30.09.2009
Classement Wikio Octobre 2009 Exclu!
Les fins de mois se suivent et se ressemblent de moins en moins. Le classement Wikio approche mais les billets sur le sujet sont peu nombreux. Il s'est installé dans les moeurs de la blogosphère et, même si je ne doute pas qu'il est toujours suivi par de nombreux blogueurs, il est moins source de discussion et de polémiques qu'il y a quelques mois.
o N'empêche que ça fait toujours plaisir d'être bien classé
o N'empêche que les classements on s'en moque
o N'empêche que c'est amusant
o N'empêche que ça pas être facile de faire mieux
o N'empêche que vraiment ces histoires de classement c'est digne de la cour de récré
N'empeche que maintenant il va falloir choisir votre ou vos réponse(s) ou en proposer une autre.
L'outil WikioLabs me signale que les blogs suivant ont cité Les Peuples du Soleil:
Répertoire de la Science Fiction
De tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs
Mon Mulhouse
Le chemin du Rayon
Unhuman
La Maison du Faucon
Partageons le reste !
Partageons mon avis
Les privilégiés parlent aux Français...
Post-it littéraire
Traqueur Stellaire
Le blog de Hypos
Le blog de Rébus
Unique et commun à la fois
mtislav
Gularu #Blog
Betapolitique
arf
Le Village des NRV
Un an au Pérou
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| Tags : wikio, blog |
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P. Ventura & G-P Ceserani, A la découverte des Mayas
Il est des jours où l’on des petits bonheurs dont ceux qui en sont la cause l’ignorent, ou du moins ils ne le mesurent pas exactement. Avec Grand Sachem la Brocante nous nous envoyons des livres que nous chinons l’un pour l’autre. A lui les Indiens du Nord, à moi ceux du Sud (j’en ai beaucoup qui dorment dans des cartons). Dernièrement, il m’a fait parvenir A la découverte des Mayas de P. Ventura et G.-P. Ceserani (adaptation française de Rémi Simon). Bon très bien direz-vous : l’histoire de John Lloyd Stephens et Frederick Catherwood qui explorèrent et firent connaître les cités Mayas à partir de 1839. Fort bien : ce n’est pas une fiction. En même temps quand Grand-Sachem m’a indiqué le titre, j’en étais à peu près certain. Il m’avait parlé des illustrations et les illustrations sont toujours très utiles pour égayer un blog. J’ouvre donc l’enveloppe, déplie le papier bulles qui protège les deux ouvrages envoyés par Grand-Sachem, regarde la couverture de A la recherche des Mayas et là un grand sourire se dessine sur mon visage : je connais ce trait, ce dessinateur ! C’est un petit bonheur. Quand j’étais enfant, j’avais reçu en cadeau plusieurs volumes de la collection Voyages publiée par Fernand Nathan : Le Voyage de Marco Polo, Le Voyage de Christophe Colomb, les Voyages de James Cook. Je passais des heures à les lire, à regarder les images, observer les cartes. A rêver en somme. Ces livres sont quelque part chez moi. Grand-Sachem m’a donné envie de les rechercher et de m’y replonger.




20:43 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : litterature, litterature jeunesse, jeunesse, maya, yucatan, mayas, documentaire |
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Digg
29.09.2009
Mayne Reid, Les Exilés dans la forêt
Le Capitaine Thomas Mayne Reid (1818-1883) est un écrivain britannique. Pasteur, il abandonne son sacerdoce pour courir l'aventure au Mexique et aux Etats-Unis. Il est trappeur, militaire, journaliste,... et même champion de croquet! Ses romans d'aventures obtinrent un immense succès. Grand-Sachem-la-brocante a parlé de cet auteur dans un billet.
Parmi ses livres, retenons Les Exilés dans la forêt pour lequel j'ai trouvé ce petit résumé:
"À la fin du siècle dernier, un riche créole, Don Pablo Ramero, doit fuir le joug des espagnols qui lui ont confisqué tous ses biens et l'ont condamné à mort. Accompagné de sa femme, de ses deux enfants et de leur fidèle serviteur indien, il traverse la Cordillère des Andes. Les fugitifs vont devoir alors apprendre à utiliser leur environnement pour subsister durant ce pénible voyage..."
Parmi les épreuves à traverser, on y trouve à peu près tous les animaux dangereux que recèle l'Amazonie mais aussi les autochtones parfois un peu hostiles!
Les éditions sont multiples. Voici par exemple celle de la collection Les Amis des Jeunes qui accueillit un autre Capitaine, le Capitaine (autoproclamé celui-ci) W.E.Johns, auteur notamment de la série Biggles.
L'illustration en couleur est de Robert Accart, les autres sont signées Mirabelle.




Mayne Reid, Les Exilés dans la forêt,
Collection Les Amis des Jeunes, B. Arthaud, 1949
21:40 Publié dans Aventures | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : litterature, mayne reid, amazonie, andes |
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Digg
27.09.2009
Frédéric Valade, La Fille du Jaguar
J'ai déjà présenté L'Araignée Verte de Frédéric Valade.
Dans la même collection Bibliothèque des Grandes aventures éditée par Tallandier, Valade a publié La Fille du Jaguar.
Dans ce récit de jungle, les héros foulent "cette terre vierge [...] empire des sauvages, leur inexpugnable forteresse naturelle, où ils auraient pu braver victorieusement des armées entières, où ils étaient les maîtres, où leur domination subsisterait encore durant de longues années" (p. 159-160).

Frédéric Valade, La Fille du Jaguar,
Bibliothèque des Grandes Aventures,
Le Livre National, Editions Jules Tallandier, 1927
11:51 Publié dans Aventures | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : valade, tallandier, litterature, amazonie, brésil |
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Digg
26.09.2009
[Jeu] Mais où se cache Carmen Sandiego?
Mais qui est Carmen Sandiego?
Carmen Sandiego est la plus grande cambrioleuse de notre époque. Poursuivie par les agents de l'ACME (Agence Centrale Mission Enquête, elle leur échappe constamment. Sans doute le fait qu'elle ait d'abord fait partie de cette agence qui traque les voleurs d'oeuvres d'art est-il un début d'explication. En revanche pourquoi la femme en rouge a-t-elle changé de camp reste un mystère.
Créé en 1983, le personnage de Carmen Sandiego a été décliné sur de nombreux supports: jeux videos ludo-éducatifs, figurines, jeux télévisés, dessins animés, bande dessinée,...
Mais où se cache Carmen Sandiego?
Partout où elle passe, Carmen Sandiego laisse des indices qui permettent d'acquérir des connaissances sur l'Egypte, New York ou le Macchu Pichu.


On peut la retrouver en février 2009 sur un jeu video créé par Mindscape pour PC, Nintendo DS,... intitulé Mais où se cache Carmen Sandiego?
22:55 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : jeu video, pc, nintendo, carmen sandiego |
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Gaston Leroux, L'Epouse du Soleil (41épisode)
Le Blog Les Peuples du Soleil vous propose aujourd’hui le quarantième-et-unième épisode du grand roman de Gaston Leroux L’Epouse du Soleil.
MARIE-THÉRÈSE MURÉE VIVANTE
Les mammaconas, de plus en plus affolées par le feu, le sang dont elles étaient couvertes, et l’odeur atroce, et la fumée odieusement parfumée des bûchers, réclamaient, elles aussi, le supplice. Trois d’entre elles se jetèrent dans les flammes, mais en ressortirent presque aussitôt, tendant la gorge au sacrificateur qui les fit mourir, comme elles le désiraient. Et on ne sait jusqu’où aurait été ce délire du sacrifice et de la mort si le geste de Huascar n’y avait mis fin (1).
Sur un signe de lui la musique infernale cessa, les danses et les chants s’apaisèrent et les gardiens du Temple éteignirent sous la cendre les restes des bûchers. C’était le tour de Marie-Thérèse. Raymond, presque évanoui, rouvrit les yeux à la parole d’Orellana.
Il vit les mammaconas dépouiller Marie-Thérèse des ornements de prix dont elle était littéralement couverte. Sur elle, « les larmes du Soleil », selon l’expression consacrée, brillaient de leur éclat doré, de la tête aux pieds. Sa chevelure, ses oreilles, ses joues, sa poitrine, ses épaules, ses beaux bras, ses nobles jambes, ses chevilles sur les sandales d’or, ne laissaient voir que bijoux, plaques et disques éblouissants, pendentifs et bracelets. Tout cela lui fut enlevé et précieusement déposé dans un bassin d’or. On lui ôta également le fatal bracelet-soleil d’or. Ces bijoux devaient être à nouveau cachés jusqu’au jour qui viendrait dans dix ans, où l’Inca aurait besoin d’une nouvelle épouse du Soleil.
Pendant qu’on la dévêtait ainsi de sa gaine d’or, au fur et à mesure du travail rapide des mammaconas, Marie-Thérèse, dont les yeux étaient toujours clos, apparaissait entièrement cerclée de bandelettes. Extérieurement, on en avait déjà fait une momie. Ses bras étaient attachés à son corps. On n’avait plus qu’à la déposer dans son tombeau. Les yeux de Raymond ne quittaient plus ce qu’il pouvait voir encore de ce visage bien-aimé sous les bandes de toile parfumées qui lui liaient le menton, le front et les lèvres, laissant seulement à découvert les yeux fermés et la bouche entr’ouverte, mais immobile comme si elle venait d’exhaler le dernier soupir. Et il crut fermement que Marie-Thérèse était bien morte. Et cela, ne cessait-il de se répéter, était mieux ainsi. Ainsi, elle ne se sentait pas enlever par les trois hideux gardiens du Temple qui la déposaient sur la chaise funèbre et qui, suivis de toute la théorie des mammaconas la glissaient dans l’épaisseur de la muraille, dans ce trou où elle devait rester mille ans pour être ensuite brûlée à son tour.
À ce moment, les rayons du soleil, comme pour faire une échelle d’or à celle que les Incas, ses enfants, lui envoyaient dans leur piété cruelle, vinrent se poser près de Marie-Thérèse. Ils illuminaient sa tombe étroite et Raymond ne perdit rien des derniers gestes de l’atroce cérémonie. Il s’agissait de replacer les trois plaques lourdes, de granit rose, qui, glissant les unes sur les autres et s’adaptant et s’ajustant d’une façon parfaite, allaient fermer la tombe, selon le mode architectural des Incas.
L’opération se poursuivit dans le silence le plus terrible.
Toute l’assemblée avait les yeux fixés sur celle que l’on murait, mais nul n’eût pu dire si elle n’était point déjà morte.
La première plaque glissée par les trois gardiens du Temple qui pliaient sous le fardeau cacha Marie-Thérèse jusqu’aux genoux. La seconde, apportée à hauteur du niveau supérieur de la première pierre vers une plate-forme roulante, fut poussée à son tour et cacha Marie-Thérèse jusqu’aux épaules.
On ne voyait plus maintenant que sa tête dans ce trou funèbre, sa tête entourée de bandelettes, sa tête de momie, son visage de morte. Et c’est alors que tout à coup un long frisson parcourut toute cette assemblée qui avait cependant assisté sans frémir à toutes les précédentes horreurs sacrées : les yeux de Marie-Thérèse venaient de s’ouvrir !…
De s’ouvrir tout grands au fond de ce tombeau qui se refermait sur elle ! Les yeux étaient bien vivants, effroyablement ouverts, tout grands, tout grands sur ce qui lui restait à voir de la vie avant de n’avoir plus à contempler que la Ténèbre éternelle. Son regard vivant fixait ces gens qui la regardaient mourir, cette foule en habits de fête, ce Temple resplendissant, et, pour la dernière fois, la douce, la belle lumière du jour !
Une angoisse surhumaine faisait s’agrandir encore, encore, ce grand, ce suprême regard qui n’allait plus rien voir, jamais !… Les lèvres remuèrent et l’on put croire qu’un cri suprême d’appel à la vie, qu’une clameur d’horreur pour la nuit du tombeau allait s’en échapper. Mais elles se refermèrent sur un pauvre gémissement sans force, tandis que la dernière pierre était poussée sur le grand regard vivant !
Maintenant, elle appartenait au dieu.
Huascar fit un signe sacré et l’exode commença en silence. Il convenait à tous de se retirer du Temple comme les ancêtres se retiraient de la chambre nuptiale après y avoir amené la tremblante épouse. Le départ s’accomplit, sans aucun chant, sans bruit, sans murmure. Il y eut le glissement des sandales innombrables sur les dalles. Et les prêtres, Huascar en tête, et les nobles, et les curacas, et les jeunes gens, et les vierges, et les mammaconas franchirent le seuil des portes d’or.
Oviedo Runtu était descendu de son trône et s’était assis à côté de la momie royale, sur la chaise d’or occupée tout à l’heure par Marie-Thérèse ; les punchs rougeschargèrent sur leurs épaules les deux monarques, le mort et le vivant, et disparurent à leur tour au fond du couloir de la nuit.
Il ne restait plus dans le Temple que les trois gardiens du Temple et les cendres des victimes.
Les trois gnomes avaient à peine refermé les lourdes portes pour vaquer en paix à leurs soins domestiques qu’ils virent arriver sur eux une ombre forcenée et ils s’enfuirent, épouvantés, dans la chapelle de la Lune. Mais la sœur du dieu ne les protégea point. C’est sur les marches de son autel qu’ils furent abattus par le feu humain comme des bêtes mauvaises. C’est là que les trois crânes hideux éclatèrent sous les balles de Raymond ! Et le jeune homme, l’exécution achevée, bondit dans le Temple où déjà Orellana ébranlait les pierres tombales à grands coups de pioche. Il lui arracha l’outil, et, haletant, frappa à son tour.
Mais les pierres ne remuaient point, et Raymond, le front couvert d’une sueur glacée, se demandait maintenant si tant de brutalité était utile. Il essayait de voir, de raisonner, en ce moment suprême. Il faisait appel à sa science d’ingénieur, à ses souvenirs d’école. Il s’efforçait d’oublier Marie-Thérèse qui agonisait derrière ces pierres pour ne penser qu’au problème qui les ferait basculer. Elles n’étaient point trop lourdes. Les forces d’Orellana et les siennes suffiraient à les soulever puisqu’elles avaient obéi aux efforts des trois gnomes. Et si on ne les avait point faites plus lourdes, c’était à cause de la nécessité où les prêtres incas étaient, évidemment, de les déplacer pour certaines cérémonies. Mais par où les prendre ? par où les prendre ?. (2)
(1) Pour ces atroces sacrifices, voir tous les auteurs qui se sont occupés de l’ancien Pérou.
(2) « Simplicité, symétrie et solidité, voilà les trois caractères par lesquels se distinguent avantageusement tous les édifices péruviens. » Humboldt. Vues des Cordillères, p. 115. Les pierres étaient taillées avec une grande régularité et ajustées avec une si exacte précision que, sans les cannelures, il serait impossible d’indiquer les joints. Les arêtes sont si finement travaillées et ajustées entre elles qu’il est impossible d’y glisser la lame d’un contenu. (Prescott.)
La suite au prochain épisode!
07:45 Publié dans Aventures, Littérature populaire, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Digg
25.09.2009
Monique Davot & François Davot, Taliko, indien de Guyane
Taliko, indien de Guyane, est un album du père Castor écrit par Monique Davot et illustré par François Davot que m’a envoyé Grand Sachem la Brocante. L’album nous narre la vie d’un petit indien wayana.

Les illustrations sur la vie quotidienne avec la cuisine, la pêche, les jeux, la construction des carbets (les maisons), les activités collectives, l’artisanat y côtoient celle sur la faune et la flore guyanaise.

Taliko grandit et c’est le moment de se soumettre au maraké, une suite d’épreuves parfois douloureuses, qui le transforme en homme.
Abondamment illustré, l’album est agréable à lire et permet de partager la vie de ces Amérindiens que la civilisation moderne fait disparaître plus sûrement que les maladies, les privations ou la jungle.

Monique Davot (texte) & François Davot (dessins), Taliko, indien de Guyane,
Albums du Père Castor, Flammarion, 1978
09:10 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, jeunesse, guyane |
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Digg
24.09.2009
#42 arrive
#42

illustration de Vincent Dutrait
08:23 Publié dans Blog, Science-fiction, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : litterature, sf, science-fiction, 42 |
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Digg
23.09.2009
Gaston Leroux, L'Epouse du Soleil (40épisode)
Le Blog Les Peuples du Soleil vous propose aujourd’hui le quarantième épisode du grand roman de Gaston Leroux L’Epouse du Soleil.
LA « COYA » MILLÉNAIRE SUR SON BUCHER
Une odeur pareille à celle de l’encens, mais plus forte, plus exaltante se répandit dans le Temple ; les fumées des brûle-parfums se rejoignirent sous la voûte pour prendre leur essor par le trou circulaire qui découpait au-dessus de toutes les têtes un disque d’azur et qui bientôt le cacha. Aussitôt, les deux mammaconas qui devaient mourir se levèrent et coururent au Roi en protestant selon le rite : « Ô Roi ! lui dirent-elles, nous te supplions de faire cesser toutes les fumées de la terre ! Comment veux-tu que le soleil donne le signal du sacrifice, si elles nous cachent son visage !… »
Le Roi fit signe et les brûle-parfums furent éteints et le disque d’azur rayonnant reparut.
Alors, on vit sur les trois bûchers les trois gardiens du Temple, les trois petits gnomes à crânes déformés qui tenaient en leurs mains immobiles un miroir de métal dont ils dirigeaient les rayons sur une petite quantité de coton déposée au centre de la plate-forme de résine. Ainsi attiraient-ils, pour mettre le feu au bûcher, la bonne volonté du Dieu !…( voir note de bas de page) Sur cette plate-forme, il n’y avait aucun poteau, rien à quoi on pût attacher les victimes, lesquelles devaient brûler à peu près volontairement. Mais le pire qui pouvait leur arriver était que le dieu ne voulût pas d’elles. S’il n’en voulait pas, il n’avait qu’à se couvrir le visage d’un nuage et le bûcher ne brûlait pas. Celles qui devaient mourir n’avaient plus qu’à vivre, mais à disparaître : Elles devenaient « la honte de la nation ».
Elles savaient cela, celles qui, la face anxieuse, les yeux agrandis par l’espoir en la bonté du dieu, attendaient la première flamme. Autour d’elles, l’assemblée chantait et priait le, dieu qu’il leur fût propice et les miroirs restaient toujours immobiles entre les mains des trois gardiens du Temple !
Si le bûcher destiné à la dépouille de la Coya, vieille de mille ans, dont la nouvelle Coya allait prendre la place dans le mur du Temple, ne s’allumait pas, cela ne signifiait point que le dieu ne voulait pas de l’épouse nouvelle (et celle-ci était toujours descendue vivante dans la tombe de l’ancienne), cela signifiait que l’ancienne n’avait pas su plaire au dieu pendant les mille années de mariage solaire et que ses restes ne méritaient point l’honorable sépulture du feu. Alors on les jetait aux égouts de la montagne, domaine des vautours noirs.
Or, ce jour-là, des trois bûchers celui qui s’alluma le premier fut celui de l’antique Coya et aussitôt on alla la chercher. Elle était toute prête. Des chants retentirent en son honneur et les prêtres firent tomber un voile de pourpre que Raymond n’avait pas remarqué dans le flamboiement de ce temple d’or et de porphyre.
Le rideau, arraché, laissa voir, dans la muraille, un trou dans lequel pouvait tout juste se tenir une personne assise. C’était l’une des cent tombes du Temple de la Mort et, dans ce trou, on apercevait la vague silhouette de la Coya millénaire encore soutenue par ses bandelettes. Ce n’était plus guère qu’un squelette, car, enterrée vivante comme toutes les autres Coyas de ce Temple, elle n’avait eu, une fois morte, pour tout embaumement que l’encerclement de ses bandelettes parfumées ; toutefois la vertu de ce sol péruvien « de conserver ses morts » se manifestait une fois de plus en montrant, entre les bandelettes, non point les os, mais la peau du visage. C’est ce dont pouvaient se rendre compte les curacas et les néophytes, et les prêtres placés de ce côté du Temple ; Raymond ne voyait qu’une morte assise et il ne pensait qu’à une chose, c’est qu’elle allait céder sa place à Marie-Thérèse qui peut-être n’était point morte.
Et, une fois encore, sincèrement, il souhaita qu’elle le fût.
Si elle ne l’était point, quelle devait être sa torture ! si elle pouvait penser encore derrière ses paupières closes, quelle devait être sa pensée ? Peut-être, en ce moment suprême, songeait-elle à lui qui avait été incapable de la reprendre à ses bourreaux. Peut-être à cette heure infernale où se déroulaient, pour son supplice, toutes les affreuses pratiques de l’antique superstition, songeait-elle à leur calme et bourgeois amour qui était né si paisiblement dans leurs cœurs simples et si peu avides d’aventures. Quel destin que celui qui avait pris cette jeune fille occupée uniquement des intérêts d’une entreprise commerciale, au sein de la moderne civilisation qui ne vit point de contes fantastiques, mais de bonne et saine mathématique ; qui l’avait arrachée à une table-bureau, entre un livre de caisse et un copie-lettres pour la jeter en croupe de la chimère ? Et celle-ci, monstre fabuleux qui franchit tous les espaces, lui avait fait remonter en quelques heures tout le chemin parcouru depuis des siècles par les hommes et venait de la jeter sur le rivage barbare où brûlaient encore les bûchers de l’aurore du monde ! Hélas ! on mourait donc encore comme Iphigénie, jeune, belle, en pleine santé et déjà prête pour l’époux !
Ah ! comme elle tenait les paupières closes pour ne point voir l’affreux cauchemar, la chimère, la hideuse chimère qui rôdait autour d’elle avec son odeur de soufre et tous ses parfums honteux et sa tête de mammacona !… Mais, encore une fois, tout simplement, peut-être, était-elle morte ! Elle avait dû mourir quand on lui avait enlevé le petit garçon ou quand elle avait entendu le cri de l’enfant supplicié dans la chapelle du grand Pacahuamac !
Les prêtres avaient retiré la vieille coya de son trou et ils l’avaient portée dans sa chaise royale sur le bûcher. Cette coya qui allait brûler avait conservé « attitude que doivent avoir les coyas quand elles meurent étouffées par l’absence d’air dans leur tombe ; c’est-à-dire une attitude des plus dignes de reine assise sur son trône et on obtenait cette attitude-là en faisant le trou de la tombe des coyas si étroit que, dans leur agonie, elles ne pouvaient que rester assises.
Ainsi, celle-ci brûla-t-elle assise et si calme, au milieu des flammes, que les mammaconas, vouées au même supplice, l’envièrent.
Raymond ne regardait plus les bûchers, ni Marie-Thérèse, mais le trou dans lequel on allait mettre celle-ci. Il se disait que si elle était encore vivante et si on pouvait encore la sauver, il ne faudrait pas perdre de temps pour la sortir de là. Et sa main se crispait sur le manche de la pioche d’Orellana, mais son autre main avait toujours le revolver et toujours une furieuse envie de tuer. Il aurait voulu aussi que Marie-Thérèse ouvrît les yeux si elle n’était point morte.
Cependant les deux autres bûchers ne s’allumaient toujours point et les mammaconas commençaient de gémir, car elles devaient mourir avant Marie-Thérèse, comme cela était écrit, pour aller lui préparer sa chambre dans les demeures enchantées du Soleil et, si le Soleil n’allumait point les bûchers, elles n’arriveraient jamais à temps. Elles dressèrent vers l’astre des gorges haletantes, des mains suppliantes, et elles dirent : « Ô Soleil ! nous sommes des femmes ! Donne-nous la force qui peut nous manquer ! Salutaires rayons du Soleil, soyez-nous propices ! Roi du ciel, vois notre destinée. Envoie-nous ta flamme !… Aie pitié de nous !… »
Tous les chœurs reprirent, après elles, la litanie, dix fois : « Envoie-nous ta flamme, aie pitié de nous ! »
Mais le Soleil n’envoya sa flamme que lorsque la fumée du premier bûcher se trouva à peu près dissipée, ce qui ne tarda pas, du reste, car les veilleurs du sacrifice activaient la combustion en versant sur le bûcher des parfums lourds d’alcool. Dès que les gardiens du Temple furent descendus avec leurs lentilles et que la résine commença de pétiller, les deux mammaconas, laissant tomber leurs robes de fêtes, s’élancèrent sur leurs bûchers comme des folles, avec des cris d’allégresse et elles attendaient d’être prises par la flamme avec des yeux d’extase tournés vers le ciel, cependant qu’une musique infernale éclatait autour d’elles et qu’une exaltation sauvage gagnait toutes les autres mammaconas qui dansaient autour des bûchers. Bientôt la flamme enveloppa les deux malheureuses qui jetèrent un cri terrible, et l’une d’elles se sauva !
« Reviens dans la flamme ! Reviens dans la flamme ! » lui crièrent ses compagnes en l’entourant, mais l’autre hurlait de douleur et réclamait le couteau du sacrificateur.
Alors, le gardien du Temple, au crâne hideux (casquette-crâne, pour le goût du sang) lui enfonça son couteau d’or dans la gorge et le sang jaillit sur les voiles noirs des mammaconas, lesquelles reprirent leurs danses et leurs chants. Quant à la victime, elle était tombée, à demi morte, entre les petits poings hideux des deux autres gardiens du Temple qui la repoussèrent sur son bûcher, où elle disparut. L’autre mammacona avait subi le supplice, debout, n’ayant jeté que le premier cri terrible et, quand elle s’effondra dans la prodigieuse corolle écarlate que lui avait envoyée le dieu pour la transporter dans les demeures du Soleil, des clameurs enthousiastes saluèrent ce triomphant martyre.
(1) Prescott. À la fête de Raymi, on allumait les bûchers au moyen d’un miroir concave de métal poli, qui, concentrant en un foyer les rayons de soleil sur un monceau de coton sec, l’enflammait promptement. C’était l’expédient usité en pareille circonstance chez les anciens Romains, du moins sous le règne du pieux Numa.
La suite au prochain numéro!
21:14 Publié dans Aventures, Littérature populaire, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Kathleen Moore Knight, Sinistre écho
Il n'est parfois pas évidemment de déceler une inspiration précolombienne avec des titres comme Sinistre écho par exemple.
Ce roman de Kathleen Moore Knight publié en 1956 en France dans la collection Le Masque nous intéresse pourtant. Il ne s'agit pas d'un polar historique comme ceux qui existent dans la collection Grands Détectives (éditions 10/18), pourtant, si l'on en croit Amazon, le sous-titre de la version orginale (1949) est éloquent: Dying echo: Adventure and death in the ancient Maya cities of Yucatan.
Jérôme Serme, qui tient la librairie Le Rayon Populaire , m'a signalé ce titre avec ce petit résumé: Roman policier se déroulant dans les milieux archéologiques et d'artefacts à collectionner, près de Chichen Itza, "ville morte des Mayas".
La couverture de l'ouvrage n'a strictement aucun intérêt, tous les couvertures du Masque se ressemblant, mais je vous la mets quand même:

Kathleen Moore Knight, Sinistre écho
(VO: Dying echo, 1949),
Le Masque, n°533, 1956
15:27 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : mayas, mexique, litterature, polar, roman policier, le masque, yucatan |
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