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hadopi

  • Hadopi et la littérature

    La « loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet » a été votée définitivement mercredi 13 mai 2009. Hadopi a été réclamée à corps et à cris par les industries du disque et du cinématographe. Pourtant, c’est bien l’ensemble des œuvres qui relèvent de cette loi.

    Les littéraires ne sont pas absents du débat : il y a eu les Science-Fictionnaires, il y a aussi Fabula, Livre aLive propose un intéressant article intitulé Hadopi et la littérature, …

    Des auteurs, essayistes, traducteurs, libraires, illustrateurs, critiques, … travaillant dans le domaine de la science-fiction ont mis en évidence les vrais objectifs d’HADOPI: il ne s’agit pas seulement de lutter contre le téléchargement illégal mais aussi (et surtout) de réguler et contrôler Internet.

    Revenons-en aux questions du domaine purement littéraire.

    Il existe des droits que l’on appelle droits d’auteur. Les auteurs ont un droit exclusif à l’exploitation de leurs œuvres. Dans l’Union Européenne ce droit court pendant 70 ans après la mort de l’auteur (alors que pour la plupart des autres états, la durée est de 50 ans) et je passe sur la question des prorogations de guerre.

    La « législation [française] se conforme à la directive 2001/29/CE qui harmonise la protection du droit d'auteur dans l'Union Européenne. Elle recouvre « toutes les œuvres de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination » (article L.112-1 ]du code de la propriété intellectuelle). « L'œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l'auteur » (article L.111-2 du CPI) » (source Wikipedia)

    Sur Internet, j’ai lu peu de choses concernant la littérature pour la mise en place de la loi HADOPI. Pourtant, il existe bel et bien des piratages d’œuvres (d’ailleurs les éditions pirates, certains éditeurs s’en sont faits la spécialité dans les années 1950-1960 par exemple pour les polars, il y eu même quelques affaires, les amateurs d’André Héléna le savent bien par exemple et ça n’a rien à voir avec Internet !). Pensons à Harry Potter ou bien à des livres de Stephen King.
    Il existe aussi des plate-formes de téléchargement libre et légal comme InLibroVeritas (une "maison d'édition fondée en 2005 qui a pour vocation l'accès, le partage et l'échange démocratique, universel et fraternel du savoir et la culture. Créateur de la Littérature Équitable, InLibroVeritas permet à tous de lire, d'écrire et de publier librement et gratuitement toute littérature sous licences libres ou ouvertes").


    Cependant les « pirates » littéraires, comme nombre de ceux qui « téléchargent illégalement de la musique ou des films » (je reprends ce qu’à écrit Nicolas sur son blog Partageons mon avis : « Soit les pirates sont eux-mêmes d’avides consommateurs de produits culturels et téléchargement uniquement pour découvrir, avant un achat, soit les pirates sont des mômes n’ayant pas un radis pour acheter des disques ou n’ayant pas du tout l’intention d’acheter, juste de faire une bande son pour une soirée entre potes. ») soit veulent lire en avant première l’ouvrage (pour mieux l’acheter ensuite) soit, de toute manière, ne l’auraient pas acheté (parce que trop cher, pas envie,…).
    Moi-même, il m’arrive de télécharger des livres qui sont encore sous droits d’auteur en France sur des sites hébergés (par exemple) au Canada. Le plus souvent, il s’agit de livres épuisés depuis fort longtemps (parfois il n’y a eu qu’une édition dans les années 1920 mettons), difficilement trouvables et/ou hors de prix. Aurais-je acheté l’ouvrage pour le lire ? Non. En revanche, l’ayant lu (illégalement sans doute), je vais en parler et peut-être donner envie à un moins nécessiteux que moi de l’acheter.

  • Hadopi et la protection des oeuvres littéraires

    pc.gifJe l’ai déjà dit , j'ai même signé, je suis opposé à la loi Hadopi comme beaucoup d'internautes.
    Rappelons que le projet de "loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet" se donne pour but (avoué) la lutte contre les modes d'échanges illégaux des œuvres par Internet. Bien sûr, la loi est désormais votée (aprsè avoir été une première fois rejetée par la représentation nationale, mais vous savez ce que c'est quand la représentation vote mal, on change de représentation nationale, on revote parce que l'opposition c'était rien que des tricheurs s'était embusquée derrière des rideaux la vilaine). On a beaucoup parlé du téléchargement illégal mais en fait toutes les oeuvres diffusées sur Internet de manière illégale sont concernées. Je ne reviendrais pas sur l'inutilité d'une loi dont on possède déjà (avant même sa mise en application) les moyens de la contourner, ni sur son caractère inapplicable, son coût,... d’autres le font mieux que moi.

    Je vais prendre un cas pratique et qui concerne la plupart des blogueurs littéraires. Pour illustrer nos billets, nous utilisons des images des couvertures des livres et parfois des illustrations intérieures. C'est interdit. Il y a juste une tolérance car on estime que cela ne nuit pas aux auteurs (et même leur fait de la publicité). La règle (mais tacite seulement) veut que la tolérance vaut tant qu'il n'y a pas de préjudice pour l'auteur. C'est là que le bât blesse car l'illustrateur est aussi un auteur.
    Plusieurs points tout de même:
    1/ je ne retire aucun bénéfice de mon blog, il me sert à partager une collection avec des lecteurs, rien de plus.
    2/ Les images que je poste sont de qualité impropres à une impression correcte.
    3/ Les auteurs ou éditeurs que j'ai rencontré ou avec qui j'ai été en contact par courriel ne se sont jamais plaints: par exemple, Georges Ramaïloi, Claire Panier-Alix et son éditeur Xavier Mauméjean, Les Editions de la Fibule qui m’ont envoyé la couverture de l’édition 2007 de Champakou par Jeronaton, Jules Verne (ah, non je ne suis pas spirite) Vincent Meurice, Stephan Lewis, Les Moutons Electriques, Bertrand Houette, ...
    Pourtant, certains éditeurs pourtant font valoir leurs droits et empêche la publication des illustrations de couverture, c'est par exemple le cas de la collection Signe de piste.
    Il y a aussi eu un procès de Moulinsart SA (société détentrice des droits d'Hergé) contre Bob Garcia qui a permis la "citation graphique" mais bon...
    Ce qui change, c'est qu'une autorité administrative prononcera la peine avant que la justice ne se penche sur le cas (imaginons que les ouvrages de Bob Garcia ait été interdits avant leur diffusion). Donc, nous sommes dans l'illégalité quelque part (et les lecteurs aussi, affreux receleurs!).
    De toute façon, j'ai moins à m'en faire que les sites comme Ebay, la Fnac, Amazon,... qui utilisent à foison des images de couvertures de livres. Quoique: eux les vendent, moi je me contente de les présenter.
    Argh, j'imagine bien ma famille voir son accès à Internet coupé parce que j'ai publié ceci ou cela !

  • Hadopi et les auteurs de SF

    Je suis farouchement attaché au droit des auteurs mais aussi à la liberté des lecteurs et de la création. De nombreux auteurs, essayistes, libraires,... [en fait tout ce qui constitue le "peuple de la science-fiction" ou presque] viennent de prendre position. Les Peuples du Soleil ne pouvaient pas ne pas en parler:

    Nous, le peuple de la science-fiction, auteurs, traducteurs, illustrateurs, critiques et chroniqueurs, essayistes, libraires, blogueurs, éditeurs et directeurs de collection, tenons à exprimer par ce texte notre opposition à la loi Création et Internet.

    C'est un truisme de dire que la science-fiction se préoccupe de l'avenir et que nombre de ses acteurs ont dénoncé les dérives possibles, voire probables, des sociétés industrielles et technologiques ; le nom de George Orwell vient spontanément aux lèvres, mais aussi ceux de John Brunner, Norman Spinrad, Michel Jeury, J.-G. Ballard, Frederik Pohl & Cyril M. Kornbluth, et bien d'autres encore.

    La science-fiction sait déceler les germes de ces dérives dans le présent, car c'est bien du présent que rayonnent les avenirs possibles, et c'est au présent que se décide chaque jour le monde de demain.

    La méfiance face aux nouveaux développements technologiques et aux changements sociaux qui en résultent, la peur de l'avenir et le désir de contrôle d'une société obnubilée par un discours sécuritaire… tout cela a déjà été abordé par la science-fiction, et s'il est une chose dont elle a permis de prendre conscience, c'est que les technosciences et leurs développements sont la principale cause de changement dans nos sociétés modernes. De ces changements en cours ou en germe, nul ne peut prévoir les retombées mais on sait aussi qu'élever des barrières ou des murs n'amène qu'à les voir tomber un jour, de manière plus ou moins brutale. Aussi, plutôt qu'interdire, la sagesse, mais aussi le réalisme, devrait inciter à laisser libre cours à la liberté d'innover et de créer. Le futur qu'il nous faut inventer chaque jour ne doit pas être basé sur la peur, mais sur le partage et le respect.

    La loi Création et Internet, rejetée le 9 avril dernier à l'Assemblée nationale, doit être de nouveau soumise à la fin du mois à la représentation nationale.

    Cette loi, dont on nous affirme qu'elle défendra les droits des artistes et le droit d'auteur en général, nous apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d'établir un contrôle d'Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d'expression dans notre pays.

    Les artistes, les créateurs, tous ces acteurs de la culture sans qui ce mot serait vide de sens, se retrouvent instrumentalisés au profit d'une loi qui, rappelons-le, contient des mesures telles que le filtrage du Net, l'installation de mouchards sur les ordinateurs des particuliers, la suspension de l'abonnement à Internet sans intervention d'un juge et sur la base de relevés d'IP (dont le manque de fiabilité a depuis longtemps été démontré) effectués par des sociétés privées et l'extension de mesures prévues à l'origine pour les services de police luttant contre le terrorisme à l'échange non autorisé de fichiers entre particuliers.

    Profondément attachés au droit d'auteur, qui représente l'unique ou la principale source de revenus pour nombre des travailleurs intellectuels précaires que nous comptons dans nos rangs, nous nous élevons contre ceux qui le brandissent à tout bout de champ pour justifier des mesures de toute façon techniquement inapplicables, certainement dangereuses, dont le potentiel d'atteinte aux libertés n'est que trop évident aux yeux de ceux qui, comme nous, pratiquent quotidiennement dans le cadre de leur travail l'expérience de pensée scientifique, politique et sociale qui est au cœur de la science-fiction.

    Également conscients de l'intérêt et de la valeur des communautés créatives, nous nous élevons aussi contre les dangers que cette loi fait peser sur le monde de la culture diffusée et partagée sous licence libre, qui constitue une richesse accessible à tous.

    Internet n'est pas le chaos, mais une œuvre collective, où aucun acteur ne peut exiger une position privilégiée, et c'est une aberration de légiférer sur des pratiques nées de la technologie du XXIe siècle en se basant sur des schémas issus du XIXe siècle, songez-y.

    Car l'avenir est notre métier.

    Les signataires:

    Algésiras, scénariste, dessinatrice (BD)
    Joseph Altairac, essayiste
    Jean-Pierre Andrevon, auteur, critique, essayiste
    Andoryss, scénariste (BD)
    Ayerdhal, auteur
    Raphaël Bardas, auteur
    Stéphane Beauverger, auteur
    Geneviève Beduneau, auteur, blogueuse
    Ugo Bellagamba, auteur, essayiste
    Jean-Luc Blary, éditeur
    Pierre Bordage, auteur, scénariste
    Michel Borderie, illustrateur
    Bruno B. Bordier, auteur
    Charlotte Bousquet, auteur
    Georges Bormand, auteur, critique
    Alexis Brun, éditeur
    David Calvo, auteur
    Thibaud Canuti, auteur, conservateur des bibliothèques
    Flora Cappelluti, journaliste
    Thierry Cardinet, illustrateur
    Philippe Caza, illustrateur, scénariste
    Éric Cervos, auteur
    Jérôme Charlet, critique, traducteur, libraire
    Lucie Chenu, auteur, anthologiste, directrice de collection
    Hélène Collon, traductrice
    Christophe Cottier, auteur
    Laurent Courau, auteur, réalisateur, webmestre
    Magali Couzigou, auteur, lectrice
    Thomas Day, auteur, directeur de collection
    Jeanne A. Debats, auteur
    Philippe Delestaing, bibliothécaire
    Nicolas Delsaux, critique
    Irène Delse, auteur
    Sylvie Denis, auteur, traductrice, anthologiste, essayiste, critique
    Jean-Pierre Desthuilliers, auteur, webmestre
    Thierry Di Rollo, auteur
    Sara Doke, auteur, traductrice, essayiste
    René-Marc Dolhen, critique
    Gregory Drake, auteur
    Lea Honorine Dray, photographe, auteur
    Jean-Claude Dunyach, auteur, anthologiste
    Claude Ecken, auteur, critique, essayiste, scénariste (BD)
    Françoise Ecken, essayiste
    Philippe Ethuin, essayiste, blogueur
    Hélène Fairmarch, auteur
    Fabien Fernandez, illustrateur
    Frank Ferric, auteur
    Jean-Pierre Fontana, auteur
    Gilles Francescano, illustrateur
    Alexandre Garcia, auteur, traducteur, critique
    Didier Gazoufer, auteur
    Thomas Geha, auteur, libraire
    Laurent Genefort, auteur, essayiste, directeur de collection
    Vincent Gessler, auteur
    Laurent Gidon, auteur
    Olivier Girard, éditeur, rédacteur en chef
    Karine Gobled, blogueuse
    Michel Grimaud, auteurs
    Gudule, auteur
    Julien Guerry, libraire
    Denis Guiot, directeur de collection, critique
    William Guyard, critique
    Vladimir Harkonnen, baron
    Esther Hartwell, blogueuse
    Henscher, auteur, scénariste (BD)
    Jean-Christophe Hoël, illustrateur
    Aurélien Knockaert, webmestre
    Wladimir Kokkinopoulos, auteur
    Pénélope Labruyère-Snozzi, auteur, éditeur
    Marie-Noëlle Lacassin, décoratrice scénographe
    Sylvie Lainé, auteur
    Patrice Lajoye, anthologiste
    Nathalie Legendre, auteur
    Olivier Legendre, libraire
    Roland Lehoucq, essayiste
    Jonas Lenn, auteur
    Jocelyn Leroy, lecteur
    Marie Renée Lestoquoy, auteur
    Yves Letort, libraire
    Eric Lesueur, éditeur, photographe
    Li-Cam, auteur
    Jean-Marc Ligny, auteur
    Christine Luce, critique
    Marc Madouraud, essayiste
    Bernard Majour, bibliothécaire
    Manchu, illustrateur
    Xavier Mauméjean, auteur
    Nadine Manzagol, auteur, scénariste, vidéaste
    Patrick Marcel, traducteur, illustrateur, essayiste
    Sybille Marchetto, auteur, anthologiste
    Coralie Méïsse, libraire
    Nathalie Mège, auteur, traductrice
    Natacha Ménard, lectrice
    Laurent Million, auteur
    Yann Minh, illustrateur, créateur de liens
    Pascal Mir, auteur
    Charles Moreau, essayiste
    Ghislain Morel, auteur, documentaliste
    Philippe Morin, auteur, critique, bibliothécaire
    Loïc Nicolas, libraire
    Richard D. Nolane, auteur, essayiste, scénariste (BD), traducteur, anthologiste
    Stéphane Nolhart, auteur
    Michel Pagel, auteur, traducteur
    Thierry Pagès, adjoint du patrimoine
    Claire Panier-Alix, auteur
    Olivier Paquet, auteur
    Roland Pawlak, bouquiniste spécialisé
    Pierre Pelot, auteur
    Serje Peronnet, blogueur
    Audrey Petit, directrice de collection
    Olivier Pezigot, bibliothécaire
    Jean-Pierre Planque, auteur
    Laurent Queyssi, auteur
    Hélène Ramdani, éditeur
    Mireille Rivalland, éditeur
    André-François Ruaud, auteur, éditeur
    Simon Sanahujas, auteur, essayiste
    François Schnebelen, critique
    Nicolas Serra, auteur
    Frédéric Serva, auteur
    Stéphane Servain, dessinateur (BD)
    Isabelle Seviran, comédienne, lectrice
    Claire Sistach, chercheuse d'arts
    Nicolas Soffray, auteur, critique
    Bertrand Tesson, documentariste
    Hervé Thiellement, auteur, critique
    Christian Vilà, auteur, essayiste
    Christophe Thill, éditeur
    Pascal J. Thomas, essayiste, critique
    Olivier Tomasini, auteur
    Emmanuel Tollé, chroniqueur
    Juan-Manuel Torres-Moreno, auteur
    Jean-Louis Trudel, auteur
    Selene Verri, journaliste
    Jérôme Vincent, éditeur, webmestre
    Herveline Vinchon, libraire
    Thierry Virga, auteur
    Roland C. Wagner, auteur, traducteur, essayiste, critique
    Philippe Ward, auteur, directeur de collection
    Christine Webster, compositrice
    Laurent Whale, auteur
    Martin Winckler, auteur
    Joëlle Wintrebert, auteur, scénariste, critique
    Nicolas B. Wulf, auteur
    Pascal Yung, illustrateur

     

    (Liste mise à jour le 3 mai à 12 h 35.)