Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

georges ramaioli

  • Interview de Georges Ramaïoli

    Il y a peu, j'ai contacté Georges Ramaïoli après avoir lu le premier volume de sa série Mayas parue aux éditions Daric (La Tribu du dauphin blanc). J'ai eu le plaisir de recevoir de sa part les deux volumes suivants (La Revanche du Prince toltèque et Dans l'Oeil du cyclone ) accompagnés de fort belles dédicaces. Il a accepté de répondre à quelques questions du blog Les Peuples du Soleil. Les questions portent sur son oeuvre, son métier et, bien sûr, sur la série Mayas. Georges Ramaïoli répond sans langue de bois et annonce quelques autres volumes à paraître pour la série qui plaît (plaira)  particulièrement aux amateurs de fictions précolombiennes mais aussi aux autres.

    Le Blog Les Peuples du Soleil remercie chaleureusement Georges Ramaïoli de bien avoir voulu prendre le temps de répondre à ce questionnaire.

     

    Les Peuples du Soleil: Vos premières bandes dessinées publiées avaient une orientation Western (on pense bien sûr à la série L’Indien français). C’est une influence qui ne vous a jamais quittée. Etes-vous venu à la BD par le western ?

    Georges Ramaïoli: Bien évidemment, j'ai été nourri dès l'enfance de BD et d'après la légende familiale, j'ai appris à lire avec les BD voulant savoir ce qu'il y avait dans les ballons (bulles). A la fin des années 40 et au début des années 50, le Western était le genre dominant, encore plus que l'Heroïc Fantasy de nos jours. Il était impossible d'y échapper au cinéma ou dans les BD, les romans photos, les films racontés en images, les romans (Le Dernier des Mohicans, Les Trappeurs de l'Arkansas etc.).

    L'Indien pour moi a toujours eu la place de choix... Mais le premier album qu'un petit voisin m'a longuement prêté était la première édition de BADEN POWELL de JIJE, avec un superbe Zoulou et son grand bouclier sur la couverture, donc déjà des bases étaient posées.

    Quelles sont vos influences parmi les auteurs de BD ?

    Dès la toute petite enfance, elles étaient multiples, je voyais à peu près tout ce qui sortait dans la chambre de mon cousin plus âgé qui était "gâté-pourri". Comme mes parents eux, étaient pauvres, ils ne pouvaient m'acheter que des petits formats peu chers. Sans savoir encore vraiment lire, je reconnaissais les styles et savais voir si c'était le même dessinateur qui avait fait ceci ou cela... Chez mon cousin il y avait les TINTIN/SPIROU/TARZAN... et des revues plus grand format BIG BILL, PLUTOS... Je retrouvais dans le pocket "PRAIRIE" des dessins de Fred MEAGHER, dans le pocket "PECOS BILL" des BD de ROY D'AMY qui animait PLUTOS (ROY D'AMY, Rinaldo D'AMICO était fan de CANIFF et c'est sur lui que PRATT a tout pompé !). J'étais fou de JIJE et une de mes plus grandes joies a été de voir arriver JERRY SPRING dans SPIROU... J'ai suivi JIJE et vu un jour débouler un certain JEAN GIRAUD. Tout le monde connait la suite...

    Le cinéma est l’une de vos autres passions. Comment agit-il sur vos créations ?

    Chaque fois que je voyais un film qui me plaisait ou quelques chose à laquelle me référencer historiquement, j'allais chercher dans de gros dicos Larousse tout ce qui se rapportait au sujet qui m'avait plu... Quand j'ai vu début des années 60 le film "ZULU" avec le visuel des hordes noires et des Anglais en grand uniforme rouge, je me suis dit "c'est encore plus spectaculaire que du JIJE, si un jour je fais de la BD, il faudra que je traite ce sujet à fond". J'ai passé au moins 5 ans à amasser de la documentation sur le Zoulouland, et son histoire...
    Pour le western, cette masse de connaissances était presque naturelle et n'a fait que s'accumuler au fil des années. De même pour les MAYAS: intérêt pour l'Indien d'abord, puis pour une civilisation disparue, pour son décorum puis le film "KINGS OF THE SUN" qui m'a donné l'envie d'une trame et de l'approfondir étant resté un peu sur ma faim. Ceci dit JERONATON est beaucoup plus "pointu" que moi sur les Précolombiens.

    Vos œuvres sont souvent historiques mais vous avez aussi écrit dans le domaine de la SF (mêlant même western et SF). Avez-vous d'autres projets dans ce genre ?

    ramaioli l'indien français.jpgQuand GLENAT nous a demandé un western pour CIRCUS, je travaillais avec René DURAND, écrivain de SF... Plutôt que de partir sur les brisées de JIJE, GIRAUD HERMANN, DERIB, BLANC DUMONT nous avons opté pour un mélange de genre Western/SF avec chaque fois un élément fantastique (explicable) pour nous démarquer nous étions sans doute très en avance, bien qu'ayant eu un beau succès "L'Indien Français" était assez déroutant pour un public non ouvert. DURAND amenait le coté SF, et moi un coté historique axé sur les exactions envers les Indiens des plaines. Durand avait beaucoup de difficultés à se renouveler, trouver de nouveaux éléments...

    Mes autres séries SF, je les ai plutôt tirées vers la dérision, ne me prenant pas au sérieux sur ce genre là... J'ai toujours trouvé des tas de sujets fabuleux dans notre histoire, sans aller les transposer dans l'espace ou chez les extraterrestres... Pour le moment, comme le marché est inondé de cette soupe, j'attendrai (si un jour j'en écris encore) que ce genre soit désuet et plus à la mode, pour essayer de faire passer mes idées là -dessus...

    Pour en revenir aux séries historiques : comment travaillez-vous l’aspect documentaire ?

    Je ne me lance pas dans un sujet avant d'avoir réuni, une masse de documents, écrits, iconographies, d'avoir croisé au moins 3 ou 4 sources, et d'en avoir tiré mon opinion, je peux faire des erreurs, tout le monde est faillible mais j'essaye de montrer un contexte dans lequel le lecteur puisse sentir quelque authenticité, quelques recherches (costumes, coutumes, flore, faune etc.). Bien sûr, je ne suis pas dans le cerveau des gens des siècles passés et toute histoire est imprégnée de ce que nous sommes et pensons au XXIe siècle. Mais j'essaye de respecter ce que pouvait être la façon de vivre et de penser d'un Indien ou d'un Zoulou du XIXe. C’est peut-être un peu plus difficile pour un être de l'Antiquité ou un Maya de l'An Mil; je ne crois pas que nous pourrions comprendre leur morale.

    Parmi les bandes dessinées qui intéressent particulièrement ce blog, on trouve La Conquête du Mexique. Le scénario est de Marie-Hélène Carbonel. Faisant partie d’une collection « Les Grandes batailles de l’histoire » (éditions Larousse), y-a-t-il eu des contraintes particulières dans la réalisation des dessins ?

    J'avais signé le contrat avec LAROUSSE, sur le sujet, car j'avais une très grande envie de traiter de CORTEZ et des Aztèques... Hélas cela a ramaioli la conquête du mexique.jpgété une galère... La scénariste était une hispanisante, revoyant l'Histoire du seul point de vue ibérique et à la limite du révisionnisme. Il a fallu que je me batte plusieurs fois pour rétablir la vérité des livres. De plus LAROUSSE m'a demandé un style ligne claire, qui n'était pas le mien. Les textes ont été recaligraphiés et les couleurs quoique correctes ne tenaient aucun compte des couleurs historiques. On était aussi affligés d'un soi-disant conseiller historique qui n'y comprenait absolument rien et mélangeait les époques, les Mayas, les Aztèques et les Incas !!!

    Vous disiez dans une interview réalisée en 1999 que Jean-Yves Mitton vous avait « brûlé » vos sujets sur les Vikings, les Aztèques, Attila. Pourtant vous avez repris la série Mayas en 2003. Le sujet méso-américain n’était donc pas si « brûlé » que cela ?

    Sans le vouloir, bien sûr, Jean-Yves a traité de sujets que j'avais soit effleurés, soit envisagés, soit dans mes cartons... Un ATTILA que j'avais commencé, une saga viking aussi, l'épopée CORTEZ à travers le personnage d'AGUILAR, naufragé au YUCATAN avec GUERRERO, qui vit des années chez les Mayas (sous domination Aztèque) et quand CORTEZ débarque, se joint à lui, alors que GUERRERO reste avec les natifs et combattra la conquête 'ALVARADO plus tard.

    AGUILAR a été le premier interprète de CORTEZ puis a été supplanté par la "MALINCHE" Donna MARINA ce qui provoquait sa jalousie. La série devait s'appeler TEOCALI (les autels sacrificiels aztèques)... Les MAYAS de l'An Mil cela n'a rien à voir et le sujet (entièrement indien...quoique ?) était quasi vierge...

    La Tribu du Dauphin blanc a été prépublié dans Okapi en 1984. Il n’a été publié en volume qu’en 2003. Ce type de rééditions demande-t-il un travail particulier ?

    LA TRIBU m'a été commandé par BAYARD (OKAPI) à la suite et au vu de CORTEZ, par l'entremise de René DURAND.. J'ai donc associé René à ce projet, son apport, pas négligeable, a été quand même minime... Les frères CHAGNAUD devaient faire les couleurs... A débarqué à OKAPI, JC FORREST comme Rédacteur en Chef BD. Qui s'est tout de suite opposé au projet... Il avait ses "potes" à placer. Seulement les contrats étaient déjà signés. René DURAND avait un autre projet "BALLON OVALE" avec Christian VICINI et a réussi à le faire colorié par les Chagnaud... Moi, j'avais envoyé toute ma doc aux Chagnaud et 2 superbes pages d'essais étaient déjà prêtes... Quand je croyais que tout était sur les rails, Forrest a débarqué les Chagnaud, pour donner les couleurs à la pire, lamentable bâcleuse de ce métier... Sous prétexte qu'elle avait partagé la couche et mis son caca sur les planches de TARDI elle se prenait pour la reine du monde. Cette gougniaffière a copié les 2 premières planches des Chagnaud, puis à fait n'importe quoi, des marronnasses d'un laideur infinie débordant ratant tous les costumes tout les effets, un vrai saccage... Quand j'ai demandé pour la suite de la série, il y a eu veto de Mr Forrest et il a sévi 2 ans avec des BD qui n'ont jamais eu le moindre succès... Le "BALLON OVALE" de Durand a eu une sortie album torpillée aussi... Un flop !... Quelques temps plus tard , je reçois un coup de fil de BAYARD me disant "vous avez été sélectionné dans les 6 albums BD que nous sortons annuellement..C'est un grand honneur, vous devez signer le contrat". Ah bon ? et quel est le contrat ? "Oh contrat type 2% pour le dessinateur, 2% pour le scénariste 2% pour la coloriste !" Quoi ? 2% pour quelqu’un qui a très peu travaillé sur mon histoire ! et 2% sur celle qui était venu faire ses besoins sur mes planches ? en tout 6% chez un autre éditeur c'était de l'ordre de 10 à 12 %... De plus, vous m'avez refusé la suite, et vous allez certainement saborder l'album" je les ai envoyé se faire.... Quand j'ai tenté l'aventure de l'auto édition, j'avais cet album disponible. Il a fallu un peu le relooker, refaire quelques dessins, changer les textes en quelque chose de moins gnan-gnan, refaire toutes les couleurs à l'ordinateur. Joli travail de FARO mais qui ne me convenait qu'à moitié pour le coté trop lisse de l'ordi. Mais au moins c'était très lisible, pour tous publics... Je pensais faire un tome unique et le titre était assez mal conçu (j'avais voulu imiter les bacabs mayas et c'était peu lisible surtout de loin)..Comme les ventes du T1 me l'ont bien rentabilisé, cela m'a permis d'envisager la suite.. et je ne pouvais guère l'appeler "LA TRIBU T2" donc c'est devenu" MAYAS."

    Le premier volume a été au départ conçue pour des adolescents. Est-ce une impression ou bien la série devient-elle de plus en plus adulte ?

    ramaioli tribu.jpgLe tome 1 était dans l'optique OKAPI (dessin demandé vaguement dans un style ALIX). 20 ans après les critères avaient changé, mais pour le T.2 il me fallait quand même garder une continuité dans le style et les couleurs (déjà un peu moins ravi du travail de FARO surtout vers la fin). Je crois que les albums restent (et j'en ai quelques échos) très lisibles par les enfants, mais il ne faut pas prendre le jeune public pour des imbéciles, il y a sous-jacents c'est vrai des éléments plus adultes...

    Si certaines planches dégagent une certaine sensualité, Yakin et Ixtla ne se sont pas encore embrassés (tout juste tenus la main). C’est l’une des contraintes pour toucher un large public ? Une forme de pudeur ? Ca n’a pas d’intérêt ?

    Je ne suis pas persuadés que les Mayas s'embrassaient, pour le moment des relations sexuelles ne s'imposent pas, même si je dessine des femmes "topless" ce qui était souvent leur costume, et c'est certainement nues qu'elles se baignaient...On sous entend du fait du sacrifice de la vierge au cénote qu'IXTLA n'a pas encore "consommé" pas plus que TECUNA. Pas question de pudeur, si des scènes d'amour doivent avoir lieu, je garderai bien entendu toute décence pour qu'effectivement un public jeune n'y voit rien d'offusquant.

    Le dessin évolue ainsi que le traitement des couleurs.

    A partir du T3, qui entame une nouvelle histoire, je me suis passé de coloriste et ai traité les planches directement à l'aquarelle (un peu trop claire peut-être) mon dessin a naturellement évolué vers quelque chose qui me ressemble plus.

    Gaël (autre blogueur) m’a posé cette question : « le coup de remonter jusqu'en Louisiane c'est justement pour le plaisir de mêler Indiens et précolombiens, ou bien cela a une base historique ?

    Les deux, mon général Gaël ! On a trouvé énormément d'objets similaires entre le Mexique et le bassin du Mississipi, preuve qu'il devait y avoir un commerce, des échanges.

    Deux volumes sont parus et un quatrième est annoncé. Le lien entre Mayas et Indiens d’Amérique du Nord semble devoir être de plus en plus fort à mesure que l’on avance dans la série. C’était prémédité :-D ?

    Oui, bien sûr, je ne l'ai jamais caché, mon inspiration était "Kings of the Sun" et les rapports + ou - conflictueux entre les Mayas et des indiens que dans le film, ils appelent Apaches (!).. Je vais essayer d'être un peu plus pointu historiquement que les cinéastes hollywoodiens..

    Yakin et Michol incarnent des valeurs qui peuvent paraître très contemporaines (voire anachroniques), humanistes, en refusant par exemple les sacrifices humains et les superstitions des prêtres. Peuvent-ils être considérés comme des porte-parole de l’auteur ?

    Oui, bien sûr, nos deux héros sont totalement anachroniques, je ne pense pas que de jeunes mayas, même de la noblesse comme semble l'être Yakin, ou artiste comme Michol, se permettraient de remettre en cause la religion et sans doute cela ne leur viendrait même pas à l'idée...Je crois que l'auteur véhicule toujours ses pensées, sa morale sa philosophie. Même dans le très sanglant APOCALYPTO de Mel Gibson, on ne le voit qu'à travers notre morale et sensibilité du XXI ° siècle.

    Etes-vous influencé par l’actualité lorsque vous dessinez ? (je pense en particulier à Dans l’œil du cyclone paru après l’ouragan Katrina)

    ramaioli l'oeil du cyclone.jpgPas directement, si ce n'est par un acte raciste ou une guerre...L'histoire se répète.. "Dans l'Oeil du Cyclone" était prévu, conçu, bien avant Katrina, mais les ouragans sont fréquents là-bas, j'avais déjà dessiné une tempête en mer dans le T.1.

    Les Indiens Atacapas révèlent aussi des qualités : accueil, loyauté,… Vous offrez souvent un rôle positif aux « Natives ». Pourriez-vous nous l’expliquer ?

    Tous les témoignages des premiers explorateurs louent la convivialité, l'hospitalité des natives..C'est ensuite que ça se gâche quand les indiens comprennent à quels avides ils ont affaire..Les indiens ne sont pas des petits saints, mais pas des sauvages tortionnaires non plus...Si on suit CABEZA DE VACA qui traverse le continent de la Floride où il échoue, au Nouveau Mexique où il retrouve des Espagnol et croise bon nombre de tribus, de captif d'abord, il est vite adopté puis considéré comme médecin, jamais en grand péril d'un poteau de tortures...

    Je n’ai pas réussi à identifier avec certitude les Indiens du Nord, d'au-delà du Mississipi qui apparaissent dans le troisième volume.

    Je pense que ce sont des NATCHEZ ou proches d'eux, je veux explorer les civilisations du Mississipi et de L'Ohio, les "Mound Builders"..Les Atacapas, sont un mélange de HOPEWELL et ADENA (bien sûr plus anciens, mais les représentations de costumes sont très rares voire inexistantes).

    Avez-vous un plan d’ensemble pour cette série "Mayas" ou bien travaillez-vous d’une autre manière ?

    Je crois que je n'irai guère plus loin de 5, 6 tomes..Les deux derniers me restent donc à définir, histoire complète ou en 2 tomes.. Je n'ai pas une vision d'ensemble de départ comme pour mes grandes (longues) séries, Zoulouland ou Vae Victis, et je n'ai plus l'âge pour me lancer dans des sagas portant sur beaucoup d'années.

    Vous avez exercé de nombreux métiers dans le domaine de la bande dessinée : dessinateur, scénariste, coloriste, directeur de collection, éditeur… Qu’est ce qui apporte le plus de satisfaction ? La multiplication des expériences peut-être ?

    J'ai la satisfaction d'avoir touché à tout dans ce métier, de l'avoir appréhendé entièrement, j'ai eu l'énorme chance de pouvoir vivre de ma passion, de travailler la plupart du temps sur des sujets miens, non de commande..En dehors des modes et des volontés mercantiles des éditeurs, ça a été très difficile, mais j'ai réussi à tenir bon et à rester propre tout en travaillant pour des gens "sales" (les éditeurs)...Ma satisfaction a toujours été de dessiner, mais avant tout de raconter par mes dessins... Je ne jette pas la pierre à ceux qui ont oeuvré uniquement dans la BD de divertissement à ras le plancher. Faut bien s'amuser. Je regrette que des générations de gamins se décervèlent un poil avec l'Héroïc Fantasy croyant que notre monde est fait ainsi... Je ne pense pas avoir beaucoup appris aux autres, mais j'ai essayé de recréer des civilisations, le plus précisément possible, d'avoir raconté leur histoire sans les trahir et d'avoir fait passer un message humaniste… Si en même temps j'ai pu distraire ou passionner quelques lecteurs, je n'ai pas oeuvré pour rien.

     

  • Georges Ramaïoli, série Mayas, dédicaces

    Georges Ramaïoli est annoncé sur plusieurs salons de bande dessinée ces prochains mois:

    SAINT LAURENT SUR SEVRE / Bulles de Sèvre / 5ème Edition / organisé par "L'Association "Bulles de Sèvre""

    07 et 08 Mars 2009
    Lieu de la Manifestation : Salle de l'Îlot(près de la Basilique)

    Exposition(s) et séance de dédicaces au programme.

    L'entrée de ce festival sera gratuite.

    Remarques :
    - Horaires d'ouverture : Samedi de 14h30 à 18h et Dimanche de 11 h à 18h

    Pour tous renseignements complémentaires, vous pouvez contacter Jacky SABIRON  par téléphone au 02.51.67.84.30 , par email : siaudeau.gerard@orange.fr

    ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    LEXY / Euro B.D. / 6ème Edition organisé par "L’association littéraire "Plum'Arts""

    07 et 08 Novembre 2009

    Lieu de la Manifestation : salle des sports de lexy, à proximité du collège 54720 France

    Bourse BD, exposition(s), et séance de dédicaces au programme.

    L'entrée de ce festival est payante (3 euros, gratuit pour les moins de 12ans. Tickets demi-tarifs disponibles sur notre site internet.).

    Remarques :
    - Horaire d'ouverture : Samedi de 14h00 à 19h00 - Dimanche de 10h à 18h30

    - Pour information, la première édition avait eu lieu à Longlaville.

    - Sam Bernett biographe de Johnny Halliday présentera également ses livres sur Renaud et Coluche,

    Invité d'Honneur 2009: Christophe Cazenove. Affiche 2009: Jean-Pierre Dirick. - 40 auteurs de BD sont attendus, de nombreux autres auteurs seront rajoutés à cette liste.

    - Concours BD : contacter l'association sur guilainchristophe@hotmail.fr pour connaître les modalités complémentaires.

    Exposition maquettes et mannequins par Mr Boon: "Les classiques de la B.D. en 3D". Exposition de tableaux et planches originales: 1/ Dino Attanasio présentée par Denis Coulon . 2/ "Le Château des Carpathes" par Eric Rückstühl, Marc Jakubowski et TIERR.

    Pour tous renseignements complémentaires, vous pouvez contacter Marc JAKUBOWSKI  par téléphone au 03.82.23.82.19 ou au 06.79.40.08.08 , par fax au 03.82.25.72.71, par email : guilainchristophe@hotmail.fr

  • Georges Ramaïoli, La Revanche du prince toltèque (Mayas - 2) - 2.

    La série de Georges Ramaïoli intitulée Mayas comporte trois volumes pour le moment. Un quatrième est annoncé à paraître.

    A la fin de La Tribu du dauphin blanc, les Mayas, qui ont fui le joug toltèque, se trouvent sur un territoire inconnu, loin du Yucatan qu'ils espéraient atteindre. Ils s'installent, construisent leur village, dominé par le temple dédié au dauphin blanc et explorent les environs.

    L'album La Revanche du prince toltéque s'ouvre par une cérémonie de sacrifice humain dans laquelle le grand prêtre arrache le coeur d'un homme afin que Tezcatlipoca accorde la vengeance aux Toltèques dont l'honneur a été bafoué par les Mayas. Mixcoatl félicite sa soeur de son courage lors du sacrifice et indique qu'il a envoyé des éclaireurs dans toutes les directions pour retrouver les fuyards.

    Bien plus au nord, dans le paisible village maya, les Otomis vaquent à leurs occupations. Michol souhaite emmener Yakin avec lui pour chasser. Yakin est fort occupé à parfaire sa statue du dauphin blanc, devenu symbole de la tribu. Dans les marécages, les jeunes gens tombent sur un crocodilien puis découvrent d’autres animaux inconnus dont un jaguar sans tâche. L’un des Mayas affirme qu’il s’agit d’un couguar et qu’un de ses ascendants en avait tué un spécimen il y a longtemps dans le nord. Plus étonnant, ils repèrent des traces d’hommes qui ne sont ni Mayas, ni Toltèques. Retournant au village, ils croisent les prêtres. Yakin s’offusque en apprenant qu’ils souhaitent creuser un puits des âmes (puits sacrificiel maya). Michol presse son ami Yakin de se déclarer à Ixtla, la fille de Humac car il pressent qu’elle pourrait être ramaioli la revanche du prince toltèque 2.jpgl’une des premières victimes choisies par les prêtres. Yakin rejoint la belle Ixtla sur la plage. Elle joue une nouvelle fois avec le dauphin blanc qui semble particulièrement l’apprécier. Le mariage est rapidement accepté. Yakin promet de tout faire pour empêcher les sacrifices.

    Les prêtres ne renoncent pas aux anciennes traditions et, fort de la découverte de traces humaines par Yakin et Michol, envoient des éclaireurs capturer quelques sauvages. Yakin s'y oppose en vain. Il remarque sur un prisonnier qu'il n'a pas les attributs d'un sauvage. La nuit, Yakin tente de détruire la statue du dauphni blanc mais en est empêché par les hommes des prêtres. Michol en profite pour libérer le prisonnier.

    Les tambours de guerre résonnent autour du village. Les Mayas s'apprêtent au combat. Au matin une troupe importante encercle les Otomis. Tout semble perdu. Le chef des guerriers demande à discuter avec Michol et Yakin.  Il se présente comme Hirotatchee le chef des Atacapas et les enjoint de renoncer aux sacrifices humains, en échange de quoi les Atacapas toléreront les Mayas sur leurs terres. Yakin fait désavouer les prêtres (et en premier lieu Tlazec qui promet de se venger. La paix est assurée avec la tribu voisine.

    Un jour le dauphin est de retour pour prévenir de la fuite des prêtres. Tous craignent qu'ils n'aient trahi pour rejoindre Mixcoatl. Ils ne se trompent pas. Les Atacapas promettent de combattre les Toltèques pour aider leurs nouveaux amis. Les Mayas préparent leurs défenses alors que les Toltèques voguent vers leur revanche. Le dauphin blanc, fidèle allié des Mayas, prend pour cible les navires toltèques et entraîne les traître Tlazec au fond des eaux. Sur la rive des Atacapas voient les Toltèques arriver et font battre les tambours de guerre. La résistance au village est difficle tant les Toltèques sont nombreux. Les Mayas se replient sur leur temple. C'est alors que les Atacapas arrivent pour prêter main forte aux Mayas et infliger une sévère défaite aux Toltèques qui sont à leur tour réduit en esclavage.


    Plus encore que le précédent volume, La Revanche du Prince Toltèque met en avant la profonde humanité de Yakin qui d'une part refuse que les superstitions anciennes déciment son peuple et d'autre part est attentif aux autres, l'altérité apparaissant sous le visage des Atacapas. Deux visions du monde s'affrontent: les traditions des "civilisés" qui sont cruelles (incarnées par les prêtres mayas et par les Toltèques) et l'aspiration à la paix (incarnée par Yakin, Michol et Hirotatchee qui a la générosité de partager ses terres avec les nouveaux arrivants).

    J'ai déjà dit que je n'étais pas du tout un spécialiste de bande dessinée. Il me semble avoir remarqué un traitement différent des couleurs (le coloriste est pourtant le même que dans le premier volume). Moins prononcées, elles donnent une allure plus "adulte" au récit. De même les visages, les expressions me semblent plus travaillées. Je demanderai prochainement à l'auteur les raisons de cette évolution et je reviendrai sur ces points dans ma chronique consacrée au troisième volume de la série: Dans l'oeil du cyclone.

    Mais, au fait, où sont implantés ces Mayas? Gaël m'a posé la question dans un commentaire. Il est tentant de lui répondre par une image légèrement détournée:


    ramailoi la revanche du prince toltèque001.jpg


    Le territoire des Atacapas (ou Atakapas) s'étendait le long du Golfe du Mexique de la rivière Trinity et la baie de Galveston au Texas à Bayou Teche et la rivière Vermillion en Louisiane (Gaël a enfin sa réponse ;oD ). Ainsi Georges Ramaïoli combine-t-il les Mayas avec un imaginaire qui lui est cher, celui des Indiens d'Amérique du Nord. Cette combinaison sera encore renforcée dans les volumes suivants.

    ramaioli la revanche du prince toltèque.jpg

    Georges Ramaïlo (textes et dessins) , La Revanche du prince toltèque,
    série Mayas, n°2, éditions Daric, 2005
    Couleurs: Faro

  • Georges Ramaïoli, La Revanche du prince toltèque (Mayas - 2)

    Le second tome de la série Mayas de Georges Ramaïoli sera très bientôt chroniqué sur ce blog. En attendant, et en guise d'apéritif, la belle dédicace que l'auteur a eu la gentillesse de réaliser pour votre serviteur sur ce second volet des aventures de Yakin, Michol et Ixtla:

    ramailoi dédicace001.jpg
  • Georges Ramaïoli, La Tribu du dauphin blanc

    A la fin du Xe siècle de notre ère, sur les bords du Golfe du Mexique, la paisible tribu maya des Otomis vaque à ses occupations. Les Toltèques attaquent la tribu, s’emparent de la ville, réduisent la tribu en esclave et s’installent sur place sous le règne de Mixcoatl. Yakin est recruté comme sculpteur alors que Michol est destiné au sacrifice. Il se rebelle et est remarqué par la princesse toltèque Tecuma qui lui indique qu’il peut échapper au sacrifice s’il parvient à vaincre trois guerriers toltèques. Il réussit l’épreuve grâce à sa ruse et est mis au service de la princesse qui lui fait promettre de l’aider à s’échapper pour éviter un mariage qui ne lui convient pas. Les Mayas, esclaves des Toltèques, travaillent aux champs, bâtissent la ville, construisent le temple, sculptent des ornements pour leurs maîtres. Le prince toltèque escompte faire de sa ville la rivale de Tula.
    Alors que Yakin part chercher des galets et des coquillages sur la plage , il rencontre Humac, le devin d’un village de pêcheurs dont la fille Ixtla a été enlevée par les Toltèques pour être sacrifiée lors de l’inauguration du temple. Cette rencontre permet de mettre au point un plan afin de fuir : les Mayas fourniront les guerriers et les pêcheurs les bateaux. Ilom, un Toltèque amoureux de Ixtla, leur apporte son aide. Yakin présente le plan à l’assemblée des guerriers. Il se heurte une nouvelle fois au prêtre Tlazec.

    Les femmes mayas cachent des armes dans les greniers à maïs et tous préparent des vivres pour le grand soir. La veille de la cérémonie, les Mayas passent à l’action. Les greniers sont incendiés, les pêcheurs libérés. Ilom est tué par un garde. Michol pénètre dans le palais, frappe le prince et le marque à vie. Il n’emmène pas la princesse Tecuma. Elle lui voue dès lors une haine implacable.
    Poursuivis par les Toltèques, les derniers Mayas parviennent aux embarcations des pêcheurs et prennent le large. Humac propose de les guider jusqu’aux pays des Grands Mayas. Tlazec ne l’entend pas de cette oreille mais doit céder. Une tempête les détourne de leur route.
    Tlazec donne sept jours à Humac pour retrouver le bon cap sans quoi sa fille sera sacrifiée aux dieux. Les jours passent et les vivres s’épuisent… Le jour fatidique, l’apparition d’un dauphin blanc sauve la jeune fille. Il les guide vers la terre. Ce n’est pas le Yucatan que découvrent les Mayas. Ils édifient une petite cité et en hommage au cétacé, Yakin réalise une sculpture à son effigie. Les Mayas ont trouvé une terre de paix et de joie.

    ramaioli tribu 1.jpg

    Avec La Tribu du dauphin blanc, Georges Ramaïoli nous offre de belles reconstitutions tant des costumes, que du mode de vie ou de l'architecture. Les caractères des personnages sont définis avec rigueur. Le premier tome ayant été prépublié dans Okapi en 1984, revue pour adolescents, un certain manichéisme pointe entre les gentils Mayas et les méchants Toltèques. Pourtant, l'auteur échappe au simplisme en montrant aussi la lutte entre Yakin qui aspire à la paix et refuse les sacrifices humains et le prêtre Tlazec qui veut que perdurent les traditions. Le scénario est simple mais efficace tout en posant les bases de la suite de la série (deux autres tomes sont parus, un quatrième est annoncé).

    ramaioli tribu.jpg

    Georges Ramaïlo (dessin et scénario) , La Tribu du dauphin blanc,
    série Mayas, n°1, éditions Daric, 2003
    Couleurs: Faro - Dialogues en collaboration avec René Durand



  • Georges Ramaïoli, Mayas (2)

    Fin août, je présentais succinctement la série Mayas de Georges Ramaïoli. Le site des éditions Daric m'apprend que l'auteur travaille sur un 4e tome. Chouette!

    Mayas_T3_couv.jpg
  • Georges Ramaïoli, Mayas

    Aux éditions Darric sont parus trois tomes d'une série intulée Mayas. Georges Ramaïoli a manifestement une inclination pour les peuples précolombiens car on lui doit aussi la série Colorado en collaboration avec Jean-Yves Mitton et quelques autres westerns.

    On peut commander les bandes dessinées publiées directement sur le site des éditions Daric.

     

    ramaioli mayas tome 1.jpg
    ramaioli mayas tome 2.jpg
    ramaioli mayas tome 3.jpg

    Georges Ramaïoli, La tribu du dauphin blanc, Mayas Tome 1, Editions Darric, 2003
    La revanche du prince Toltèque,  Mayas, Tome 2, Editions Darric, 2005 
    Dans l'oeil du cyclone, Mayas, Tome 3, Editions Darric, 2007