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  • [Actualités] Un Indien d'Amazonie candidat à la présidence au Pérou / Enquête chez les Mapuches

    Un Indien d'Amazonie candidat à la présidence au Pérou

    Alberto Pizango, principal dirigeant des Indiens de l'Amazonie péruvienne, a annoncé sa candidature à la présidence de la république. Il a notamment déclaré "Je jure par les esprits ancestraux et les peuples amazoniens, andins et côtiers, de faire du Pérou un état plurinational, et de stopper la destruction de la Terre mère face à la civilisation occidentale basée sur le consumérisme". Lors de la cérémonie, il a été symboliquement coiffé d'une "maskaypacha" (coiffe traditionnelle inca). 
    Pour en savoir plus, lisez l'article paru dans le journal suisse Le Matin

    drapeau mapuche.pngEnquête chez les Mapuches

    "Pour la troisième fois cette année, Jean-François Gareyte est reparti enquêter au Chili sur les traces du roi d'Araucanie et sur la situation des Mapuches." Si le président Pinera a acquis une notoriété internationale en assistant au sauvetage des 33 mineurs chiliens, la répression contre les Mapuches se poursuit.
    Pour en savoir plus, lisez l'article paru dans Sud-Ouest

     

    Illustration: Drapeau mapuche.

  • Pierre Kalfon, Pampa

    Pierre Kalfon, journaliste, écrivain et diplomate, a été en poste pendant plus de 25 ans en Amérique du Sud. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence Argentine (collection Petite Planète, Seuil, 1967), Les Amériques latines en France (avec Jacques Leenhardt, Gallimard, 1992), Che, Ernesto Guevara une légende du siècle (Le Seuil, 1997) et Chili 1970-1973 (Atlantica, 1998) Che (Editions du Seuil).

    En avril 2007, Pampa est publié. Il s'agit d'un roman mettant en scène les Mapuches. Ce peuple de Patagonie a la réputation d'être le seul à ne jamais avoir été soumis par les colonisateurs. Mal lui en a pris, il fut décimé...

    Dans Le Temps, journal suisse, le samedi 23 Juin 2007, Isabelle Rüf écrivait un article intitulé "Les Mapuches, décimés mais indomptés"

    Un «western argentin», largement documenté, relate l'anéantissement des cultures indiennes de la pampa à travers l'odyssée d'un aventurier français au XIXe siècle.

    «Nous accomplissons une oeuvre terrible, la suppression d'une race», écrivait Alfred Ebelot dans la Revue des Deux Mondes. Ce journaliste français constatait, à la fin du XIXe siècle déjà, le déclin de la culture des gauchos et la mort des populations indiennes. A leurs gloires antagonistes, il dédia La Pampa (réédité chez Zulma en 1992). Ebelot passe en personnage secondaire dans Pampa, un «western argentin» très documenté de Pierre Kalfon, qui part de l'histoire véridique d'Auguste Guinnard. Journaliste et diplomate, l'auteur a été en poste en Argentine pendant vingt-cinq ans. On lui doit une biographie d'Ernesto Guevara, Che (Seuil, 1997), des essais sur Allende, Neruda et l'Amérique latine en général. Pampa tient du roman d'aventures, du récit historique et de la chronique ethnographique. L'ouvrage se base, entre autres, sur le récit que Guinnard fit lui-même de ses trois ans de captivité dans diverses tribus indiennes: Esclave chez les Patagons (1859-1861). En quête de son Eldorado, il finit par se perdre dans l'immensité de la plaine. Traité comme une bête et plus mal encore, échangé, vendu, le naïf Français payait pour les trahisons et les exactions des Blancs. Il apprit à monter et à chasser comme un Mapuche, à parler le mapudungun, avant de parvenir à s'enfuir et de regagner son pays depuis le Chili. S'il garda des souvenirs terribles des humiliations réservées aux huincas (Blancs) et des souffrances physiques, il conçut aussi une admiration pour les qualités de courage et de droiture des indigènes. D'une brève union avec la fille métisse d'un chef mapuche naquit, après la fuite de Guinnard, un garçon. Elevé par les missionnaires, il participa comme officier à la lutte contre son peuple, c'est en tout cas un ressort du roman, sinon l'histoire réelle. Finit-il par rejoindre les siens? Kalfon laisse la fin ouverte et propose, non sans humour, plusieurs issues au conflit intérieur de cet homme entre deux mondes. En cette deuxième partie du XIXe siècle, l'Argentine est à un point crucial de son développement. Les colons venus de toute l'Europe décident d'en finir avec la coûteuse guérilla que mènent les tribus indiennes à coups de malones, attaques surprises meurtrières. Nomades contre sédentaires, clôtures contre grands espaces, armes à feu contre lances et bolas: on connaît l'issue. Il n'y a plus aujourd'hui de populations indigènes en Patagonie argentine. Les Mapuches survivants se sont repliés du côté chilien de la Cordillère. Toujours indomptés, ils ont toutefois renoncé aux expéditions guerrières et tentent de faire valoir les lois qui leur garantissent en théorie des droits et des territoires. C'est leur situation actuelle qu'expose Voyage au pays des Mapuches. Cet ouvrage s'inscrit dans une collection qui se veut «voyage littéraire dans l'histoire et les cultures des minorités à l'heure du village planétaire» (à noter aussi, entre autres, un Voyage au pays des Gagaouzes). Sous-titré «Le peuple indomptable», ce petit guide, conçu comme un reportage, donne quelques conseils pratiques, des recettes, un lexique sommaire de mapudungun. Surtout, il part à la rencontre de militants mapuches, dans leur territoire, au sud du fleuve Bío Bío, entre le Pacifique et les Andes. A l'intérieur des terres, là où règne le pehuen, l'araucaria millénaire, les Mapuches se sont opposés au projet de barrage d'une multinationale en contradiction avec la loi. Ce n'est qu'un épisode de plus dans un conflit qui perdure depuis le XVIe siècle. «Les Mapuches ont la réputation d'être le seul peuple indien des Amériques à avoir tenu tête aux Espagnols»: mais leur culture est orale et, dans l'histoire officielle chilienne, leur place est, disons, modeste. Leur structure sociale peu hiérarchisée, en clans, leur a permis de résister de manière plus souple que les Incas ou les Aztèques, plus centralisés. Au XIXe siècle, la «pacification» de l'Araucanie et l'établissement de colons sur ces terres indiennes entraînent des affrontements qui laissent exsangue la nation mapuche, finalement unie. Ce Voyage au pays des Mapuches est une plongée dans leur vie quotidienne: elle est faite de rites ancestraux et de militance, d'affrontements avec la police, de fuites dans la clandestinité, de manifestations, d'incarcérations. Et d'un refus obstiné de s'intégrer qui force l'admiration.

    Nombre d'auteurs, populaires notamment, ont utilisé comme décor la Patagonie, mis en scène de redoutables Patagons ou Araucans. Le plus célèbre fut sans doute Jules Verne.

    Pierre Kalfon, comme beaucoup d'autres auteurs depuis plus d'un siècle, applique l'esthétique western à son roman historique. Au moins pour ce cas, cela est justifié...

     

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    Pierre Kalfon, Pampa, Seuil, 2007, 422 pages.