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julien coupat

  • Julien Coupat et L'autre Livre

    Je n'ai pas d'avis particulier à exprimer sur l'affaire Julien Coupat. Néanmoins, pour ce qui concerne le monde des livres en général et de l'édition en particulier, il y a de quoi, parfois, avoir quelques inquiétudes à avoir quant à la liberté d'éditer et de faire circuler des idées. Je ne suis pas certain que Fayard qui publie aussi bien les ouvrages de Jean Mabire consacrés, par exemple, à la division Charlemagne ou à la division SS Hitlerjungend que ceux d'ATTAC puisse être classé à l'extrême droite pour le premier qu'à l'extrême gauche pour le second. Evidemment dans le cas de la maison d'édition La Fabrique le problème est un peu différent. Editrice de L'Insurrection qui vient signé du Comité invisible (dont on ne connaît toujours pas les membres ni qui se cache vraiment derrière ce pseudonyme), La Fabrique a une ligne éditoriale clairement affichée. Paru en 2007, le livre vaut à Erci Hazan plusieurs heures de convocation le 9 mai 2009. . Je partage assez l'avis d'André-François Ruaud sur le livre (avis à lire ICI) et aussi l'émotion de nombreux signataires de la pétition lancée par les éditions La Découverte. Il ne s'agit pas de juger du contenu du livre mais des méthodes qui semblent bien être une atteinte à la liberté d'imprimer pour laquelle se sont battus les Philosophes des Lumières. L'association L'autre Livre a réagi à cette affaire avec le communiqué suivant (envoyé à nombre d'éditeurs indépendants et récupéré par votre serviteur par des voies détournées ;) ):

    l’autre LETTRE
    Points de vue des éditeurs indépendants
    sur l’actualité du monde du livre
    48 r Sainte croix de la Bretonnerie 75004 PARIS
    Tél : 01 48 04 09 40 - Fax : 01 48 04 09 26
    Lundi 25 mai 2009
    Presse, radio, télé en parlent, et pétitions circulent sur l’affaire Coupat devenue affaire Hazan !
    Notre association de défense de l’édition indépendante se doit de se faire entendre sur cette dérive qui, ne vous y trompez pas, concerne tous les éditeurs.
    Au nom d’on ne sait quelle lutte pour défendre une certaine idée de la démocratie, comment a-t-on pu passer de la malveillance il y a plusieurs mois sur des caténaires du réseau TGV à la remise en cause de la liberté d’expression éditoriale?
    Qui a eu l’idée, le 9 avril dernier, de faire convoquer par la brigade de l’anti-terrorisme  de la police judiciaire le directeur des éditions « La Fabrique », Eric Hazan?
    Cette convocation, qui a duré trois heure trente selon la presse, avait pour objectif d’établir un lien entre un livre sorti en 2007, « L’insurrection qui vient », signé par « un comité invisible », édité par la Fabrique, et Julien Coupat, soupçonné de terrorisme dans l’affaire des caténaires, qui pourrait être selon les enquêteurs un des membres auteur de ce « comité invisible ».
    Comment pouvons-nous accepter qu’un éditeur soit entendu plusieurs heures comme témoin dans une affaire dans laquelle il n’est évidemment pas témoin des faits instruits, simplement parce qu’un de ses auteurs présumés est accusé politiquement et médiatiquement d’être un affreux terroriste?
    La question n’étant pas de savoir si un éditeur adhère à toutes les thèses qu’il publie, ou s’il considère que son rôle est de témoigner d’une époque où la noirceur des prévisions est très souvent apocalyptique.
    Ne devons-nous pas à juste titre, confrère éditeur, nous inquiéter au cas où nous aurions sans le savoir un auteur en indélicatesse avec la justice ou la police de notre pays ? Cette affaire nous prouve que le risque existe dans certains esprits de considérer comme complice le simple fait d’assimilation auteur-éditeur à une « association de malfaiteurs », ce qui est réprimé par la loi.
    Notre association ne peut admettre, à l’heure où ce que certains nomment « la menace de révolution » s’affiche à la une des magazines comme dans les propos d’un ex-premier ministre, M. de Villepin, que la publication d’un livre qui évoque une « insurrection à venir » peut être retenue comme une charge lors d’une enquête de police contre son auteur et son éditeur.
    Il ne peut ni ne doit y avoir, selon notre association, de remise en cause « légitime » de la liberté d’expression.
    Au-delà de notre solidarité pleine et entière avec l’ami de notre association « Eric Hazan », l’autre Livre invite les éditeurs indépendants à être fraternels et vigilants devant cette menace, et à informer notre association de tout manquement de la part de représentants de l’Etat à la liberté d’éditer et de circulation des idées.
    « Pour une fois que l’on arrête un coupable, il est innocent », citation des Dupont-Dupond (affreux gauchistes) dans « Les bijoux de la Castafiore » d’Hergé (un affreux terroriste).

    Gérard CHERBONNIER,
    Trésorier de L’autre livre
    Editions Le Petit Pavé