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  • De l'emprunt et du plagiat de Jules Verne à Michel Houellebecq

    On a beaucoup glosé sur les emprunts de Michel Houellebecq à Wikipédia, oubliant le contenu même du roman La Carte et le territoire, se contentant de parler de plagiat.

    La pratique de l'emprunt n'est pourtant pas neuve. Je me limiterai à deux exemple, un du XIXe et un du Xxe siècle avec Jules Verne et Gaston Leroux.

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  • Jules Verne, Le Superbe Orénoque

    Ce n'est pas la première fois que j'évoque Le Superbe Orénoque (écrit en 1894 et publié en 1898) de Jules Verne. Si le rôle des Amérindiens est relativement faible dans le roman qui narre les expéditions parallèles de deux équipes d'explorateurs. Les Indiens servent d'obstacles ou d'adjuvants. Quelques illustrations extraites de deux éditions de l'ouvrage:

    La page de garde de l'édition Hetzel (la première en volume, 1898):

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    Quelques illustrations extraites de l'édition dans la collection la Bibliothèque Verte de 1942 (illustrations de Henri Faivre):

     

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    Jules Verne, Le Superbe Orénoque, nombreuses rééditions.

  • Jules Verne, Le Phare du bout du monde

    verne le phare du bout du monde 2.jpgL’intrigue du roman Le Phare du bout du monde se déroule… au bout du monde. Plus précisément sur « L’Île des États, nommée aussi Terre des États, […] située à l’extrémité sud-est du nouveau continent » (chapitre II). Mais où est-ce ? Jules Verne, toujours très didactique, nous renseigne: « C’est le dernier et le plus oriental fragment de cet archipel magellanique que les convulsions de l’époque plutonienne ont lancé sur ces parages du cinquante-cinquième parallèle, à moins de sept degrés du cercle polaire antarctique. ».

    "Malgré les dangers très sérieux que courent leurs embarcations, en traversant le détroit de Lemaire, les Fuégiens y viennent quelquefois faire de fructueuses pêches" On apprend encore que "pendant la belle saison, les Fuégiens ou Pécherais y font de rares apparitions, lorsque le gros temps les oblige à y relâcher."

    Ces peuples sont présentés comme tout à fait pacifiques : "Il n’est pas inutile de répéter que la sécurité des trois gardiens paraissait être complète, si isolée que fût l’Île des États, à quinze cents milles de Buenos-Ayres, d’où pouvaient seulement venir le ravitaillement et les secours. Les quelques Fuégiens ou Pécherais qui s’y transportaient parfois pendant la belle saison n’y faisaient point un long séjour, et ces pauvres gens sont, au surplus, tout à fait inoffensifs. La pêche achevée, ils avaient hâte de retraverser le détroit de Lemaire et de regagner le littoral de la Terre de Feu ou les îles de l’archipel."

    L’île n’est pas si tranquille : elle abrite aussi des pilleurs d’épaves (qui sont aussi des naufrageurs) : "Ce n’était qu’un ramassis de gens originaires du Sud-Amérique. Cinq d’entre eux étaient de nationalité argentine ou chilienne. Quant aux autres, vraisemblablement des natifs de la Fuégie, recrutés par Kongre, ils n’avaient eu qu’à traverser le détroit de Lemaire pour compléter la bande, sur cette île qu’ils connaissaient déjà pour y être venus pêcher pendant la belle saison. "(chapitre IV)

     

    La récolte précolombien est très faible comme souvent chez Jules Verne qui s'est peu intéressé à ces peuples.

     

    Jules Verne, Le Phare du bout du monde, nombreuses éditions.

     

  • Jules Verne, Le Superbe Orénoque

    La Revue Jules Verne a consacré son numéro 6 au second semestre 1998 au roman Le Superbe Orénoque. Si la faune et la flore sont à l'honneur, les Indiens ne sont pas tout à fait absents.

    Nous nous amuserons de ces quelques lignes extraites du début du chapitre VI (Terribles inquiétudes) dans la seconde partie du roman):


    "Aussi longtemps que les Barés seront les Barés, l’apparition de ces énormes feux follets au sommet du Duido devra être considérée dans le pays comme un funeste présage, avant-coureur de catastrophes.

    Aussi longtemps que les Mariquitares seront les Mariquitares, ce phénomène sera pour eux l’indication d’une série d’heureux événements.

    Ces deux tribus indiennes ont donc une façon très opposée d’envisager les pronostics de leur prophétique montagne. Mais, qu’elles aient raison l’une ou l’autre, il est certain que le voisinage du Duido n’a pas porté bonheur au village de la Esmeralda. "

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  • Jules Verne, Le Phare du bout du Monde

    Le Phare du bout du Monde est le dernier des romans verniens écrit en 1901 et publié dans une version modifiée en 1905 par son fils Michel . Jules Verne s'est inspiré du phare argentin érigé en 1884. Notons qu'en janvier-mars 1998, dix hommes remirent en état ce phare au bout des terres et depuis le 1er janvier 2000, à La Rochelle, une réplique du momument éclaire le port vendéen.

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    Le texte du roman est disponible sur le site Ebooksgratuits.com.

    L'équipe d'Ebooks résume ainsi l'action du livre: "L’action se déroule en 1859-1860, à l'extrême sud de la Terre de Feu. Afin d'éviter un naufrage aux voiliers qui passent par là, un phare a été construit sur l'île des États, située à l'extrême sud de l'Amérique, là où le Pacifique et l'Atlantique entrent en collision. Trois gardiens sont chargés de veiller au fonctionnement de ce phare, situé en terre inhabitée et inhospitalière. Mais une bande de pirates, menée par Kongre et son bras droit Carcante, sévit sur cette île et pillent les navires qui s'y échouent, n'hésitant pas à en massacrer l'équipage. Deux des gardiens sont assassinés par les pirates, mais le troisième, le vieux Vasquez, s'enfuit et recueille un naufragé américain, John Davis. Ensemble, ils vont tenter d'empêcher les pirates de quitter l'île en attendant l'arrivée du navire militaire Santa-Fé..."

    Si le lieu de l'action est la Terre de Feu, les natifs de Patagonie sont bien peu présents. Deux extraits tout de même, le premier avec la mention des qualités halieutiques de la région, le second qui donne un portrait des Patagons, retiendront notre attention:

    "En revanche, si la faune et la flore sont à peine représentées dans cette île, le poisson abonde sur tout le littoral. Aussi, malgré les dangers très sérieux que courent leurs embarcations, en traversant le détroit de Lemaire, les Fuégiens y viennent quelquefois faire de fructueuses pêches. Les espèces y sont très variées, merluches, tiburons, éperlans, loches, bonites, dorades, gobies, mulets. La grande pêche pourrait même y attirer de nombreux navires, car, à cette époque du moins, les cétacés, baleines, cachalots, et aussi phoques et morses, fréquentaient volontiers ces parages. Ces animaux marins ont été pourchassés avec une telle imprévoyance qu’ils se réfugient à présent dans les mers antarctiques où les campagnes sont aussi périlleuses que pénibles."

    "Quant au chef de la bande, on ignorait tout de son existence. Sa nationalité, il ne s’était jamais prononcé à ce sujet. Se nommait-il Kongre ? on ne le savait pas. Ce qui est certain, c’est que ce nom est assez répandu chez les indigènes de la Magellanie et de la Terre-de-Feu. Lors du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, le capitaine Dumont-d’Urville, en relâche au havre Peckett, sur le détroit de Magellan, reçut à son bord un Patagon qui portait ce nom. Mais il est douteux que Kongre fût originaire de la Patagonie. Il n’avait pas la figure rétrécie au sommet et large à sa partie inférieure des hommes de cette contrée, leur front étroit et fuyant, leurs yeux allongés, leur nez écrasé, leur taille généralement haute. En outre, sa physionomie était loin de présenter cette expression de douceur que l’on rencontre chez la plupart des types de ces peuplades."

    Une belle image pour terminer, celle de l'édition Hetzel dite "A un éléphant - titre dans l'éventail, dos au phare"

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     Jules Verne, Le Phare du Bout du Monde, 1905

  • Pierre Kalfon, Pampa

    Pierre Kalfon, journaliste, écrivain et diplomate, a été en poste pendant plus de 25 ans en Amérique du Sud. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence Argentine (collection Petite Planète, Seuil, 1967), Les Amériques latines en France (avec Jacques Leenhardt, Gallimard, 1992), Che, Ernesto Guevara une légende du siècle (Le Seuil, 1997) et Chili 1970-1973 (Atlantica, 1998) Che (Editions du Seuil).

    En avril 2007, Pampa est publié. Il s'agit d'un roman mettant en scène les Mapuches. Ce peuple de Patagonie a la réputation d'être le seul à ne jamais avoir été soumis par les colonisateurs. Mal lui en a pris, il fut décimé...

    Dans Le Temps, journal suisse, le samedi 23 Juin 2007, Isabelle Rüf écrivait un article intitulé "Les Mapuches, décimés mais indomptés"

    Un «western argentin», largement documenté, relate l'anéantissement des cultures indiennes de la pampa à travers l'odyssée d'un aventurier français au XIXe siècle.

    «Nous accomplissons une oeuvre terrible, la suppression d'une race», écrivait Alfred Ebelot dans la Revue des Deux Mondes. Ce journaliste français constatait, à la fin du XIXe siècle déjà, le déclin de la culture des gauchos et la mort des populations indiennes. A leurs gloires antagonistes, il dédia La Pampa (réédité chez Zulma en 1992). Ebelot passe en personnage secondaire dans Pampa, un «western argentin» très documenté de Pierre Kalfon, qui part de l'histoire véridique d'Auguste Guinnard. Journaliste et diplomate, l'auteur a été en poste en Argentine pendant vingt-cinq ans. On lui doit une biographie d'Ernesto Guevara, Che (Seuil, 1997), des essais sur Allende, Neruda et l'Amérique latine en général. Pampa tient du roman d'aventures, du récit historique et de la chronique ethnographique. L'ouvrage se base, entre autres, sur le récit que Guinnard fit lui-même de ses trois ans de captivité dans diverses tribus indiennes: Esclave chez les Patagons (1859-1861). En quête de son Eldorado, il finit par se perdre dans l'immensité de la plaine. Traité comme une bête et plus mal encore, échangé, vendu, le naïf Français payait pour les trahisons et les exactions des Blancs. Il apprit à monter et à chasser comme un Mapuche, à parler le mapudungun, avant de parvenir à s'enfuir et de regagner son pays depuis le Chili. S'il garda des souvenirs terribles des humiliations réservées aux huincas (Blancs) et des souffrances physiques, il conçut aussi une admiration pour les qualités de courage et de droiture des indigènes. D'une brève union avec la fille métisse d'un chef mapuche naquit, après la fuite de Guinnard, un garçon. Elevé par les missionnaires, il participa comme officier à la lutte contre son peuple, c'est en tout cas un ressort du roman, sinon l'histoire réelle. Finit-il par rejoindre les siens? Kalfon laisse la fin ouverte et propose, non sans humour, plusieurs issues au conflit intérieur de cet homme entre deux mondes. En cette deuxième partie du XIXe siècle, l'Argentine est à un point crucial de son développement. Les colons venus de toute l'Europe décident d'en finir avec la coûteuse guérilla que mènent les tribus indiennes à coups de malones, attaques surprises meurtrières. Nomades contre sédentaires, clôtures contre grands espaces, armes à feu contre lances et bolas: on connaît l'issue. Il n'y a plus aujourd'hui de populations indigènes en Patagonie argentine. Les Mapuches survivants se sont repliés du côté chilien de la Cordillère. Toujours indomptés, ils ont toutefois renoncé aux expéditions guerrières et tentent de faire valoir les lois qui leur garantissent en théorie des droits et des territoires. C'est leur situation actuelle qu'expose Voyage au pays des Mapuches. Cet ouvrage s'inscrit dans une collection qui se veut «voyage littéraire dans l'histoire et les cultures des minorités à l'heure du village planétaire» (à noter aussi, entre autres, un Voyage au pays des Gagaouzes). Sous-titré «Le peuple indomptable», ce petit guide, conçu comme un reportage, donne quelques conseils pratiques, des recettes, un lexique sommaire de mapudungun. Surtout, il part à la rencontre de militants mapuches, dans leur territoire, au sud du fleuve Bío Bío, entre le Pacifique et les Andes. A l'intérieur des terres, là où règne le pehuen, l'araucaria millénaire, les Mapuches se sont opposés au projet de barrage d'une multinationale en contradiction avec la loi. Ce n'est qu'un épisode de plus dans un conflit qui perdure depuis le XVIe siècle. «Les Mapuches ont la réputation d'être le seul peuple indien des Amériques à avoir tenu tête aux Espagnols»: mais leur culture est orale et, dans l'histoire officielle chilienne, leur place est, disons, modeste. Leur structure sociale peu hiérarchisée, en clans, leur a permis de résister de manière plus souple que les Incas ou les Aztèques, plus centralisés. Au XIXe siècle, la «pacification» de l'Araucanie et l'établissement de colons sur ces terres indiennes entraînent des affrontements qui laissent exsangue la nation mapuche, finalement unie. Ce Voyage au pays des Mapuches est une plongée dans leur vie quotidienne: elle est faite de rites ancestraux et de militance, d'affrontements avec la police, de fuites dans la clandestinité, de manifestations, d'incarcérations. Et d'un refus obstiné de s'intégrer qui force l'admiration.

    Nombre d'auteurs, populaires notamment, ont utilisé comme décor la Patagonie, mis en scène de redoutables Patagons ou Araucans. Le plus célèbre fut sans doute Jules Verne.

    Pierre Kalfon, comme beaucoup d'autres auteurs depuis plus d'un siècle, applique l'esthétique western à son roman historique. Au moins pour ce cas, cela est justifié...

     

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    Pierre Kalfon, Pampa, Seuil, 2007, 422 pages.