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science-ficiton

  • Régis Messac, Micromégas

    Cette chronique porte mal son titre à vrai dire car il ne s’agit pas pour moi de chroniquer cette réédition du rare Micromégas*, essai de Régis Messac, un des pionniers de l’étude de la science-fiction en France, mais de parler de ses orientations de recherches.

    Dans ses « réflexions préliminaires », on peut lire :

    « L’histoire littéraire reste encore, dans son ensemble, l’histoire des grands écrivains, et la critique de leurs chefs-d’œuvres […] On trouvera […] ici avant tout une collection de textes se rapportant à un même sujet, ou tout au moins à un même courant d’idées. Ce genre d’étude, quelquefois appelé thématologie**, d’un mot assez barbare, est peu pratiqué et pas du tout estimé dans notre beau pays. […] Il y a des oeuvres littéraires, les unes goûtées par certaines catégories de lecteurs, les autres par d’autres catégories. Ces catégories peuvent être nombreuses ou restreintes, influentes ou au contraire dépourvues de prestige social. On peut étudier les relations entre l’auteur et son public, entre l’œuvre littéraire, phénomène social, et sa diffusion, autre phénomène social. L’histoire littéraire est une branche de la sociologie, tout comme l’histoire tout court. Quant au génie, c’est un mythe à mettre au rancart avec le phlogistique*** de Van Helmont » (p. 15-16)

    Je discutais justement avec Serge Lehman de l’approche thématique choisie par Pierre Versins et Jacques Van Herp. Serge Lehman reproche à ces deux chercheurs d’avoir privilégié les thèmes et leurs origines sur les qualités des textes. C’est parfois injuste car Pierre Versins livre régulièrement dans son encyclopédie des avis tout à fait définitif quant au style de tel ou tel auteur et Jacques Van Herp dans la défunte revue A&A dirigée par Francis Valéry a lui aussi donné des avis littéraires sur des œuvres d’anticipation ancienne. Il n’en reste pas moins que la Littérature étant passée du culte de l’imitation à celui de l’originalité, les approches thématiques restent difficilement conciliables avec l’idée de génie littéraire.
    En même temps, Serge Lehman n'a pas tort en tant qu'éditeur: les lecteurs sont plus à la recherche de bonnes histoires que d'exploitations plus ou moins plates ou laborieuses d'un thème, ce qui condamne certaines oeuvres au plus total des oublis (sauf quand quelque archéologue littéraire les fait resurgir).

    Je crois que mes orientations de recherches sont claires sur ce point là au moins.

    Pour ceux qui sont intéressés par une étude du thème de l'infiniment grand et de l'infiniment petit en littérature, Micromégas de Régis Messac est tout à fait incontournable.

    Quatrième de couverture:

    Avec Micromégas, écrit en 1935, Régis Messac se consacre à l'étude des oeuvres littéraires traitant de l'homme en face du très grand et du très petit, de l'homme qui change de dimensions sans cesser d'être un être humain.
    De Platon aux magazines anglais de la première moitié du XXe siècle, de Lamartine à Jules Lermina, aucun aspect de la question n'est abordé sans être mis en relation avec le développement de la science et l'évolution des théories scientifiques. À travers son étude, Messac nous révèle la cohorte d'idées fausses qu'emmagasine ou que véhicule le roman scientifique, notamment à propos du changement d'échelle qui bouleverse la structure des lois physiques.
    Cette littérature n'est en fait que de pure fantaisie. Notre organisation est liée à nos dimensions ; il ne peut y avoir d'homme de la taille d'une fourmi ni de fourmi de la taille d'un homme. Messac, cependant, fait une distinction entre deux catégories d'auteurs : ceux qui laissent se développer leur imagination au gré de la science, et ceux qui, comme Rabelais, Swift, Voltaire ou Wells utilisent le genre comme un artifice qui leur permet d'exposer des idées hardies.
    Comme la plupart des travaux de Messac, cette histoire d'un genre littéraire est aussi captivante que les meilleurs ouvrages de littérature scientifique.

     

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    Régis Messac, Micromégas,
    Imprimerie La Laborieuse, 1936
    (Edition numérotée limitée à 500 exemplaires, 98 pages),
    réédition Editions Ex Nihilo, 2008

    * Le titre de l'essai fait référence au conte philosophique de Voltaire.
    ** C'est à dire l'étude des thèmes en littérature.
    *** Fluide calorique qui, dans la théorie de Stahl et de ses successeurs, servait à expliquer la combustion. Aujourd'hui, considérée comme une théorie fumeuse (la blague est facile, je sais).

  • 8e salon de l'Imaginaire de Nogent sur Oise (2)

    salon_imaginaire_2009.jpg

    Le salon de Nogent-sur-Oise est devenu un événement important dans le paysage des littératures de l'Imaginaire. Plusieurs pointures seront présentent comme Xavier Mauméjean, PJ Hérault, Philippe Heurtel, Philippe Ward ou encore Philippe Curval.

    Parmi les auteurs chroniqués sur ce blog: Corinne Guitteaud, Stephan Lewis et Claire Panier-Alix.

    Corinne Guitteaud, qui fait partie des auteurs mis à l'honneur pour cette 8e édition, présentera notamment La Trilogie Atlante (éditions Voy'[el]):

    guitteaud aquatica.JPG

     

    Stephan LEWIS sera quant à lui présent au stand de son éditeur : les Editions EDILIVRE- APARIS pour présenter et dédicacer son dernier roman (en cours de parution), Les Enfants des étoiles :

    lewis les enfants des etoiles 2.jpg

    Claire Panier-Alix proposera Les Songes de Tulà:

    panier-alix tula.jpg

    Je connais deux des trois auteurs. Ce sont les deux femmes écrivains (mais c'est un pur hasard bien sûr ^__^).

    Lors de ma dernière rencontre avec Corinne Guitteaud, ce fut une charmante journée mêlant activité professionnelle et repas sympathique (et discussion à bâtons rompus sur des tas de sujets plus ou moins littéraires). Elle n'a pas encore publié (enfin je crois, je n'ai pas tout lu d'elle) de fictions mettant en scène des Précolombiens mais sait-on jamais? !!!

    Pour Claire Panier-Alix, la rencontre eut lieu au dernier salon de l'imaginaire de Sèvres en décembre 2008. Nous avons discuté, trop peu, des Songes de Tulà. Elle m'a expliqué beaucoup de choses sur son livre, je lui ai posé quelques questions, trop peu. Ce n'est pas seulement parce qu'elle dédicaçait à tour de bras, c'est aussi parce qu'à Sèvres il y a de très nombreux auteurs, pas mal de connaissances qui fréquentent ce salon et que le temps est compté. J'espère que nous pourrons échanger quelques mots supplémentaires à Nogent. Notre rencontre fut émaillée d'une surprenante coïncidence (pas du tout surprenante d'ailleurs à la réflexion mais sur le moment, un détail m'avait totalement échappé) avec la visite sur le stand de Claire de Xavier Mauméjean avec qui j'ai travaillé sur quelques volumes de la Bibliothèque Rouge aux éditons Les Moutons Electriques. Si Claire lit ces lignes, peut-être comprendra-t-elle (peut-être pas d'ailleurs, mais m'enfin, moi je me comprends ^__^).

    En revanche pour Stephan Lewis, ce sera une première. Je n'ai pas encore eu le plaisir de le voir "en vrai". Quelques contacts par messagerie électronique (maintenant que cela fonctionne) et une furieuse envie de lire ses ouvrages.