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lévi-strauss

  • Claude Lévi-Strauss est mort

    "Ce que nous nommons exotisme traduit une inégalité de rythme,
    significative pendant le laps de quelques siècles et voilant
    provisoirement un destin qui aurait bien pu demeurer solidaire
    ."

    Tristes Tropiques
    ,
    Claude Lévi-Strauss, éd. Pocket, 2001


    levi strauss.jpgJe ne ferai pas de bio-bibliographie complète de cet immense anthropologue que fut Claude Lévi-Strauss, les journaux, télévisions, sites web le feront bien mieux que moi. Pourtant Les Peuples du Soleil se doivent de rendre hommage au travail du père de l'anthropologie structurale.
    Bien sûr, il n'a pas écrit de fictions sur les peuples précolombiens mais de sa fréquentation du Matto Grosso et de l'Amazonie, il a ramené des ouvrages et une pensée qui sont devenus des classiques (et pas seulement pour les anthropologues) notamment son succès planétaire Tristes Tropiques.

    Né à Bruxelles en 1908, Lévi-Strauss rejoint en 1935 l'université de Sao Paulo au Brésil en 1935. De là, il mène plusieurs missions en Amazonie et au Matto Grosso jusqu'à son retour en France en 1939, pays qu'il devra quitter en 1941 à cause de ses origines juives.

    levi-strauss en amazonie.jpgSes missions sur les terres de ceux qu'on appelait encore "primitifs" sont restées dans la mémoire de ses hôtes (voir le documentaire Claude Lévi-Strauss auprès de l'Amazonie diffusé sur France 5 fin 2008). Ce sont d'abord les Caduveo et les Bororo en 1935 puis, alors qu'il attendait un poste du Front Populaire (poste qui ne viendra jamais), les Nambikwara et les TupiKawahib. A propos des Nambikwara l'anthropologue écrit dans Tristes Tropiques (publié en 1955): « J'avais poursuivi ma quête d'un état qui — (comme le) dit Rousseau — "n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes pour bien juger notre état présent". J'avais cherché une société réduite à sa plus simple expression. Celle des Nambikwara l'était au point que j'y trouvai seulement des hommes. ».

    Dans la narration de la rencontre avec les Tupi-Kawahib, il y a du Montaigne chez Lévi-Strauss. On estime à un million le nombre de Tupis présents avant l'arrivée des Européens. Quand Lévi-Strauss rencontre la branche Kawahib (l'un des sept peuples Tupis, tupi désignant une langue commune), il ne sont plus qu'une famille.

    L'Encyplodia Universalis indique que  Tristes tropiques est: "à la fois récit de voyage, témoignage de savant, méditation de philosophe (non au sens académique du terme, que l'auteur abomine, mais compris comme une recherche sincère de la vérité et de la sagesse), servi par un style à la hauteur de ses modèles : Rousseau et, moins explicite, Chateaubriand" et plus loin: "Le goût de l'exotisme n'est que le revers inconscient d'une propension de l'Occident à réduire l'autre à des mirages : « non satisfait encore de vous abolir », écrit Lévi-Strauss à l'adresse des « sauvages de la forêt amazonienne », « il lui faut rassasier fiévreusement de vos ombres le cannibalisme nostalgique d'une histoire à laquelle vous avez déjà succombé »".

    Quand on collectionne comme moi les fictions mettant en scène des peuples précolombiens, on comprend parfaitement cette dernière citation.

    A propos de la phrase qui ouvre Tristes tropiques, "Je hais les voyages et les explorateurs", Claude Lévi-Strauss répondait à Bernard Rapp en 1991:

     

     

    levi strauss tristes tropiques 2.gif

    Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques
    collection Terre Humaine,
    Editions Plon, 1955, nombreuses rééditions.