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roman d'avntures

  • Gustave Aimard, Le fils du Soleil

    Gustave Aimard (1818-1883) fut l'un des grands auteurs de romans d'aventures de la seconde moitié du XIXe siècle. Connu pour ses romans de l'Ouest (le terme Western étant anachronique), plusieurs de ses oeuvres nous intéressent particulièrement. Aventurier (sans doute un peu mythomane aussi), Aimard passe "une partie de sa jeunesse en Amérique du Sud où, dit-il, il est fait prisonnier par les Patagons (voir Le Guaranis, 1864)" (source: Site Le Roman d’Aventures). Il finit ses jours, malade mental (mégalomanie), interné à Saint-Anne.

    Nous commencerons par présenter Le Fils du Soleil. Cette oeuvre a été éditée sur le site In Libro Veritas et sur le projet Gutemberg. Il s'agit de la version extraite du quotidien Canadien-Français La Patrie où cet ouvrage a été publié en feuilleton dans les éditions du 20 octobre au 1 décembre 1879.

    En  Patagonie, une révolte est fomentée afin de libérer les tribus asservies par les Occidentaux et de placer sur le trône un nouveau Fils du Soleil.

    Le dernier chapitre est intitulé "Le Dernier des Incas". En voici quelques extraits:

    "La place Mayor présentait, ce jour-là, un aspect inaccoutumé. Au centre d'élevait un large échafaud recouvert de tapis de velours route, sur lequel était en place un fauteuil de bois de nopal sculpté. Le dossier était surmonté d'un soleil en or massif, étincelant de diamants ; un vautour des Andes, oiseau sacré des Incas, également en or, soutenant dans son bec recourbé une couronne impériale ; il tenait dans ses serres un sceptre qui se terminait en trident, et une main de justice qui tenait un soleil éblouissant. Ce vautour, les ailes déployées, semblait planer au-dessus du fauteuil, auquel on montait par quatre marches." (p. 218)

    "Vous tous qui m'écoutez, le soleil notre aïeul a souri à nos armes et Gualichu a même combattu pour nous ; l'empire des Incas est rétabli, les Indiens sont libres, et le chef suprême des nations patagones, Neham-Outah, va mettre sur sa tête le diadème d'Athshualpa et de Tupac-Amaru. Au nom du nouvel empereur et au nôtre, nous allons offrir au soleil dont il descend, le sacrifice qui lui est le plus agréable. Piaïes, apportez la victime. " (p. 219)

    [...] Le matchi, insensible aux hurlements de la victime, choisit la place où il devait frapper, regarda l'astre du jour d'un air inspiré, leva son couteau et ouvrit la poitrine du pulpero dans toute sa longueur ; puis, pendant que l'holocauste se tordait en râlant et que les piaïes recueillaient le sang qui coulait à flots, le matchi lui arracha le coeur qu'il éleva vers le soleil comme une hostie. A ce moment les ulmenes montèrent sur l'échafaud, et, asseyant Neham-Outah sur le trône, ils l'élevèrent sur leurs épaules en criant avec enthousiasme :
    -Vive le nouvel empereur ! Vive le fils du soleil !
    Les piaïes aspergeaient le foule avec le sang de la victime ; et les Indiens trépignaient de joie et remplissaient l'air de hurrahs assourdissants.
    -Enfin ! s'écria Neham-Outah, j'ai reconstitué l'empire des Incas et délivré ma race !
    -Pas encore ! lui dit dona Linda d'une voix incisive. Regarde ! " (p. 220-221)

    On peut consulter l'ensemble de l'oeuvre ICI  ou LA (c'est ce que j'ai fait ;-D ). Le site In Libro Veritas permet aussi de commander une version papier.

     

    Gustave Aimard, Le Fils du Soleil, 1879