout d’abord avouer qu’une bonne part de la vie de l’auteur est pour le moins obscure. Les éléments biographiques sont épars et la bibliographie complète de George Spad reste à établir. Les principales sources concernant la science-fiction ancienne sont muettes : rien dans l’Encyclopédie de Versins ni dans le bel essai sur la science-fiction ancienne française qui clôt l’ouvrage Les Terres Creuses de Joseph Altairac et Guy Costes. Pourtant les pièces du puzzle biographique commencent à être rassemblées grâce à l’infatigable Serge Lehman (à qui l’on doit déjà l’anthologie Chasseurs de Chimères) et à l’érudit Helmut Hardt. Nous sommes ainsi en mesure d’indiquer que George Spad, selon une pratique très répandue de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1950, est le pseudonyme d’une femme dont l’identité nous a longtemps échappée. Nous avons parcouru tous les numéros du Rocambole sans trouver la réponse pourtant les Révélations du Rocambole (dans le numéro 38 de la revue Le Rocambole, printemps 2007) nous a donné une piste : Georges Dunan. D’aucuns voient en Georges Dunan un continuateur de Renée Dunan (qui serait morte en 1936 mais cette date est contestée, certains, prudents, indiquent que la date de décès est inconnue). Vous vous y perdez ? C’est bien normal : dans la jungle des pseudonymes retrouver son chemin est souvent complexe. Toujours est-il que George Spad est le pseudonyme de Huguette Blanche Perrier (1893-19 ??, fille d’Etienne Perrier et Georgette Spadinier (comme nous l’apprend son acte de mariage en 1917, voir plus bas)

    Des rencontres marquantes

    Commençons par le plus simple : née à Pantin, elle fréquente Julien Torma (1902-1933 - orphelin, élevé par son beau-père, il deviendra ami de Max Jacob, fréquentera René Crevel, Robert Desnos ou Jean Vigo, publiera quelques œuvres de son vivant avant d’être redécouvert tardivement au milieu des années 1950) sur les bancs de l’école communale dans cette commune. Il semblerait que ce soit l’école située aujourd’hui rue Denis Papin. Ils entretiendront une longue amitié jusqu’au service militaire de Julien en 1922 ou 1923. Le samedi 2 octobre 1917, à Lauwin-Planque, Huguette Blanche Perrier se marie avec le lieutenant Bernard Malerne qui meurt peu de temps après au front.

    Un moment de bonheur dans la tourmente de la guerre: le mariage de George Spad (en blanc au premier rang) et Bernard Malerne (à gauche, reconnaissable à son pantalon militaire)

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    En 1919, une fois la guerre finie, elle publie L’Homme Chimérique (Editions Louis Querelle, mai 1919) fortement marqué par le traumatisme de rosny l'enigme de givreuse.jpgla Der des Ders. Le héros a les traits de Bernard Malerne mais l’intrigue semble être un démarquage de L’Enigme de Givreuse (1917, réédité chez Néo en 1982) de JH Rosny. Cet ouvrage connaît un destin éditorial de nombreux livres relevant de la littérature populaire : aucune réédition, peu connu (hormis de quelques spécialistes de l’anticipation ancienne), tombé dans l’oubli alors qu’il eut un certain succès à l’époque. En 1920, George Spad rencontre (soit au début de la publication de la série L’Homme chimérique) Renée Dunan (1892-1936 ?), femme de lettres, journaliste et romancière que l’on peut qualifier de sulfureuse. Ont-elles eu une relation plus qu’amicale ? Nul ne peut le dire. Il reste quelques lettres, vestiges de leur correspondance qui fut nourrie pendant les années 1926 (janvier)-1928 (octobre). Datée du 17 octobre 1928, la dernière lettre dont nous avons pu avoir connaissance grâce à l’amical soutien de Marc Tadurbat, sonne comme une rupture mais rien n’indique qu’il s’agisse d’une rupture amoureuse. La publication aux Editions Louis Querelle de Cantharide, roman de mœurs parisiennes par Renée Dunan semble être à l’origine de la brouille entre les deux femmes. Louis Querelle assure une promotion à l’œuvre qui va nuire pendant quelques mois à la série L’Homme Chimérique de George Spad qui se tourne vers une production de contes et nouvelles plus alimentaire que littéraire. Mais la brouille peut aussi avoir comme source la fréquentation par George Spad du mouvement surréaliste dans lequel elle a pénétré grâce à l’entremise de son ami d’enfance Julien Torma. Elle publie alors quelques poèmes de tonalité surréaliste dans des revues à faible tirage mais comme Léo Malet plus tard, sa fréquentation de la littérature populaire l’exclue de fait du mouvement aux marges duquel elle reste néanmoins, les épisodes tardifs de L’Homme chimérique reprenant avec jubilation certaines tournures de l’esprit surréaliste.

    En 1934, elle se marie avec Jean Telort (photo ci-dessous, vers 1937).

     

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    La même année, le dernier épisode connu de L’Homme Chimérique paraît (est-ce bien le 28ème?). La série s’arrête brutalement sans qu’aucune raison semble pouvoir l’expliquer. Nous perdons la trace de George Spad en 1938. Une lettre datée du mardi 4 janvier 1938 adressée à un certain Roland Saint Rose reste pour le moment sa dernière trace.

    Pourtant, l’œuvre de George Spad n’a pas été totalement oubliée. Serge Lehman s’en est inspiré pour La Brigade Chimérique (titre qui sonne comme un bel hommage à L’Homme chimérique) et nous avons pu nous procurer le fascicule La Vallée sacrée des Incas (il manque malheureusement la couverture de notre exemplaire) qui a toute sa place sur ce blog.

    Bibliographie partielle

    Avertissement : Aucune des œuvres signées George Spad n’a été déposée à la BNF. (c'est assez courant pour le domaine qui nous intéresse) Nous ne connaissons, et encore seulement partiellement, que la série L’Homme chimérique (dont une partie a été publiée aux Editions Louis Querelle) et le fascicule La Vallée sacrée des Incas. Nous n’avons pas trouvé de texte signé Huguette Blanche Perrier (ou tout autre combinaison). Nous ne connaissons qu’un ouvrage de vulgarisation technique consacrée au travail des lingères signé Blanche Perrier mais nous doutons qu’il s’agisse de la même personne. Cette bibliographie partielle est destinée à être complétée  par toutes les personnes qui auraient des informations. Par avance merci !

    1/ L’homme chimérique, Editions Louis Querelle, série publiée de 1919 à 1934 chez plusieurs éditeurs et selon plusieurs formats. L’Homme chimérique compterait 28 épisodes (le conditionnel s’impose). Certains sont des romans (comme justement L’Homme chimérique qui ouvre la série), d’autres sont des nouvelles publiées de manière dispersée dans les journaux et revues de l’époque. Le travail bibliographique est en cours. Serge Lehman possède le premier volume de manière certaine. Il a analysé dans un fanzine dont le titre m’échappe la fonction centrale de la césure psychique du personnage principal dans L’Homme Chimérique. Marc Tadurbat nous a présenté les quatrième, cinquième, septième et douzième épisodes (quatre nouvelles fort réjouissantes publiées pour les deux premières dans des revues pour la jeunesse éditées par Jules Tallandier et Fils) . CJ Varley nous a résumé le seizième volume (roman sans date et sans nom d’éditeur ! vers 1927, publication sortie des rotatives de La Société d’Imprimerie Rouennaise, est-ce un alias des Editions Louis Querelle qui eut quelques soucis avec sa production légère à la fin des années 1920 ?). Quant à nous, nous avons le plaisir de posséder un numéro (le 913) du Progrès de Bergerac et de la Dordogne de 1932 dans lequel on peut découvrir une courte nouvelle (une demi-page) intitulée "Plus puissant qu’une locomotive !" (à vrai dire l’épisode est assez faible).La diversité des lieux d'édition nous semble témoigner de la mobilité géographique de l'auteur et pourrait expliquer les difficultés à suivre ses traces afin de recueillir des éléments bio-bibliographiques.

    Il semblerait qu’un épisode de la série ait été publié dans Jeunesse ! éphémère publication (1905-1907) des éditions Pierre Lafitte. Cet épisode, qui contient les germes de plusieurs des personnages et des thèmes de L’Homme chimérique, serait alors véritablement prophétique car écrit avant la guerre ! Signé du pseudonyme J.N. Clabaudeur, cette nouvelle (indûment sous-titré conte) a pour titre "L’Arbre cannibale de Saperuam." Un arbre poussant à la frontière marquée par un large et profond fossé lance alternativement de chacun des côtés des gaz toxiques qui annihilent les désirs des habitants et finissent par les convaincre de joyeusement s’écharper. L’arbre se nourrit ensuite des corps tombés à proximité de ses racines. Les techniques de la guerre 1914-1918 y sont décrites avec une préscience qui fait froid dans le dos (mais Robida fit de même). Nous ne possédons malheureusement qu’un mauvaise photocopie (sur laquelle je ne peux que distinguer la date de 1907 et un morceau du titre de la publication sse ! ) de cette courte œuvre .

    2/ La Vallée Sacrée des Incas, fascicule sans date publiée aux éditions ????. Le jeune archéologue français Louis Reclus (un hommage à Elysée Reclus pour celle qui fréquenta les cercles anarchistes ?) découvre au cours d’un périple dans les Andes une vallée dans laquelle vivent depuis plus de quatre cents ans les descendants des Incas qui ont caché là le trésor du dernier empereur Atahualpa. Il tombe amoureux de la jeune prêtresse Anamya qui l’aidera à s’échapper du temple du soleil avant qu’il ne soit sacrifier et qui s’avérera être une jeune Espagnole membre de l’aristocrate péruvienne enlevée dans la jungle alors qu’elle était encore une fillette. Evidemment cela finit par les retrouvailles avec la famille et un mariage comme il se doit.