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  • Ils citent les Peuples du Soleil

    Il est toujours amusant de constater que la plupart des citations renvoyant vers ce blog ne viennent pas de blogueurs littéraires. Petit tour d'horizon pour le mois de juin 2009 (en espérant n'avoir oublié personne, l'outil de Wikio est tout cassé):

    Disparitus me classe dans ses coups de coeur.
    Nicolas J annonce mon billet sur les blogueurs littéraires
    Mtislav se demande que faire quand la lune est toute mouillée.
    Trublyonne et Nicolas remarquent que j’annonce la parution de l’adaptation du conte de Stevenson Naufrage aux editions Filaplomb.
    Les éditions Filaplomb, justement, invite ses lecteurs à lire mon billet consacré au livre de Madame K., Le Chasseur de légendes.
    Je me retrouve dans le Wiki-Hot d’Eric citoyen.
    Melle ciguë m'invite dans son bain (ou presque).
    Gaël répond après moi à l’enquête sur Blog et Anonymat.
    Le traqueur stellaire (Guillaume44) avoue ne pas tenir compte de mes conseils de lecture.
    Grand-Sachem-la-brocante se souvient que j’ai defendu l’oeuvre de Gustave Aimar.

  • José Moselli, La Fin d'Illa

    José Moselli est un auteur bien oublié aujourd'hui. On lui doit pourtant de très nombreux romans feuilletons parus notamment dans les publications de la maison d'éditions Offenstadt. La plus grande part de son oeuvre relève du roman d'aventures. On trouve aussi des titres de science-fiction.

    Le titre de ce billet "La Fin d'Illia" surprendra sans doute celles et ceux qui connaissent ce roman.
    Publié en 1925 dans Sciences et Voyages, La Fin d'Illia narre ... la fin d'Illia (ce qui prouve que José Moselli choisissait avec soin ses titres (-: ). L'équipage du Grampus-island, baleinier américain, découvre un îlot inconnu au beau millieu du Pacifique. Les témoignages d'une ancienne civilisation permettent de retracer la lutte atroce entre Illa et Nour. Nour est immense, Illa beaucoup plus petite mais très avancée scientifiquement. Cette lutte fait sombrer la civilisation: toute trace humaine est détruite.

    Quel rapport entre ce roman et les Peuples du Soleil? Faibles en vérité. Certes les civilisations ont disparu dans les deux cas mais ce n'est pas pour cela que je mentionne La Fin d'Illa. En vérité, j'aime l'oeuvre d'anticipation de José Moselli tout comme ses romans d'aventures et je ne manque jamais d'en parler.
    Il y est pourtant question des peuples précolombiens et de la course archéologique qui eut lieu au début du XXe siècle. Le capitaine baleinier est dépité après des mois de chasse sans succès. L'îlot représente un espoir de fortune. Les vestiges archéologiques sont recherchés:
    "Ces briques-là, ça vaut de l'argent!... Les savants nous les paieront cher... d'autant plus qu'il y ades "écrits" dessus... On a vendu gros des machins de ce genre-là qui venaient du Yucatan!..." (in Fiction, p8-9)

     

    Moselli la fin d'illa marabout_421.jpg

     

    José Moselli, La Fin d'Illa, Marabout, n° 421, 1972
    (d'autres éditions existent en volume ou en revue)

  • Construisons une ville

    Imaginez une ville: une grande ville avec ses tours, sa centrale nucléaire, son centre de recyclage, ses tours d'habitation et ses pavillons, ses lieux de loisirs, ses champs et ses parcs. Vous pouvez rouvrir les yeux.

    ville pokemon 1.jpg

    Bon c'est pas tout ça mais mes enfants sont bloqués depuis 15 jours au niveau 12. Les ressources sont faibles:

    ville pokemon02.jpg

    Comment augmenter leurs ressources? Pas besoin de plan de relance, d'augmentation du nombre d'annuités pour la retraite, de créer de nouvelles taxes... Il suffit simplement de  cliquer sur ce lien: http://pokemon12.ville-virtuelle.com/

    Les Peuples du Soleil vous remercient de votre contribution (-:

  • Les Peuples du Soleil concurrencent Michael Jackson!

    Hier, dans la catégorie Culture, on pouvait voir cette image dans les papiers de blogs sélectionnés par la rédaction de Paperblog:

    capture paper blog.jpg

    Mon billet consacré au stéréotype de la coiffe à plumes des Indiens se trouvait aux côtés d'une information qui a eu une couverture médiatique d'une ampleur exceptionnelle (en revanche les visites générées par cette proximité sont tout de même assez limitées reconnaissons-le (-: ).

     

  • Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo

    Atahualpa Yupanqui (1908 - 1992) était le pseudonyme de Héctor Roberto Chavero. Célèbre auteur-compositeur-interprète-guitariste argentin, son opposition à Perón, et aux militaires qui lui succédèrent, lui valut la prison et l’exil, notamment en France (il est mort à Nice). "Son pseudonyme, choisi dès l'adolescence, est formé d'Atahualpa, le dernier empereur inca, assassiné par les conquistadores de Francisco Pizarro, et de Yupanqui, "le Grand Méritant", cacique suprême des indiens quechuas." (source Wikipedia). Son père est d’origine quechua et sa mère basque. Toute son œuvre est inspirée par l’indianité.

    Son œuvre n’est pas seulement musicale. Il a publié une petite dizaine de livres dont Cerro Bayo dans lequel il relate la vie (difficile) et les coutumes des Indiens vivant sur le versant argentin de la Cordillère des Andes.

    Cerro Bayo sous titré Vida y costumbres montañesas dans la version originale (Vie et coutumes de la montagne) paraît en 1943 et est traduit en 1953 par Louise Mamiac pour les Éditeurs français réunis (qui publient aussi des auteurs comme Pablo Neruda, Paul Eluard, Vladimir Maïakovski, Jorge Amado,…).

    En 1988, Messidor réédite Cerro Bayo sous le titre Horizons de pierre.

     

    Atahualpa Yupanqui Cerro Bayo001.jpg

    Atahualpa Yupanqui, Cerro Bayo, Les Editeurs Français Réunis, 1953

  • Des coiffes indiennes et de leur représentation

    Depuis deux jours, j'explique sur ce blog mon intérêt pour l'image de l'autre. Quelques images valant mieux que des mots innombrables, voici la mise en évidence d'une belle pérennité d'un motif présenté comme indien dans de nombreuses oeuvres: la coiffe de plumes (désolé Homer mais la coiffe de plumes est un peu stéréotypée tout comme le pagne ;-)) . Voici donc un série d'images avec leur légende:

    1/Cartouche de la carte de l'Amérique méridionale par Guillaume Delisle, 1700.

    la france et la conquete de l'amerique001.jpg

    2/ Allégorie L'Amérique, école française, vers 1840

    la france et la conquete de l'amerique003.jpg

    3/ Pendule dite "à l'Indienne" par Armingaud, l'aîné, vers 1800

    la france et la conquete de l'amerique004.jpg

    En examinant ces trois images, on est frappé par la remarquable permanence d'une même représentation de la coiffe indienne (à 140 ans de distance entre la plus ancienne et la plus récente): n'est-ce pas un bel exemple de stéréotype culturel (et vestimentaire ou ornemental)?
    On pourrait prendre d'autres exemples comme le pagne ou le sacrifice humain souvent représentés avec des protagonistes qui ont presque toujours les mêmes postures.

     

  • Pourquoi & Un peu de théorie littéraire

    Livrement a déposé quelques commentaires qui m’amènent à préciser ma réflexion sur la question de la représentation de l’autre mais aussi de la cause de ma collection (mais là j'interprète Livrement librement).

    Commençons par le commencement*...

    1/ Seules les fictions mettant en scène des Précolombiens m’intéressent ici. Ca tombe bien, c'est le sujet de ce blog.

    2/ Cela exclut donc les ouvrages historiques, d’archéologie,… ou toute autre forme documentaire (même si je fais parfois des entorses à ces principes)

    3/ Je ne m’appelle pas François Pignon et je décline les invitations à dîner.

    Pourquoi les Aztèques, Tehuelches, Ciboney, Arawak, Tainos, Caraïbes, Mayas, Incas, Jivaros, Mapuches, Chichimèques, Chibchas , Olmèques, Quechuas, Zapotèques, Aymara, Patagons, Toltèques, Cakchiquel, Araucans, Mixtèques,, Mexicas, Tlaxcaltèques… ? Je ne sais pas.
    On
    ** amasse des livres (par milliers dans mon cas, 12.000-15.000 peut-être, je n'en sais rien, j'ai renoncé à compter pour le moment).
    On commence à collectionner ceci et cela (pas ceci OU cela), un jour on se retrouve avec une bonne centaine d’ouvrages ayant un thème commun (les Précolombiens par exemple) et on décide d’approfondir.
    D’autres collectionneurs (pas de fictions mettant en scène des peuples précolombiens, je suis un peu seul sur le créneau) donnent un coup de main, m’envoient références, scans de couverture et ouvrages en échange de la satisfaction de leur propre déviance (collection consacrée aux bagnards par exemple, à telle collection ou tel éditeur, à telle date, à tel genre, à telle thématique…) ou pour le simple plaisir.

    ...Continuons par le continuement...

    On continue donc à amasser.
    Plusieurs centaines de références, souvent transformées en livres dès que je peux les trouver, puis on dépasse les mille. On arrête de compter finalement (à vue de nez, pas loin des 1500 fictions rattachées à un peu tous les genres).

    J’ai la prétention de connaître assez bien le fonctionnement des fictions que j’affectionne. Je n’ai pas de fascination particulière pour les civilisations précolombiennes : en définitive, je suis fasciné par la fascination qu’elles exercent depuis Montaigne sur l’imaginaire français (vous me suivez là?)

    J’ai parfaitement conscience que ce que les fictions véhiculent ce sont avant tout des stéréotypes. Il s’agit de donner au lecteur ce qu’il attend: son lot de sacrifices humains, d’or, de noms exotiques, … Nombre des fictions que j’ai chroniqué jusqu’à maintenant, et j’espère continuer encore un peu, fonctionnent ainsi. Ce n’est pas la réalité quotidienne des peuples précités mais la condensation de lieux communs (c'est-à-dire largement partagés) qui permet l’entrée du lecteur dans ces œuvres, i.e. pas le réel mais la « re-présentation ».

    Les Précolombiens dans l'imaginaire français

    Etrangement, les peuples précolombiens tiennent une place importante dans l’imaginaire français. J’utilise « étrangement » car finalement la colonisation française en Amérique Centrale et du Sud fut toujours relativement peu importante (hormis la Guyane, mais rien de comparable entre les civilisations du bassin amazonien et celles des Andes ou de Méso-Amérique). Ces peuples pourtant ne sont pas présentés au lecteur de manière réelle (et en fait je m’en moque totalement, je suis régulièrement déçu par des œuvres dont l’arrière plan est très documenté).

    Montaigne se sert des Indiens*** non seulement pour les montrer comme victimes des Européens mais aussi et surtout pour alimenter la légende noire espagnole. Avec les Lumières, les Indiens deviennent de bons sauvages (voir Candide de Voltaire par exemple). Au moment de la création du second empire colonial français, les voici transformés en sacrificateurs de jeunes vierges.

    Ces trois représentations sont-elles justes ? Non. Toutes sont partielles et partiales. Comme je le citais avant hier, « l'auteur n'a pas copié le réel, il a sélectionné un certain nombre de traits jugés pertinents pour sa représentation de l'altérité. » (source : DITL, Dictionnaire International des Termes Littéraires, article Imagologie / Social Images).

    L’altérité représentée en dit souvent plus sur la société regardante que sur celle qui est regardée. On en apprend ainsi plus sur la manière dont (se) voient les auteurs (français pour la plupart dans ce que je présente) que sur les civilisations précolombiennes. Le pagne et les plumes sont par exemple des attributs plaqués sur l’ensemble des Précolombiens (du Nord jusqu’à l’extrême sud) sans que cela soit totalement vrai historiquement : ils ont valeur de symbole et d’emblème (regardez attentivement les films américains dont l’action se déroule en France, regardez les voitures par exemple, dingue le nombre de 2CV ou de DS).

    Finissons par le finissement...

    Je réfléchis donc sur les stéréotypes culturels : « comment la littérature [est] à la fois le creuset, le moule et le véhicule pour l’élaboration et la diffusion de représentations de l’étranger, de sa culture, dans ses manifestations les plus diverses allant de l’espace étranger (littérature de voyage) aux types littéraires (typologie littéraire) et aux images ou jugements, idées portées sur les textes et ouvrages critiques (histoire des idées, études des « lectures » ou des « visages » d’une œuvre, fortune, ou comme l’on dit par la suite, « réception ») (Daniel-Henri Pageaux, Littératures et cultures en dialogue, éditions L’Harmattan, 2007, p. 66)

    Je me permets de copier un extrait de Wikipedia (mon amie) : "En littérature comparée, et plus particulièrement dans le domaine de l’imagologie, le terme de cliché désigne une image réductrice, déformée et généralisante de l’autre comme étranger, des autres pays ou régions, des autres peuples, souvent négative, proche du stéréotype ou de l'ethnotype. Le cliché est souvent à l'origine de la perception de l'autre et du phénomène de l'altérité."

    Il ne s’agit pas pour moi de valider ou d’invalider une représentation, ni d’en vérifier l’authenticité mais d’en comprendre et d’en dévoiler les mécanismes. La représentation des peuples précolombiens n’est pas "juste" dans les œuvres littéraires. Le plus souvent cela m’amuse comme trouver des Mayas dans la Cordillère des Andes, des Aztèques dans la forêt amazonienne,...

    En cela, je pense, peut-être à tort, être du côté de l’imagologie.

    Je ne sais pas si j’ai été parfaitement clair et pédagogique sur ce coup là (- : et en plus je ne suis pas certain d'avoir répondu aux interrogations de Livrement.

    Euh si vous tombez pour la première fois sur ce blog, rassurez-vous d'habitude il y a plus d'images (le plus souvent en couleurs) et moins de théorie littéraire (même si ça fait aussi du bien de théoriser parfois).


    *Essayons de faire un peu d’humour car le billet risque d’être fichtrement pénible à lire.
    ** Je renonce au Nous de majesté (-:
    *** Belle erreur tout de même que ces Indes Occidentales qui n'ont rien d'indiennes.