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univers parallèle

  • Howard Waldrop, Histoire d'os

    waldrop them bones.jpgRésumer en anglais Histoire d’os de Howard Waldrop est simple : Time travelers trying to avert World War III end up in wrong locales: one in right time, wrong timeline; the rest vice versa.

    Vous avez tout compris.

    En français cela est plus difficile car on se trouve face à un livre sur lequel Jacques Baudou donna dans le Monde ( daté du 9/11/2001) cet avis: l’un des meilleurs traitements du thème du voyage dans le temps. Après une critique pareille, on ne peut se contenter d’une petite ligne fut-ce-t-elle anglo-saxonne.

    En Louisiane, en 1929, Bessie, jeune archéologue, annonce à son supérieur qu’un crâne de cheval en une douille de cuivre ont été découverts dans un tumulus précolombien. Impossible selon les connaissances scientifiques ! Ce premier point de vue et cette époque courent tout au long du roman, à mesure que d’autres découvertes soient faites.

    waldrop histoire d'os 1.jpgLeake est envoyé en éclaireur dans le passé, en principe en 1930 en Louisiane. Ce qu’il découvre est très différent du monde auquel ses connaissances livresques l’avaient préparées. Ce second point de vue et cette ligne temporelle différente permettent de montrer une Amérique qui n’a pas connu la colonisation européenne, pas même la découverte par Christophe Colomb. Leake rencontre des Indiens vivant toujours selon les rites ancestraux, des Aztèques toujours aussi sanguinaires, des Nordiques (Vikings) et des Marchands (moyen-orientaux) qui disposent de bateaux à aubes et maîtrisent la vapeur,… C’est bien là un univers parallèle. Leake explore une partie de ce monde souvent violent, parfois mais préfère la compagnie de Fleur-de-soleil.

    Enfin une compagnie constituée de 146 hommes (plus Leake parti en éclaireur mais qui est arrivé dans un univers parallèle, vous avez suivi, sinon relisez le paragraphe précédent) se retrouve dans la Louisiane de notre monde mais à une époque reculée. Les Indiens et les voyageurs du temps ne parviennent pas à communiquer et tout cela fini en bain de sang. De ce voyage temporel ne subsiste qu’une boîte, des douilles et des cadavres de chevaux.

    La narration est habile : trois voix alternent au fil des chapitres. Dans le futur, afin d’éviter une guerre mondiale, qui a tout de même bien résolu tous les problèmes de surpopulation, les survivants envoient des voyageurs dans le temps vers 1930 en Louisiane afin d’éviter le conflit apocalyptique.

    waldrop histoire d'os 2.jpgEntre ratage de ligne temporelle, décalage temporel, erreur de communication et inondation qui submerge les vestiges post-pré-colombiens (nommer des traces archéologiques de voyageurs venus du futur vers le passé, découvertes dans les années 1930 et décrites dans un roman de 1984 n’est pas facile) tout foire lamentablement.

    Howard Waldrop n’est pas inconnu des amateurs d’uchronie. Il est l’auteur d’une petite quinzaine de textes uchroniques (nouvelles et romans). Il fut lauréat des prix Hugo, Nebula, World Fantasy Award, Stoker, et Locus Awards.

     

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    Howard Waldrop, Histoire d’os (VO : Them Bones, 1984),
    collection Fictions n°5, Editions La Découverte, 1986,
    Plusieurs rééditions (J’Ai Lu, 1989 ; Folio SF, 2001).

  • Pierre Bameul, Le Choix des destins

    Après La Saga d'Arne Marsson, Le Choix des destins est le deuxième volet de Pour nourrir le soleil, saga aztéco-viking de Pierre Bameul. L'ensemble ne forme en fait qu'un seul roman scindé en deux pour les besoins éditoriaux du Fleuve Noir (2 x 250 pages).

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    Mille ans après la prise de pouvoir de l'empire aztèque par le viking Arne Marsson et le sacrifice de son fils nécessaire à l'équilibre du monde, l'Empire Aztéco-viking domine les 2/3 de la planète. Pourtant, l'Empire est menacé conjointement par une résistance intérieure qui rejette les sacrifices humains (le sacrifice humain étant un moyen de limitation de la population particulièrement efficace) et par la pression d'autres puissances.
    Un jeune Francuas (français) se rebelle quand sa femme est emmenée - après une intrigue - pour être sacrifiée. Sa bravoure fait qu'il est recruté par la résistance et qu'il participe à l'assassinat de l'Empereur.
    Un vortex l'emmène dans notre monde. Il y raconte toute l'histoire de son peuple à un descendant des Mayas qui voit l'intérêt que la Pierre des Trolls peut avoir pour modifier l'histoire. Néanmoins quand le Maya va voir Arne Marsson, le viking connaît son destin et le refuse. Il tue le Troll-Maya: jamais les Vikings ne partiront à la conquête de la Méso-Amérique, jamais l'Empire Aztéco-Viking ne dominera le monde.
    Ce choix des destins fait irrestiblement penser à La Porte des Mondes de Robert Silverberg et à la réflexion sur la multiplicité des mondes possibles en fonction des choix fait à tel ou tel moment.

    Ce qui est toujours intrigant c'est le caractère archaïque des civilisations méso- et sud-américaines dans les oeuvres de science-fiction. Dans La Porte des Mondes ou dans Pour nourrir le soleil, les peuples du soleil ont un retard technologique fort important. Dans La Porte des Mondes, des automobiles à vapeur atteignent la vitesse totalement fabuleuse de 20 km/h, dans Le Choix des destins toutes les connaissances technologiques sont bloquées, archivées dans une vaste bibliothèque interdite (où l'on trouve pourtant l'arme atomique par exemple). L'Empereur aztèque de Pierre Bameul sort parfois une invention des cartons pour rattraper la technologie de ses ennemis (on peut ainsi traverser l'Atlantique en dirigeable). Le développement technologique apparaît toujours comme un risque de déstabilisation du fragile équilibre mis en place. Nanotikal ne fonctionne pas exactement de la même manière (les Mayas sont les maîtres des nanotechnologies et cette maîtrise leur assure la domination du monde) mais des archaïsmes subsistent au premier rang desquels les sacrifices humains.

    Pierre Bameul, Le Choix des destins,
    Pour nourrir le soleil -2,

    Fleuve Noir Anticipation n°1489, 1986

     

     

  • L'Empire du Baphomet ou les Précolombiens absents

    Terra Incognita au Moyen-âge, le continent américain – sans doute connu du Baphomet (il s’est écrasé avec son astronef et a donc du survoler le continent américain) – ne peut faire partie des conquêtes du grand maître de l’Ordre des Templiers Guillaume de Beaujeu qui soumet tous les territoires de la Terre Sainte à Cathay (Chine) à l’aide de grenades atomiques venues de l’espace. Pourtant si l’irrésistible avancée templière s’arrête à l’île de Cipangu (Japon), le rêve des cités d’or n’est pas totalement absent de l’ouvrage : « […] la longue colonne pénétra dans la province de Badakhchan où ils découvrirent un véritable Eldorado. Lorsqu’ils en partirent, tous avaient en poche lapis-lazuli, argent et pierres précieuses pareilles à des rubis. » (p. 99).

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    Pierre Barbet, L’Empire du Baphomet,
    J’ai Lu Science-Fiction n° 768, 1977,
    Edition originale : Fleuve Noir Anticipation n° 494, 1972

     

     

  • Les précolombiens? Ca n'existe pas!

    Sur certaines lignes temporelles différentes de la nôtre, les peuples du Soleil n’ont pas eu la possibilité de croître et se multiplier. C’est le cas dans Kalvan d’Outre-temps de H. Beam Piper. Calvin Morisson est transporté bien malgré lui sur une autre ligne temporelle et découvre une carte universelle : « Le monde était apparemment rond mais plat comme une galette. Il y avait la baie d’Hudson, l’Amérique du Nord avait la forme de l’Inde, la Floride s’allongeait à l’est et Cuba était orientée nord-sud. L’Asie était reliée à l’Amérique du Nord mais c’était un territoire totalement inconnu. Un océan sans limites entourait les terres. L’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud brillaient par leur absence ». Nulle trace de Méso-américains ou de Sud-américains et pour cause : ils ont été massacrés bien avant de pouvoir développer une civilisation comme le savent les agents de la police paratemporelle :

     

    « Il y avait […] le secteur est-aryen : trois mille ans auparavant, la migration aryenne s’était déplacée vers l’est et avait gagné la Chine au lieu de descendre vers l’ouest et vers le sud comme dans la plupart des autres secteurs.  Il y avait le secteur aryano-transpacifique qui n’était qu’un surgeon : dans ce secteur, des groupes avaient construit des bateaux, étaient partis vers le nord et vers l’est en longeant les îles Kouriles et Aléoutiennes pour s’installer en Amérique du Nord ; ils avaient emmené des chevaux, du bétail et leur science de métallurgistes ; ils avaient exterminés les Amérindiens, s’étaient entre-tués et avaient éclaté en une poussière de peuplades et de cultures différentes. »

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    H. Beam Piper, Kalvan d’Outre-temps,
    ( Lord Kalvan of Otherwhen, Ace Books Inc., New York, 1964) Galaxie bis, n°94, Editions Opta, 1972