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pierre vallas

  • Pierre Vallas s'expose au Grenier (Amiens)

    La Librairie Le Grenier propose une exposition des oeuvres de Pierre Vallas du 4 au 22 avril. Comme d'habitude, pas de vernissage (vous n'avez donc pas raté les petits fours), mais un "finissage"le dernier jour de l'expo.

    Le Grenier, c'est 14 bis rue du Marché Lanselles, 80000 Amiens et c'est ouvert du mardi au samedi, de 10 heures à 19 heures.

    Le travail de Pierre Vallas est fort intéressant (et pour tout dire surprenant). Laissons lui la parole:

    Comment je sculpte ma peinture*

     

     

     

    P.VALLAS expo Grenier2131.jpgJour après jour, mes couleurs sont celles du tout venant de ce que je consomme, de mes emballages obligés, omniprésents, et des divers objets de rebut, souvent de matière plastique (tels les jouets cassés de mes enfants), parfois d’origine organique (noyaux, cheveux, os…).

    La cuisine fait office d’atelier. Ici, je déballe mes emplettes : un sac de plastique blanc ou transparent ira dans telle bouteille, un sac de couleur unie dans telle autre, un imprimé dans une autre encore… mise en abyme.

    Le tri constitue sans doute la part essentielle du travail. Quand elle sera remplie, puis chauffée (et coiffée ou non de son bouchon), la bouteille sera devenue œuvre, immédiatement visible de par son contenu alors assimilable à du pigment. En tant qu’enveloppe transparente, invisible, la bouteille de plastique rétractable – combien d’unités chaque jour dans le monde ? – joue donc pleinement son rôle de liant, de vernis protecteur, voire même de glaçure – car il est question du feu cette transformation en objet d’art.

    Un cran au-dessus : je puis considérer une bouteille en tant que simple unité (que je ne m’interdis pas de tronçonner à l’occasion) ; grâce à P.VALLAS expo Grenier21212.jpgmon liant plastique, je façonne alors ces modules en une « superbouteille », sorte de serpent ou de long tube digestif.

    J’aime particulièrement cette image car elle met bien en face le déchet de notre consommation (et je songe alors aux « dépotoirs » chers aux archéologues), en même temps qu’elle renvoie à de l’intime (l’intestin), de l’archaïque : retour du refoulé retourné comme un gant (dedans/dehors, contenu/contenant, etc.) car toute cette (belle) matière a bien sûr à voir avec l’excrémentiel (je suis un matiériste légèrement obsédé, pas vous ?).

    Un cran au-dessus encore, le liant peut aussi n’être constitué que par le travail (le concept) de la mise en espace, l’objet devenant alors « installation ».

    Pourtant, je continue à me considérer comme peintre (si cela a de l’importance…), même si ma peinture se détache un peu du plat. Mon souhait est de la faire rêver.

     

    Pierre Vallas.



    * ou pour répondre à l’éternelle question : « Dis, mais comment tu fais ? »

     

     

    P.VALLAS expo Grenier2130.jpg