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  • Madame Brassey, Le Tour du monde en famille

    Le Tour du Monde en Famille, voyage de la famille Brassey dans son yacht Le Sunbeam raconté par la mère a été plusieurs édité par Alfred Mame et fils à la fin du XIXe siècle.
    L’ouvrage se présente sous la forme d’un gros et beau cartonnage agrémenté de 82 gravures sur bois.
    Il ne s’agit pas d’une fiction mais du récit de ce long voyage en famille (mais en yacht d'un confort tout à fait supportable tout de même !  - voir les reproductions des gravures ci-dessous) qui dura 46 semaines (du 1er juillet 1876 au26 mai 1877) au cours desquelles la famille parcourut 35 400 milles en consommant 350 tonnes de charbon.
    L’intérêt pour nous se limitera donc aux gravures. La circumnavigation emmène nos voyageurs le long des côtes sud-américaines où ils rencontrent quelques beaux types indiens.

    p. 12 : Le Sunbeam toutes voiles dehors (Chapitre I "Adieux à la « vieille Angleterre »" )

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    p. 13 : Salle à manger du Sunbeam (Chapitre I "Adieux à la « vieille Angleterre » ")
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    p. 113: Patagons (Chapitre VIII " Du Rio de la Plata à Punta-Arenas - Détroit de Magellan)

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    p. 115: Habitant de la Terre-de-Feu (Chapitre VIII " Du Rio de la Plata à Punta-Arenas - Détroit de Magellan)

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    p. 126: Les Fuégiens manquèrent l'amarre, et le yacht poursuivit sa route, accompagné de leurs malédictions (Chapitre IX " De Punta-Arenas à la Baie de Lota)

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    p. 135: Scène de marché à Valpareiso (Chapitre X " Le Chili" )

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    Je ne résiste pas et vous fait partager l'interprétation assez personnelle de l'illustrateur concernant le lion de mer:

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    Madame Brassey, Le Tour du Monde en Famille, voyage de la famille Brassey dans son yacht Le Sunbeam raconté par la mère, traduit de l'anglais par M. Ricahrd Viot,
    Alfred Mame et Fils Editeurs (Tours), 4e édition, 1896,
    illustré de 82 gravures sur bois.

     

     

  • Pierre Kalfon, Pampa

    Pierre Kalfon, journaliste, écrivain et diplomate, a été en poste pendant plus de 25 ans en Amérique du Sud. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence Argentine (collection Petite Planète, Seuil, 1967), Les Amériques latines en France (avec Jacques Leenhardt, Gallimard, 1992), Che, Ernesto Guevara une légende du siècle (Le Seuil, 1997) et Chili 1970-1973 (Atlantica, 1998) Che (Editions du Seuil).

    En avril 2007, Pampa est publié. Il s'agit d'un roman mettant en scène les Mapuches. Ce peuple de Patagonie a la réputation d'être le seul à ne jamais avoir été soumis par les colonisateurs. Mal lui en a pris, il fut décimé...

    Dans Le Temps, journal suisse, le samedi 23 Juin 2007, Isabelle Rüf écrivait un article intitulé "Les Mapuches, décimés mais indomptés"

    Un «western argentin», largement documenté, relate l'anéantissement des cultures indiennes de la pampa à travers l'odyssée d'un aventurier français au XIXe siècle.

    «Nous accomplissons une oeuvre terrible, la suppression d'une race», écrivait Alfred Ebelot dans la Revue des Deux Mondes. Ce journaliste français constatait, à la fin du XIXe siècle déjà, le déclin de la culture des gauchos et la mort des populations indiennes. A leurs gloires antagonistes, il dédia La Pampa (réédité chez Zulma en 1992). Ebelot passe en personnage secondaire dans Pampa, un «western argentin» très documenté de Pierre Kalfon, qui part de l'histoire véridique d'Auguste Guinnard. Journaliste et diplomate, l'auteur a été en poste en Argentine pendant vingt-cinq ans. On lui doit une biographie d'Ernesto Guevara, Che (Seuil, 1997), des essais sur Allende, Neruda et l'Amérique latine en général. Pampa tient du roman d'aventures, du récit historique et de la chronique ethnographique. L'ouvrage se base, entre autres, sur le récit que Guinnard fit lui-même de ses trois ans de captivité dans diverses tribus indiennes: Esclave chez les Patagons (1859-1861). En quête de son Eldorado, il finit par se perdre dans l'immensité de la plaine. Traité comme une bête et plus mal encore, échangé, vendu, le naïf Français payait pour les trahisons et les exactions des Blancs. Il apprit à monter et à chasser comme un Mapuche, à parler le mapudungun, avant de parvenir à s'enfuir et de regagner son pays depuis le Chili. S'il garda des souvenirs terribles des humiliations réservées aux huincas (Blancs) et des souffrances physiques, il conçut aussi une admiration pour les qualités de courage et de droiture des indigènes. D'une brève union avec la fille métisse d'un chef mapuche naquit, après la fuite de Guinnard, un garçon. Elevé par les missionnaires, il participa comme officier à la lutte contre son peuple, c'est en tout cas un ressort du roman, sinon l'histoire réelle. Finit-il par rejoindre les siens? Kalfon laisse la fin ouverte et propose, non sans humour, plusieurs issues au conflit intérieur de cet homme entre deux mondes. En cette deuxième partie du XIXe siècle, l'Argentine est à un point crucial de son développement. Les colons venus de toute l'Europe décident d'en finir avec la coûteuse guérilla que mènent les tribus indiennes à coups de malones, attaques surprises meurtrières. Nomades contre sédentaires, clôtures contre grands espaces, armes à feu contre lances et bolas: on connaît l'issue. Il n'y a plus aujourd'hui de populations indigènes en Patagonie argentine. Les Mapuches survivants se sont repliés du côté chilien de la Cordillère. Toujours indomptés, ils ont toutefois renoncé aux expéditions guerrières et tentent de faire valoir les lois qui leur garantissent en théorie des droits et des territoires. C'est leur situation actuelle qu'expose Voyage au pays des Mapuches. Cet ouvrage s'inscrit dans une collection qui se veut «voyage littéraire dans l'histoire et les cultures des minorités à l'heure du village planétaire» (à noter aussi, entre autres, un Voyage au pays des Gagaouzes). Sous-titré «Le peuple indomptable», ce petit guide, conçu comme un reportage, donne quelques conseils pratiques, des recettes, un lexique sommaire de mapudungun. Surtout, il part à la rencontre de militants mapuches, dans leur territoire, au sud du fleuve Bío Bío, entre le Pacifique et les Andes. A l'intérieur des terres, là où règne le pehuen, l'araucaria millénaire, les Mapuches se sont opposés au projet de barrage d'une multinationale en contradiction avec la loi. Ce n'est qu'un épisode de plus dans un conflit qui perdure depuis le XVIe siècle. «Les Mapuches ont la réputation d'être le seul peuple indien des Amériques à avoir tenu tête aux Espagnols»: mais leur culture est orale et, dans l'histoire officielle chilienne, leur place est, disons, modeste. Leur structure sociale peu hiérarchisée, en clans, leur a permis de résister de manière plus souple que les Incas ou les Aztèques, plus centralisés. Au XIXe siècle, la «pacification» de l'Araucanie et l'établissement de colons sur ces terres indiennes entraînent des affrontements qui laissent exsangue la nation mapuche, finalement unie. Ce Voyage au pays des Mapuches est une plongée dans leur vie quotidienne: elle est faite de rites ancestraux et de militance, d'affrontements avec la police, de fuites dans la clandestinité, de manifestations, d'incarcérations. Et d'un refus obstiné de s'intégrer qui force l'admiration.

    Nombre d'auteurs, populaires notamment, ont utilisé comme décor la Patagonie, mis en scène de redoutables Patagons ou Araucans. Le plus célèbre fut sans doute Jules Verne.

    Pierre Kalfon, comme beaucoup d'autres auteurs depuis plus d'un siècle, applique l'esthétique western à son roman historique. Au moins pour ce cas, cela est justifié...

     

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    Pierre Kalfon, Pampa, Seuil, 2007, 422 pages.

  • Maurice Limat, La Montagne aux vampires

    Une nouvelle oeuvre de Maurice Limat, celle-ci fut publiée par Ferenczi, spécialiste de la "Petite Librairie".

    Des Vampires, voraces chauves-souris et non émules du comte Vlad Tepes dit Dracula (quoique...), ont élu domicile à proximité de l’hacienda de la Navidad dans la pampa argentine au pied des Andes et s’attaquent aux hommes blancs et à leur bétail.
    Santiago el Gaucho, à qui le propriétaire de l’Hacienda refuse la main de sa fille Carmen, part en jurant de ne revenir que quand « l’espèce des vampires du mont Antiriga sera détruite » (p. 6). Bel exemple de suicide amoureux…

    Sur la route, il rencontre sept « Araucans, ces Indiens féroces » qui nous sont ainsi décrits : « C’étaient d’admirables cavaliers, montant des chevaux nus, portant le classique casque de plumes et brandissant, qui une carabine vieux modèle, qui une lance, qui une sorte de tomahawk » (p. 7). Santiago, as de la gâchette, a tôt fait de mettre en déroute la petite troupe mais doit s’enfuir quand de nouveaux Araucans apparaissent, cette fois équipés d’arcs, arme qu’ils manient avec art. Arrivé le lendemain au pied du mont Antiriga, Santiago traverse, c’est classique, une cascade qui masque l’entrée d’une grotte. Le voici donc à l’intérieur du terrible mont. Les vapeurs sulfureuses font naître dans l’esprit de Santiago qu’il s’agit d’ « un volcan inactif depuis des siècles, et qui gardait un foyer dans ses flancs » (p. 14). « Dans les entrailles du mont infernal » (p. 15), la chaleur monte, ce qui explique que les vampires, originaires des forêts tropicales brésiliennes, puissent survivre sous un climat plus froid. Santiago lutte contre les chauves-souris qui infestent les tunnels du mont et les extermine.

    Cheminant dans « la continuation de l’ancienne cheminée volcanique » (p. 18), il parvient sur une sorte de plateau au centre duquel l’attend un vieux sorcier, le Vampire Rouge, entouré de vampires obéissants. Le Grand Sorcier des Araucans est celui qui a ramené les vampires sur ces terres, qui les a nourris (ce qui explique pourquoi coule dans les veines des vampires du sang araucan [sic] ) et dresser pour attaquer les Visages-Pâles. Santiago, qui ne fait pas dans le détail, abat le sorcier d’une balle en pleine tête. De retour à l’Hacienda, Santiago doit la défendre contre la colère des Araucans après la mort de leur sorcier. Grâce à l’aide de militaires argentins appelés à la rescousse, les Indiens sont mis en déroute (c’est une habitude). La prime touchée par Santiago pour avoir débarrassé la région des vampires lui permet d’acheter une hacienda et du bétail. Le Gaucho est devenu propriétaire. Plus rien ne s’oppose au mariage avec Carmen, fille de l’haciendero Antonio Sanchez.

     

    Comme souvent dans ces récits se déroulant dans la pampa argentine (voir par exemple Dans les Pampas. Les Jeunes Colons de G.A. Henty), l’esthétique « western » (voir aussi des fascicules purement western mettant en scène des peuples du soleil comme ceux de la série Texas Jack) l’emporte mais les éléments araucans (costumes, mœurs, sorcellerie,…) donnent une délicieuse ambiance exotique certes un tout petit peu différente du traditionnel Far west mais si peu. M'enfin, il s’agit du premier numéro de la, mythique !, collection Le Petit roman d’aventures publiée par Ferenczi. Rien que pour cela la mention est méritée !

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    Maurice Limat, La Montagne aux vampires,
    Le Petit roman d'aventures, n° 1,
    Ferenczi, 10 février 1936.
    Illustration de Georges Vallée.