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patagonie

  • Olivier Rolin, Un Chasseur de lions

    En parcourant la liste du prix Livre Inter 2009 grâce à _Jeanne, je suis tombé sur Un Chasseur de lions d'Olivier Rolin. S'il met en scène un chasseur en Patagonie et ailleurs en Amérique du Sud, il semble tout même éloigné du thème de ce blog. Je le signale donc seulement pour mémoire.

    Présentation de l’éditeur :
    Les destins croisés d’Edouard Manet, qui meurt à 51 ans de gangrène, et de son collectionneur et modèle occasionnel, Eugène Pertuiset, aventurier, chasseur de lions, homme à femmes, gros mangeur et buveur, explorateur à ses heures, jusqu’à la Terre de feu. En 1881, deux ans avant sa mort, Edouard Manet fait le portrait d’un personnage haut en couleurs de l’époque, Eugène Pertuiset, à ses heures chasseur de lions en Algérie, mais aussi magnétiseur, explorateur, inventeur et trafiquant d’armes, activités qui le mèneront à accomplir de nombreux voyages en Amérique du Sud, et à faire la première tentative d’exploration de la Terre de Feu. Ce Portrait de Pertuiset, le chasseur de lions, qui n’est peut-être pas le plus connu de Manet aujourd’hui, ni le plus admiré, valut à l’artiste un prix au Salon. Les deux hommes étaient liés, et l’aventurier avait le bon goût d’être un collectionneur de Manet. Ce sont les aventures de ce Pertuiset, rocambolesques et assez farcesques, que retrace Olivier Rolin, croisées avec divers épisodes de la vie de Manet. C’est aussi un voyage à travers l’espace (l’Algérie coloniale, Lima, Valparaiso, la Terre de Feu), le temps (le Paris de Napoléon III, la guerre de 70, la Commune), les souvenirs littéraires (Baudelaire, Zola, Maupassant, etc.). Un roman mené tambour battant, comme une suite très rythmée de scènes ou de tableaux colorés. Mais bien sûr, Olivier Rolin ne fait pas un roman classique, et il entrecoupe son récit par l’évocation de souvenirs personnels qui le ramènent vingt-cinq ans en arrière lorsque, journaliste, il arpentait le continent latino-américain. « Le lion que tu chassais, la Terre de Feu que tu explorais, le trésor que tu cherchais, c’était, comme toujours, le temps perdu. »

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    Olivier Rolin, Un Chasseur de lions, Collection Ficition & Cie, Seuil, 2008

  • Léon Lambry, Un Naufrage en Patagonie

     

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    Léon Lambry, Un Naufrage en Patagonie,
    Collection Printemps, n°, Editions de Montsouris

  • Jules Verne, Le Phare du bout du Monde

    Le Phare du bout du Monde est le dernier des romans verniens écrit en 1901 et publié dans une version modifiée en 1905 par son fils Michel . Jules Verne s'est inspiré du phare argentin érigé en 1884. Notons qu'en janvier-mars 1998, dix hommes remirent en état ce phare au bout des terres et depuis le 1er janvier 2000, à La Rochelle, une réplique du momument éclaire le port vendéen.

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    Le texte du roman est disponible sur le site Ebooksgratuits.com.

    L'équipe d'Ebooks résume ainsi l'action du livre: "L’action se déroule en 1859-1860, à l'extrême sud de la Terre de Feu. Afin d'éviter un naufrage aux voiliers qui passent par là, un phare a été construit sur l'île des États, située à l'extrême sud de l'Amérique, là où le Pacifique et l'Atlantique entrent en collision. Trois gardiens sont chargés de veiller au fonctionnement de ce phare, situé en terre inhabitée et inhospitalière. Mais une bande de pirates, menée par Kongre et son bras droit Carcante, sévit sur cette île et pillent les navires qui s'y échouent, n'hésitant pas à en massacrer l'équipage. Deux des gardiens sont assassinés par les pirates, mais le troisième, le vieux Vasquez, s'enfuit et recueille un naufragé américain, John Davis. Ensemble, ils vont tenter d'empêcher les pirates de quitter l'île en attendant l'arrivée du navire militaire Santa-Fé..."

    Si le lieu de l'action est la Terre de Feu, les natifs de Patagonie sont bien peu présents. Deux extraits tout de même, le premier avec la mention des qualités halieutiques de la région, le second qui donne un portrait des Patagons, retiendront notre attention:

    "En revanche, si la faune et la flore sont à peine représentées dans cette île, le poisson abonde sur tout le littoral. Aussi, malgré les dangers très sérieux que courent leurs embarcations, en traversant le détroit de Lemaire, les Fuégiens y viennent quelquefois faire de fructueuses pêches. Les espèces y sont très variées, merluches, tiburons, éperlans, loches, bonites, dorades, gobies, mulets. La grande pêche pourrait même y attirer de nombreux navires, car, à cette époque du moins, les cétacés, baleines, cachalots, et aussi phoques et morses, fréquentaient volontiers ces parages. Ces animaux marins ont été pourchassés avec une telle imprévoyance qu’ils se réfugient à présent dans les mers antarctiques où les campagnes sont aussi périlleuses que pénibles."

    "Quant au chef de la bande, on ignorait tout de son existence. Sa nationalité, il ne s’était jamais prononcé à ce sujet. Se nommait-il Kongre ? on ne le savait pas. Ce qui est certain, c’est que ce nom est assez répandu chez les indigènes de la Magellanie et de la Terre-de-Feu. Lors du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, le capitaine Dumont-d’Urville, en relâche au havre Peckett, sur le détroit de Magellan, reçut à son bord un Patagon qui portait ce nom. Mais il est douteux que Kongre fût originaire de la Patagonie. Il n’avait pas la figure rétrécie au sommet et large à sa partie inférieure des hommes de cette contrée, leur front étroit et fuyant, leurs yeux allongés, leur nez écrasé, leur taille généralement haute. En outre, sa physionomie était loin de présenter cette expression de douceur que l’on rencontre chez la plupart des types de ces peuplades."

    Une belle image pour terminer, celle de l'édition Hetzel dite "A un éléphant - titre dans l'éventail, dos au phare"

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     Jules Verne, Le Phare du Bout du Monde, 1905

  • Pierre Kalfon, Pampa

    Pierre Kalfon, journaliste, écrivain et diplomate, a été en poste pendant plus de 25 ans en Amérique du Sud. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence Argentine (collection Petite Planète, Seuil, 1967), Les Amériques latines en France (avec Jacques Leenhardt, Gallimard, 1992), Che, Ernesto Guevara une légende du siècle (Le Seuil, 1997) et Chili 1970-1973 (Atlantica, 1998) Che (Editions du Seuil).

    En avril 2007, Pampa est publié. Il s'agit d'un roman mettant en scène les Mapuches. Ce peuple de Patagonie a la réputation d'être le seul à ne jamais avoir été soumis par les colonisateurs. Mal lui en a pris, il fut décimé...

    Dans Le Temps, journal suisse, le samedi 23 Juin 2007, Isabelle Rüf écrivait un article intitulé "Les Mapuches, décimés mais indomptés"

    Un «western argentin», largement documenté, relate l'anéantissement des cultures indiennes de la pampa à travers l'odyssée d'un aventurier français au XIXe siècle.

    «Nous accomplissons une oeuvre terrible, la suppression d'une race», écrivait Alfred Ebelot dans la Revue des Deux Mondes. Ce journaliste français constatait, à la fin du XIXe siècle déjà, le déclin de la culture des gauchos et la mort des populations indiennes. A leurs gloires antagonistes, il dédia La Pampa (réédité chez Zulma en 1992). Ebelot passe en personnage secondaire dans Pampa, un «western argentin» très documenté de Pierre Kalfon, qui part de l'histoire véridique d'Auguste Guinnard. Journaliste et diplomate, l'auteur a été en poste en Argentine pendant vingt-cinq ans. On lui doit une biographie d'Ernesto Guevara, Che (Seuil, 1997), des essais sur Allende, Neruda et l'Amérique latine en général. Pampa tient du roman d'aventures, du récit historique et de la chronique ethnographique. L'ouvrage se base, entre autres, sur le récit que Guinnard fit lui-même de ses trois ans de captivité dans diverses tribus indiennes: Esclave chez les Patagons (1859-1861). En quête de son Eldorado, il finit par se perdre dans l'immensité de la plaine. Traité comme une bête et plus mal encore, échangé, vendu, le naïf Français payait pour les trahisons et les exactions des Blancs. Il apprit à monter et à chasser comme un Mapuche, à parler le mapudungun, avant de parvenir à s'enfuir et de regagner son pays depuis le Chili. S'il garda des souvenirs terribles des humiliations réservées aux huincas (Blancs) et des souffrances physiques, il conçut aussi une admiration pour les qualités de courage et de droiture des indigènes. D'une brève union avec la fille métisse d'un chef mapuche naquit, après la fuite de Guinnard, un garçon. Elevé par les missionnaires, il participa comme officier à la lutte contre son peuple, c'est en tout cas un ressort du roman, sinon l'histoire réelle. Finit-il par rejoindre les siens? Kalfon laisse la fin ouverte et propose, non sans humour, plusieurs issues au conflit intérieur de cet homme entre deux mondes. En cette deuxième partie du XIXe siècle, l'Argentine est à un point crucial de son développement. Les colons venus de toute l'Europe décident d'en finir avec la coûteuse guérilla que mènent les tribus indiennes à coups de malones, attaques surprises meurtrières. Nomades contre sédentaires, clôtures contre grands espaces, armes à feu contre lances et bolas: on connaît l'issue. Il n'y a plus aujourd'hui de populations indigènes en Patagonie argentine. Les Mapuches survivants se sont repliés du côté chilien de la Cordillère. Toujours indomptés, ils ont toutefois renoncé aux expéditions guerrières et tentent de faire valoir les lois qui leur garantissent en théorie des droits et des territoires. C'est leur situation actuelle qu'expose Voyage au pays des Mapuches. Cet ouvrage s'inscrit dans une collection qui se veut «voyage littéraire dans l'histoire et les cultures des minorités à l'heure du village planétaire» (à noter aussi, entre autres, un Voyage au pays des Gagaouzes). Sous-titré «Le peuple indomptable», ce petit guide, conçu comme un reportage, donne quelques conseils pratiques, des recettes, un lexique sommaire de mapudungun. Surtout, il part à la rencontre de militants mapuches, dans leur territoire, au sud du fleuve Bío Bío, entre le Pacifique et les Andes. A l'intérieur des terres, là où règne le pehuen, l'araucaria millénaire, les Mapuches se sont opposés au projet de barrage d'une multinationale en contradiction avec la loi. Ce n'est qu'un épisode de plus dans un conflit qui perdure depuis le XVIe siècle. «Les Mapuches ont la réputation d'être le seul peuple indien des Amériques à avoir tenu tête aux Espagnols»: mais leur culture est orale et, dans l'histoire officielle chilienne, leur place est, disons, modeste. Leur structure sociale peu hiérarchisée, en clans, leur a permis de résister de manière plus souple que les Incas ou les Aztèques, plus centralisés. Au XIXe siècle, la «pacification» de l'Araucanie et l'établissement de colons sur ces terres indiennes entraînent des affrontements qui laissent exsangue la nation mapuche, finalement unie. Ce Voyage au pays des Mapuches est une plongée dans leur vie quotidienne: elle est faite de rites ancestraux et de militance, d'affrontements avec la police, de fuites dans la clandestinité, de manifestations, d'incarcérations. Et d'un refus obstiné de s'intégrer qui force l'admiration.

    Nombre d'auteurs, populaires notamment, ont utilisé comme décor la Patagonie, mis en scène de redoutables Patagons ou Araucans. Le plus célèbre fut sans doute Jules Verne.

    Pierre Kalfon, comme beaucoup d'autres auteurs depuis plus d'un siècle, applique l'esthétique western à son roman historique. Au moins pour ce cas, cela est justifié...

     

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    Pierre Kalfon, Pampa, Seuil, 2007, 422 pages.

  • Gustave Aimard, Le fils du Soleil

    Gustave Aimard (1818-1883) fut l'un des grands auteurs de romans d'aventures de la seconde moitié du XIXe siècle. Connu pour ses romans de l'Ouest (le terme Western étant anachronique), plusieurs de ses oeuvres nous intéressent particulièrement. Aventurier (sans doute un peu mythomane aussi), Aimard passe "une partie de sa jeunesse en Amérique du Sud où, dit-il, il est fait prisonnier par les Patagons (voir Le Guaranis, 1864)" (source: Site Le Roman d’Aventures). Il finit ses jours, malade mental (mégalomanie), interné à Saint-Anne.

    Nous commencerons par présenter Le Fils du Soleil. Cette oeuvre a été éditée sur le site In Libro Veritas et sur le projet Gutemberg. Il s'agit de la version extraite du quotidien Canadien-Français La Patrie où cet ouvrage a été publié en feuilleton dans les éditions du 20 octobre au 1 décembre 1879.

    En  Patagonie, une révolte est fomentée afin de libérer les tribus asservies par les Occidentaux et de placer sur le trône un nouveau Fils du Soleil.

    Le dernier chapitre est intitulé "Le Dernier des Incas". En voici quelques extraits:

    "La place Mayor présentait, ce jour-là, un aspect inaccoutumé. Au centre d'élevait un large échafaud recouvert de tapis de velours route, sur lequel était en place un fauteuil de bois de nopal sculpté. Le dossier était surmonté d'un soleil en or massif, étincelant de diamants ; un vautour des Andes, oiseau sacré des Incas, également en or, soutenant dans son bec recourbé une couronne impériale ; il tenait dans ses serres un sceptre qui se terminait en trident, et une main de justice qui tenait un soleil éblouissant. Ce vautour, les ailes déployées, semblait planer au-dessus du fauteuil, auquel on montait par quatre marches." (p. 218)

    "Vous tous qui m'écoutez, le soleil notre aïeul a souri à nos armes et Gualichu a même combattu pour nous ; l'empire des Incas est rétabli, les Indiens sont libres, et le chef suprême des nations patagones, Neham-Outah, va mettre sur sa tête le diadème d'Athshualpa et de Tupac-Amaru. Au nom du nouvel empereur et au nôtre, nous allons offrir au soleil dont il descend, le sacrifice qui lui est le plus agréable. Piaïes, apportez la victime. " (p. 219)

    [...] Le matchi, insensible aux hurlements de la victime, choisit la place où il devait frapper, regarda l'astre du jour d'un air inspiré, leva son couteau et ouvrit la poitrine du pulpero dans toute sa longueur ; puis, pendant que l'holocauste se tordait en râlant et que les piaïes recueillaient le sang qui coulait à flots, le matchi lui arracha le coeur qu'il éleva vers le soleil comme une hostie. A ce moment les ulmenes montèrent sur l'échafaud, et, asseyant Neham-Outah sur le trône, ils l'élevèrent sur leurs épaules en criant avec enthousiasme :
    -Vive le nouvel empereur ! Vive le fils du soleil !
    Les piaïes aspergeaient le foule avec le sang de la victime ; et les Indiens trépignaient de joie et remplissaient l'air de hurrahs assourdissants.
    -Enfin ! s'écria Neham-Outah, j'ai reconstitué l'empire des Incas et délivré ma race !
    -Pas encore ! lui dit dona Linda d'une voix incisive. Regarde ! " (p. 220-221)

    On peut consulter l'ensemble de l'oeuvre ICI  ou LA (c'est ce que j'ai fait ;-D ). Le site In Libro Veritas permet aussi de commander une version papier.

     

    Gustave Aimard, Le Fils du Soleil, 1879